Les ischio-jambiers, muscles situés à l'arrière de la cuisse, jouent un rôle crucial dans la mobilité et la performance sportive. La contracture de ces muscles peut entraîner une limitation de l'amplitude des mouvements, des douleurs et un risque accru de blessures. Cet article explore les différentes techniques d'étirement pour relâcher les ischio-jambiers, ainsi que les stratégies de prévention des blessures associées.

L'importance des Étirements des Ischio-Jambiers

Les étirements des ischio-jambiers présentent deux principaux avantages :

  • Gain de souplesse : L'objectif le plus courant des étirements est d'améliorer la souplesse. Dans ce cas, l'étirement vise à augmenter la tolérance à l'étirement, ce qui se traduit par une plus grande liberté de mouvement. Par exemple, si vous ne parvenez pas à vous pencher en avant avec les jambes tendues, c'est probablement parce que vos ischio-jambiers sont "trop courts" et que la douleur vous empêche de descendre plus bas.
  • Récupération musculaire : Après un effort physique, il peut être intéressant de s'étirer. Les bénéfices sont variés et permettent souvent une bonne récupération musculaire. Cependant, ces étirements doivent être légers et réalisés pendant quelques minutes seulement.

Techniques d'Étirement des Ischio-Jambiers

Il existe plusieurs façons de gagner en longueur et d'améliorer la souplesse des ischio-jambiers :

Étirement Passif

C'est la technique la plus connue et consiste en un étirement simple du muscle en question. Si nous reprenons l'exemple de l'Ischio Jambier, cela consiste à étirer l'arrière de la cuisse. Cependant, on sait aujourd'hui que cette technique reste très limitée en efficacité.

Étirement Contracté-Relâché

Une façon de rendre cette technique plus efficace est d'associer des contractions du muscle étiré. L'étirement en contracté relâché est donc l'alternance d'un étirement et d'une contraction musculaire du même muscle. Si l'on reprend l'exemple de l'ischio, cela consiste à essayer de légèrement plier le genou quelques secondes puis de relâcher et étirer à nouveau ce muscle.

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Travail Excentrique

Le travail excentrique semble aussi apporter de grands bénéfices pour gagner en longueur. Cependant, il est plus difficile à mettre en place. Il consiste à faire contracter le muscle tout en l'étirant au maximum. Dans le cadre de notre exemple avec l'Ischio, cela consisterait par exemple à reproduire l'exercice du good morning.

Étirements Courants

  • Étirement des ischio-jambiers debout, mains touchant les pieds : C'est un étirement de relâchement. Vous devez vous laisser peser et ne pas forcer ou donner d'à-coups. Toucher les pieds n'est pas l'objectif en soit, vous devez sentir un étirement simplement.
  • Étirement des ischio-jambiers debout, pied surélevé sur un objet : C'est un des étirement les plus connus.
  • Étirement des ischio-jambiers sur un genou, jambe tendue : C'est une variante du debout sur objet sur élevé qui permet d'effectuer l'étirement même en l'absence d'objet.
  • Étirement ischio-jambiers jambes en l'air avec traction : Permet de bien préserver le dos en position droite et de bien cibler l'ischios-jambier et l'arrière du mollet.
  • Étirement ischio-jambiers unilatéral sur le dos avec sangle : Permet d'étirer la partie postérieure des cuisses, c'est à dire les ischio-jambiers et les mollets. La dimension unilatérale d cet étirement permet un dosage encore plus précis que dans sa version bilatérale déjà excellente.

Conseils pour des Étirements Efficaces

Pour être efficace, il est important que ces étirements soient réalisés à distance d'un effort physique (environ 3h avant ou après minimum) afin de ne pas nuire aux performances ou augmenter le risque de blessure. Il n'y a pas de durée optimale pour les étirements, mais ils doivent être pratiqués au minimum 2-3 minutes bien que cette durée puisse augmenter à 10-15 minutes selon votre tolérance.

Prévention des Blessures aux Ischio-Jambiers

Pour prévenir les blessures aux ischio-jambiers (et de n'importe quelle zone), il n'y a qu'une solution, améliorer la force des tissus conjonctifs, dans chacune des amplitudes que ton sport ou tes activités te font utiliser. Pour cela il est utile de s'étirer puis de terminer tes étirements avec des doubles contractions. Cette méthode te fera gagner en souplesse mais aussi en mobilité.

Facteurs de Risque et Prévention Primaire

Les lésions musculaires des ischio-jambiers représentent un problème important pour les sportifs et leur entourage rendant nécessaire le développement et la mise en place de stratégie de prévention. On connaît tous l’adage « Mieux vaut prévenir que guérir ! ». Dans le cadre de la lésion musculaire des ischio-jambiers il a tout son sens, étant donné que le premier facteur de risque de cette lésion est d’en avoir déjà eu une (13). Ainsi, prévenir l’apparition du premier épisode (prévention primaire) représente un enjeu pertinent pour les professionnels techniques et de santé autour des sportifs.

Afin de détecter les sportifs présentant des risques plus élevés de lésions musculaires des ischio-jambiers et d’orienter leur prévention primaire ou secondaire, l’évaluation de la force musculaire des ischio-jambiers été proposée par une mesure de la force lors du mouvement de Nordic Hamstring (17, 18) ou par une évaluation isocinétique (19, 20). Cependant, ces études prospectives sont fondées sur une évaluation isolée du groupe musculaire, dans un fonctionnement mono-articulaire (alors que les ischio-jambiers sont bi-articulaires), dans des conditions non écologiques. Tous ces éléments soulignent la nécessité d’une approche plus globale, prenant en compte le caractère multifactoriel de la lésion musculaire des ischio-jambiers (10, 23).

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Cette approche nécessite donc de prendre en compte, à la fois dans le dépistage et la prise en charge, d’autres facteurs tels que l’âge, les antécédents de blessures aux ischio-jambiers ou autres, l’ethnie, la souplesse, la fatigue musculaire, le contrôle du tronc et du bassin, la qualité d’appui, la charge d’entraînement, les habitudes de vie, ou encore le mécanisme à l’origine de la lésion, le geste sportif comme la technique de sprint…

Exercices de Prévention

Des programmes de renforcement excentrique des muscles ischio-jambiers ont été proposés, utilisant principalement l’exercice du Nordic Hamstring (Fig. Figure 2 - Renforcement musculaire excentrique des ischio-jambiers par le Nordic Hamstring. Position à genoux avec 0° d’extension de hanche pour avoir le tronc aligné avec les cuisses, les chevilles maintenues par une tierce personne, retenir la descente jusqu’à arriver au sol, puis remonter en se propulsant avec les mains.

Dans le cadre d’une préparation physique, il semble qu’à ce jour le sprint soit le seul exercice offrant les contraintes musculaires du sprint et permettant de préparer le muscle à assumer les contraintes du sprint (16). Ainsi, en prévention, on pourrait prescrire « de sprinter » pour prévenir les blessures liées au sprint, tout en faisant attention aux « effets secondaires du sprint » (24). Un bon dosage doit être trouvé pour que la balance bénéfice / risque soit en faveur de la santé du sportif. Et l’évaluation des propriétés mécaniques du sprint pourrait être pertinente dans le cadre d’un suivi post-lésionnel pour guider la reprise du sport, et dans un contexte préventif pour orienter les mesures de prévention (25).

Rééducation et Reprise du Sport

Mais en cas de blessure, une prise en charge adaptée et optimale apparaît primordiale pour éviter la ou les récidives (prévention secondaire). Dès les premiers instants après la survenue de la lésion et durant les premiers jours, il est actuellement conseillé d’être prudent afin de ne pas aggraver la lésion avec le protocole POLICE : Protection, optimal loading (adaptation de la charge/ contrainte), ice (glace), compression, elevation (même si cela manque encore de solides preuves scientifiques) (8).

Le protocole de rééducation peut (doit) être débuté rapidement. En effet, une étude récente montre l’importance d’une prise en charge rééducative active précoce (tout en respectant la non-douleur) qui permet de réduire les délais de retour au sport (9). Cette prise en charge a pour objectif de guider la cicatrisation musculaire afin de récupérer un tissu musculaire élastique et contractile permettant le retour aux activités sportives avec le minimum de risque de récidive. Il doit bien entendu respecter la non-douleur et favoriser la disparition de l’œdème.

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Un programme rééducatif global d’augmentation progressive des sollicitations basé sur des critères individuels et objectifs avec une approche multifactorielle incluant une prise en charge de tous les éléments de la chaîne de propulsion des membres inférieurs (pied, cheville, jambe, genou, cuisse, bassin, tronc) a montré son efficacité pour réduire les récidives par rapport aux approches rééducatives classiques (10). Ce programme rééducatif doit permettre de récupérer et gagner en extensibilité et force musculaire, dans toutes les courses, vitesses et modes de contraction, en prenant en compte le caractère biarticulaire des muscles ischio-jambiers, et les contraintes spécifiques liées à la pratique sportive du sportif, et notamment une introduction précoce, mais précautionneuse, de la course à pied (10). Mais il doit aussi prendre en compte les muscles ischio-jambiers comme élément d’une chaîne et donc s’attacher à développer le contrôle sensorimoteur et les coordinations inter-musculaires avec également une logique de lutte contre la fatigue (10).

La reprise du sport doit se faire de manière progressive (11), en réintroduisant progressivement les activités sportives de plus en plus sollicitantes, tout en respectant strictement la règle de la non-douleur : d’abord la marche, puis la marche rapide, le footing, les lignes droites placées, les accélérations, et le sprint ; et en associant un travail de prévention secondaire. Une évaluation objective par un professionnel de santé est conseillée pour guider cette reprise progressive par étape (3, 10).

Exercices Complémentaires

Plusieurs exercices peuvent compléter les étirements pour renforcer les ischio-jambiers et améliorer leur fonction :

  • Good morning : Sollicite les ischio-jambiers, mais aussi les fessiers et les lombaires. C'est le même principe que le soulevé de terre jambes tendues sauf que la barre se situe au niveau de la nuque.
  • Leg curl : Le leg curl est un mouvement d'isolation des ischio-jambiers. C'est à dire que l'exercice va solliciter uniquement les ischio-jambiers. Le mouvement consiste en une flexion de genoux afin de ramener le talon vers les fessiers. Le leg curl avec élastique permet de solliciter les ischio-jambiers principalement. Sa mise en oeuvre peut être un peu compliquée si vous n'avez d'attache spécifique pour la cheville. Le leg curl avec élastique permet de travailler les ischios-jambiers principalement.
  • Soulevé de terre jambes tendues : Le soulevé de terre jambes tendues est une variante du soulevé de terre classique sollicitant davantage les ischio-jambiers. Contrairement au soulevé de terre où les quadriceps participent au mouvement, cet exercice demande un gros travail aux ischio-jambiers pour redresser le bassin. Le soulevé de terre jambes tendues avec élastique permet de travailler les ischio-jambiers et les muscles de la région lombaire principalement.

Exercices Spécifiques pour la Rééducation

  • Tirades : Débuter en position debout, alternativement d’un membre inférieur et l’autre, venir rapidement au sol avec un mouvement d’extension de hanche, le contact au sol devant se faire quand le membre vient à l’aplomb du bassin, en étant solide et haut sur l’appui. Une fois le contact au sol passé, il convient de continuer à pousser en pas postérieur.
  • Moyens fessiers : Debout, proche d’un mur, se placer en appui sur le membre inférieur le plus loin du mur, l’autre membre inférieur proche du mur va réaliser des mouvements de flexion extension de hanche associés à une flexion du genou tout en gardant un ballon coincé entre le mur et la cuisse.
  • Grands fessiers : En décubitus dorsal, prendre appui sur un membre inférieur avec le genou fléchi à 90° et faire des mouvements d’extension de hanche sur ce membre en appui afin de faire des élévations du bassin, le membre inférieur libre reste en extension dans l’alignement du tronc. Attention à être bien gainé et solide au niveau du bassin.
  • Ischio-jambiers excentrique debout : En appui sur un pied, genou fléchi à 20°, retenir doucement la flexion du tronc, le membre controlatéral faisant un balancier postérieur, genou en extension. Les épaules et le bassin doivent bien rester dans l’axe.
  • Ischio-jambiers isométrique : En décubitus dorsal, garder les épaules et les deux talons au sol, et soulever le bassin (pont bustal membres inférieurs tendus).

L'impact des Ischio-Jambiers sur la Performance Sportive

L’étirement des ischio-jambiers est essentiel pour prévenir les blessures et maintenir une excellente flexion de hanche. Les ischio-jambiers sont des muscles fragiles. Il est important de les étirer dans une séance à part afin d'éviter certaines blessures récurrentes dans le monde du sport.

Sprinter est une activité nécessaire à la performance dans différents sports tels que l’athlétisme, le football ou le rugby. Mais cette activité explosive est associée à un risque important de lésion musculaire des ischio-jambiers. En effet, cette lésion est la première dans les sports précités représentant de 12 à 26 % des blessures (1, 2). Ces lésions ont un retentissement important pour le sportif, par leurs conséquences néfastes sur la pratique sportive, mais aussi potentiellement dans leur quotidien, et le risque important de récidive (3). C’est pourquoi ces lésions constituent un problème de santé majeur lié au sport (3, 4), et leur prévention représente un défi pour les sportifs et tous les acteurs autour d’eux.

Diagnostic et Prise en Charge des Lésions

La lésion musculaire des ischio-jambiers est caractérisée par une douleur plus ou moins aiguë dans la loge postérieure de la cuisse ayant un retentissement fonctionnel allant de la simple gêne à l’impotence fonctionnelle totale (3). Le diagnostic est essentiellement clinique (Tab. L’interrogatoire aura une place primordiale et l’examen physique permettra de confirmer les hypothèses et d’affiner le diagnostic.

Concernant la gravité de la lésion, il existe plusieurs classifications pour la décrire (3). • et/ou la fonction (3, 5). Malgré tout, la première question de l’athlète blessé étant « quand est-ce que je peux retourner sur le terrain ? », il est important pour le professionnel de santé et le sportif de « savoir où l’on va ». Ainsi, il faudra à partir de l’examen clinique tenter d’estimer des délais de cicatrisation et de reprise du sport, qu’il faudra réajuster et affiner au fur et à mesure de l’évolution et de la rééducation. Initialement ces délais pourront être simplement : « ça va prendre du temps » ou « ça pourra être rapide », en s’appuyant sur la classification en deux stades de Guillodo et al. (5) : reprise en moins de 40 jours ou plus de 40 jours.

Quand l’interrogatoire et l’examen clinique sont cohérents, il n’est pas utile de réaliser des examens paracliniques complémentaires (3). Cependant, pour préciser la topographie lésionnelle, éliminer un diagnostic différentiel et/ou préciser la gravité, il est pertinent d’avoir recours à des examens complémentaires. Ainsi, l’échographie et l’IRM peuvent être utilisées avec des résultats similaires en termes de performance diagnostique. L’échographie peut être préférée pour son coût plus faible et sa disponibilité plus grande. Et l’IRM a l’avantage de pouvoir explorer les régions et lésions profondes, ainsi que toutes les structures tissulaires dans le cadre de diagnostic différentiel.

Quand le sportif se blesse, sa première question est : « Quand est-ce que je peux reprendre ? ». La prédiction du temps nécessaire pour retourner sur le terrain est le souhait de tous ! Il a été rapporté que les lésions intéressant l’aponévrose ou les structures myotendineuses intramusculaires, survenant préférentiellement lors de sprints ou de sauts, ont un meilleur pronostic. Celles ayant une taille importante (longueur et section transversale) et/ou se situant proche de la tubérosité ischiatique (qui touche le tendon proximal libre ou l’enthèse) ont un moins bon pronostic (3). À partir d’une batterie de tests incluant des données de l’interrogatoire, de l’examen physique et de tests de terrain, Jacobsen et al. (7) ont développé des équations permettant de prédire le délai de reprise lorsque cette batterie de tests est réalisée à J1 à ± 23 jours près, à J7 à ± 5 jours près, et que l’IRM ne permettait qu’une précision à ± 40 jours près. À ce jour, les données de la science, en utilisant les outils actuellement disponibles, rapportent un manque de précision pour prédire cette date de retour au sport.

Yoga et Ischio-Jambiers

Certaines postures de yoga peuvent être bénéfiques pour améliorer la souplesse des ischio-jambiers et favoriser l'équilibre postural :

  • La chaise yogique (Utkatāsana) : Excellent exercice pour rééquilibrer la colonne vertébrale. En effet, faisant partie de la famille des Utkatāsana, son mouvement modifie sensiblement la mauvaise posture que nous adoptons en tant que sédentaire dans notre vie de tous les jours. Ainsi, elle modifie la position inclinée du dos et corrige l’arrondissement du dos, en plus de soulager les lombaires.
  • Kurmāsana : Permet au pratiquant de yoga de s'intérioriser et de se préparer à la médiation. Ses principales vertus s’appliquent dans un premier temps à la colonne vertébrale, qu’elle assouplit et étire dans la longueur. Dans un second temps, elle permet de renforcer l’ensemble du corps, en vous permettant un véritable recentrement sur vous-même. Elle agit aussi sur les jambes, particulièrement derrière le genou en étirant et en développant la flexibilité des ischios-jambiers.
  • La posture du triangle (Trikonāsana) : Est une posture de Yoga considérée comme une posture de mise en train. Cependant, elle peut aussi être pratiquée lors de votre enchaînement quotidien, ou votre routine sport. Agissant de manière très bénéfique sur les système respiratoire, Trikonāsana a aussi des vertus contre les douleurs aux lombaires, et vous procure un renforcement des abdominaux. Il est primordial dans la posture du triangle d’accorder le souffle en fonction des mouvements.

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