La procréation médicalement assistée (PMA) est un domaine en constante évolution, tant sur le plan scientifique que juridique. En France, ces activités sont strictement réglementées, avec des centres d’AMP et des praticiens autorisés attestant de la qualité des soins et du respect des bonnes pratiques. Face à des délais parfois longs en France, de nombreux couples et femmes seules se tournent vers l’étranger pour réaliser leur projet parental. Cet article explore les conditions de la PMA en Suisse, en les comparant à d'autres pays, et aborde les aspects financiers et les démarches à entreprendre.

Législation et Conditions d'Accès à la PMA en Suisse

La Suisse a une des lois les plus restrictives en matière de PMA. Cependant, la votation du 5 juin 2016 a permis un certain assouplissement, notamment en ce qui concerne le diagnostic préimplantatoire (DPI).

Restrictions et Autorisations

  • Don d'ovules et d'embryons : Interdits.
  • Accès à la PMA : Réservé aux couples stériles et à ceux susceptibles de transmettre une maladie grave.
  • Diagnostic Préimplantatoire (DPI) : Encadré de manière stricte, il est restreint aux couples qui ne veulent pas transmettre à leur enfant une maladie héréditaire grave, incurable et susceptible de se déclarer avant l’âge de 50 ans.
  • Don de sperme : Autorisé, mais n'est pas anonyme.
  • Remboursement des procédures de FIV : Non remboursées par l’assurance maladie.
  • Reconnaissance de la maternité : Actuellement, si une femme a recours au don de sperme en Suisse, une autre femme peut être « reconnue comme mère » dès lors qu’elle est mariée à la mère biologique. En revanche, si la PMA a été effectuée à l’étranger, ou en cas de « conception naturelle en Suisse ou à l’étranger », la deuxième femme doit passer par l’adoption, justifiant « d’avoir fourni à l’enfant des soins pendant au moins un an ».

Comparaison Internationale des Législations en Matière de PMA

La législation concernant la PMA varie considérablement d'un pays à l'autre, notamment en ce qui concerne l'accès, les techniques autorisées et la prise en charge financière.

  • France : La procréation médicalement assistée (PMA) est possible depuis 2021 pour les couples hétérosexuels n’arrivant pas à avoir d’enfant, pour les couples de femmes et les femmes seules. Elle exclut cependant toujours les personnes trans et les femmes de plus de 45 ans. La règle tend à ne permettre le transfert que de deux embryons. Le recrutement des donneurs de gamètes est régi par des principes éthiques destinés à les protéger de tout trafic.

  • Argentine : La PMA est ouverte à toute personne majeure, quels que soient son orientation sexuelle et son statut civil, et l’accès est même entièrement gratuit.

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  • Québec : Une femme peut entamer une PMA jusqu’à 41 ans.

  • République tchèque : Une FIV est possible jusqu’à 49 ans chez la femme, par contre la PMA n’est ouverte qu’aux couples hétérosexuels.

  • Belgique : Pays pionnier dans la pratique, on y trouve 18 centres PMA et 16 banques d’ovocytes et de sperme, et en 2020, 4,6% des naissances ont été réalisées par FIV.

  • Espagne : La gratuité a été rétablie en 2021, en même temps que la PMA a été rendue possible pour les personnes trans « en capacité de gestation ».

  • Danemark : Règles plus souples, le donneur de sperme n’est pas obligé d’être anonyme.

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Prise en Charge Financière de la PMA

La prise en charge des frais de PMA dépend de l'affiliation ou non à la Sécurité sociale française, et du pays où la PMA est réalisée.

Si vous êtes toujours rattachée au système d’assurance-maladie français :

  • La procédure peut être prise en charge par la Caisse primaire d’assurance-maladie, à condition que vous répondiez aux critères de la prise en charge d’une PMA en France.
  • Les actes sont pris en charge à 100 % jusqu’au 43e anniversaire de la mère qui portera l’enfant, et pour au maximum 6 inséminations artificielles et 4 FIV.
  • La prise en charge est possible si la PMA a lieu dans un pays de l’Union européenne ou en Suisse. Pour les autres pays, il n’y aura de prise en charge que si vous êtes en situation de détachement, s’il existe une convention bilatérale de sécurité sociale entre la France et le pays concerné prévoyant la prise en charge de ces soins, ou s’il s’agit de soins dits “innovants”.

Si vous n’êtes plus rattachée au système d’assurance-maladie français :

  • Renseignez-vous auprès de votre système de sécurité sociale local.
  • Vous pouvez également demander un remboursement auprès de la Caisse des Français de l’étranger (CFE) si vous y cotisez, et à votre mutuelle. Concernant la CFE, elle peut rembourser jusqu’à 1 200 euros pour une FIV, et jusqu’à 1 500 euros pour une FIV avec micromanipulation (ICSI).

Démarches à Entreprendre pour une PMA à l'Étranger

  1. Rendez-vous avec votre gynécologue ou médecin traitant : Pour discuter de la technique choisie et vérifier que vous correspondez aux conditions. S’il donne son accord, il rédigera un certificat médical.

  2. Choisir l’établissement : Contactez le centre PMA ou l’établissement pour demander un devis.

  3. Demander la prise en charge : En cas d’affiliation à l’assurance-maladie française, envoyez un dossier au Centre national des soins à l’étranger (CNSE) avec le certificat médical, les comptes rendus médicaux des soins déjà réalisés, le devis, et une lettre de motivation signée par le ou les parents. Si vous ne dépendez pas de la sécurité sociale française, vous pouvez faire la demande auprès de la CFE.

Soutien Psychologique et Conseils Supplémentaires

Un parcours de PMA est souvent éprouvant et semé d’embûches. Il est important de :

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  • Envisager un soutien psychologique : Un contact avec le psychologue du centre pourra vous être proposé. Son soutien peut être à envisager, car un parcours de PMA est souvent plein d’angoisses, d’attente et de déceptions, et on peut vite se sentir seule, surtout à l’étranger, loin de ses proches.
  • Conserver des copies de tous les documents : N’hésitez pas à faire des photocopies et des scans de tout compte rendu médical, devis, facture, etc. qui vous seront fournis tout au long du parcours, car vous pourrez avoir besoin de les envoyer à plusieurs organismes et ils peuvent vite se perdre !

Les Différentes Catégories de Patients Concernés par la PMA

Selon la loi bioéthique en vigueur dans le pays, les soins d’assistance à la procréation s’adressent globalement à trois catégories de personnes :

  1. Patients ayant un désir d’enfant : Ceux qui souhaitent démarrer le processus de PMA. Cela concerne les patients qui ont un désir d’enfant et dont le diagnostic médical d’infertilité a confirmé la possibilité de réaliser une PMA.

  2. Patients souhaitant préserver leur fertilité : Avant un traitement gonadotoxique ou dans le cas du décalage de l’âge de la maternité pour un homme ou une femme et, dans les cas d’une réassignation sexuelle.

    • Si l’individu n’est pas encore pubère, les traitements vont consister à congeler du tissu testiculaire pour les garçons et du tissu ovarien pour les filles. Dans le dernier cas, pour les hommes, il s’agit d’un recueil de sperme.

Critères de Choix d'un Centre de PMA

Il est important de bien choisir son centre de PMA, en tenant compte de plusieurs facteurs :

  • Proximité : Idéalement, cela doit être le centre de PMA le plus proche de son domicile pour des raisons de praticité à réaliser les examens lorsque le processus a débuté (monitorage de la croissance des follicules ovariens, ponction ovocytaire, recueil de sperme, prises de sang, etc.).
  • Performance : Il pourra être aussi envisagé de regarder la performance du centre si une évaluation officielle (publiée par le ministère de la santé du pays, l’agence de biomédecine, etc.) est disponible.

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