Au cours des trois premiers mois de la grossesse, le fœtus, qui deviendra un bébé, entame sa transformation et se prépare à grandir dans le ventre de sa future maman. Il faut 40 semaines, soit 9 mois, pour que cet œuf se transforme en bébé, le temps nécessaire pour que tous les organes se développent correctement. Cet article explique la magie incroyable de la vie qui transforme un œuf lié par deux cellules en un magnifique bébé.
La conception : le début d'une nouvelle vie
Après une "course-poursuite", un seul spermatozoïde, plus rapide que les autres, réussira à pénétrer dans l'ovule. C'est ce qu'on appelle la fécondation. À partir de ce moment, l'œuf va se développer à une vitesse spectaculaire. En effet, l'ovule et le spermatozoïde forment l'œuf qui, dès les heures qui suivent, entame le processus de développement. Rapidement, il va se diviser en deux, puis quatre, puis seize cellules, et ainsi de suite. On parle alors de multiplication cellulaire. D'ailleurs, dès le 12ème jour après la fécondation, on compte déjà plus de 2000 cellules. Durant les premières semaines de grossesse, l'œuf fécondé se déplace facilement de la trompe vers l'utérus afin d'y prendre place confortablement.
Préparation pour l'évolution du fœtus
Parce que le corps de la femme est prédisposé à porter un enfant, et afin que le fœtus se développe dans les meilleures conditions, il y a un grand nombre d'organes qui se modifient et se mettent en place de façon naturelle.
Le placenta : un organe vital
Cet organe est créé dès les premiers jours de la grossesse et il protégera bébé durant toute la grossesse. Mais il ne sera entièrement achevé qu'à la moitié de la grossesse. Il sert également de protection contre les microbes. Le placenta se crée à partir de la paroi utérine ainsi qu'une membrane de l'œuf, grâce à la maman et au bébé. On parle alors d'organe mixte. Le placenta est un organe temporaire qui va être fabriqué dès que l’embryon prend place dans la muqueuse utérine. Les quatre premières semaines, l’embryon se nourrit des réserves de l’ovule avant que le placenta prenne le relais, en s’installant dans le haut de l’utérus. C’est là que les échanges de nutriments entre la mère et le fœtus vont commencer. Le placenta est une sorte de grosse galette (c’est d’ailleurs sa signification en latin) spongieuse très vascularisée. Une pompe sanguine qui va faire transiter ainsi par le cordon les nutriments nécessaires au bébé.
Le liquide amniotique : un cocon protecteur
C'est dans la partie dorsale de l'embryon qu'une petite cavité se remplit d'un liquide, qui est appelé liquide amniotique. Ce phénomène commence dès le 8ème jour de grossesse. Petit à petit, la cavité se creuse et fait le tour complet de l'embryon, permettant ainsi au futur bébé de baigner à l'intérieur d'une poche d'eau. Cela le protège des chocs tout en le maintenant à une température constante. Le liquide amniotique, quant à lui, possède davantage un rôle de protection et de maintien de la température.
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Le cordon ombilical : un lien vital
Au fur et à mesure du développement, un autre organe se développe, le cordon ombilical. Celui-ci possède un rôle vital pour le futur bébé, le cordon ombilical se présente sous forme de long tuyau qui relie l'embryon au placenta maternel. Il permet de transporter tous les nutriments ainsi que l'oxygène nécessaires au fœtus durant toute la grossesse. Ce « tuyau » reliant l'embryon au placenta maternel abrite également une veine qui transporte les nutriments et l'oxygène, ainsi que deux artères qui évacuent quant à elles le gaz carbonique et les déchets. Le cordon ombilical renferme une grosse veine, appelée veine ombilicale, et généralement deux artères de diamètre plus petit. Il peut arriver qu’il n’y ait qu’une seule artère.
Naissance d'une petite "cacahuète"
Dès la fin du premier mois de grossesse, on remarque à l'échographie la formation d'une petite virgule possédant étrangement la forme d'une cacahuète, et l'on commence à distinguer une apparence humaine. La petite cacahuète se compose de petites saillies qui deviendront très vite des vertèbres. Les organes se développent doucement, sous la forme de tube, ainsi on retrouve le tube digestif nerveux et cardiaque.
Le rôle de l'alimentation maternelle
La maman, elle, mange normalement comme avant la grossesse. Mais ces aliments vont être décomposés en nutriments qui passent dans le sang et sont ainsi acheminés vers le placenta. Et c’est toujours via ce sang, qui transite par les artères du cordon, que bébé va pouvoir se nourrir. Le placenta est alors une gare de triage et un filtre efficace pour n’amener au fœtus que ce dont il a besoin. En revanche, des substances néfastes pour le bébé comme l’alcool, le tabac, les médicaments… ne sont pas stoppées ici.
Vous entendez beaucoup parler des apports nutritionnels indispensables pour le bon développement du fœtus. Comment toutes ces molécules passent-elles de la future mère à son bébé ? Dans notre ventre, notre bébé mange et respire. Pas au sens strict, comme nous le faisons nous, en ingérant des aliments et en inspirant de l’air à pleins poumons. Mais il reçoit bien tous les nutriments et l’oxygène dont il a besoin. Organe temporaire qui n’apparaît qu’au moment de la grossesse, le placenta constitue le lien entre la circulation sanguine de la femme enceinte et celle d’un fœtus. Il sert également de filtre, limitant le passage de certains éléments non désirés vers le futur bébé.
Parmi les macro-nutriments, lipides, protéines et glucides, le Pr Huissoud rappelle qu’ils sont tout aussi essentiels au fœtus pendant la grossesse qu’ils ne le sont après la naissance et durant toute notre vie. « Les glucides en particulier occupent une place primordiale, car ils apportent le glucose, sucre qui constitue la source d’énergie principale de l’ensemble des cellules de l’organisme. » Quand la future maman consomme des glucides, simples ou complexes, ils sont digérés et le glucose est absorbé des intestins vers sa circulation sanguine. Cette dernière transporte les molécules de glucose vers le placenta, qui les laisse passer vers le sang fœtal.
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Le fœtus est très sensible au taux de sucre dans le sang de sa maman. Quand la glycémie maternelle est très élevée, comme dans le cas d’un diabète sucré de grossesse ou diabète gestationnel, de très grandes quantités de glucose traversent la barrière placentaire et se retrouvent dans le sang fœtal. Le fœtus fabrique alors beaucoup d’insuline, qui favorise le stockage de ce sucre sous forme de graisses.
Et pour les protéines ? « Elles sont digérées par la mère sous forme d’acides aminés », reprend l’expert. « Il en existe différents types, qui passent par le placenta et le cordon ombilical pour rejoindre la circulation sanguine fœtale. » Le fœtus est capable de reconstituer des protéines à partir de ces différents acides aminés. « Concernant les lipides, ils arrivent généralement au niveau du placenta sous la forme de grosses molécules, HDL, LDL, chylomicrons… » Là encore, ces lipides se retrouvent dans le sang maternel après digestion des aliments. « Le placenta peut fragmenter les très grosses molécules lipidiques pour absorber les acides gras nécessaires au bébé. » D’autres éléments lipidiques traversent la barrière placentaire de la mère vers l’enfant. C’est le cas de certaines hormones comme les stéroïdes, des dérivés du cholestérol essentiels au bon développement du fœtus. « Le bébé fabrique certaines de ses propres hormones et d’autres lui sont apportées directement pas sa mère. Vitamines (A, groupe B, C, D…) et minéraux (fer, calcium, magnésium, iode…), appelés aussi micro-nutriments, suivent le même cheminement. Ingérés par la femme enceinte à travers l’alimentation, ils sont absorbés au niveau intestinal et transportés par le sang jusqu’au placenta.
D’où la nécessité pour les femmes enceintes d’adopter une alimentation diversifiée durant toute la durée de leur grossesse. Les différents fruits et légumes par exemple ne contiennent pas tous les mêmes vitamines et minéraux. Généralement, une alimentation équilibrée suffit à combler les besoins nutritionnels, aussi bien ceux de la femme enceinte que ceux de son bébé. Deux vitamines sont toutefois particulièrement surveillées et font l’objet d’une supplémentation : « La vitamine B9 ou acide folique permet de limiter certaines anomalies malformatives, en particulier les spina bifida, anomalies de la colonne vertébrale et de la moelle épinière. « Pour la vitamine D, une vitamine liposoluble que l’on retrouve dans des aliments gras comme certains poissons, il peut arriver que les apports alimentaires soient un peu justes.
Les échanges au niveau du placenta s’effectuent en continu. Le fœtus puise en permanence les éléments dont il a besoin. Les macro-nutriments et micro-nutriments issus d’un repas maternel mettent un temps très variable à arriver jusqu’au placenta. Chaque aliment est digéré à un rythme différent, les glucides simples étant par exemple plus vite assimilés que les protéines. Une digestion complète, de l’ingestion jusqu’aux selles, dure en moyenne 24 heures.
« Contrairement aux échanges nutritionnels, les échanges gazeux sont extrêmement rapides entre la mère et l’enfant », explique le secrétaire général du CNGOF. Tout comme les nôtres, les cellules du fœtus utilisent l’O2 pour fonctionner et produisent du CO2. Sauf que ces gaz ne sont pas absorbés et évacués, comme pour nous, au niveau des poumons, mais toujours par le biais de la circulation sanguine. Le dioxygène passe du sang de la mère au sang du bébé à travers le placenta et la veine ombilicale (qui le délivre au niveau du foie et du cœur), quand le dioxyde de carbone emprunte le chemin inverse, à travers les artères ombilicales. Tout l’inverse de notre propre circulation. Certes, le bébé a lui aussi des poumons, mais il ne respire pas au sens où nous l’entendons. Ces poumons n’absorbent aucun air, c’est seulement à la naissance qu’ils se remplissent pour la première fois et qu’une vraie respiration se met en place.
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Développement des sens et préférences gustatives
C'est à partir du troisième mois de grossesse que le fœtus développe ses sens avec un ordre d’acquisition bien précis : d'abord le toucher, l'odorat, le goût et enfin l’ouïe. Le développement des récepteurs gustatifs et des papilles a lieu au cours de la 12e semaine. On peut affirmer dès lors que le fœtus développe ses futurs goûts tout au long de la grossesse de la maman : ses bourgeons gustatifs sont en développement, et vous partagez les mêmes repas !
Des scientifiques ont réalisé des études in-utero pour tenter de comprendre quelles saveurs, entre le sucré et l'amer, le fœtus préfère. En injectant du saccharose à travers le ventre de sa maman, on peut observer que le bébé réagit en avalant plus de liquide amniotique. Avec une solution amère, il ralentit sa déglutition. On peut donc supposer que les fœtus réagissent instinctivement même en ce qui concerne les saveurs. Selon certains scientifiques, cette aversion du fœtus pour l'amer serait un réflexe de survie ancestral : l'Homme rejetterait instinctivement les substances amères, car au cours de son évolution, il a souvent associé cette saveur à des substances toxiques (champignons, baies amères…).
C'est dans le ventre que les premiers échanges se font entre maman et bébé. Le fœtus reçoit les aliments par l'intermédiaire du cordon ombilical. Il baigne dans le liquide amniotique et en avale régulièrement. Les saveurs peuvent donc traverser le placenta et modifier le goût du liquide amniotique : les scientifiques y détectent plus de 490 molécules porteuses d'odeurs et de saveurs !
De nombreuses études américaines ont tenté de comprendre si un lien de causalité existait entre le régime suivi par maman pendant toute la période de gestation et les goûts de bébé. Un test a été fait sur une cinquantaine de femmes enceintes et les conclusions sont flagrantes : le groupe test ayant mangé des aliments aux saveurs fades et neutres pendant toute la durée de leur grossesse auront à la naissance des bébés aux sens moins éveillés. Au contraire, des femmes ayant mangé des aliments aux saveurs équilibrées (sucré, salé, amer, acide) pendant leur grossesse auront des bébés plus curieux de découvrir de nouvelles saveurs. Il y a donc un rôle prédominant de la maman dans la construction du goût chez son enfant.
Étapes importantes de la croissance fœtale
Si nous devons conclure en résumant les étapes importantes de la croissance du fœtus, il est important de rappeler qu'à la suite de la fécondation, les cellules deviennent très vite l'embryon, afin de former les principaux organes du futur bébé. Dès la 3ème semaine, le cœur de l'embryon commence à battre et les organes dits vitaux comment à se former, parmi eux les reins, les poumons ainsi que le foie. Dès la 4ème semaine, on se rend compte que l'embryon grandit vite et il passe d'une taille de 3 cm à 5 cm. À ce stade du développement, on commence même à distinguer l'apparence d'un bébé. Ainsi, grâce à l'échographie pratiquée par un médecin spécialisé, on distingue facilement la tête, les jambes et les bras du bébé. À la fin du premier trimestre, on ne parle plus d'embryon mais de fœtus, avec des organes qui continuent à se développer petit à petit. À la fin du 3ème mois de grossesse, le fœtus atteint une taille de presque 10 cm et l'on commence à voir bouger ses bras ainsi que ses jambes à l'échographie. Toutefois, il faudra à la maman encore un peu de patience puisque ce n'est que quelques semaines plus tard qu'elle sentira son bébé bouger.
Bien entendu, il reste de nombreuses étapes à franchir afin que le fœtus atteigne le stade d'un bébé doté de toutes les fonctions vitales qui lui permettront, une fois qu'il sera venu au monde, de respirer ou encore de se nourrir seul. Passé le cap du premier trimestre, bébé aura encore 6 mois pour grandir et évoluer. À noter que pour bon développement et le bien-être du futur bébé, il est vivement recommandé d'avoir une alimentation saine et équilibrée, avec la possibilité de prendre de la vitamine B9 pour éviter toute carence. Le premier trimestre peut être difficile à vivre pour la femme enceinte et de nombreux désagréments peuvent apparaître. Les nausées, matinales ou non, et la sensation fatigue sont les plus courant en début de grossesse. Afin de vivre sereinement ces quelques mois, il sera important de suivre les recommandations du médecin gynécologue et/ou de la sage femme qui sera chargé du suivi de la maman durant toute sa grossesse.
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