Majestueuses, imposantes et dotées d'un caractère bien trempé, les oies sont bien plus que de simples volailles. Gardiennes efficaces, débroussailleuses naturelles et productrices de viande et de foie gras de qualité, elles représentent un ajout fascinant et utile à toute ferme ou grand jardin. Voici un guide complet sur la reproduction des oies, abordant les aspects essentiels pour un élevage réussi.

Pourquoi élever des oies ?

Reconnues pour leur vigilance et leur fort instinct territorial, les oies sont d'excellentes sentinelles. Leur cri puissant et strident avertit efficacement de l'approche d'étrangers ou de prédateurs, qu'il s'agisse de renards, de chiens errants ou de personnes indésirables. Elles n'hésitent pas à intimider les intrus par leur taille et leur comportement assertif, protégeant ainsi le reste de votre basse-cour et votre propriété.

Les oies sont de grandes consommatrices d'herbe. Dans un verger, une vigne ou de grands espaces, elles peuvent servir de "tondeuses" naturelles, maintenant l'herbe courte et réduisant le besoin de désherbage manuel ou chimique. Elles sont particulièrement efficaces contre certaines adventices.

Historiquement élevées pour leur chair et leur foie gras (dans certaines régions), les oies sont également des pondeuses d'œufs impressionnants, tant par leur taille que par leur richesse. La chair d'oie est savoureuse, et leurs œufs sont très prisés en pâtisserie pour leur apport en gras et en onctuosité.

Malgré leur réputation de vigilance, les oies peuvent devenir très apprivoisées et développer un lien fort avec leur éleveur. Elles reconnaissent leur soigneur, peuvent se montrer curieuses et même affectueuses. Observer leur comportement social et leur élégance est une source de plaisir quotidien.

Lire aussi: Apaiser la douleur des coliques chez l'adulte

Le choix de la race

Le choix de la race est primordial car il influence directement la taille des animaux, leur objectif (chair, garde, ornement) et même leur tempérament. Race très lourde, célèbre pour le foie gras. Bonne pondeuse pour une oie. Bonne couveuse et mère. Rustique et résistante. Petite taille, élégante. Ressemble à un cygne. Souvent tachetée.

L'environnement idéal pour la reproduction

Un environnement bien pensé est fondamental pour le bien-être, la santé et la productivité de vos oies. Les oies sont de grandes brouteuses. Elles ont besoin d'un vaste parcours herbeux pour s'alimenter, faire de l'exercice et exprimer leurs comportements naturels. Prévoyez un minimum de 50 m² par oie, idéalement plus.

Le terrain doit être clôturé solidement, non seulement pour contenir les oies mais surtout pour les protéger des prédateurs terrestres (renards, chiens errants). Une clôture d'au moins 1,20 m à 1,50 m de haut est recommandée, et si possible, enterrée ou renforcée à la base.

Bien que rustiques, les oies ont besoin d'un abri fermé et sécurisé pour la nuit, à l'abri du vent, de la pluie et des prédateurs. Cet abri ne nécessite pas de perchoirs, mais un sol sec et propre est crucial. Les oies produisent beaucoup de fientes liquides, qui peuvent rapidement rendre la litière humide et insalubre, favorisant les maladies des pattes et respiratoires.

Pour pallier ce problème et garantir une hygiène irréprochable, l'installation de caillebotis est une solution de plus en plus plébiscitée. Les caillebotis permettent aux déjections de tomber sous le sol, laissant une surface de couchage toujours propre et sèche pour les animaux.

Lire aussi: Comment refuser une assistante maternelle ?

L'eau est vitale pour les oies. Elles l'utilisent pour boire, pour se baigner, pour se toiletter (nettoyer leurs plumes et leurs narines) et même pour certains comportements sociaux. Un grand bac d'eau, une petite piscine pour enfants, un bassin ou un point d'eau naturel sont indispensables. L'eau doit être renouvelée très régulièrement (quotidiennement si possible) pour éviter la stagnation et le développement de bactéries ou d'algues. Le point d'eau doit être facilement accessible mais suffisamment sécurisé pour éviter les noyades, notamment pour les jeunes oisons.

L'alimentation : un facteur clé

Les oies sont majoritairement herbivores. Une bonne herbe fraîche et abondante constitue la base de leur alimentation. Oisons : Les oisons ont des besoins élevés en protéines. Il faut leur donner un aliment "démarrage" pour palmipèdes (riche en protéines, environ 20-22%) durant les 3-4 premières semaines. Les oies, comme les canards, doivent toujours avoir accès à de l'eau lorsqu'elles mangent du grain. Elles ont besoin de l'eau pour humidifier et avaler leur nourriture correctement, et nettoyer leur bec.

La reproduction naturelle des oies

La reproduction des oies est un processus fascinant. Les oies sont généralement monogames et forment des couples pour la vie. Certaines races d'oies (comme l'Oie du Poitou ou de Poméranie) sont d'excellentes couveuses et mères. Elles couvent leurs œufs pendant environ 28 à 32 jours. Pendant cette période, elles sont très protectrices et ne quittent leur nid que brièvement.

Accouplement et fécondation

Dans les zones tempérées, la période de reproduction se déroule au printemps. L’accouplement est précédé d’un ensemble de manifestations particulières : la parade nuptiale. Le mâle, paré d’un nouveau plumage, souvent spécial (plumage de noce), cherche à captiver la femelle par l’étalage de sa parure, des danses, des combats avec d’autres mâles et, le plus souvent, par son chant dont toutes les qualités sont développées à ce moment-là. Souvent également, le mâle fait de petits cadeaux à sa belle.

L'accouplement se fait souvent sur l’eau, ce qui souligne l'importance d'un point d'eau à disposition.

Lire aussi: vérifier le cœur de bébé

La ponte et le nid

Après l’accouplement sexuel avec le jars, l’oie commence à pondre des œufs. Cependant, elle ne pond pas tous ses œufs en même temps. Normalement, on peut supposer qu’un œuf est pondu environ tous les deux jours. On parle alors également de période dite de ponte. Il est impossible de dire exactement combien de temps cela va durer. Au cours de la première année après la maturité sexuelle, le nombre d’œufs par oie sera à un chiffre. À partir de la deuxième année, il peut y avoir jusqu’à 16 œufs. Ces chiffres doivent également être pris en compte lors de l’élevage des oies.

Le nid joue un rôle central dans l’élevage des oies. Les œufs sont pondus dans le nid puis éclosent. Chaque oie construit son propre nid. Malheureusement, elle le fait généralement là où cela est le plus judicieux ou le plus facile à faire. Ce n’est peut-être pas toujours l’endroit le plus sûr du site. Afin de protéger de manière fiable l’animal et les œufs des prédateurs tels que les renards, le meilleur endroit pour le ou les nids est l’écurie - surtout la nuit, bien sûr. Une oie n’a pas non plus besoin d’aide pour construire un nid. Elle peut le faire instinctivement et sait exactement ce qu’elle fait. La meilleure chose à faire est de les laisser faire ce qu’ils veulent et de ne pas intervenir en tant que propriétaire.

Incubation naturelle

Les œufs doivent rester la plus grande partie du temps à une température constante voisine de celle du corps de l’oiseau. L’adulte qui couve les retourne régulièrement pour répartir la chaleur à l’intérieur. La partie ventrale de son corps, qui recouvre les œufs, perd alors ses plumes pour garantir la transmission d’un maximum de chaleur. Cette période d’incubation ne débute que lorsque tous les œufs sont pondus. Sa durée varie chez les petits oiseaux entre 10 et 15 jours (13 ou 14 jours chez la Mésange charbonnière et chez les grives).

La couvaison est pratiquée soit par la femelle seule, soit alternativement par le mâle et la femelle et parfois par le mâle seul.

L'incubation artificielle des œufs d'oie

L'incubation des œufs d'oie est plus complexe que celle des poules ou des canards, en raison de la taille des œufs et de leurs besoins spécifiques. La durée d'incubation est généralement de 28 à 32 jours. Une couveuse pour oies doit être choisie pour sa capacité à gérer de gros œufs et à maintenir des paramètres précis. Les œufs d'oie nécessitent une hygrométrie élevée (autour de 60% en incubation et 80% en éclosion) et un refroidissement quotidien de 20 à 30 minutes, accompagné d'une pulvérisation d'eau tiède, à partir du 7ème jour. Ce processus de refroidissement et d'humidification simule le comportement naturel de la cane. Pour un taux de réussite optimal, une couveuse automatique est fortement recommandée.

Soins aux oisons

Les oisons, comme tous les jeunes gallinacés, ont besoin d'une source de chaleur constante (lampe chauffante ou panneau radiant) durant leurs premières semaines, avec une température initiale de 32-35°C, diminuant progressivement. L'éleveuse doit être spacieuse, propre, sèche et protégée des courants d'air et des prédateurs. La litière (copeaux de bois non traités) doit être changée très régulièrement. Les oisons doivent recevoir un aliment "démarrage" pour palmipèdes, très riche en protéines et en niacine (vitamine B3) pour soutenir leur croissance rapide et prévenir les problèmes de pattes. Bien que ce soient des oiseaux aquatiques, les très jeunes oisons ne doivent pas avoir accès à un point d'eau profond pour se baigner avant l'âge de 3 à 4 semaines. Leur plumage n'est pas encore suffisamment imperméable, et ils risquent l'hypothermie.

Immédiatement après l’éclosion, les poussins, ou oisons comme on les appelle, peuvent encore se nourrir de leurs propres œufs. À partir du deuxième jour, vous pouvez déjà donner de la nourriture dans le cadre du processus d’élevage, même si elle doit d’abord être très molle. Le fourrage vert est recommandé dès le départ. Un peu plus tard, des grains trempés peuvent également être proposés. Il est également important de fournir suffisamment d’eau lors de l’élevage de jeunes animaux. Un bol peu profond est idéal à cet effet afin que les jeunes animaux ne puissent pas se noyer. Vous devriez d’abord les garder loin d’un étang. Leur doux plumage serait saturé et les oisons se noieraient inévitablement. Lors de l’élevage des oies, il faut également surveiller la liberté de mouvement des jeunes oiseaux pendant les premiers jours de leur vie afin de pouvoir protéger les animaux si nécessaire.

Problèmes de fécondation : causes et solutions

Parfois le temps du début de saison n’est pas favorable et cause des déceptions aux éleveurs avec leur première couvée. Par temps froid surtout on rencontre beaucoup d’œufs clairs dans les nids. Dans ces conditions en effet le mâle produit trop peu de spermatozoïdes ou des spermatozoïdes anormaux. L’une et l’autre tare du mâle peut être à la base de la non fécondation.

Puisque l’œuf est fécondé dans le jaune, la fécondation de vient impossible quand le blanc de l’œuf a commencé à se former autour du jaune. La femelle ne pourra pas pondre de bons œufs si on lui adjoint le mâle au moment où la formation de l’œuf a atteint un stade avancé. Ceci arrive quand la femelle a trop tôt l’envie de couver et quand les œufs ont déjà quitté le conduit avant le contact avec le mâle.

Ceci arrive quand la femelle a accumulé trop de matières grasses pendant la saison d’hiver. Il existe un moyen de remédier à cet obstacle qui, chaque année, se produit dans mon propre élevage. Dans ce cas, voici comment je fais : Je laisse couver les femelles pendant une huitaine de jours, puis j’enlève les œufs et je lui donne les jeunes d’un autre nid. Une femelle qui couve depuis huit jours accepte généralement ces jeunes et en les nourrissant, elle perd toute la graisse superflue. Si on lui donne une autre femelle il est très possible que les œufs ne soient pas fécondés. Aux amateurs qui appliquent cet te méthode, je conseille d’être particulièrement sur leurs gardes, de suivre attentivement les accouplements et de tenir compte du fait qu’un seul rapport sexuel suffit pour féconder toute la ponte.

Voilà les causes principales de la production des œufs non ou mal fécondés. Pour obtenir une éclosion simultanée des œufs, la plupart des éleveurs enlèvent l’œuf nouvellement pondu et remettent tous les œufs après 4 jours. Nous savons qu’après 6 jours d’incubation, il est possible de voir si l’œuf est fécondé ou non en le mirant vers la lumière. Si l’œuf est transparent, il n’a pas été fécondé. Dans l’autre cas, nous pouvons être tranquilles. Pour cela, chaque œuf ne donne pas encore de jeune. Il arrive, en effet, que le germe meure au cours de son développement. Ceci peut de nouveau provenir de diverses causes. L’une d’entre elles est à trop grande sécheresse, c’est-à-dire le manque presque total d’humidité de l’air. Par temps sec, il est à conseiller de placer un bassin d’eau dans la chambre d’élevage, l’évaporation de cette eau rendra l’air plus humide. On peut aussi asperger les œufs d’eau tiède. Les jeunes meurent dans la coquille lors d’un trop long refroidissement des œufs. Ceci se produit quand la couveuse effrayée par un orage ou une action trop brutale quitte son nid. Le refroidissement des œufs est beaucoup plus dangereux au début de l’incubation qu’à la fin. Il faut donc veiller à ce que les cages et les accessoires soient toujours bien propres et peints à une couleur insecticide. Pour favoriser le développement normal des embryons, il est indispensable que l’air de la chambre soit riche en oxygène. Ils n’ont pas la force nécessaire et ne parviennent pas à briser la coquille. Parfois la couveuse les aide mais ce n’est pas toujours le cas. Nous pouvons les aider en tenant pendant quelques secondes l’œuf dans de l’eau tiède pour ramollir la coquille. Il y a des amateurs qui du bout de l’ongle enlèvent prudemment des morceaux de la coquille pour faciliter le travail des jeunes. J’ai déjà usé des deux procédés et dans certains cas, ils sont efficaces.

Santé des oies : Prévention et soins

La robustesse des oies ne les exempte pas de problèmes de santé.

  • Parasites intestinaux : Les oies peuvent être sujettes aux vers.
  • Pododermatite ("pieds d'oie") : Infection bactérienne des coussinets plantaires, souvent due à l'humidité, la saleté, ou des blessures sur des surfaces abrasives.
  • Botulisme : Intoxication grave causée par la bactérie Clostridium botulinum, qui se développe dans les eaux stagnantes et la matière organique en décomposition.
  • Carences nutritionnelles : Notamment en niacine chez les oisons, entraînant des faiblesses des pattes.
  • Agression et blessures : Les oies, en particulier les jars (mâles), peuvent être agressives, surtout en période de reproduction. Les blessures par picage ou bagarre peuvent nécessiter des soins.

Une oie malade se reconnaît souvent par un comportement léthargique, un isolement, un plumage ébouriffé, des fientes anormales, une perte d'appétit ou des difficultés respiratoires.

Production de chair et autres utilisations

Les races lourdes comme l'Oie de Toulouse ou l'Oie Cendrée des Flandres sont idéales pour la production de chair. C'est un élevage spécialisé, principalement avec l'Oie de Toulouse à bavette. Il implique une phase de gavage, une pratique réglementée qui demande des connaissances techniques précises et un grand respect du bien-être animal. Les oies de Guinée ou de Toulouse sans bavette sont les meilleures pondeuses. Pour la garde, privilégiez des races comme l'Oie de Guinée, très vocales et alertes.

Conseils supplémentaires pour un élevage réussi

  • Formation des couples : Élevez dès leur jeune âge, les jars et les femelles ensemble : il n’y aura pas de bataille quand sera venue la saison des accouplements. Choisissez des mâles d’une souche différente de celle des femelles.
  • Préparation à la ponte : Après avoir fait démarrer les jeunes reproducteurs comme vous l’auriez pour des oisons ordinaires, à l’âge de 5 à 6 mois et avant la période de ponte, mettez-les sur le parcours destiné à les recevoir pendant cette saison de ponte.
  • Longévité : Les oies peuvent se reproduire après 1 an et pendant plus d’une dizaine d’années.
  • Espace : Il faut une surface minimum de 400 m2 à 600 m2 selon la qualité du terrain pour un jeu composé de trois oies et un jars.
  • Environnement : Choisissez un emplacement pas trop humide bien drainé et exposé au soleil.
  • Eau : Une petite mare ou à défaut un bac bas rempli d’eau est indispensable, car l’accouplement se fait souvent sur l’eau. Celle-ci est aussi nécessaire pour le bienêtre de vos oies qui adorent s’y détendre et cela encourage l’accouplement. Si c’est un simple petit bassin, renouvelez l’eau une fois par semaine minimum.
  • Abri : L’abri s’il est assez sommaire, une simple cabane en planches, doit pouvoir être fermé le soir pour éviter l’intrusion des renards. L’ouverture de la cabane sera opposée aux vents dominants. Compter 1,5 m2 pour deux oies.
  • Pondoir : Vous pouvez installer dans la cabane (ou attenants) des pondoirs ou nids, mais souvent les oies n’en font qu’à leur tête et iront pondre dans un endroit discret du parcours. Il devient tout de même indispensable si vous choisissez la couvaison naturelle. Il doit être garni de bonne paille sèche non poussiéreuse. Attention ! Une litière de mauvaise qualité et moisie peut apporter les germes de l’aspergillose. Cette maladie pourrait passer la barrière de la coquille des œufs puis contaminer les oisons.
  • Collecte des œufs : Ramassez les œufs chaque jour, ou mieux deux fois par jour par temps de gel et de pluie pour les stocker dans un local frais à une température de 10 °C environ et 60 % d’hygrométrie. Pour cela, il suffit de laisser la porte de l’abri close jusqu’à 10 ou 11 heures le matin comme cela elle pondra dans la cabane.
  • Stockage des œufs : En attente de couvaison, ne stockez pas les œufs à plat pour que le jaune ne se colle pas à la paroi ce qui nuirait au bon développement de l’embryon.

tags: #la #fecondation #des #oies #comment #se

Articles populaires: