La discipline est un apprentissage, un acquis social que les parents transmettent à leurs enfants pour les aider à comprendre les comportements acceptables et inacceptables dans la vie en société. La punition, bien qu'étant un outil, ne doit pas être le seul recours. Les parents disposent d'une multitude d'approches pour éduquer et faire grandir leurs enfants.
Comprendre la Discipline et la Punition
La discipline se résume à l'apprentissage de règles. La punition doit être considérée comme un outil, mais pas le seul. Les parents ont à portée de main une multitude d’outils pour faire apprendre et faire grandir leur enfant. Encore faut-il les connaître.
Alternatives à la Punition : Outils Disciplinaires Positifs
Avant d'envisager la punition, il existe plusieurs outils que les parents peuvent utiliser pour gérer les situations difficiles et favoriser un comportement positif chez leur enfant.
1. La Pause : Calmer les Émotions Avant d'Agir
Face à une situation de colère ou de refus, comme un enfant qui refuse de ranger ses jouets, il est possible de briser le schéma habituel de confrontation. Au lieu de gronder ou de punir, isolez-vous avec votre enfant dans sa chambre. Même s'il crie ou hurle, répétez-lui calmement : « Je veux que tu te calmes. Je vais rester avec toi et t'aider à ce que tu retrouves ton calme pour qu'ensuite nous puissions parler sans se fâcher ».
Cette pause permet à l'enfant de se calmer avant que la colère ne dégénère. Les enfants de moins de 10 ans ont souvent du mal à réguler leurs émotions. Cette méthode leur offre un espace pour apprendre à le faire avec le soutien de leurs parents. L'enfant comprendra que son comportement est inadéquat et que vous êtes là pour l'aider, pas pour le punir. Avec le temps, il apprendra à mieux identifier et gérer ses émotions.
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2. Le Chuchotement : Détendre l'Atmosphère et Attirer l'Attention
Le chuchotement est un outil efficace lorsque l'enfant est excité ou agité, surtout dans des situations où il y a beaucoup de monde. Par exemple, lors d'une soirée entre amis, si votre enfant s'ennuie et commence à crier pour attirer l'attention, mettez-vous à son oreille et chuchotez-lui quelque chose : « Il faut que je te dise quelque chose. Est-ce que tu sais où est Doudou ? Tu veux qu’on aille le retrouver pour jouer avec lui ? Je t’accompagne dans le salon avant de retourner avec les grands, d’accord ?
Le chuchotement détend l'atmosphère, attire l'attention de l'enfant sur votre voix et lui montre que vous l'écoutez. Il n'est plus nécessaire de hausser le ton ou de punir.
3. La Compartimentation : Résoudre les Conflits Équitablement
Lorsque des enfants jouent ensemble et qu'un conflit éclate, intervenez et séparez-les sans tarder. Par exemple, si votre enfant se dispute avec un ami pour un jouet, demandez-leur d'aller dessiner leur aventure séparément dans des pièces différentes. Laissez-les se calmer quelques minutes, puis réunissez-les et demandez-leur s'ils sont prêts à rejouer ensemble calmement et à se prêter le jouet à tour de rôle.
La compartimentation permet de résoudre les conflits de manière équitable, sans accuser un enfant plus qu'un autre. Les enfants apprennent ainsi à gérer les conflits par eux-mêmes. Si des bagarres recommencent, ne les punissez pas, mais séparez-les à nouveau.
4. L'Accompagnement : Faciliter les Transitions
Les enfants, surtout jusqu'à 5 ans, ont du mal avec les transitions et n'apprécient pas d'être interrompus dans ce qu'ils font. Au lieu de les punir pour leur résistance, accompagnez-les dans ces moments de transition.
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Par exemple, si votre enfant est absorbé par un jeu et que c'est l'heure de manger, expliquez-lui qu'il est temps de se préparer pour le repas et proposez-lui de jouer le rôle de l'infirmière qui met les peluches au lit avant d'aller manger. Vous pouvez même lui laisser cinq minutes pour terminer son activité avant de passer à autre chose.
5. Le Temps de Réflexion : Laisser l'Enfant Peser le Pour et le Contre
Au lieu d'utiliser un décompte stressant, laissez à votre enfant le temps de réfléchir à une demande que vous lui avez faite. Par exemple, si votre enfant refuse de prendre son bain, expliquez-lui calmement : « Je t'ai demandé plusieurs fois de te préparer pour aller prendre le bain. Je te laisse le choix. On y va maintenant ensemble ou alors tu préfères y aller dans 5 min avec papa. »
Lui laisser le temps de la réflexion lui permet de peser le pour et le contre de la situation. Même s'il bougonne, il comprendra les règles et les conséquences de ses choix.
Punir avec Discernement : Quand et Comment ?
Si les alternatives mentionnées ci-dessus s'avèrent insuffisantes, la punition peut être envisagée. Cependant, il est essentiel de la mettre en œuvre avec discernement et en tenant compte de l'âge et de la maturité de l'enfant.
Distinction entre Sanction et Punition
Il est important de distinguer la sanction de la punition. La sanction est liée à une règle établie. Si l'enfant ne respecte pas la règle, il est sanctionné et doit savoir que la sanction sera appliquée. La punition, quant à elle, a davantage un but de "dressage" que d'éducation.
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Principes à Respecter Lors d'une Sanction
- Fixer des règles claires : La première étape est de faire connaître ces règles à votre enfant (heure du coucher, autorisation de sortie, interdiction de toucher tel ou tel objet…). Cette démarche est essentielle pour la structuration de l’enfant et de l’adolescent, cela permet de le « cadrer » et de lui donner des repères.
- Annoncer la sanction : Veillez à lui faire connaître la sanction afin qu’il sache à quoi s’attendre.
- Appliquer la sanction : Appliquez la sanction en cas de non-respect de la règle.
- Sanctionner rapidement, mais à froid : Il faut sanctionner le plus tôt possible, mais « à froid », lorsque les émotions sont calmées.
- Rappeler la règle : La sanction doit être l’occasion de rappeler la règle.
- Lien avec la faute : La sanction doit être en rapport avec la faute.
- Proportionnalité : La sanction doit être proportionnelle à la faute : petite faute, petite sanction.
- Réparation : La sanction doit être réparatrice, dans la mesure du possible.
Les Erreurs à Éviter Lors d'une Punition
- La violence éducative : Il est primordial de ne jamais recourir à des méthodes violentes ou humiliantes, telles que les fessées, les claques ou les tapes.
- La discipline excessive : Punir de manière excessive ou sévère peut engendrer de la colère et de la rébellion chez un adolescent.
- Les punitions inappropriées : Il est essentiel de choisir une punition adaptée à la transgression commise.
- L’absence de communication : Il est crucial de discuter avec son enfant désobéissant de la raison de la punition et de lui expliquer la conséquence de ses actions.
- Le manque de soutien et d’encouragement : Même lorsqu’il est nécessaire de punir, il ne faut pas oublier de soutenir son ado et de l’encourager à changer son comportement.
Idées de Punitions Adaptées aux Adolescents
- Restreindre les privilèges : Limiter l'accès aux appareils électroniques, aux sorties avec les amis ou aux activités extrascolaires.
- Assigner des tâches supplémentaires : Donner des tâches supplémentaires à accomplir, comme le nettoyage de sa chambre ou l’aide aux tâches ménagères.
- Priver certains plaisirs : Priver temporairement de certaines activités ou plaisirs qu’il apprécie, comme regarder la télévision, jouer à des jeux vidéo ou aller à une soirée.
- Encourager la réflexion : Demander à son enfant d’utiliser son cerveau et de réfléchir à ses actions. Écrire une lettre d’excuses ou un texte sur la façon dont il peut éviter de répéter la même erreur.
Communication Après la Punition
Une fois la punition appliquée, il est essentiel de maintenir une communication ouverte avec votre enfant.
- Expliquer les raisons de la punition : Prenez le temps d'expliquer pourquoi il a été puni et mettez l'accent sur les leçons de vie qu'il peut en tirer.
- Écouter et valoriser ses émotions : Laissez votre enfant s'exprimer et exprimer ses émotions, même si vous ne comprenez pas nécessairement son point de vue.
- Encourager l’apprentissage et son développement : Utilisez la punition comme une opportunité d’apprentissage. Aidez votre enfant à réfléchir sur son comportement et à trouver des solutions pour qu’il évite de réitérer les mêmes erreurs.
- Rétablir la confiance : Après la punition, il est indispensable de travailler sur le rétablissement de la confiance parent-enfant. Montrez qu'il est capable de changer et d'évoluer.
L'Importance de la Communication
Un point commun ressort de toutes ces approches : la communication. En maintenant un lien avec votre enfant en verbalisant la situation, le comportement, les émotions et les conséquences, vous l'aidez à prendre du recul. Les enfants n'ont pas la même capacité que les adultes à appréhender les événements. L'apprentissage de la discipline et de l'obéissance demande du temps, mais c'est un investissement qui en vaut la peine.
Les Punitions par l'Écriture : Une Méthode à Reconsidérer
Autrefois courante, la punition par l'écriture (copier des lignes) est aujourd'hui remise en question. Bien que certains y voient un moyen de discipliner et de faire réfléchir l'enfant, de nombreux experts estiment qu'elle peut être humiliante, contre-productive et même traumatisante. Pour un enfant dysgraphique, cette punition peut être particulièrement injuste et anxiogène.
Alternatives à la Punition par l'Écriture
- Réflexion sur le comportement : Si l'élève a blessé un camarade, encouragez-le à réfléchir à ce qu'il a fait, à la façon dont l'autre a pu se sentir et à la manière de réparer ses erreurs.
- Sanctions au service de la communauté : Envisagez des sanctions qui bénéficient à la communauté scolaire plutôt que de simplement punir l'individu.
- Gestion des émotions : Aidez l'enfant à identifier et à exprimer ses émotions de manière appropriée, en utilisant par exemple la communication non violente (CNV).
Gros Mots et Jurements : Comment Réagir ?
Il est fréquent que les enfants, en grandissant, utilisent des gros mots ou des jurons. Il est important de distinguer le juron (une interjection involontaire) de l'injure (une insulte dirigée vers quelqu'un). Voici quelques astuces pour gérer ce problème :
- Faire la liste des mots interdits : Établissez avec votre enfant une liste des mots à bannir et trouvez des mots de remplacement amusants.
- Remettre en contexte : Expliquez l'origine et la signification des gros mots pour les dédramatiser.
- Utiliser des mots intermédiaires : Inventez vos propres mots intermédiaires et utilisez-les régulièrement.
- Jouer l'indifférence : Si prononcer un juron ne provoque aucune réaction, l'enfant risque de s'en lasser.
- Tolérer le juron, mais pas l'injure : Soyez plus indulgent envers les jurons que envers les insultes.
- Créer une cagnotte familiale : Chaque gros mot prononcé entraîne une contribution à une cagnotte commune.
- Inventer une décharge à gros mots : Autorisez votre enfant à exprimer ses gros mots dans un endroit ou un objet désigné.
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