Le papillomavirus humain (HPV) est une infection sexuellement transmissible très courante. Il est essentiel de comprendre comment contracter le HPV, ainsi que les méthodes de prévention, de dépistage et de gestion de cette infection. Cet article vise à fournir des informations complètes et accessibles sur le HPV, allant des bases de la transmission aux stratégies de prévention et de traitement.
Qu'est-ce que le Papillomavirus Humain (HPV) ?
Le papillomavirus humain (HPV) est un virus très contagieux. Il existe environ 200 types de HPV, dont certains sont à l’origine des condylomes (souches HPV-6 et 11), également appelés verrues génitales ou crêtes de coq. Ces verrues, uniques ou en groupe, se développent généralement dans la zone ano-génitale (anus, périnée, pénis, vulve) et sont extrêmement contagieuses. D'autres types de HPV sont liés à des cancers, notamment le cancer du col de l'utérus.
Comment se Transmet le HPV ?
Le HPV infecte uniquement les cellules de la peau et des muqueuses et se transmet par le contact de peau à peau ou par les sécrétions qui contiennent les virus. La transmission se produit le plus souvent lors des rapports sexuels, avec ou sans pénétration, qu'ils soient vaginaux, anaux ou oraux.
Il est également possible de contracter le HPV via des surfaces ou matériaux infectés car le virus résiste à l’air : ils peuvent donc se transmettre en cas de partage de sextoys et par l’échange de linge de corps, utilisation des mêmes serviettes, etc.
Étant donné que la transmission est le plus souvent sans symptômes, elle est inapparente, ce qui contribue à la diffusion du virus. Seuls les virus responsables des petites verrues seront visibles précocement.
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Symptômes et Manifestations du HPV
La plupart du temps, on ne le sait pas, on ne voit rien et on ne sent rien. Cependant, certaines personnes qui ont été exposées au HPV ont développé des verrues (des excroissances sur la peau qui ressemblent parfois à de petits choux-fleurs, à des verrues). Celles-ci et d’autres changements dus au HPV peuvent causer des démangeaisons ou des brûlures.
Les verrues génitales sont le symptôme le plus courant de l’infection par le papillomavirus. Dans certains cas, le virus peut être présent sans aucun signe visible.
Durée d'Incubation du Papillomavirus
La durée d’incubation du papillomavirus varie selon les personnes et les types de HPV. L’incubation peut durer de quelques semaines à plusieurs mois après l’exposition au virus. Plusieurs facteurs peuvent influencer la durée d’incubation du papillomavirus.
Prévention Primaire : La Vaccination
La vaccination est une méthode de prévention primaire, c’est-à-dire avant l’infection, pour diminuer la fréquence des nouveaux cas d’infection à HPV. La vaccination consiste à introduire dans le corps un microbe inactif. Notre organisme va alors produire des anticorps pour se défendre. Ainsi, si au cours de la vie, le corps rencontre le microbe il va se défendre plus rapidement grâce aux anticorps qui vont neutraliser le microbe pour ne pas laisser la maladie se développer.
La Haute Autorité de Santé (HAS) a recommandé d’élargir cette vaccination aux jeunes garçons (HAS.fr Recommandation vaccination). Le choix de vacciner cette tranche d’âge s’explique par le fait que la très grande majorité des jeunes de 11 à 14 ans n’ont pas débuté leur activité sexuelle, ce qui limite la probabilité qu’ils aient déjà été en contact avec un papillomavirus. La vaccination est ainsi plus efficace.
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Chez les patients immunodéprimés, la vaccination est recommandée aux mêmes âges que dans la population générale, avec un rattrapage jusqu’à 19 ans révolus (= jusqu’à la veille de leur 20ème anniversaire). Toute nouvelle vaccination doit être initiée par le vaccin Gardasil 9®. Ce vaccin nonavalent commercialisé en 2018, protège contre 9 types de papillomavirus, responsables de 90% des cas de cancer du col de l’utérus (HPV 6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52 et 58).
Le vaccin contre le papillomavirus est remboursé à 65% par l’assurance maladie et le reste est pris en charge par les organismes complémentaires (mutuelles).
Efficacité de la Vaccination
Le vaccin nonavalent a ainsi une efficacité permettant de réduire de 90 % le risque de cancers du col de l’utérus (vs 70% avec le vaccin quadrivalent). En Australie, la vaccination est proposée gratuitement à l’école pour tous les jeunes de 12-13 ans et la couverture vaccinale est de 78%. Les premiers résultats montrent par exemple une diminution du nombre de femmes porteuses d’une infection HPV (de 22,7% à 1,5%) après la mise en place du programme de vaccination. Suite à ces résultats, l’International papillomavirus society a indiqué qu’une couverture vaccinale suffisante combinée à un dépistage efficace pourrait permettre d’éradiquer le cancer du col de l’utérus (INCa_Fiche repère).
Effets Secondaires de la Vaccination
Comme toute autre vaccination, la vaccination contre les papillomavirus peut provoquer certains effets secondaires comme une douleur, rougeur ou un gonflement au niveau du point de l’injection ou encore l’apparition de fièvre ou de douleurs musculaires dans les heures suivant l’injection. La syncope (ou évanouissement) a été reconnue comme courante après les vaccinations chez les adolescents (ce qui est le cas des vaccins HPV) en lien avec l’anxiété générée par l’injection avec une aiguille. Il existe également, comme pour tout médicament, des effets secondaires graves qui restent rares.
Une grande étude de cohorte a été réalisée en France sur plus de 2 millions de jeunes filles par l’ANSM et l’Assurance Maladie en 2015 pour analyser le risque de développer une maladie auto-immune suite à cette vaccination. Les résultats montrent qu’il n’y a pas d’augmentation du risque de survenue de maladies auto-immunes mais montrent une légère augmentation du risque de syndrome de Guillain Barré (1 à 2 cas pour 100 000 vaccinées). Les deux instances de santé ont conclu que les bénéfices liés à la vaccination restaient plus importants que ce risque éventuel.
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Adjuvants Aluminiques dans les Vaccins
Les vaccins contre les papillomavirus, comme la majorité des vaccins inactivés utilisés dans le monde, contiennent un adjuvant aluminique, l’hydroxyphosphate d’aluminium. Ces adjuvants sont nécessaires pour activer le système immunitaire et pour diminuer la « dose » d’antigènes utilisée par injection. Ils sont utilisés depuis une centaine d’années, ce qui permet d’avoir un certain recul sur la sécurité de leur utilisation.
Prévention Secondaire : Le Dépistage du Cancer du Col de l'Utérus
Le dépistage du cancer du col de l’utérus est une méthode de prévention secondaire, c’est-à-dire au moment de l’infection mais à un stade précoce pour réduire la durée et l’évolution de l’infection à HPV. Les vaccins contre les HPV ne protègent pas contre tous les types de papillomavirus. Les deux types de prévention (primaire et secondaire) sont complémentaires. La vaccination vise à prévenir l’infection par un des HPV compris dans la vaccination.
Il existe en France un programme national de dépistage organisé, instauré en 2018 : le dépistage du CCU est recommandé pour toutes les femmes à partir de 25 ans jusqu’à 65 ans. Même les femmes vaccinées doivent participer à ce programme (Santé Publique France). C’est dans cette tranche d’âge que le risque de développer des lésions précancéreuses ou cancéreuses est le plus important. De plus, ce genre de lésions n’évoluent que relativement lentement, il n’est donc pas nécessaire de réaliser ce type d’examen tous les ans une fois que les deux premiers dépistages (à un an d’intervalle) sont normaux.
Selon les derniers chiffres publiés en 2019, un peu moins de 60% des femmes de 25 à 65 ans se sont fait dépister en 2015-2017. La HAS [Haute Autorité de Santé] a publié en 2019 de nouvelles recommandations (HAS 2019) : les modalités du dépistage sont différentes selon l’âge des femmes.
Modalités du Dépistage
Pour les femmes entre 25 et 29 ans, l'examen consiste en une observation au microscope de cellules du col de l’utérus. Il permet de repérer tôt d’éventuelles lésions précancéreuses, celles-ci ne provoquant généralement pas de symptômes. Le test HPV consiste à chercher de l’ADN du papillomavirus par biologie moléculaire (PCR qui détecte l’ADN des HPV).
Autres Mesures de Prévention
- Utilisation de préservatifs: La seule façon de s’en protéger est donc l’utilisation d’une barrière entre peaux et entre muqueuses donc l’utilisation de préservatifs. Les préservatifs peuvent réduire (mais pas éliminer) les risques de contracter le HPV. Même s’il n’offre qu’une protection que partielle, le préservatif peut réduire le risque de contracter un HPV. Le préservatif interne (anciennement appelé « féminin »).
- Limiter le nombre de partenaires sexuels: Avoir moins de partenaires sexuels diminue le risque d'exposition au HPV.
- Communication avec les partenaires: Informer ses partenaires sexuels de son statut HPV permet de prendre des décisions éclairées sur la prévention et la protection.
- Hygiène personnelle: Éviter le partage de linge de corps, l'utilisation des mêmes serviettes, etc., peut aider à réduire le risque de transmission.
Que Faire si Vous Êtes Infecté par le HPV ?
- Consulter un médecin: Si vous pensez avoir été infecté par le papillomavirus, consultez immédiatement votre médecin généraliste.
- Suivre les recommandations de dépistage: Saisissez toute opportunité de passer un dépistage et observez les directives du programme de dépistage national concernant la fréquence des dépistages.
- Traitement des verrues génitales: Les verrues génitales peuvent être traitées avec des solutions, des crèmes, des pommades ou encore des suppositoires. Les médecins peuvent également enlever les verrues à l'aide d'une cuillère fine, de ciseaux chirurgicaux ou d'un laser, ou encore par glaçage ou cautérisation.
- Surveillance médicale régulière: Si des lésions précancéreuses se forment, elles peuvent généralement être facilement éliminées par une conisation.
HPV et Grossesse
Les papillomavirus humains peuvent également être transmis au nouveau-né lors de l'accouchement. Dans une étude canadienne, plus de 1 000 femmes enceintes ont été examinées à cet effet. Chez environ 40 pour cent des participantes, le frottis vaginal était positif au HPV. Deux tiers des femmes positives à l'HPV étaient infectées par au moins un type à haut risque. Toutefois, seuls environ sept pour cent des nouveau-nés étaient positifs à l'HPV jusqu'à l'âge de trois mois. Après six mois, plus aucun virus HP n'a pu être détecté chez les bébés. Ces résultats montrent que la transmission au bébé à la naissance n'est pas permanente.
HPV et Cancer
Seule une petite fraction des personnes qui contractent le HPV développent un cancer, donc avoir le HPV ne signifie pas que vous aurez le cancer ! Cependant, il est important de réduire les risques en vous faisant vacciner si vous êtes admissible, ou si le professionnel de santé qui vous soigne pense que cela peut vous être profitable, et de passer un dépistage du cancer du col de l’utérus si vous êtes admissible.
Le cancer du col de l’utérus est le plus fréquent des cancers provoqués par un papillomavirus. Il est aussi le seul pour lequel un dépistage organisé est disponible.
Mythes et Réalités sur le HPV
- Mythe: Éviter entièrement le HPV est possible.
- Réalité: Éviter entièrement le HPV peut être difficile, plus de 80 % des personnes sexuellement actives contractent au moins une infection génitale au HPV à un moment de leur vie !
- Mythe: Avoir le HPV signifie que vous aurez le cancer.
- Réalité: Seule une petite fraction des personnes qui contractent le HPV développent un cancer.
- Mythe: Les préservatifs offrent une protection totale contre le HPV.
- Réalité: Les préservatifs ne réduisent que partiellement les risques d’infection parce qu’ils ne couvrent (protègent) que partiellement la peau de la région génitale. Néanmoins le HPV n’est pas la seule infection sexuellement transmissible. Le fait d’utiliser des préservatifs systématiquement réduit les risques de propagation du HPV d’environ 70 %.
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