L'Escherichia coli (E. coli) est une bactérie omniprésente, tant dans l'environnement que dans notre propre corps. Bien que la plupart des souches soient inoffensives, certaines peuvent causer des infections graves. Cet article a pour but de vous informer sur les modes de contamination par E. coli, les risques associés, et les mesures préventives à adopter pour vous protéger et protéger vos proches.

Qu'est-ce que l'Escherichia Coli ?

L’Escherichia coli est une bactérie naturellement présente dans le tube digestif de l’être humain et des animaux à sang chaud. On parle à ce titre d’entérobactérie. La grande majorité des variétés d’Escherichia coli sont inoffensives pour l’homme. En revanche, certaines souches, comme les souches Escherichia coli entérohémorragiques (ECEH) peuvent provoquer de graves problèmes de santé, particulièrement chez le jeune enfant et les personnes âgées immunodéprimées. L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) précise que les ECEH peuvent engendrer des problèmes de santé modérés (diarrhées bénignes), ou plus graves (diarrhées hémorragiques), voire potentiellement mortels (syndrome hémolytique et urémique).

Les Sources de Contamination

La contamination à l’Escherichia coli pathogène se fait essentiellement par le biais d’une alimentation contaminée. Il existe plusieurs canaux de transmission de l’Escherichia coli entérohémorragique. Le principal mode de contamination demeure l’alimentation non soumise à des règles sanitaires strictes.

Aliments Contaminés

C’est le mode majoritaire de contamination. Les supports sont surtout la viande crue ou pas assez cuite et les aliments au lait cru (yaourts, fromages). En cause, la présence naturelle d’ECEH dans le tube digestif des bovins. Mais la contamination passe aussi par les légumes crus (choux, salades, épinards…) ayant été en contact direct ou indirect avec les déjections fécales d’animaux porteurs de l’ECEH (terre, fumier ou eau d’arrosage contaminés). Les principaux réservoirs de ces bactéries sont les bovins et les ovins, souvent porteurs asymptomatiques, dont les déjections peuvent contaminer l'environnement. La contamination d'aliments d'origine animale peut intervenir notamment à l'abattoir pour les viandes, lors de la dépouille ou éviscération des animaux, ou en élevage laitier lors de la traite. Pour les végétaux, cette contamination peut intervenir lors de l'épandage de fumiers ou d’effluents des élevages de ruminants sur les sols où les végétaux sont cultivés, ou lors de l'utilisation d'eau d'irrigation contaminée.

Dans le monde, les principaux aliments mis en cause lors d’épidémies d’infections à EHEC sont la viande hachée de bœuf insuffisamment cuite, les produits laitiers non pasteurisés, les végétaux crus (salade, jeunes pousses de radis blancs, graines germées) ou jus de fruits ou de légumes non pasteurisés, l’eau de boisson insuffisamment traitée. Les farines pouvant également être contaminées, la consommation de pâte crue ou insuffisamment cuite a également été récemment à l’origine d’épidémies.

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Eau Contaminée

Les mares et puits peuvent voir leur eau contaminée par les déjections fécales d’animaux porteurs d’ECEH. L’eau de boisson peut être contaminée accidentellement ou à cause d’un défaut de potabilisation. Il ne faut pas boire d’eau non contrôlée sur le plan microbiologique (puits, source).

Contamination Interhumaine

La contamination interhumaine oro-fécale, précise l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) : la contamination se fait par une personne porteuse de l’ECEH, avec ou sans symptômes, dont les selles vont être en contact direct ou indirect avec la bouche d’une autre personne (mains souillées portées à la bouche). La transmission directe est également possible par contact avec des animaux porteurs ou avec leurs déjections, mais aussi de personne à personne.

Mauvaise Hygiène

La contamination peut se produire lors de la préparation des aliments, du fait d'une mauvaise hygiène des mains par la personne préparant le repas.

Risques et Conséquences pour la Santé

L’Escherichia coli, quand il appartient à la souche Escherichia coli entérohémorragique (ECEH), prolifère dans le tube digestif et libère des toxines appelées shigatoxines ou vérotoxines. Or ces toxines sont ensuite transportées par les vaisseaux sanguins jusqu’aux organes. Une fois parvenues aux organes, elles provoquent des lésions. On peut ainsi observer des lésions vasculaires, rénales, cérébrales ou encore intestinales, consécutives à une contamination par l’ECEH.

Chez l’Homme, les EHEC sont responsables de troubles variés, allant d’une diarrhée bénigne à des formes plus graves, comme des diarrhées hémorragiques et/ou des atteintes rénales sévères appelées syndrome hémolytique et urémique (SHU) principalement chez le jeune enfant. Les symptômes des infections à Escherichia Coli se manifestent le plus souvent par des gastro-entérites et des infections urinaires dans une période de 1 à 10 jours après la contamination.

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Les conséquences sur la santé peuvent être bénignes, comme une diarrhée modérée, ou plus sévères. Parmi les risques graves auxquels sont exposées les personnes contaminées par l’ECEH, particulièrement les jeunes enfants et les personnes âgées, on observe des colites hémorragiques et des atteintes rénales sévères de type syndrome hémolytique et urémique (SHU) dans 5 à 8 % des cas selon l’Anses. Les symptômes, qui se manifestent dans les 3 à 4 jours suivant la contamination, sont des crampes abdominales, des diarrhées aqueuses puis hémorragiques. En cas d’évolution vers un syndrome hémolytique et urémique, alors une grande fatigue, une pâleur et une diminution du volume des urines apparaissent une semaine après le début des diarrhées. Le SHU constitue une urgence médicale et nécessite une prise en charge de la personne en milieu hospitalier. En l’absence de prise en charge médicale précoce, le SHU peut donner lieu à des complications neurologiques sévères dans un quart des cas et à une insuffisance rénale chronique dans un cas sur deux, toujours selon l’Anses.

Enfants de moins de 15 ans, mais surtout en-dessous de 3 ans, et personnes âgées, sont les populations avec une probabilité plus forte que la moyenne de développer les symptômes, selon l’Anses. Le syndrome hémolytique et urémique reste assez rare en France, avec 1256 cas en 13 ans depuis 1996.

Prévention : Comment Limiter les Risques

Il existe des moyens de limiter les risques de contamination par l’Escherichia coli et ils passent essentiellement par le respect de principes d’hygiène stricts à tous les stades de la chaine alimentaire (production, transformation, fabrication, préparation, consommation).

Voici les recommandations de l’institut Pasteur pour éviter les infections:

  • Cuire à cœur la viande hachée de bœuf en particulier chez les enfants de moins de 5 ans
  • Les jeunes enfants et les personnes âgées doivent éviter de consommer des fromages au lait cru
  • Laver les fruits, les légumes et herbes aromatiques surtout s’ils sont consommés crus
  • Se laver les mains avant de préparer les repas et aussi souvent que nécessaire
  • Veiller à l’hygiène du matériel en cuisine, notamment lorsqu’il a été en contact avec de la viande crue, afin d’éviter les contaminations croisées
  • Séparer les aliments cuits des aliments crus
  • Eviter le contact de très jeunes enfants (moins de 5 ans) avec les animaux de ferme, notamment les bovins, ovins et leur environnement
  • Ne pas boire d’eau non contrôlée sur le plan microbiologique (puits, source)

Pour les consommateurs, il faut veiller à consommer les aliments correctement cuits à cœur, à bien laver les fruits, les herbes aromatiques et les légumes crus (voire à les peler) et à se laver régulièrement les mains.

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Traitement

Le diagnostic d’infection intestinale par intoxication alimentaire est souvent fait par le médecin sur les signes cliniques et parfois un examen de sang et de selles. Le traitement de l’infection intestinale est le plus souvent symptomatique avec des pansements intestinaux, une réhydratation et des médicaments contre la fièvre. Dans la phase aigüe de l’infection urinaire, le médecin préconisera une antibiothérapie.

Infections Urinaires à E. Coli : Focus Spécifique

Les infections urinaires touchent près de 850.000 personnes en France tous les ans. Les femmes sont beaucoup plus sujettes à ces troubles. On estime en effet qu’une femme sur dix est atteinte d’une infection urinaire chaque année. L’infection urinaire désigne la colonisation bactérienne d’un ou plusieurs organes du système urinaire : l’urètre, la vessie, la prostate ou les reins. L’affection la plus communément répandue concerne l’inflammation et l’infection de la paroi de la vessie. Ces infections sont dues à la migration des bactéries, à 90% par Escherichia coli (E. coli), qui remontent par l’urètre et atteignent la vessie, la prostate pour les hommes (prostatite). Or la particularité de la physiologie féminine fait que le méat urinaire est très proche de l’anus et rend les femmes plus à risque de contracter ses infections. E. coli naturellement présente dans l’intestin migre très facilement d’un milieu à un autre en remontant par l’urètre d’autant plus facilement que cet organe est beaucoup plus court chez la femme. Grâce à leurs flagelles, les bactéries remontent rapidement jusqu’à la vessie et se fixent sur les parois de celle-ci grâce aux adhésines qui se trouvent sur leur surface. Chez les hommes, les infections urinaires sont beaucoup plus rares mais avec l’âge et l’augmentation du volume de la prostate (hypertrophie), la vidange de la vessie devient moins efficace et donc les bactéries peuvent coloniser l’urètre ou la vessie très facilement. Ils se traduisent par des envies fréquentes d’uriner (pollakiurie), des brûlures et/ou douleurs pendant et à la fin de la miction (dysurie), une pesanteur constante dans le bas ventre et une irradiation dans le bas du dos, des frissons.

Approches Naturelles et Préventives pour les Infections Urinaires

Dès lors que les infections urinaires prennent un caractère chronique, il est tout à fait intéressant d’avoir une vision plus globale du trouble, d’en élargir sa compréhension en incluant la notion de terrain et de privilégier l’approche naturelle préventive.

  • La canneberge: Petit fruit d’Amérique du Nord ou d’Europe de la famille des airelles, connu depuis des siècles pour son action de prévention des infections urinaires. Il contient des composants notamment des proanthocyanidines et un composant spécifique (trimère de l’épicatéchol) qui inhiberaient la synthèse d’adhésine des bactéries empêchant E.
  • La busserole: est un petit arbrisseau toujours vert ressemblant à la myrtille, elle fait partie de la pharmacopée européenne. Ses propriétés astringentes et antiseptiques permettraient de lutter contre les infections urinaires récidivantes et non compliquées.
  • La sarriette des montagnes: grâce à ses phénols et monoterpènes elle sera une antibactérienne à large spectre d’action ; Attention, elle est efficace mais à utiliser avec précaution car fortement dermocaustique. De par leur puissance, les huiles essentielles sont à utiliser sur de courtes périodes.
  • Le microbiote intestinal et vésical: qui aura été perturbé par l’antibiothérapie répétée. La composition de la flore uro-vaginale est majoritairement composée de lactobacillus. Pollen polyfloral Ballot Flurin en cure de soutien, source de nombreux nutriments dont les probiotiques naturels.
  • Gestion du stress: Le stress, l’anxiété et surtout les peurs favoriseraient ce trouble.

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