Dès la vie utérine, une disparité entre les sexes se manifeste : les embryons femelles présentent une plus grande résilience face à un environnement utérin défavorable que les embryons mâles. Cette observation, étayée par des études scientifiques récentes, met en lumière les mécanismes biologiques sous-jacents à cette inégalité précoce.
Le rôle du placenta : un facteur clé
Une étude australienne publiée dans Molecular Human Reproduction apporte un éclairage nouveau sur cette question. Elle révèle que le placenta, organe essentiel au développement embryonnaire et fœtal, exprime différemment plus de cent quarante gènes selon le sexe de l'embryon.
Le placenta, constitué majoritairement de cellules embryonnaires, assure les échanges vitaux entre la mère et le fœtus, lui fournissant oxygène et nutriments tout en éliminant les déchets. Il joue également un rôle de protection contre certaines infections, bien qu'il laisse passer des substances nocives comme l'alcool et le tabac.
Selon la professeure Claire Roberts de l'université d'Adélaïde, les fœtus féminins semblent mieux armés pour survivre in utero, présentant moins de naissances prématurées, de morts périnatales et de complications à la naissance. En revanche, les fœtus masculins ont tendance à croître plus rapidement.
L'équipe de la professeure Roberts a comparé l'expression des gènes dans plus de trois cents placentas issus de grossesses non pathologiques. Les résultats ont révélé que cent quarante gènes sont exprimés différemment selon le sexe, dont 60 % sont portés par des chromosomes non sexuels (autosomes). Sept gènes sont particulièrement actifs chez les fœtus féminins, intervenant dans le maintien de la grossesse et la tolérance immunitaire de la mère vis-à-vis de son embryon. Ainsi, les fœtus féminins seraient mieux à même de mettre en place des stratégies pour contourner les risques pendant la grossesse.
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Le microbiote placentaire : un écosystème insoupçonné
Une autre étude, publiée dans Science Translational Medicine, a révélé la présence d'un microbiote placentaire unique, relativement proche du microbiote oral. Cette découverte suggère que la composition de ce microbiote pourrait être liée à certaines naissances prématurées et à des antécédents d'infections (urinaires ou génitales) chez la mère pendant le premier trimestre de la grossesse.
La professeure Danièle Evain-Brion souligne l'importance de la prévention, notamment en conseillant aux femmes de consulter un dentiste avant un projet de grossesse, en raison du lien entre les problèmes d'inflammation des gencives et le risque d'accouchement prématuré.
L'influence des toxiques environnementaux
L'Institut Marquès a mené des études sur la qualité du sperme des hommes espagnols depuis 2002. Ces recherches ont contribué à démontrer que les causes traditionnellement attribuées à la stérilité masculine (stress, pantalons serrés, alcool, etc.) sont souvent des mythes. La réalité du problème réside dans les toxiques chimiques.
Ces toxiques, synthétisés par l'homme ces dernières décennies, sont largement utilisés dans les secteurs industriel et agricole, ainsi qu'au sein des foyers. Ils sont résistants à la biodégradation et se retrouvent dans notre alimentation et notre environnement. Ces substances chimiques entrent en contact avec l'homme dès les premiers jours de vie, atteignant l'embryon par le sang maternel à travers le placenta. Ils agissent comme des œstrogènes, perturbant le développement du testicule fœtal, notamment durant les 2 ou 3 mois de grossesse, période où l'action de la testostérone est cruciale. L'aggravation de la qualité du sperme est particulièrement marquée dans les zones industrialisées et rurales exposées aux pesticides, entraînant une sous-fertilité généralisée.
Les théories sur la détermination du sexe
Le sexe du bébé est déterminé par le chromosome transmis par le père : X (femelle) ou Y (mâle). L'ovule maternel contient toujours un chromosome X.
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Dans les années 1970, le Docteur Shettles a émis l'hypothèse que les spermatozoïdes mâles (Y) sont plus petits, plus rapides et vivent moins longtemps que les spermatozoïdes femelles (X). Il suggérait que des rapports sexuels proches de l'ovulation favoriseraient la conception d'un garçon, tandis qu'un environnement vaginal plus acide favoriserait la survie des spermatozoïdes femelles, augmentant les chances de concevoir une fille.
Bien que cette théorie soit intéressante, elle n'est pas étayée par des preuves scientifiques solides. De même, l'idée selon laquelle la position sexuelle au moment de l'orgasme du père influencerait le sexe du bébé reste non prouvée.
Méthodes alternatives et choix du sexe
Certaines méthodes, comme la méthode "My Bubelly", proposent un régime alimentaire personnalisé et un coaching pour influencer le sexe de l'enfant. Ces méthodes reposent sur des différences présumées entre les spermatozoïdes mâles et femelles, mais leur efficacité n'est pas scientifiquement prouvée.
Des manipulations plus invasives, non autorisées en France, permettent de choisir le sexe de l'enfant avec une plus grande certitude. Aux États-Unis, le tri de spermatozoïdes selon leur génotype X ou Y affiche un taux de succès d'environ 90 %. La fécondation in vitro (FIV) avec diagnostic pré-implantatoire permet un choix du sexe avec une certitude proche de 100 %.
Cependant, le choix du sexe soulève des questions éthiques et pourrait entraîner des déséquilibres démographiques dans certaines cultures.
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