Pour percevoir une retraite complète, il est impératif de justifier d’un nombre suffisant de trimestres de cotisation vieillesse. Ce nombre varie en fonction de votre année de naissance. Par exemple, si vous êtes né à partir de 1965, vous devez avoir validé 172 trimestres pour toucher une pension sans décote. Dans le cas contraire, votre retraite sera minorée de 0,625 % par trimestre manquant, et ce jusqu’à votre décès. Il est donc crucial de s'assurer que tous vos trimestres sont bien pris en compte.
Or, il arrive fréquemment que des trimestres passent à la trappe. Selon la Cour des comptes, plus d'un dossier de retraite sur sept comporte une erreur. D'où l'importance de consulter avec soin votre relevé de carrière. Ce document vous est envoyé par courrier tous les cinq ans à partir de vos 35 ans.
L'importance de vérifier son relevé de carrière
Votre relevé de carrière est un document essentiel pour préparer votre retraite. Il récapitule l'ensemble de votre parcours professionnel et les trimestres que vous avez validés. Il est donc crucial de le vérifier régulièrement pour s'assurer qu'il ne comporte aucune erreur ou omission.
« Si, dans votre relevé de carrière, vous voyez une année pour laquelle il n’y a aucun trimestre validé, moins de quatre trimestres ou encore une baisse importante de salaire, c’est qu’il y a sans doute un problème », avertit Philippe Bainville, expert retraite à la Caisse nationale d’assurance vieillesse.
Les causes fréquentes d'oublis de trimestres
Plusieurs situations peuvent entraîner l'oubli de trimestres :
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- Service militaire : Il permet d’obtenir quatre ou cinq trimestres.
- Arrêts maladie : Les périodes d'arrêt maladie peuvent valider des trimestres.
- Périodes de travail à l’étranger : Les périodes de travail à l'étranger peuvent être prises en compte, selon les accords entre les pays.
- Chômage non indemnisé : Les périodes de chômage non indemnisé peuvent également valider des trimestres.
- Maternité : Si vous êtes mère de famille, sachez que vos trimestres de maternité (huit trimestres par enfant dans le privé, deux trimestres par enfant dans le public) ne figurent pas dans votre relevé de carrière. « Cet oubli est normal puisque les caisses de retraite ne savent pas que vous avez des enfants. C’est pour cette raison que l’on vous demande une copie de votre livret de famille quand vous liquidez votre retraite», explique Philippe Bainville.
L’assurance retraite propose un service en ligne pour déclarer ses enfants, ainsi que les oublis de carrière. « II ne faut pas attendre le dernier moment pour le faire », insiste Philippe Bainville. « Je conseille de consulter son relevé de carrière une fois par an, comme pour son avis d’impôt », ajoute Valérie Batigne.
Documents à conserver précieusement
Il est essentiel de conserver précieusement tous les documents qui peuvent justifier vos périodes d'activité et vos droits à la retraite :
- Fiches de paie
- Contrats de travail
- Attestations d’indemnités journalières versées en cas d’arrêt de travail
- Allocations chômage
Comment valider les trimestres manquants ?
Si vous constatez qu'il vous manque des trimestres, plusieurs solutions s'offrent à vous :
1. Continuer à travailler
Le moyen le plus simple de valider des trimestres est de poursuivre votre activité professionnelle. Cela peut retarder votre départ à la retraite de quelques trimestres, voire de quelques années, mais en contrepartie, vous percevrez une pension plus élevée à vie.
Vous pouvez choisir de travailler à temps partiel. La règle pour valider des trimestres est de percevoir un revenu équivalent à 150 Smic horaire dans l’année (soit 1 747,50 € en 2024). Vous pouvez donc « lever le pied » et valider tous vos trimestres tant que vous gagnez dans l’année au moins 6 990 € en 2024.
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Une autre manière de compléter vos trimestres tout en ralentissant votre activité est de recourir à la retraite progressive. Disponible à partir de 150 trimestres, elle vous permet de percevoir une fraction de votre pension de retraite tout en réduisant votre activité.
2. Atteindre l'âge du taux plein automatique
Quel que soit le nombre de trimestres validés, si vous atteignez l’âge du taux plein automatique (67 ans pour les salariés du privé et la plupart des régimes à partir de la génération 1955), votre pension ne subira plus de décote. D’autres régimes, comme celui des fonctionnaires en catégorie active, prévoient des départs à taux plein plus tôt. Cependant, elle sera le cas échéant toujours proratisée.
3. Racheter des trimestres
Si vous souhaitez partir à la retraite le plus tôt possible, il existe une solution pour compléter votre durée d’assurance sans continuer à cotiser : le rachat de trimestres. Vous pouvez racheter jusqu’à 12 trimestres des années où vous n’en avez pas validé 4. Vous pouvez également racheter vos périodes d’études supérieures. Attention, le coût du rachat augmente avec l’âge (voir le barème).
4. Faire valoir les périodes assimilées
Les périodes assimilées sont des périodes d’interruption involontaire du travail salarié qui peuvent être prises en compte pour la retraite. Il s'agit notamment :
- Congé de reclassement excédant le préavis de licenciement : Chaque tranche de 50 jours de formation valide un trimestre.
- Maternité : Avant 2014, le trimestre qui comprend la date de l’accouchement est assimilé à un trimestre d’assurance. La CPAM devait signaler aux caisses de retraite chaque accouchement.
- Stages de formation professionnelle : Toutes les périodes de stage de la formation professionnelle continue effectuées depuis janvier 2015 permettent la validation de périodes assimilées (il n’y a pas d’effet rétroactif). Stages et TUC.
- Chômage partiel : Depuis mars 2020, les périodes de chômage partiel (nom officiel : activité partielle longue durée ou APLD) sont prises en compte pour la retraite. Depuis 2025 s’ajoute l’APLD Rebond.
- Congé de reclassement et contrat de transition professionnelle.
- Trimestres pour les sportifs de haut niveau.
5. Bénéficier des majorations de durée d'assurance
Certaines situations donnent droit à des majorations de durée d'assurance :
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- Majoration pour enfants : Les femmes, mères de famille, salariées affiliées au régime général et aux régimes alignés se voient attribuer une majoration de leur durée d’assurance retraite (MDA) allant jusqu’à deux ans par enfant. La loi de 2009 a instauré un dispositif applicable depuis avril 2010 aux couples, mariés, pacsés ou vivant maritalement et pas encore en retraite. La loi de 2023 garantit désormais un minimum de deux trimestres de majoration d’éducation au profit de la mère.
- Majoration pour adoption : Les parents désignent d’un commun accord le bénéficiaire de la majoration ou, le cas échéant, définissent la répartition entre eux de cet avantage. Cette option est exprimée auprès de la caisse d’assurance-vieillesse compétente, dans le délai de six mois à compter du quatrième anniversaire de l’adoption de l’enfant.
- Majoration pour éducation : Il est institué, au bénéfice de l’un ou l’autre des deux parents assurés sociaux, une majoration de durée d’assurance de quatre trimestres attribuée pour chaque enfant mineur au titre de son éducation pendant les quatre années suivant sa naissance ou son adoption. Les parents désignent d’un commun accord le bénéficiaire de la majoration ou, le cas échéant, définissent la répartition entre eux de cet avantage. Cette option est exprimée auprès de la caisse d’assurance-vieillesse compétente, dans le délai de six mois à compter du quatrième anniversaire de la naissance de l’enfant ou de son adoption. En cas de désaccord exprimé dans le délai de six mois, la majoration est attribuée à celui des parents qui établit avoir assumé à titre principal l’éducation de l’enfant pendant la période la plus longue.
- Majoration pour aidant familial : Depuis février 2014, l’assuré assumant au foyer familial la prise en charge permanente d’un adulte lourdement handicapé de sa famille peut obtenir une majoration de trimestres pouvant aller jusqu’à 8. Le taux d’incapacité est égal ou supérieur à 80 %.
6. Faire valoir les périodes de salariat non reportées
D’une part, les périodes de salariat pour lesquelles les cotisations ou les salaires n’ont pas été reportés au compte de l’assuré peuvent être validées sur présomption. D’autre part, les périodes de chômage avant 1980 pour lesquelles l’assuré ne peut pas produire de justificatifs peuvent également être validées sur présomption. La présomption peut être due grâce à des bulletins de salaires ou à l’indemnisation par l’assurance-maladie.
Que faire si votre employeur n'a pas versé les cotisations ?
Si vous constatez que votre ancien employeur n'a pas versé les cotisations de retraite, la présentation de vos bulletins de paie vous permettra de justifier de ces prélèvements. Vous devez prendre contact avec votre caisse de retraite concernée et lui demander comment régulariser vos droits à la retraite. Mais celui-ci n’a pas d’obligation. Si votre employeur refuse, ou si l’entreprise n’existe plus, vous pourrez régler vous-même les arriérés de cotisation pour valider vos droits à la retraite pour la période correspondante. Vous devez adresser une demande écrite à votre caisse de retraite. Le montant des cotisations est à régler en une seule fois.
Nombre de trimestres d'assurance exigé pour une retraite à taux plein
Le nombre de trimestres requis pour une retraite à taux plein varie selon votre année de naissance :
| Vous êtes né : | Vous pouvez partir en retraite à partir de : | Nombre de trimestres exigé pour avoir le taux plein |
|---|---|---|
| Entre le 1er janvier 1958 et le 31 décembre 1960 | 62 ans | 167 (41 ans 9 mois) |
| Entre le 1er janvier 1961 et le 31 aout 1961 | 62 ans | 168 (42 ans) |
| Entre le 1er septembre 1961 et le 31 décembre 1961 | 62 ans et 3 mois | 169 (42 ans 3 mois) |
| 1962 | 62 ans et 6 mois | 169 (42 ans 3 mois) |
| 1963 | 62 ans et 9 mois | 170 (42 ans 6 mois) |
| 1964 | 63 ans | 171 (42 ans 9 mois) |
| 1965 | 63 ans et 3 mois | 172 (43 ans) |
| 1966 | 63 ans et 6 mois | 172 (43 ans) |
| 1967 | 63 ans et 9 mois | 172 (43 ans) |
| À partir du 1er janvier 1968 | 64 ans | 172 (43 ans) |
Si vous partez à la retraite avant 67 ans sans avoir le nombre de trimestres exigé, vous n'avez pas droit à une retraite à taux plein. Dans ce cas, le montant de votre pension de retraite est réduit en fonction du nombre de trimestres qui vous manquent. Cette réduction est la décote. Si vous partez à la retraite à 67 ans, vous avez droit à une retraite à taux plein, quel que soit votre nombre de trimestres d'assurance retraite. Votre pension est calculée en fonction du nombre de trimestres que vous avez, quel qu'il soit.
Calcul de la décote
Le nombre de trimestres manquants retenu par l'Assurance retraite est le plus petit des 2 nombres suivants :
- Nombre de trimestres manquants entre votre âge à la date de votre départ à la retraite et 67 ans.
- Nombre de trimestres manquants entre votre nombre de trimestres à la date de votre départ à la retraite et le nombre de trimestres exigé pour avoir droit à une retraite à taux plein.
Le nombre de trimestres obtenu est arrondi au chiffre supérieur. Le nombre maximum de trimestres manquant pris en compte est limité à 20.
Exemple :
Vous êtes né le 1er juillet 1963. Vous pouvez partir à la retraite à partir de 62 ans et 9 mois. Vous décidez de partir à la retraite à 63 ans le 1er juillet 2026 en ayant seulement 159 trimestres au lieu des 170 requis pour avoir droit à une retraite à taux plein.
Taux de la retraite selon le nombre de trimestres manquants
| Nombre de trimestres manquants | Taux de la retraite |
|---|---|
| 1 | 49,375 % |
| 2 | 48,750 % |
| 3 | 48,125 % |
| 4 | 47,500 % |
| 5 | 46,875 % |
| 6 | 46,250 % |
| 7 | 45,625 % |
| 8 | 45,000 % |
| 9 | 44,375 % |
| 10 | 43,750 % |
| 11 | 43,125 % |
| 12 | 42,500 % |
| 13 | 41,875 % |
| 14 | 41,250 % |
| 15 | 40,625 % |
| 16 | 40,000 % |
| 17 | 39,375 % |
| 18 | 38,750 % |
| 19 | 38,125 % |
| 20 et plus | 37,500 % |
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