Le VIH (Virus de l'Immunodéficience Humaine) et le SIDA (Syndrome d'Immunodéficience Acquise) restent des préoccupations majeures de santé publique. Heureusement, de nombreuses stratégies de prévention existent pour réduire considérablement le risque de transmission du VIH. Cet article explore en détail ces méthodes de prévention, allant des pratiques sexuelles plus sûres aux traitements préventifs et aux dépistages réguliers.
Dépistage Régulier du VIH et des ITSS
Le dépistage régulier est une étape cruciale pour maintenir sa santé sexuelle et prévenir la propagation du VIH et d'autres Infections Transmissibles Sexuellement (ITSS). Quand on est actif·ve sexuellement, le dépistage du VIH et de toutes autres ITSS est une façon sûre et accessible d’avoir l’heure juste sur sa santé sexuelle. Il est important de se rappeler que, souvent, les ITSS ne présentent pas de symptômes apparents. On a des symptômes semblables à ceux d’une ITSS. Attention! La plupart du temps, il n’y a pas de symptômes.
Où se Faire Dépister ?
Il existe plusieurs endroits où passer un test de dépistage du VIH et des autres ITSS. Chaque région du Québec compte au moins un CLSC offrant le dépistage. Le dépistage est confidentiel et gratuit pour toute personne possédant une carte d’assurance maladie valide émise par la RAMQ. Il est possible de se faire dépister gratuitement dans certains CLSC. Le test de dépistage inclut une prise de sang ou d’autres prélèvements comme un échantillon d’urine. Cela ne prend que quelques minutes.
Dépistage Anonyme
Le dépistage anonyme du VIH consiste en une mesure d’exception accessible aux personnes dont le risque de contracter une ITSS est plus élevé que dans la population en général. Il n’est offert qu’à l’intérieur des SIDEP (Services intégré de dépistage et de prévention des ITSS) que l’on retrouve dans au moins un CLSC de chaque région du Québec. En ces lieux, il n’est pas nécessaire de présenter sa carte d’assurance maladie ou toute autre pièce d’identité et le service est gratuit. Ce service ne vous sera pas offert d’emblée.
Autotest de Dépistage du VIH
L’autotest de dépistage du VIH INSTI® est un test qu’on effectue soi-même. Pas besoin d’un rendez-vous avec un·e professionnel·le de la santé ou d’une ordonnance médicale. Toutefois, il est possible de se procurer gratuitement des kits d’autotest auprès des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida. Il suffit d’en faire la demande pour obtenir un rendez-vous afin de se procurer le nombre de kits désiré. Il y a aussi le programme J’AGIS qui permet d’obtenir jusqu’à 5 kits, moyennant une participation à un projet de recherche.
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Le test consiste en l’analyse d’une goutte de sang et en l’obtention d’un résultat dans la minute qui suit. On peut effectuer ce test seul·e chez soi ou en présence d’un·e ami·e. Il est aussi possible d’être accompagné·e par un·e intervenant·e du réseau communautaire VIH du Québec. Ce test est seulement valide pour le VIH. La validité du résultat est tributaire de la manipulation à effectuer. Il est plus que recommandé de suivre les instructions à la lettre. Le kit d’autotest de dépistage comprend un livret d’instructions bien détaillé et illustré. Il fournit également un code QR afin d’avoir accès à une vidéo présentant les instructions d’utilisation. La COCQ-SIDA a produit une version simplifiée des différentes étapes à réaliser pour l’obtention d’un test valable. Cette version simplifiée se présente dans un format dépliant et format vidéo.
Quand Faire un Dépistage ?
Il est important de faire un dépistage dans les situations suivantes :
- Au moindre doute.
- Vous souhaitez arrêter le préservatif avec votre partenaire (faites-vous alors dépister tous les deux pour toutes les IST).
- Vous avez plusieurs partenaires : dans ce cas, faites-vous dépister au minimum une fois par an et tous les trois mois si vous êtes un homme avec des partenaires masculins.
- Vous projetez une grossesse ou vous êtes enceinte. Le dépistage chez les deux partenaires permettra d’éviter des complications pendant la grossesse.
- Vous avez eu un rapport non protégé par un préservatif ou le préservatif a craqué.
- Votre partenaire ou un ex-partenaire a une IST.
- Vous avez des symptômes.
- Vous n’avez jamais fait de dépistage des IST dans votre vie.
Utilisation Correcte du Condom et Autres Barrières de Protection
Le condom est une méthode de prévention contre le VIH très efficace, tant qu’il est utilisé correctement et pour toute la durée de la pénétration. Les condoms doivent être entreposés à la température ambiante et ne pas être écrasés (comme dans un portefeuille), car ils risquent de s’user ou de se briser, même si l’emballage n’est pas ouvert. Les condoms ont différentes tailles, textures, épaisseurs, couleurs et saveurs (pour le sexe oral). Certains condoms peuvent augmenter tes sensations ou les faire durer plus longtemps.
Types de Condoms à Éviter
Les condoms en peau d’agneau ne sont pas recommandés car ils ne protègent pas contre le VIH ni les ITSS.
Importance du Lubrifiant
Le lubrifiant ne protège pas en lui-même du VIH ou d’autres ITSS. Cependant, il diminue le risque d’irritation ou de lésions qui facilitent le passage des virus et bactéries d’un corps à l’autre, surtout lors des rapports anaux. Bon pour le sexe anal. Ne pas utiliser avec des jouets en silicone. Dure moins longtemps, donc on doit en réappliquer plus souvent. Certaines personnes peuvent utiliser des lubrifiants à base d’huile, comme de la vaseline, du crisco ou de l’huile à massage. Ce type de lubrifiant peut être utilisé à l’extérieur du corps, par exemple pour masturber un pénis. Cependant, s’il rentre dans un orifice à l’intérieur du corps, il peut causer des irritations et des infections. Il ne peut pas être utilisé avec du latex, parce qu’il risque de causer de petits trous non visibles et donc de briser le condom, le gant ou la digue en latex.
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Digue Dentaire
La digue dentaire est un carré de latex qui fait office de barrière entre la bouche et la partie du corps qu’elle stimule. Elle peut se trouver en pharmacie, en sex-shop ou dans un organisme communautaire en santé sexuelle, mais on peut aussi la faire soi-même, à partir d’un condom découpé sur sa longueur. Il est recommandé d’utiliser un lubrifiant entre la digue et la partie du corps stimulée pour augmenter les sensations. Chaque digue s’utilise une seul fois et doit être jetée après son utilisation. Le risque de transmission du VIH par le sexe oral est très, très faible. Par contre, d’autres ITSS peuvent être transmises lors de ces rapports.
Gants en Latex
Comme pour le condom, il existe des gants avec ou sans latex.
Prophylaxie Pré-Exposition (PrEP)
La PrEP (prophylaxie préexposition sexuelle) est une stratégie hautement efficace pour prévenir le VIH. C’est le fait pour une personne séronégative de prendre des médicaments anti-VIH avant une relation sexuelle pour réduire les risques d’infection au VIH. Elle permet de prévenir l’infection au VIH uniquement. Pour être efficace, la PrEP doit être prise correctement.
Différentes Méthodes de Prise de la PrEP
- En continu : c’est la façon la plus courante.
- Intermittente ou « à la demande » : Prendre la PrEP avant et après une relation sexuelle pendant quelques jours. avec une personne qui se pense séronégative (ex.
Accès à la PrEP
Pour obtenir la PrEP, il faut consulter un⋅e médecin. Si l’on ne sait pas si le ou la médecin que l’on va rencontrer prescrit la PrEP, il est recommandé d’avoir en main lors du rendez-vous de l’information sur la PrEP. RAMQ La PrEP est couverte, en partie, par le Régime public d’assurance médicaments du Régime de l’assurance maladie du Québec (RAMQ). Ainsi, pour l’obtenir, il faut payer pour la part non couverte par la RAMQ jusqu’à concurrence d’un montant annuel maximal. Pour la période du 1er juillet 2025 au 30 juin 2026, le montant annuel maximal s’élève à 1232 $; montant qui peut être réparti sur douze mois. Il en coûte alors 102,64 $ par mois. Certains groupes de personnes n’ont pas à payer ce montant. Les montants à payer par les personnes qui ont une assurance collective au travail (privée), varient selon les polices d’assurance collective; il faut donc s’informer.
Vaccinations contre les IST
Il existe des vaccins contre certaines IST : l’hépatite B et les HPV (Human Papillomavirus). Pour les hommes gays et bisexuels, il est également recommandé de se faire vacciner contre l’hépatite A et la variole du singe (ou Mpox). Pour plus d’information, rendez-vous sur sexosafe.fr. Parlez-en avec un professionnel de santé, par exemple votre médecin généraliste : il pourra vous conseiller et si besoin vous vacciner.
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Le vaccin contre l’hépatite B est recommandé chez toutes les personnes ayant des partenaires multiples mais pas seulement ; pour plus de renseignements sur la vaccination contre l’hépatite B, vous pouvez consulter Vaccination-Info-Service.
Le vaccin contre le HPV est recommandé pour les jeunes filles et garçons de 11 à 14 ans et en rattrapage entre 15 et 19 ans. Les hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes peuvent se faire vacciner jusqu’à l’âge de 26 ans. Pour plus de renseignements sur la vaccination contre le HPV, vous pouvez consulter Vaccination-Info-Service.
Traitement Post-Exposition (TPE)
Le TPE est un traitement à prendre en urgence pour éviter une contamination par le VIH. Il s’adresse à toute personne ayant eu un rapport non ou mal protégé risquant une contamination par le VIH. Le TPE est disponible pour toute personne, mineure ou majeure. Plus le traitement est pris rapidement, plus il est efficace. Rendez vous dans un ou aux urgences de l’hôpital le plus proche (24h/24). Il faut commencer le TPE le plus tôt possible et au maximum dans les 48 heures qui suivent le rapport sexuel à risque. Allez-y avec votre partenaire si vous le pouvez.
Le traitement dure 28 jours et doit être pris jusqu’au bout comme prescrit par le ou la médecin. Le mieux est de commencer la PPE dans les 2 heures suivant l’exposition au VIH ou au plus tard 72 heures (trois jours) après. Plus on commence le traitement tôt, plus il a de chances d’empêcher le virus de se propager dans le corps.
Le TPE est remboursé à 100 % par l’Assurance Maladie. Les personnes sans couverture sociale peuvent également avoir accès au TPE. Les personnes mineures peuvent bénéficier du TPE sans autorisation parentale.
Que Faire en Cas d’Exposition ?
En cas de rupture, de glissement, de non-utilisation de préservatif, de blessure ou de coupure avec un objet souillé de sang ou de sperme, de partage du matériel d’injection de drogues, vous pouvez suivre un traitement post-exposition (TPE) qui peut vous éviter d'être infecté par le VIH. En cas d’exposition ou de crainte sur une prise de risques, vous pouvez déjà contacter Sida info service. Une fois aux urgences, inutile de donner les détails à l’accueil : évoquez un accident d’exposition au VIH (et le délai) et cela doit suffire à voir un médecin rapidement, 24 h/24.
Traitement comme Prévention (TasP)
En présence d’un traitement VIH efficace, il n’y a pas de transmission sexuelle possible. La charge virale représente la quantité de VIH dans le sang d’une personne vivant avec ce virus. Plus la charge virale est élevée, plus le risque de transmission augmente. Plus la charge virale est faible, plus le risque de transmission diminue. On dit que la charge virale est indétectable lorsque la quantité de VIH est vraiment basse, c’est-à-dire en dessous de 200 copies par millilitre de sang (au Canada). Et lorsque la charge virale du VIH est indétectable pendant assez longtemps, le virus ne se transmet plus.
Quand une personne vivant avec le VIH prend un traitement anti-VIH efficace et maintient une charge virale indétectable, il n’y a pas de transmission du VIH. Aujourd’hui, une personne séropositive pour le VIH peut prendre un traitement qui rend sa charge virale indétectable et l’empêche d’atteindre le stade sida. Ce traitement lui permet de rester en bonne santé et d’allonger sa durée de vie, de ne pas transmettre le VIH à ses partenaires sexuels et d’avoir des enfants sans crainte de leur transmettre le virus. C'est ce qu'on appelle l'effet préventif des traitements contre le VIH ou l’effet TasP ("Treatment as Prevention" ou « traitement comme prévention ») VIH indétectable = zéro transmission.
Le TasP ne protège que du VIH. Le préservatif reste le seul le seul moyen de se protéger contre la plupart des IST.
Communication et Avis aux Partenaires
Aviser ses partenaires lorsqu’on reçoit un diagnostic positif d’ITSS leur permet de se faire dépister à leur tour et de traiter l’infection. Les professionnel·les de la santé peuvent aider à le faire. Il est aussi possible de le faire de façon anonyme à partir d’un site web. Peu importe la manière, l’avis aux partenaires réduit le risque d’être infecté·e à nouveau. Aviser ses partenaires peut être gênant ou angoissant, mais c’est surtout un geste responsable. Même si c’est une mauvaise nouvelle, la plupart des personnes réagissent bien et apprécient que leur partenaire les avise.
Comment Aviser ses Partenaires ?
- Aller droit au but. Par exemple : « J’ai la gonorrhée. C’est une infection transmissible sexuellement. Tu es peut-être infecté·e toi aussi. Traitée, la gonorrhée se guérit complètement. Le traitement est gratuit. On peut avoir la gonorrhée même sans symptômes.
- Éviter de blâmer ton, ta ou tes partenaires. Ils ou elles risquent de se fâcher ou d’être sur la défensive, ce qui rendra la conversation plus difficile.
Informations Complémentaires et Ressources Utiles
Aujourd’hui, nous disposons d’une variété d’options pouvant être combinées selon les besoins et les contextes de chacun, comme la prise de médicaments et l’autotest de dépistage du VIH. Elle comprend des actions médicales ou comportementales visant différents moments dans le cycle de transmission du VIH : avant, pendant et après une relation sexuelle, ainsi que dans sa vie de tous les jours.
Le Rôle des Associations et Centres de Dépistage
En 2024, les préservatifs internes aussi bien qu’externes se trouvent gratuitement auprès de la plupart des associations de lutte contre le VIH et les IST, dans des centres de dépistage, les centres de planning familial… Dans les CEGIDD (ex CDAG/ CIDDIST), le test est anonyme, confidentiel et gratuit. Vous vous rendez dans un centre, où vous êtes reçu par un médecin. Après évaluation de vos pratiques et de vos prises de risque, le médecin vous prescrira un test pour le VIH, mais aussi contre les autres IST ou les hépatites B et C.
Les Inégalités Mondiales Face au SIDA
Le Sida est aujourd’hui une maladie du pauvre. En France et dans les pays développés, les progrès des thérapies sont tels qu’un comprimé par jour suffit pour maîtriser la maladie. Le malade peut travailler, partir en vacances, vivre en couple, avoir des enfants, avoir une vie sexuelle normale non protégée… donc vivre de façon satisfaisante et se projeter dans l’avenir. Grâce à notre système de santé, nous avons accès, gratuitement, à ces traitements efficaces et coûteux. Mais c’est loin d’être le cas partout dans le monde : malgré les efforts pour réduire les prix, pour produire des médicaments génériques, malgré le fait que certains pays choisissent de fabriquer ces molécules sans en avoir l’autorisation (au risque de payer des amendes), près de la moitié des malades du Sida dans le monde ne peuvent recevoir aucun traitement. Et dans ce cas la plupart meurent. Cette situation dramatique concerne la plupart des pays en voie de développement, notamment l’Afrique qui concentre le plus grand nombre de patients atteints du VIH. Une inégalité qui n’a aucun sens à l’échelle de l’humanité : les frontières n’existent pas pour la maladie, et l’évolution des mouvements migratoires dans le monde peut favoriser sa diffusion partout sur le globe.
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