La confiance en soi est une fondation essentielle du bien-être et du développement de chaque enfant. Elle influence sa capacité à surmonter les défis, à créer des liens durables et à s'épanouir pleinement, tant sur le plan personnel que social. Mais comment, en tant que parents ou éducateurs, pouvons-nous cultiver cette précieuse qualité chez nos enfants ?
Comprendre la confiance en soi
Si la notion de confiance en soi ne peut pas clairement être définie puisqu’il s’agit d’un sentiment propre à chacun, avoir confiance en vous désigne d’abord avoir confiance en votre capacité de faire un choix, d’agir et de réagir, ou encore de s’adapter au changement qui s’offre à vous. Elle diffère de l’estime de soi, puisque cette dernière est une évaluation de sa propre valeur, alors que la confiance en soi désigne plus spécifiquement la confiance en sa capacité à atteindre un objectif. De ce fait, il existe une idée reçue au sujet de la confiance en soi, c’est-à-dire qu’il y aurait d’un côté les gens confiants et de l’autre les non-confiants par essence. Cependant, certaines études ont montré qu’on ne naît pas confiant ou timide et que la confiance et l’estime de soi se cultivent a contrario et se développent plus ou moins rapidement au cours de votre vie.
Un apprentissage qui commence tout-petit : « Comme l’être humain arrive au monde totalement démuni, la confiance est une question existentielle, au sens propre du terme, pour tout être humain, souligne Catherine Dolto, médecin et haptothérapeute1, auteure de Faire confiance. Un bébé (contrairement aux autres mammifères) ne peut survivre sans la présence d’adultes pour le nourrir et prendre soin de lui pendant les premières années de sa vie. La peur de l’abandon est donc très présente chez tous les humains. Au cours des premières années de la vie, elle se construit d’abord dans la relation entre un parent et son enfant.
L'importance de la valorisation et de l'encouragement
Tout commence d’abord par le choix des mots que vous ferez. Il est très important de valoriser les efforts de votre enfant. N’hésitez pas à le féliciter lorsqu’il réussit mais également lorsqu’il essaye. Montrez-lui que c’est en tombant que l’on apprend à marcher et encouragez-le dans tous ce qu’il entreprend. Quand votre nourrisson essaye d’attraper un objet avec sa main ou de ramper vers un jouet qu’il aime, par exemple, dites-lui : « Oui, vas-y ! Tu en es capable! ».
Éviter les étiquettes négatives
De la même façon, méfiez-vous du verbe « être ». Lorsque votre enfant fait une bêtise, vous utilisez parfois certains mots qui vous dépassent. Plutôt que de lui dire qu’il « est nul » ou « mais qu’est-ce que tu es maladroit », prenez l’habitude de qualifier l’acte et non la personne en elle-même.
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Développer les marques d’attention positives et inconditionnelles
Beaucoup d’enfants se voient récompensés seulement s’ils font quelque chose de bien. Jean-François Laurent (expert en éducation parentale et scolaire et en précocité, formateur, écrivain), dans ses conférences et écrits sur la thématique de la confiance met en lumière les chaudoudoux. Issu du conte pour enfants « Le conte chaud et doux des chaudoudoux », un chaudoudou est une remarque positive, inconditionnelle. Dire à son enfant « je suis fier de toi et tu peux être fier de qui tu es ! » sans condition, sans que ce soit à la suite d’une action attendue est très impactant. De même que valoriser ses qualités fortes : « je remarque ton humour et ta générosité au quotidien, Bravo !
L'autonomie et la prise de risque
En tant que parents, il est naturel de vouloir protéger votre enfant, et c’est un sentiment naturel mais qu’il faut parfois savoir limiter. Laissez votre enfant apprendre par lui-même à mesure qu’il grandit. Plutôt que de l’empêcher de jouer à un jeu que vous estimez trop risqué par exemple, il serait mieux de sécuriser la zone d’activité mais de le laisser jouer.
Bébé, apprenez-lui à explorer son environnement par lui-même en mettant les objets dangereux de côté, sans le surprotéger. Lorsqu’une activité est nouvelle ou particulièrement difficile (faire du vélo ou apprendre un instrument de musique), encouragez-le à recommencer. « Les enfants voudraient tout réussir du premier coup, souligne Catherine Dolto.
Sortir de sa zone de confort
Comme tout parent : cela vous arrive d’empêcher votre enfant de tenter quelque chose, tout simplement parce que vous avez peur… Or cela l’empêche d’apprendre à sortir de sa zone de confort. Tentez de relativiser les risques. N’hésitez pas à lui expliquer combien le fait de se tromper, de rater, est une très bonne étape pour apprendre et pour réussir. C’est même indispensable ! Faire comprendre cela à votre enfant est donc une étape essentielle pour l’aider à construire sa confiance en soi.
L'impact des activités et des réussites
Le sport augmente en effet la confiance en soi mais à condition qu’il reste un plaisir ! Pour cela, écoutez les peurs et les appréhensions de votre enfant. L’inscrire dans un club sportif c’est lui permettre d’intégrer une équipe, de partager des moments forts et surtout de d’être mieux dans son corps. Lorsque votre enfant pratique un sport en compétition, il apprend à se surpasser pour atteindre son objectif.
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La confiance en soi peut être consolidée au quotidien en valorisant les petites et les grandes réussites qui ponctuent la vie d’un enfant : manger ou s’habiller tout seul, faire ses lacets, écrire son prénom… Un enfant doit aussi connaître ses limites et apprendre de ses erreurs.
Créer une boîte des « je peux faire »
Afin que chaque enfant se sente soutenu, il est important de souligner ses progrès et ses efforts, même s’ils ne mènent pas toujours à une réussite. Avoir confiance en soi, cela se développe un peu partout et surtout tout le temps, pour ça, voici quelque activités et actions pouvant se faire à la maison :Invitez votre enfant à personnaliser une boîte où il glissera des petits papiers avec des phrases commençant par “Je peux faire…”. Il y notera ses réussites et ses talents. « Je peux le faire ! « J'y arriverai !
Célébrer les réussites
Peut-être avez-vous été élevé(e)s avec cette idée qu’il ne faut pas se vanter ? Du coup, vous pouvez avoir tendance à ne pas trop parler de vos réussites et à ne pas les célébrer. Je vous conseille de ne pas vous en priver car c’est un excellent moyen de donner cet exemple à votre enfant. Être heureux d’avoir réussi quelque chose ne veut pas dire que nous avons un égo surdimensionné. Célébrer une réussite, c’est se donner du peps pour continuer à poursuivre nos efforts et à croire en nous !
La gratitude et la positivité
Le but est très simple : prenez un carnet et notez le nom de votre enfant. Tous les jours, au même moment de préférence, (ex : avant le coucher) vous allez noter avec votre enfant 3 “petites réussites” de sa journée. De récentes études ont en effet montré que la gratitude est une émotion positive très puissante, capable d’augmenter le niveau de bonheur très rapidement.
Valoriser l’effort plutôt que le résultat
afin que chaque enfant se sente soutenu, il est important de souligner ses progrès et ses efforts, même s’ils ne mènent pas toujours à une réussite.
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Gérer l'échec et les difficultés
Concrètement, si votre enfant obtient une très mauvaise note à l’école, citez une expérience personnelle de votre vie comparable à celle-ci afin de ne pas l’isoler dans son échec, et expliquez-lui qu’il fera mieux lors du prochain devoir puisqu’il pourra travailler sur ses erreurs. Dîtes-lui que vous l’aimez tout le temps et non pas seulement quand il fait bien. S’il vous écrit un poème ou une lettre, montrez lui combien vous êtes fière qu’il ait fait ça tout seul.
Un enfant doit aussi connaître ses limites et apprendre de ses erreurs.
Le rôle des parents comme modèles
Les parents : un miroir de confiance en soi pour son enfant ! Les enfants se construisent également par mimétisme. Le comportement des parents, leur propre confiance en eux-mêmes va fortement conditionner le sentiment de confiance de l’enfant. Lorsque le parent ressent une peur, il est tout à fait possible qu’il la verbalise en expliquant à l’enfant ce qui se passe pour lui. Lorsque la peur a été surmontée pour l’adulte, il verbalise également le fait d’être fier de lui et d’avoir vaincu cette peur. Les expériences traversées et marquées d’une attention positive laisseront place aux marqueurs de confiance chez l’enfant.
Je vous suggère plutôt de montrer à votre enfant - en parlant à voix haute - comment vous mettez en mots votre discours intérieur, c’est-à-dire vos pensées, émotions et sensations. Dans la continuité de l’idée ci-dessus : vous voir faire est un excellent moyen pour votre enfant de développer des aptitudes à mieux se comprendre.
La confiance en soi à l'adolescence
Adolescents confiants, c’est possible ? En grandissant, et notamment à la période de l’adolescence, les repères sont bouleversés. Il est en questionnement sur son individualité, sa place dans le monde. L’adolescent se construit de plus en plus en miroir de ses pairs. La confiance en soi peut se gagner à tout âge ! Le parent peut s’intéresser aux loisirs de l’adolescent. Il cherchera à comprendre ce qui l’attire par exemple sur le sujet d’intérêt. Beaucoup de jeunes sont passionnés pas les jeux-vidéos par exemple mais tous ne les consomment pas pour la même raison ! C’est à cette période que des conflits à l’intérieur de la famille peuvent se présenter. Et souvent, il peut ne pas avoir envie de parler. L’adulte a tendance à poser son propre regard sur les activités et ressentis des adolescents. S’il se sent jugé ou dénigré, l’adolescent va se renfermer d’autant plus. Beaucoup d’adolescents accordent un immense crédit à ce qu’ils trouvent sur internet. De nombreuses vidéos sont disponibles sur la thématique de la confiance en soi des ados. L’adolescence est une longue période de remise en question, d’interrogations sur soi, sur le monde. Il est tout à fait normal qu’à cette époque, une distance s’installe entre les parents et les jeunes. Il peut arriver que les conflits soient trop importants au sein même de la famille. Accepter une aide extérieure pour venir en aide à son enfant n’est certainement pas une preuve d’échec. Au plus tôt les outils sont offerts pour se construire en confiance, au mieux les étapes seront traversées sereinement.
L'importance de l'autonomie et de l'empowerment
Lorsqu’un enfant a confiance en lui, il est plus autonome et prend plus d’initiatives. Il est très important de toujours stimuler cette confiance, et ce dès le plus jeune âge. En effet, le sentiment de confiance est primordial. Il permet de croire en ses capacités, de réussir et donne la force d’affronter différentes situations. L’attitude des parents ainsi que les activités proposées aux enfants peuvent avoir un effet sur sa confiance.
Le terme empowerment est de plus en plus utilisé dans la littérature scientifique. Il est fréquemment référé, en français, à la notion de pouvoir d’agir. Au sein du modèle de Wehmeyer et de ses collègues (1996), il est décrit comme psychologique. En ce sens, la personne qui témoigne de comportements autodéterminés s’estime capable de mettre en œuvre les actions nécessaires pour atteindre l’objectif qu’elle s’est fixé. L’empowerment psychologique est donc le résultat de ce que Zimmerman (1990) appelle un « espoir appris ». La dimension cognitive relève du sentiment d’efficacité personnelle. Selon Bandura (1977), ce sentiment d’auto-efficacité renvoie aux croyances des personnes quant à leurs capacités à mener à bien des performances. Pour développer ce sentiment, il importe notamment d’expérimenter personnellement des réussites. La dimension personnelle se réfère au lieu de contrôle (sentiment de maîtrise). Notons le lien étroit établi entre la personne, son entourage et son environnement pour témoigner d’autodétermination. L’empowerment psychologique se réfère aux compétences qui autorisent les individus à avoir confiance en eux pour mener à bien leurs projets, ainsi qu’à la connaissance de leurs droits et leur capacité à les défendre. La personne acquiert la croyance de pouvoir exercer un contrôle réel sur sa propre vie et les événements qui la jalonnent. Développer cet empowerment permet aux individus d’acquérir une meilleure estime d’eux-mêmes. Afin de développer l’empowerment psychologique dès le plus jeune âge, il faut offrir la possibilité aux personnes d’avoir du contrôle sur une situation donnée. Pour y parvenir, il importe bien sûr qu’elles puissent expérimenter par elles-mêmes et recevoir des feedbacks réguliers. Peu à peu, l’individu va dès lors, apprendre à s’auto-valoriser et apprécier, de manière juste, la situation vécue. Il est nécessaire de proposer à la personne des défis réalisables qui lui correspondent. Le but est que la personne se sente en confiance. Ainsi, les proches et les professionnels ont tout intérêt à avoir des attentes réalistes tant sur le plan affectif, social, scolaire que moral. Il convient par ailleurs que les individus prennent conscience de leurs droits et puissent les défendre si nécessaire. Pour ce faire, il est possible d’informer, de manière ludique et accessible, les personnes sur les dispositions mises en place pour assurer l’exercice de leurs droits dans leurs contextes de vie. Ainsi, celui qui s’initie à connaître et reconnaître ses droits et ceux des autres sera davantage à même de les défendre.
L'image de soi et la représentation de soi
L’image de soi est l’ensemble des idées, des caractéristiques qu’un individu a sur lui-même (rôle, traits de caractère…). Les caractéristiques attribuées de façon plus ou moins consciente sont intégrées progressivement comme une partie essentielle du Moi. L’image de soi se distingue donc de l’image sociale. Celle-ci correspond à la manière dont l’individu pense être perçu par les autres. Les perceptions que l’individu a de lui-même et qui définissent les images de soi résultent d’une élaboration subjective englobant des aspects à la fois personnels et sociaux. L’accumulation et la hiérarchisation progressive de ces différentes images de soi sont le point de départ de l’émergence de la représentation de soi.
La représentation de soi est l’image qu’un individu a de lui-même. Elle renvoie à l’ensemble des attitudes, sentiments et connaissances relatives à ses aptitudes, à ses habiletés, à son apparence, et à la manière dont il est accepté socialement. Ces représentations vont ensuite s’organiser en une vision plus globale et mature.
Actions concrètes pour renforcer la confiance en soi
- Valoriser les efforts : Soulignez les progrès et les efforts de votre enfant, même s’ils ne mènent pas toujours à la réussite.
- Encourager l'autonomie : Laissez votre enfant explorer son environnement et apprendre par lui-même, en sécurisant les zones à risque.
- Proposer des défis réalisables : Offrez à votre enfant des activités où il excelle et des jeux où il gagne facilement.
- Célébrer les réussites : Prenez le temps de reconnaître et de célébrer les petites et les grandes réussites de votre enfant.
- Éviter les étiquettes négatives : Qualifiez l’acte plutôt que la personne lorsqu'il fait une bêtise.
- Développer la gratitude : Notez chaque jour avec votre enfant 3 petites réussites de sa journée.
- Être un modèle positif : Montrez à votre enfant comment vous gérez vos propres peurs et comment vous célébrez vos réussites.
- Communiquer ouvertement : Écoutez les peurs et les appréhensions de votre enfant et répondez à ses questions avec honnêteté.
- Soutenir ses intérêts : Intéressez-vous aux loisirs de votre enfant et encouragez-le à développer ses passions.
- Offrir un amour inconditionnel : Dîtes à votre enfant que vous l’aimez tout le temps, et pas seulement quand il fait bien.
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