L'Helicobacter pylori (H. pylori) est une bactérie qui colonise l'estomac humain. Elle persiste tout au long de la vie grâce à des mécanismes de résistance à l'acidité gastrique. L'infection à H. pylori est associée à diverses pathologies du système digestif, notamment la maladie ulcéreuse gastroduodénale, le cancer de l'estomac et le lymphome du MALT de l'estomac. Cet article explore les voies de transmission, les symptômes, le diagnostic et les traitements de cette infection bactérienne.

Transmission de Helicobacter Pylori

Voies de Transmission

Le réservoir exclusif de H. pylori est l'estomac de l'homme. La transmission survient essentiellement dans l'enfance et est le plus souvent intrafamiliale. Les sources de contamination potentielles sont les vomissures, la salive et les selles. Chez les sujets infectés, H. pylori est toujours présent au niveau des vomissures et peut survivre quelques heures dans l'environnement. La salive est parfois positive, du fait de régurgitations, mais les selles ne renferment des formes viables qu'en cas de transit accéléré et de manière inconstante.

  • Voie oro-orale et oro-fécale: La contamination est inter-humaine et se fait fréquemment dans la petite enfance par voie oro-orale ou oro-fécale, souvent par consommation d’eau ou de nourriture contaminée.
  • Pays en développement: Dans les pays en développement, la voie fécale-orale est plausible en plus de la voie orale-orale. En effet, les diarrhées sont fréquentes, l'hygiène fécale mal réalisée et l'eau souvent non traitée. De plus, l'hygiène lors des vomissements peut ne pas être adéquate, du fait des conditions sanitaires déficientes des foyers et certaines coutumes, telles que la prémastication des aliments sont fréquentes.
  • Pays développés: Dans les pays développés par contre, les facteurs de la transmission fécale-orale semblent avoir disparus, ce qui est en accord avec une transmission devenue rare et sans doute essentiellement orale-orale.

Facteurs de Risque et Prévalence

La prévalence de l’infection par H. pylori est variable selon le pays de naissance et tend à diminuer depuis 30 ans en lien avec l’amélioration des conditions d’hygiène dans le monde entier et avec l’augmentation des traitements d’éradication. En France, la prévalence est de 15 à 30% et varie selon l’âge en augmentant avec le temps.

Symptômes de l'Infection à Helicobacter Pylori

L’infection par H. pylori est classiquement silencieuse et fréquemment découverte de façon fortuite. On estime que 6 à 10% des individus infectés par H. pylori développeront un ulcère de l’estomac et/ou du duodénum et que 1 à 3% des individus infectés développeront un cancer de l’estomac. Si la durée de l’infection est un facteur important, de nombreux facteurs sont impliqués dans l’agressivité de l’infection vis-à-vis de l’estomac : facteurs génétiques et héréditaires mais également d’autres facteurs porteurs de toxicité pour l’estomac.

Manifestations Cliniques

Dans tous les cas, la présence d’H. pylori induit au niveau de la muqueuse gastrique une inflammation chronique. Dans environ la moitié des cas, cette inflammation est dite active reposant sur la présence de polynucléaires neutrophiles dans la muqueuse gastrique. Dans la majorité des cas, que la gastrite soit active ou non, aucune conséquence ne sera rapportée. A l’inverse, environ 20% des individus porteurs d’H. pylori pourront développer des lésions d’atrophie de la muqueuse gastrique et environ 8% des lésions de métaplasie intestinale. Ces lésions de la muqueuse gastrique sont considérées comme des lésions prénéoplasiques et augmentent la probabilité de développer un cancer de l’estomac.

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En cas d’infection symptomatique, les symptômes consistent généralement en des douleurs siégeant dans l’épigastre, soulagées par la prise d’aliment, notamment alcalins et récidivant à distance des repas (syndrome ulcéreux). Ces douleurs peuvent s’accompagner de perte d’appétit, de nausées voire de vomissements et parfois de saignement digestif. Dans certains cas, il est possible d’observer des symptômes de dyspepsie (inconfort gastrique avec sensation de plénitude, ballonnement, douleurs, nausées, éructations, douleurs ou brûlures épigastriques). L’association entre des symptômes de dyspepsie et l’infection par H. pylori n’est néanmoins pas systématique.

Manifestations Extra-Digestives

L’association entre l’infection par H. pylori et des manifestations extra-digestives a également été rapportée. Chez les patients atteints de purpura thrombopénique idiopathique, une éradication d’H. pylori est ainsi proposée de façon systématique. A l’inverse, des liens entre l’infection par H. pylori et une tolérance vis-à-vis de phénomènes immuno-allergiques ont été proposés.

Diagnostic de l'Infection à Helicobacter Pylori

L’endoscopie digestive haute (ou gastroscopie) est généralement prescrite par votre médecin traitant ou un gastroentérologue. Elle se réalise avec un tube flexibel équipée d’un dispositif vidéo, avec ou sans anesthésie générale (durée d’examen d’environ 5 minutes) et permet d’explorer directement l’aspect de la muqueuse de l’œsophage, de l’estomac et du duodénum (premiers centimètres de l’intestin grêle). Elle nécessite d’être à jeun 6 heures avant l’examen.

Méthodes de Diagnostic

  • Tests sérologiques: Les tests sérologiques ne permettent pas de faire la distinction entre une infection active et une infection latente ou déjà éradiquée. De plus, leur sensibilité n’est pas optimale en termes de dépistage.
  • Test respiratoire: Le test respiratoire est performant mais peut être pris à défaut chez les patients prenant un inhibiteur de la pompe à proton ou en cas de saignement digestif. Le test respiratoire est réalisé à partir de prélèvements d’air expiré.

Traitement de l'Infection à Helicobacter Pylori

Le traitement repose sur l’association de plusieurs antibiotiques et sur la prise d’un anti-acide appelé inhibiteur de la pompe à protons. Le respect du protocole d’éradication est un élément extrêmement important dans le succès de l’éradication.

Protocole d'Éradication

En cas de succès, le risque de réinfection au cours de la vie est faible, estimé à 1% chaque année. En cas d’échec, un nouveau traitement peut être proposé afin d’avoir une éradication efficace. Indépendamment du traitement, l’arrêt de la consommation d’alcool et de tabac est recommandé.

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Suivi et Prévention

Confirmer le diagnostic, évaluer les facteurs de risque particuliers qui nécessitent un suivi plus rapproché, et adresser toutes les autres questions spécifiques à un spécialiste. Les gastro-entérologues sont les plus qualifiés pour traiter ces infections. Les examens les plus importants à apporter lors de la consultation pour un deuxième avis sont les résultats des tests sanguins, du test respiratoire à l’urée marquée, de la gastroscopie et des biopsies réalisées. Si l’antibiogramme a été réalisé, il est important de l’apporter également afin que le médecin puisse vérifier que l’antibiothérapie est adaptée à la souche bactérienne qui vous a infecté.

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