Introduction
Cet article explore le concept de césarienne dans le contexte du Cap Vert, en utilisant une approche terminologique et historique. Nous examinerons comment cette procédure chirurgicale est perçue, pratiquée et comprise dans cette région, en nous appuyant sur des sources variées et des analyses approfondies.
Maurétanie Césarienne: Un Aperçu Historique
Au début du Ve siècle, la Maurétanie Césarienne, selon la Notifia Dignitatum, possédait un limes pour protéger sa frontière extérieure et d'autres limites pour contenir les populations potentiellement rebelles. Parmi ces limites se trouvait le limes tubusupditanus, associé à Tubusuptu (Tiklat moderne). Cette cité, située dans la vallée de la Soumame, était une ancienne colonie de vétérans d'Auguste. Bien que prospère au début du IIIe siècle, elle connut des troubles plus tard, d'où la création de ce limes.
Les troupes de Maurétanie Césarienne, peu nombreuses, devaient surveiller le limes présaharien en priorité. J.F. Matthews a suggéré que les lignes de défense intérieures pouvaient avoir été confiées à des gentes fidèles à Rome, citant le château de Pétra construit par le prince maure Sammac. Cependant, cette forteresse eut une existence éphémère, ce qui remet en question l'idée d'un rempart durable.
La Loi d'Honorius et la Défense du Limes
Une loi d'Honorius datant de 409 mentionne l'accaparement des terres destinées à l'entretien des limitanei. Cette loi stipulait que les terres concédées aux gentiles pour la construction et l'entretien du limes et du fossatum devaient être utilisées à cette fin, sous peine d'être transférées à d'autres gentiles ou à des vétérans.
J.F. Matthews, suivant P. Romanelli, souligne que la défense du limes était parfois confiée aux gentiles, c'est-à-dire aux populations indigènes qui reconnaissaient la souveraineté de Rome tout en conservant leur indépendance. Ces populations cultivaient les terres le long de la frontière et assuraient sa défense en échange du droit de les occuper.
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Cette situation diffère de celle de la Germanie, où les fédérés gardant le limes étaient des peuples extérieurs à l'Empire. En Maurétanie Césarienne, romaine depuis Claude, les gentes étaient dirigées par des praefecti ou des principes, officiers romains ou chefs désignés par Rome. Cela suggère que certaines populations n'avaient pas été assimilées malgré trois siècles de présence romaine.
Le système de défense mentionné dans la loi d'Honorius était en place depuis longtemps, le terme "antiquitas" indiquant plusieurs générations.
L'Exemple de la Forteresse de Petra
La forteresse de Petra, construite par Sammac, illustre ce système. Une inscription révèle que Petra était à la fois un centre de domaine (praedium) et une forteresse (praesidium). Sammac avait réuni sous sa domination les tribus voisines, œuvrant au profit de Rome.
Sammac n'était pas un individu isolé, mais un membre d'une grande famille à la fois romanisée et puissante. Il était le fils de Nubel, un "regulus per nationes Mauricas potentissimus".
La Famille de Nubel et son Influence
Ammien Marcellin fournit des informations sur la famille de Nubel, mentionnant ses fils Macsizel, Dion, Mazuca, et Gildon, ainsi que sa fille Cyria. Une inscription de Rusguniae mentionne Flavius Nuvel, un descendant de Nubel, ce qui suggère une continuité familiale et une influence régionale.
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Une inscription lacunaire trouvée au col des Béni Aïcha fait allusion à Firmus, peut-être le fils aîné de Nubel, et à un castellum qui aurait été la résidence de Nubel.
Il existe un fort faisceau de présomptions en faveur de l'identité des deux Nubel, bien qu'il n'y ait pas de preuve formelle. Le nom de Nubel est rare, et la datation des événements coïncide.
L'Application de l'Édit de Caracalla
Th. Mommsen a noté que le gentilice Flavius était commun aux chefs barbares ayant reçu le droit de cité. Si Flavius Nuvel était dans ce cas, cela soulève la question de l'application de l'Édit de Caracalla de 212, qui donnait le droit de cité à tous les habitants libres de l'Empire.
La natio à laquelle appartenait Nuvel au début du IIIe siècle devait se situer à l'intérieur de la Césarienne, mais ses ancêtres n'avaient peut-être pas bénéficié de la décision impériale. Il n'est pas exclu que sa tribu d'origine ait fait partie des "déditices".
Le père de Flavius Nuvel, Saturninus, était un honoratus, ayant sans doute reçu le titre d’ex Comitibus à titre honoraire. Lui-même fut commandant d’un détachement dépendant du Comte d’Afrique.
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Sammac et la Romanisation
Sammac apparaît comme un membre d'une famille à la fois profondément romanisée et puissante dans le monde indigène. Ammien décrit Nubel comme un "regulus per nationes Mauricas potentissimus", suggérant que ses domaines étaient des centres de commandement des tribus locales.
Ammien mentionne également que les nationes proches du municipium Addense étaient "dissonas cultu et sermonum varietate", ce qui souligne le morcellement de la population berbère.
Malgré ce morcellement, les tribus accordèrent leur aide à Macsizel et Dio, tandis que Sammac avait dû soumettre des gentes par la force. Cyria galvanisa les nationes ralliées à la révolte, peut-être grâce à une légitimité liée à sa parenté.
Les membres de la famille de Nubel jouissaient d'une autorité reconnue par des populations qui gardaient leurs propres dirigeants. Un clan familial dominait un ensemble de populations qui reconnaissaient la légitimité de cette autorité.
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