L'annonce d'une grossesse, particulièrement lorsqu'elle est non prévue, est un moment délicat, surtout pour une jeune femme. Si l'idée d'une interruption volontaire de grossesse (IVG) est envisagée, la conversation avec la mère peut s'avérer particulièrement difficile. Cet article vise à fournir des conseils et des informations pour aborder ce sujet sensible avec sa mère, en tenant compte des différentes situations et émotions impliquées.

Grossesse non prévue : Faire face à une nouvelle déstabilisante

En France, un tiers des grossesses seraient non prévues. Apprendre que l'on est enceinte peut être vécu comme une magnifique surprise ou comme un drame. Dans tous les cas, cette annonce peut être déstabilisante. Il est crucial de prendre le temps de digérer l'information et de considérer toutes les options possibles.

Options disponibles face à une grossesse imprévue

Lors d’une grossesse imprévue, plusieurs options sont possibles :

  • Poursuivre la grossesse et accueillir un enfant.
  • Poursuivre la grossesse et confier l’enfant à l’adoption.
  • Interrompre la grossesse.

Si la décision est évidente pour certains, elle est beaucoup plus complexe pour d’autres. Il ne faut pas hésiter à se faire accompagner dans ses interrogations et démarches en demandant conseil à des proches ou à des professionnels de santé. Le numéro vert national « IVG, contraception, sexualités » est également disponible par téléphone ou par chat.

Annoncer sa grossesse et son choix d'IVG à sa mère : Préparation et Communication

Choisir le bon moment et le bon endroit

Le choix du moment et du lieu est crucial. Préférez un moment calme où vous et votre mère êtes disponibles et détendues. Un lieu neutre et familier peut faciliter la conversation. Évitez les moments de stress ou de tension familiale.

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Préparer ce que vous voulez dire

Avant d'aborder le sujet, prenez le temps de réfléchir à ce que vous voulez dire et à la manière dont vous voulez l'exprimer. Il peut être utile de mettre vos pensées par écrit. Expliquez clairement votre situation, vos sentiments et les raisons qui vous poussent à envisager l'IVG.

Anticiper les réactions possibles

Il est important d'anticiper les réactions possibles de votre mère. Elle peut être surprise, en colère, déçue, triste ou inquiète. Essayez de comprendre son point de vue et de rester calme et respectueuse, même si elle ne partage pas votre opinion.

Être honnête et ouverte

L'honnêteté est essentielle pour une communication efficace. Expliquez vos raisons de manière claire et sincère. N'hésitez pas à exprimer vos doutes et vos peurs. Soyez ouverte à la discussion et prête à écouter le point de vue de votre mère.

Souligner que c'est votre décision

Il est important de souligner que la décision finale vous appartient. Expliquez que vous avez pris le temps de réfléchir et que vous êtes convaincue que c'est la meilleure option pour vous. Affirmez votre droit de prendre vos propres décisions concernant votre corps et votre avenir.

Grossesse non prévue et Contraception

Il est important de noter que deux IVG sur trois sont réalisées chez des femmes qui utilisaient une méthode de contraception à la date de la conception. Les grossesses non prévues sont en effet souvent liées à un problème dans l’usage de la contraception. Le moyen de contraception que vous choisissez doit être celui qui correspond le mieux à votre mode de vie. Si celui-ci ne vous convient pas (ou plus), vous pouvez en changer. En France, 1 femme sur 3 aura recours à une IVG au cours de sa vie.

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Le rôle du père et de l'entourage

Impliquer le père (si possible et souhaité)

Si vous avez un partenaire, il est important de l'impliquer dans la discussion et la décision. Son soutien peut être précieux. Si la relation avec le père est difficile, il peut être utile de faire appel à un médiateur ou à un professionnel pour faciliter la communication.

S'entourer de personnes de confiance

Il est important de s'entourer de personnes de confiance qui peuvent vous apporter soutien et réconfort. Il peut s'agir d'amis, de membres de la famille, de professionnels de santé ou de conseillers. Évitez les personnes qui vous jugent ou vous mettent la pression.

Quand on n’ose pas… le silence

Lorsque la peur envahit, que parler semble impossible, certains décident de ne rien dire. On espère alors que les choses vont s’arranger d’elles-mêmes, que les gens se rendront compte de ce qu’ils se passent et que cela suffira pour être aidés, ou bien que personne ne se rendra compte de rien et que les choses rentreront dans l’ordre. Doux espoir, qui a des conséquences très lourdes. Laisser les choses « se faire », c’est tirer un trait sur du temps précieux pour être aidés et soutenus. Le silence n’est pas notre meilleur allié, mais plutôt notre pire ennemi. Parler, c’est se donner le droit et la liberté de choisir.

Soutien et Accompagnement

Numéros et associations d'aide

De nombreuses ressources sont disponibles pour vous aider et vous accompagner dans votre démarche. Le Planning Familial est une association qui offre des informations, des conseils et un soutien aux femmes confrontées à une grossesse non prévue. Le numéro vert national « IVG, contraception, sexualités » est également une source d'informations et d'écoute.

L'importance d'un suivi psychologique

Une IVG peut avoir des conséquences psychologiques importantes. Il est important de bénéficier d'un suivi psychologique pour faire face aux émotions et aux difficultés qui peuvent survenir. N'hésitez pas à consulter un psychologue ou un conseiller pour obtenir un soutien adapté.

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IVG : Aspects légaux et médicaux

L'IVG en France : un droit

En France, l'IVG est un droit pour toutes les femmes, majeures comme mineures. Elle est remboursée par la sécurité sociale. Les mineures peuvent avorter sans l'autorisation de leurs parents, à condition d'être accompagnées d'une personne majeure de leur choix et de réaliser un entretien psychosocial préalable.

Les différentes méthodes d'IVG

Il existe deux méthodes d'IVG :

  • L'IVG médicamenteuse : elle peut être pratiquée jusqu'à 7 semaines de grossesse (9 semaines d'aménorrhée) en cabinet médical ou en centre de planification, et jusqu'à 9 semaines de grossesse en établissement de santé. Elle consiste en la prise de deux médicaments qui provoquent l'arrêt de la grossesse et l'expulsion de l'embryon.
  • L'IVG chirurgicale : elle est pratiquée en établissement de santé jusqu'à 14 semaines de grossesse (16 semaines d'aménorrhée). Elle consiste en une aspiration de l'embryon sous anesthésie locale ou générale.

L'Interruption Médicale de Grossesse (IMG)

Il existe aussi l’IMG, l’Interruption Médicale de Grossesse. Elle est envisagée lorsque l’embryon ou le fœtus présente une maladie ou une malformation grave, ou encore si la santé (physique ou psycho-sociale) ou la vie de la mère/personne est mise en danger si la grossesse se poursuit.

Idées reçues sur l'IVG

Depuis toujours l'avortement s'accompagne de fausses idées qui répètent notamment que les grossesses non désirées sont la faute des femmes, que certain avortement sont "de confort", qu'autoriser l'IVG va faire exploser le nombre d'interventions…

Témoignages et conseils

L'importance du soutien de l'entourage en cas d'IMG

Le support de l’entourage est très important pour la mère autant que pour le père. Mais comment les aider en évitant les maladresses qui risqueraient de les blesser davantage? Votre amie a, avant tout, perdu un enfant. Elle a besoin de pleurer ; elle a envie d’en parler, ou pas ; elle a aussi besoin d’être confortée dans son choix, parce qu’elle se sent coupable. Dites lui que son choix est bon parce que c’est elle qui l’a fait, avec le père, à un moment donné, dans un contexte donné, en cherchant ce qu’il y avait de mieux pour leur enfant et leur famille.

Les pères et l'IMG

Au moment de l’IMG, le père est très seul avec sa souffrance, même s’il est associé à la décision, même si dans la plupart des cas il peut dormir à la maternité avec la maman la veille de l’IMG et assister à l’accouchement. L’entourage est centré sur la maman, sur sa souffrance, sa tristesse, sa fatigue. Le père, lui, doit être l’homme fort qui soutient sa femme, gère les enfants pour la soulager. Rares sont les personnes qui lui demandent comment il va, lui, en lui offrant ainsi un espace de parole pour exprimer sa tristesse de père. Ce n’est pas parce qu’il ne portait pas cet enfant dans son ventre qu’il n’a pas perdu un bébé, et à ce titre-là il a également un deuil à faire.

Les maladresses à éviter

Certaines phrases sont absolument terribles à entendre par les parents : « vous en aurez d’autres, vous êtes jeunes », « vous en avez déjà 2 en bonne santé », « si j’étais vous, je ferais pareil », etc. Parler d’une grossesse future est également maladroit…. Les parents ne peuvent pas se projeter dans une autre grossesse (même s’ils en rêvent tous, je crois).

Se créer des souvenirs

Les spécialistes de l’Association Petite Emilie recommandent aux couples de garder des souvenirs du bébé (photos, bracelet, fêter les anniversaires…). Toute l’histoire de cet enfant se joue au moment de l’IMG. Se créer des souvenirs de cet enfant permet de l’ancrer dans l’histoire, de lui faire une vraie place dans l’histoire familiale. Prendre des photos après la naissance, garder son bracelet de naissance, demander que soient faites des empreintes de ses mains, de ses pieds, récupérer une mèche de cheveux, toutes cette petites choses permettront d’avoir des souvenirs tangibles du passage de leur enfant.

L'importance de parler de l'enfant

Éviter de parler de ce bébé est l’attitude naturelle de l’entourage pour épargner le couple. Mais ce bébé a existé, il a une histoire, il fait partie de l’histoire de la famille, il a sa place dans une fratrie. Les parents ont besoin de parler de leur enfant pour continuer à le faire exister, pour qu’on ne l’oublie pas. Ne pas parler de cet enfant, c’est l’oublier, c’est considérer qu’on est passé à autre chose.

Les dates importantes

Certaines dates sont importantes après l’IMG. Les dates anniversaires (1 mois après, 2, 3 etc., la DPA (date prévue d’accouchement qui est un cap important pour certains parents avant d’envisager une nouvelle grossesse), et chaque anniversaire. Se montrer ouvert à écouter les parents parler de leur enfant est très important pour eux, qu’ils en aient envie ou pas.

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