La colique néphrétique est un syndrome douloureux aigu, souvent décrit comme une douleur "extrêmement violente", affectant chaque année environ 150 000 Français. Elle résulte d'une distension brutale des voies urinaires supérieures, généralement causée par une obstruction. Bien que les calculs rénaux soient la cause la plus fréquente, il est important de considérer d'autres étiologies, notamment les tumeurs. Cet article explore le lien entre la colique néphrétique et le cancer, en abordant les causes, le diagnostic, le traitement et la prévention.
Qu'est-ce que la Colique Néphrétique ?
La colique néphrétique aiguë se manifeste par une douleur lombo-abdominale intense, consécutive à une mise en tension soudaine de la voie excrétrice du haut appareil urinaire, en amont d'une obstruction. Cette obstruction peut avoir diverses origines. Dans la majorité des cas, elle est due à la présence d'un calcul urinaire (lithiase rénale) qui se coince dans l'uretère, le conduit reliant le rein à la vessie. Cela entraîne une augmentation brutale de la pression en amont de l'uretère et au niveau du rein.
Il est important de noter que dans environ 20 % des cas, la colique néphrétique n'est pas liée à un calcul. On parle alors de colique non lithiasique. Dans ces situations, l'obstruction peut être due à une anomalie de la paroi urétérale, telle qu'un rétrécissement ou une tumeur.
Le symptôme principal est une douleur intense d'apparition brutale. Elle prend naissance au niveau lombaire, du côté du rein touché, et irradie vers le ventre, l’aine et les organes génitaux. Exceptionnellement, la colique néphrétique peut se compliquer en pyélonéphrite (infection du rein). Le patient présente alors de la fièvre.
Diagnostic de la Colique Néphrétique
Le diagnostic repose principalement sur la clinique, c'est-à-dire sur la présence des symptômes caractéristiques. Une échographie permet de visualiser et mesurer le calcul et la dilatation de l’uretère et du rein. On peut aussi avoir recours à la radiographie pour mettre en évidence un calcul que l’on sait radio-opaque (c’est-à-dire visible à la radiographie. En fonction de leur nature, ils ne le sont pas tous).
Lire aussi: Kiwi et Allaitement : Ce qu'il faut savoir
Colique Néphrétique et Cancer : Un Lien à Considérer
Bien que les calculs rénaux soient la cause la plus fréquente de colique néphrétique, il est crucial de considérer le cancer comme une étiologie possible, bien que moins fréquente. Une tumeur, qu'elle soit située dans le rein ou à proximité de l'uretère, peut comprimer ce dernier et provoquer une obstruction, entraînant ainsi une colique néphrétique.
Les cancers responsables de colique néphrétique peuvent inclure:
- Cancers du rein: Les cancers du rein se développent presque toujours à partir de cellules du rein. On parle alors de carcinome à cellules rénales (CCR). Plusieurs formes de CCR existent. Celle qui est de loin la plus fréquente (75 à 80 % des cas) est le CCR à cellules claires.
- Tumeurs de l'uretère: Une tumeur interne aux reins ou un cancer compressant l'uretère.
Il est important de noter que les cancers du rein restent longtemps asymptomatiques. Toutefois, des symptômes non spécifiques de la maladie peuvent être ressentis par les patients. Il peut s'agir de douleurs lombaires (mal de dos), souvent localisées dans un flanc. C'est pourquoi, en cas de colique néphrétique non lithiasique, des examens complémentaires doivent être réalisés pour exclure une cause tumorale.
Diagnostic du Cancer du Rein
Le diagnostic de cancer du rein repose essentiellement sur des examens d’imagerie médicale. Le premier examen réalisé est généralement une échographie rénale. L’examen est totalement indolore. Il permet de visualiser les tumeurs, d’apprécier leur taille et leur localisation. Le scanner (ou tomodensitométrie) et l’IRM permettent d’obtenir des images plus précises. Ces examens durent 15 à 45 minutes. Ils ne sont pas douloureux mais peuvent être stressants. Ils sont réalisés après injection d’un produit de contraste qui facilite la détection des tumeurs et des vaisseaux sanguins qui les irriguent.
Traitement de la Colique Néphrétique et du Cancer
Le traitement de la colique néphrétique vise en premier lieu à soulager la douleur. Des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont généralement prescrits. Il est demandé au patient de conserver ses urines et de les filtrer avec un filtre à café afin de recueillir le calcul expulsé. À savoir ! Les AINS sont contre-indiqués pendant la grossesse.
Si la colique néphrétique est due à un calcul, plusieurs options thérapeutiques sont possibles pour éliminer le calcul :
Lire aussi: Astuces anti-coliques
- Évacuation spontanée: Les calculs de petite taille (moins de 4 mm) peuvent être évacués spontanément par les voies naturelles.
- Lithotritie extracorporelle: Ce traitement consiste à envoyer vers le calcul des ondes de choc qui sont produites par un générateur à l’extérieur du patient. Le patient est allongé sur une table d’opération. On repère grâce à une radiographie ou à une échographie la position du calcul. À savoir ! La séance de lithotritie extracorporelle se déroule en milieu hospitalier sur une journée. Le patient reçoit des calmants contre la douleur, puis le calcul est repéré par rayon X. La tête de traitement est installée au contact de la peau. Les ondes de choc sont ressenties comme des sortes de « claques » ; la douleur est généralement tolérable.
- Urétéroscopie avec fragmentation du calcul au Laser: Elle consiste à faire passer une caméra miniaturisée dans la voie urinaire jusqu’à arriver au contact direct du calcul.
- Traitement chirurgical: S'il est déjà trop épais (plus de 6 mm), un médecin pourra le retirer grâce à faisceau d'ultrasons, le plus souvent introduit par les voies urinaires. Le soulagement est immédiat.
Si la colique néphrétique est due à une tumeur, le traitement dépendra du type, du stade et de la localisation de la tumeur, ainsi que de l'état général du patient.
Les options thérapeutiques pour le cancer du rein peuvent inclure:
- Chirurgie: Selon les caractéristiques de la tumeur (en particulier sa taille) et l’état général du patient, les médecins choisiront de retirer l’ensemble du rein malade ou seulement la partie du rein où se situe la tumeur. La néphrectomie radicale permet de guérir 90 % des cancers du rein localisés. Elle est parfois appelée néphrectomie élargie car, en plus du rein malade, le chirurgien va retirer les tissus graisseux qui entourent l’organe. La néphrectomie partielle permet au patient de conserver une partie du rein malade. C’est un avantage certain lorsque les deux reins sont touchés ou lorsque le patient n’a qu’un seul rein. Les néphrectomies peuvent être réalisées classiquement après avoir pratiqué une large incision dans l’abdomen ou le dos du patient. Mais, de plus en plus souvent, les chirurgiens utilisent la cœlioscopie. Cette méthode est moins invasive puisque des instruments miniaturisés sont introduits par de très petites incisions. Elle permet de raccourcir la convalescence des malades. Dans le cas de la chirurgie du rein, la cœlioscopie peut être réalisée par voie transpéritonéale, c’est-à-dire en passant par l’abdomen, ou bien par voie rétropéritonéale, en passant par le dos. La durée de l'intervention (de 2 à 6 heures) dépend du type de chirurgie réalisée, de sa difficulté et de la technique employée. A l’issue de l’intervention, le patient reste sous surveillance intensive car la chirurgie du rein peut entraîner des saignements importants, nécessitant une transfusion.
- Techniques alternatives de destruction tumorale: Au côté de la chirurgie, il existe des techniques alternatives permettant de détruire une tumeur rénale. Plusieurs techniques permettent de détruire une tumeur par la chaleur. La première passe par l’utilisation de radiofréquences (RFA), des ondes électromagnétiques similaires aux micro-ondes. En pratique, le médecin place une aiguille dans la tumeur en passant à travers la peau. Cette aiguille permet de conduire les radiofréquences jusqu’à la tumeur et de la brûler. Une seconde méthode de thermo-ablation des tumeurs utilise des ultrasons focalisés. La cryothérapie est, quant à elle, la méthode qui permet de détruire les tumeurs par le froid. Elle passe par la mise en place d’une sonde (à travers la peau) permettant de conduire un gaz très froid dans la tumeur. Des cycles de congélation rapide/décongélation entraînent la mort des cellules tumorales.
- Traitements ciblés: Les cancers évolués présentant déjà des métastases ont longtemps été de mauvais pronostic car ils répondent mal à la radiothérapie et à la chimiothérapie classique. Jusque récemment, le seul traitement disponible consistait à booster le système immunitaire des malades à l’aide de molécules nommées interférons. L’efficacité de cette approche était médiocre et ses effets secondaires importants. Ces derniers vont agir spécifiquement sur les tumeurs ou leur environnement. Dans le cas des cancers du rein, il existe notamment des traitements ciblés dit anti-angiogéniques. Ces médicaments vont s’attaquer aux cellules des vaisseaux qui irriguent les tumeurs. Les vaisseaux en question sont nécessaires à l’approvisionnement des cellules tumorales en oxygène et en nutriment. Les traitements anti-angiogéniques agissent donc en asphyxiant et en affamant les tumeurs.
- Immunothérapie:
Une surveillance médicale rapprochée est toutefois indispensable à l’issue du traitement d’un cancer du rein, y compris pour les patients opérés d’une tumeur localisée bien délimitée. Des examens d’imagerie médicale (échographie et scanner) sont réalisés régulièrement pendant 10 à 15 ans. Ils sont réalisés tous les 3 à 6 mois pendant les cinq premières années, quand le risque de récidive est maximal, puis de manière de plus en plus espacée. Si ces examens indiquent la possibilité d’une récidive, des examens complémentaires sont demandés : dosages des marqueurs sanguins, radiographie du thorax, scanner, scintigraphie osseuse.
Prévention
Il faut savoir que les coliques néphrétiques ont tendance à récidiver. On estime que la moitié des personnes ayant souffert de cette affection récidive dans les 5 ans. Une des précautions principales est de boire suffisamment, au moins 2 litres d’eau par jour. Cela permet de diluer les urines, et, ainsi, de diminuer la concentration en sels minéraux. Il faut privilégier l’eau comme boisson et ne pas oublier de boire avant le coucher. La prévention passe également par l’alimentation.
Pour éviter une récidive, il convient de :
- Boire un peu plus qu'en temps normal, environ deux litres d'eau par jour.
- Adopter une alimentation équilibrée, en évitant d'absorber trop de protéines d'origine animale.
Les causes sont variées. Il existe souvent une prédisposition familiale à la survenue de lithiase urinaire : les personnes qui ont des taux sanguins d'acide urique élevés (celles qui sont prédisposées aux crises de goutte) ont un risque plus important de connaître ce problème. Chez les personnes qui ont un terrain propice, une hydratation insuffisante et un régime alimentaire riche en protéines et en sel favorise la formation de calculs urinaires. Certains médicaments peuvent induire la formation de cristaux ou bien cristalliser eux-mêmes lors de leur élimination par les reins. Les deux principaux médicaments responsables de lithiases urinaires sont la sulfadiazine (ADIAZINE) et un antirétroviral, l'indinavir (CRIVIXAN).
En ce qui concerne le cancer du rein, il n'existe pas de mesures de prévention spécifiques, mais il est recommandé d'adopter un mode de vie sain, notamment en arrêtant de fumer. Le tabagisme est un facteur de risque de cancer du rein reconnu. Si les formes familiales de cancer du rein sont rares (environ 1 % des carcinomes rénaux), il existe des facteurs de risque héréditaires associés à la maladie. Le plus répandu correspond à une anomalie génétique transmissible, connue pour provoquer la maladie de Von Hippel-Lindau. Les cancers du rein ne peuvent être évités dans leur immense majorité. De même, les cancers d'origine professionnelle ne devraient plus exister : des mesures de prévention efficaces sont possibles (utilisation de produits de remplacement non toxiques, contrôle des expositions aux cancérigènes, formation des salariés…). Vous devez tout faire pour arrêter. - parlez-en avec votre médecin : c'est une véritable urgence de tout mettre en place pour vous arrêter de fumer.
Lire aussi: Traitement de la diverticulite
Toxicité Rénale des Traitements Anticancéreux
Il est important de noter que les traitements anticancéreux peuvent avoir une toxicité rénale. La toxicité rénale représente, pour les médicaments anticancéreux, un problème important qui sera pris en charge par votre oncologue. Les problèmes rénaux sont liés à la fois à la toxicité de certaines chimiothérapies anticancéreuses et à la maladie elle-même. Le cisplatine est filtré librement par le glomérule en raison de son faible poids moléculaire et à son absence de charge. Il a été démontré que les cellules épithéliales du tubule proximal peuvent accumuler le cisplatine jusqu’à 5 fois le niveau sérique grâce en partie à un processus de transport actif. Elle est pratiquement systématique et survient chez environ 30 % des patients traités avec une seule dose de cisplatine. Une insuffisance rénale soit rapidement progressive soit évoluant sur un mode plus insidieux sur plusieurs mois. Une tubulopathie c'est une atteinte spécifique des tubules rénaux . Elle se manifeste par une fuite urinaire de magnésium qui survient dans un grand nombre de patients. Il peut s’y associer une hypokaliémie et une hypocalcémie . SA PRÉVENTION… L’augmentation du débit urinaire cependant, ne prévient pas directement la captation tubulaire du médicament. Des pertes en magnésium et en potassium doivent être anticipées et prévenues dans la compensation. L’utilisation d’un autre dérivé du platine, comme le carboplatine qui à une tolérance rénale meilleure, peut être une alternative dans certaines situations. Buvez suffisamment, de 1,5 à 2 litres de liquide par jour car ils diluent l'urine et diminuent en retour le risque de cystite. Contrôlez la couleur de vos urines. Si elles sont troubles, cela peut indiquer une infection urinaire. Si elles sont rouges, cela peut être une hémorragie (hématurie)… Ce syndrome s'observe dans de nombreuses hémopathies malignes mais avec une incidence différente selon les maladies. Les leucémies aiguës lymphoblastiques et les lymphomes malins non hodgkiniens de haut grade de malignité représentent les hémopathies où le risque est le plus élevé. L’hyperhydratation (3 L/m²) est à la base de la prévention et du traitement.
tags: #colique #néphrétique #et #cancer #lien
