Les problèmes de couple sont devenus monnaie courante de nos jours, conduisant à des séparations fréquentes. Face à ce phénomène, le métier de coach en relations matrimoniales s'est popularisé. Parmi ces figures émergentes, Assemien Hamond Chimène, plus connue sous le nom de Hamond Chic, s'est imposée comme une influenceuse incontournable.

Une influenceuse ivoirienne résidant en France

Considérée par beaucoup comme une femme célibataire, la séduisante coach ivoirienne est en réalité l’épouse d’un homme comblé, M. Komedja, depuis 16 ans. Hamond Chic lui a donné deux magnifiques enfants avec qui elle partage sa résidence en France depuis 2002. Elle s’est bâti depuis 2018 une réputation sur la toile faisant d’elle une icône incontournable dans le milieu des influenceurs ivoiriens de la diaspora.

Révolution du coaching en relations matrimoniales

Hamond Chic a révolutionné le métier de coach en relation matrimoniale et a pris le pouvoir. Elle est récemment venue en Afrique pour une série de conférences et d’échanges sous invitation de ses caviars. La « femme caviar », comme on l’appelle, est devenue une référence pour beaucoup de jeunes aujourd’hui, surtout les jeunes femmes.

Une approche originale et un langage familier

Elle a créé plusieurs rubriques comme « Allo c’est pour poser question ? », « Allo je suis yougoss sortez-moi de là », elle aborde chaque semaine un thème pour être plus proche de sa communauté dont l’audience est devenue explosive grâce à ses slogans originaux « ça crépite, ça crépite, ça crépita », « la djonssance », « le framponnement », telles sont les expressions puisées du langage familier ivoirien, appréciées de ses auditeurs qu’elle utilise pour faire monter l’adrénaline quand les situations exposées par ses derniers sont drôles. Ainsi, avec humours et préconisations, elle apporte de l'assistance aux uns et aux autres.

Promotion de marques et publicité

Aujourd’hui, elle fait la promotion des boutiques et produits de beauté qui lui sont confiés dans ses directs dont « Skin Technologie by Latania », « Parnell by Latania ». L’on comprend aisément son ascension et sa notoriété. Comme une vitrine virtuelle elle fait de la publicité autrement.

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Polémiques et excuses publiques

Au cours d’un numéro de l’émission Allô Caviar, un téléspectateur a livré une information qui a créé un but sur les réseaux sociaux. En effet, l’individu qui appelait pour poser une question a cherché à savoir si une rumeur à propos de coach Hamond Chic est fondée. L’animatrice de l’émission en vogue de Life TV a tant bien que mal réussi à garder son calme devant les propos de son interlocuteur. Cela n’a pas empêché les internautes de tirer à boulets rouges sur le mari de coach Hamond Chic Caviar. Visiblement touchée par ces attaques, la Caviar a tenu à présenter ses excuses à son conjoint. « Papa caviar, mon époux, avec mes caviars, j’aimerais te présenter mes excuses, tu as épousé une femme normale et aujourd’hui je suis devenue populaire ce qui permet à n’importe qui de te manquer de respect.

Vie personnelle et famille

Assemien Hamond Chimène, coach Hamond chic est mariée à M Komedja depuis 16 ans maintenant et a deux enfants dont un garçon et une fille. Elle est ivoirienne et chrétienne catholique.

Le lexique propre à Hamond Chic

La coach Champagne a tout un lexique propre à elle dont voici quelques expressions et leurs définitions. Caviar, pour une personne précieuse, respectable qui connaît les bonnes moeurs. Yougoss, pour une vile personne, fainéante et qui ne veut pas améliorer sa condition de vie.

Le Syndicat des hommes et la misogynie en ligne

L’article s’intéresse aux pratiques déployées par le « Syndicat des hommes », cette corporation présente dans la quasi-totalité des mondes digitaux d’Afrique de l’Ouest et centrale francophone. En analysant le discours du Syndicat, on voit émerger plusieurs stratégies rhétoriques telles que « la quête de justice pour les hommes », le « procès moral des femmes » et l’accentuation d’une « guerres des sexes ». Nous explorons l’idée du Syndicat comme expression d’une « misogynie en ligne », concept qui analyse les manifestations de l’hostilité contre les femmes sur Internet. Les femmes sont un sujet de discussion et de préoccupation majeur sur tous les sites étudiés, et elles y sont généralement caractérisées comme « immorales », « cupides », « calculatrices », « immatures », « prostituées », « irresponsables » et indignes de la confiance des hommes. Selon le Syndicat, les vraies victimes seraient les hommes, obligés de payer perpétuellement des femmes pour tous les services (sexuels) qui seraient, dans les propos de jeunes informateurs, « les maîtresses du jeu ». Le Syndicat 237, une des pages camerounaises créée en décembre 2020, publie régulièrement des « avis de recherche » accompagnés de photographies détournées de femmes « recherchées » pour « escroquerie » avec la mention « max de partages », sans que la véracité de ces faits ne soit prouvée. La stratégie permet pourtant de donner un visage au procès intenté contre les femmes. Sur les pages et sites de syndicalistes d’un pays à l’autre, les messages réduisent les femmes à des objets et à des marchandises à utiliser dont il faut plafonner le prix des services. L’ensemble des sites Web du Syndicat créent un discours présentant les femmes comme des créatures répugnantes tout en les convoitant comme des objets à maîtriser et à asservir.

L'argent et la guerre des sexes

L’« affaire du Syndicat » réactualise ainsi un débat ancien sur la dimension morale de l’argent dans les rapports de couple. Plusieurs études vont jusqu’à présenter l’argent comme une arme dans la « guerre des sexes ». Cette expression fut introduite dans les années 1970 dans un travail sur les tensions générées par des attentes antagonistes au moment où la circulation de l’argent reconfigurait les normes de couple en Côte d’Ivoire. Un débat largement repopularisé au cours de la dernière décennie sous les termes de ce que certaines voix sur Internet qualifient de « devoir de réparation envers les femmes pour l’usage sexuel de leur corps ». Une partie essentielle du débat entretenu par les influenceuses et Coaches de femmes sur la toile tourne en effet autour de cet enjeu : les femmes doivent-elles être entretenues, c’est-à-dire payées pour « leurs services » auprès des hommes y compris ici dans le cadre d’un couple et donc d’une communauté de vie ? La réponse du Syndicat des hommes d’un pays à l’autre est résumée par ce qui est devenu son slogan officiel « pas plus de 2 000 francs CFA », c’est-à-dire que l’ensemble des dépenses pour les femmes ne doit pas dépasser cette somme, soit environ 3 euros. Parallèlement, les femmes ont pris une place toujours plus grande dans l’économie des ménages en étant employées, cheffes de famille, ou entrepreneuses. Elles sont aussi très présentes sur les réseaux sociaux renforçant des attitudes réactionnaires, et le discours moral et politique à leur encontre.

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Les stratégies rhétoriques du Syndicat des hommes

Les productions stéréotypées sur Youtube servent à maintenir un rapport de force favorable aux hommes en usant de l’argent comme outil de domination. Une page du Syndicat de République démocratique du Congo plaide en faveur de ce que l’on pourrait nommer « les devoirs sexuels des femmes » et rappelle aux femmes leur devoir de se soumettre. On peut avancer l’hypothèse que ces stratégies rhétoriques constituent une modalité en ligne de la dénonciation de la visibilité des femmes, conceptualisée en sciences sociales sous le concept de backlash. Ces vieux mythes sont effectivement repris par le Syndicat.

L'agentivité des femmes et la réaction masculine

En appliquant une lentille postcoloniale féministe et intersectionnelle à des travaux empiriques menés à Zanzibar, Tembi Much a examiné dans quelle mesure les « nouveaux » médias modifient l’équilibre du pouvoir en faveur des consommatrices de médias dans les formations et itérations de leur propre agentivité (capacité d’agir sur son contexte social économique, politique). Son analyse montre que les nouveaux médias changent la nature d’agentivité des femmes « ordinaires » et leur permettent d’adopter de nouvelles façons de communiquer entre elles et de négocier les espaces extérieurs. Cela relance par conséquent le sentiment de dépossession des hommes jeunes, surtout dans des contextes urbains où le chômage fait peser un sentiment de vulnérabilité forte. Face aux influenceuses, par exemple, l’on retrouve la même mécanique de diabolisation qui mêle des attaques contre leur engagement public, la convocation d’arguments sur leur moralité et un appel constant à l’exclusion. Pour comprendre l’animosité envers leur présence, il faut analyser leurs trajectoires sociales. Les deux influenceuses camerounaises ont, par exemple, été accusées régulièrement de « prostitution ». La réinvention de la rhétorique contre les femmes prend place dans un contexte où ces dernières s’affirment de plus en plus en ligne, en se réappropriant les codes du patriarcat. Parmi ces codes, : l’exposition de la richesse personnelle accumulée.

Typologie des codes de la misogynie en ligne

Dans la rhétorique contre les « influenceuses » sur Internet, on peut établir une typologie des codes formes d’expression de la misogynie : certaines portent le signe du sentiment de « déclin des masculinités » ; vient ensuite le modèle anti-impérialiste ; et enfin l’antiféminisme proprement dit. Ces catégories se confondent souvent dans les discours sur les plateformes. Les anti-impérialistes se manifestent lorsque la visibilité des « influenceuses » est forte et liée à des polémiques à caractère sexuel.

Conclusion : La lutte sociale et la guerre des sexes 2.0

Cet article a analysé les pratiques rhétoriques déployées par le Syndicat contre les femmes au sein de ses différentes corporations et collectifs, puis de réfléchir plus largement au rôle joué par une telle mobilisation numérique dans la lutte sociale pour contrer la visibilité des femmes et contenir leur influence. Il apparaît que les pratiques discursives du Syndicat sont idéologiquement orientées dans leurs tentatives de donner un sens à des réalités complexes qu’ils interprètent comme étant largement préjudiciables aux hommes. Ils véhiculent « des modèles culturels simplifiés à l’extrême du monde social, notamment en occultant les multiples objectifs d’égalité inhérents au féminisme ». Les compétences à utiliser les potentialités offertes par les RSN des jeunes hommes qui s’initient ainsi à l’action contre les femmes a favorisé le développement d’une culture du patriarcat et de la misogynie sur les nouvelles plateformes de communication. Faisant cause commune en dépit de leurs orientations variées (frustrés de la situation économique, anti-impérialistes, antiféministes, porteurs du sentiment de déclin des masculinités), le Syndicat et ses collectifs affiliés contribuent à faire de la défense des hommes un mot d’ordre pour mobiliser en vue d’une guerre des sexes 2.0.

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