Le cytomégalovirus (CMV) est un virus très répandu, touchant environ 60 % de la population. La plupart des infections passent inaperçues, mais une infection contractée pendant la grossesse peut avoir des conséquences graves pour le bébé. Cet article vise à informer sur le CMV, ses risques pendant la grossesse, les moyens de prévention et les options de gestion disponibles.

Qu'est-ce que le Cytomégalovirus (CMV) ?

Le CMV est un virus de la famille des Herpesviridae, cousin de l’herpès simplex et de la varicelle/zona. Il est très contagieux et se transmet par contact direct avec les fluides corporels infectés, tels que la salive, l’urine, le sang, les larmes, le sperme et le lait maternel. Les enfants de moins de 3 ans sont souvent porteurs du virus dans leurs sécrétions, même sans être malades. Une fois contaminé, on ne se débarrasse jamais du CMV, car il peut donner des récurrences et des réinfections quand une nouvelle souche du virus apparaît.

Le CMV : Un Virus Généralement Anodin, Mais Risqué Pendant la Grossesse

Dans la majorité des cas (9/10), l'infection au CMV est inapparente. Les personnes malades peuvent présenter une pharyngite avec asthénie (grande fatigue physique), des céphalées et courbatures, un peu comme un syndrome grippal, plus rarement une pneumopathie ou des atteintes neurologiques. Bien que généralement sans conséquence chez les enfants et les adultes, le CMV peut être préjudiciable pour les personnes immuno-déprimées et les enfants à naître, surtout si la future mère contracte le virus au cours du premier trimestre de grossesse.

Si la femme enceinte contracte le virus pour la première fois pendant la grossesse, l'infection peut s'avérer dangereuse pour son bébé. Dans 40 % des cas, le fœtus sera touché. Les conséquences du CMV varient d'une famille à l'autre : retards intellectuels et moteurs, séquelles sensorielles (visuelles et auditives). Plus l'infection a lieu tôt durant la grossesse, plus ces séquelles sont potentiellement graves. Il est important de noter que les séquelles du CMV ne se manifestent pas toujours immédiatement.

Dépistage et Diagnostic du CMV

L'infection au CMV ne fait pas l'objet d'un dépistage systématique, ni pour la population générale, ni même pour les populations à risque (personnel féminin de crèche en âge d'avoir des enfants…). L'idéal est de dépister les patientes séronégatives avant leur grossesse, afin de leur conseiller les mesures de prévention adéquates.

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Aujourd'hui, l'infection à CMV peut être détectée grâce à un test sanguin qui mesure le taux d'anticorps anti-CMV dans le sang maternel. Mais ce test ne permet pas de déterminer précisément la date de l'affection. Votre médecin peut être amené à rechercher une infection à CMV, en raison d'une fièvre ou une grosse fatigue, lorsqu'il y a une infection à CMV dans l'entourage ou lorsqu'il observe des anomalies échographiques.

Si la prise de sang montre une infection CMV récente, une amniocentèse peut être réalisée. S'il n'y a pas de CMV dans le liquide amniotique, la maman peut être rassurée. Si le virus est détecté, elle sera étroitement suivie par une équipe de médecine fœtale. Des échographies mensuelles seront alors réalisées pour détecter d'éventuelles anomalies cérébrales. En l'absence d'anomalies, la grossesse se poursuit normalement.

Conséquences de l'Infection au CMV sur le Fœtus

Les bébés exposés au CMV pendant la grossesse ont un risque d’être atteints d’un retard intellectuel et de déficit auditif (surdité partielle ou totale). Cela dit, 90 % des fœtus ayant été en contact avec le CMV in utero seront asymptomatiques, et 10 % auront des symptômes, la majorité étant des atteintes auditives sur le long terme. En cas de transmission maternofœtale avérée, le pronostic pour l’enfant à naître sera discuté avec les parents en fonction notamment des signes en imagerie prénatale.

Les conséquences de la rubéole sur le foetus dépendent du stade de la grossesse. Pendant le premier trimestre, la contamination fœtale est quasi-systématique et entraîne des risques importants de fausse couche ou de malformations. Le maximum de gravité se situe entre 8 et 11 semaines d'aménorrhée (SA), avec atteintes cardiaques, oculaires (essentiellement cataracte), de l'oreille interne et cérébrales (microcéphalie ou petite tête, retard mental). Après 12 SA, l'atteinte ne se produit plus que dans 35% des cas et est essentiellement auditive (surdité).

Prévention du CMV : Les Gestes Essentiels

Face à un virus sans symptôme ou presque, impossible de procéder à l’éviction d’un enfant malade. La solution la plus efficace contre le CMV : la prévention pour éviter la contagion. D’autant plus que le cytomégalovirus « est assez fragile. Il est détruit par la chaleur et les produits désinfectants habituels comme l’eau de Javel, le savon et les solutions hydro-alcooliques », précise le Dr. Werner.

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Voici les bons gestes à adopter :

  • Se laver systématiquement les mains, notamment après chaque change et pendant la préparation et le rangement des repas.
  • Nettoyer régulièrement les jouets et autres objets que les enfants prennent en bouche… et que le personnel en contact avec les enfants prend en main, à commencer par les smartphones.
  • Eviter d’échanger ou de réutiliser les couverts et les verres, les affaires de toilettes.
  • Eviter les contacts buccaux avec les larmes, la salive des enfants en garde.
  • Echanger avec les parents sur les bons gestes à adopter à la maison, surtout en cas de nouvelle grossesse (éviter les baisers sur la bouche, etc.).
  • Pour les personnes ayant un projet de maternité ou pour les femmes enceintes encore en activité, aborder au plus tôt la question d’une éventuelle exposition au cytomégalovirus avec son praticien. Une sérologie (prise de sang) pourra être réalisée, dans certains cas, pour déterminer si la patiente a déjà été infectée par le CMV.

Traitement du CMV : Où en Sommes-Nous ?

En France, on ne dépiste généralement une maladie infectieuse que lorsqu’on a un traitement efficace et sûr. Aussi, puisque jusqu’ici il n’existait pas de traitement digne de ce nom contre l’infection au CMV, les autorités estimaient qu’il n’était pas judicieux de dépister de manière systématique. Seules les futures mamans considérées et identifiées comme à risque (enfants en bas âge, travail en crèche, maternité, école maternelle etc.) avaient un dépistage systématique en début de grossesse, au premier trimestre.

En 2020, un essai a fait état de l’efficacité d’un médicament, le valaciclovir, un antiviral puissant, en traitement des primo-infections de la mère en début de grossesse. Aussi, dans un avis publié en octobre 2024, l’Académie de médecine s’est dite en faveur d’un dépistage systématique, du fait de ces nouvelles données au sujet du valaciclovir, traitement préventif qui diminue le risque qu’une femme enceinte infectée ne transmette le virus au fœtus.

Le Haut Conseil de la Santé Publique a, de son côté, renouvelé un avis défavorable en février 2024 concernant le dépistage systématique du CMV pendant la grossesse. Il estime qu’une « généralisation du dépistage ne peut être envisagée étant donné les inconnues sur l’efficacité et les risques d’un traitement prolongé à forte dose par valaciclovir sur le devenir du fœtus.

Actuellement, il n’y a pas consensus entre les différentes instances et sociétés savantes quant au dépistage à mettre en place.

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Infections Similaires et Prévention

Il est également important de connaître d'autres infections qui peuvent être dangereuses pendant la grossesse et de prendre des mesures préventives :

  • Toxoplasmose : Le chat s'infeste en mangeant des souris ou des oiseaux contaminés. L’homme s'infecte donc en mangeant des légumes souillés, de la viande infectée mal cuite ou en ayant des parasites sur les doigts (après avoir manipulé de la viande crue, jardiné sans gants ou été en contact avec des excréments de chat). Il faut se laver soigneusement les mains après un contact avec un chat ou tout ce qui a pu être contaminé par ses excréments (litière).
  • Listériose : La listériose est due à une bactérie, Listeria monocytogenes, présente dans la terre, dans l'eau et sur les végétaux. La prévention se fait à deux niveaux : contrôle sanitaire stricte et respecter les règles d'hygiène alimentaire.
  • Varicelle : Il faut éviter de fréquenter les endroits où les enfants sont les plus nombreux (crèches, écoles maternelles et primaires …) et idéalement les enfants de vos amis qui n'ont pas eu la varicelle.
  • Rubéole : Dans le bilan de préparation de la grossesse, votre médecin vérifie systématiquement votre statut vaccinal et vous propose une vaccination ou une revaccination si nécessaire. En cas d'absence d'immunité, la seule prévention est alors l'éviction des personnes ayant la rubéole et ceci pendant toute la durée de la grossesse.
  • Infections Urinaires : La grossesse est un facteur favorisant pour les infections urinaires. La prise de phytothérapie (Canneberge) peut avoir également un effet préventif.

Alimentation et Hygiène de Vie Pendant la Grossesse

Dès le début de votre grossesse, adoptez une alimentation équilibrée et sans alcool (= zéro alcool), sans tabac ni autres drogues. Il a été prouvé que l’apport de folates ( = vitamine B9) en prévention d’une grossesse pouvait réduire les risques de certaines malformations foetales. Une alimentation équilibrée est essentielle pour votre santé et le bon développement de votre bébé. Nettoyez soigneusement les fruits et légumes et faites-les bien cuire.

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