La programmation de l'accouchement, un sujet de discussion croissant dans le domaine de la maternité, suscite des opinions partagées. Cet article explore les différentes facettes de cette pratique, en tenant compte des avis de professionnels de santé et des expériences de patientes, tout en considérant les implications pour les établissements comme la Clinique Léonard-de-Vinci et d'autres maternités.
Le Déclenchement de l'Accouchement : Une Pratique Courante ?
Environ 20 % des accouchements sont concernés par une programmation. Une future maman souhaite parfois fixer la date de la naissance de son enfant. Un moyen pour elle de s'assurer de la présence de son obstétricien, de prévoir la garde des aînés, et de permettre au futur papa de se rendre disponible le jour J. Quant aux équipes médicales, certaines encouragent la programmation de l'accouchement et la proposent systématiquement. Un moyen pour elles de réguler l'emploi du temps des médecins de jour comme de nuit, de désencombrer les salles de travail avec, au final, moins de stress et plus de sécurité.
Avantages Potentiels
- Pour les parents : La programmation offre la possibilité de planifier la venue du bébé, ce qui peut réduire le stress lié à l'incertitude du moment de l'accouchement. Cela permet de s'assurer de la présence de l'obstétricien choisi, d'organiser la garde des autres enfants et de permettre au futur père d'être disponible.
- Pour les équipes médicales : La programmation peut aider à réguler l'emploi du temps des médecins, à optimiser l'utilisation des salles de travail et à réduire le stress global au sein de la maternité.
Inconvénients et Risques
- Risques pour le bébé : Un déclenchement trop précoce, avant 39 semaines d'aménorrhée (soit huit mois et demi de grossesse), peut entraîner une détresse respiratoire chez le nouveau-né en raison de l'immaturité de ses poumons.
- Conditions du col : Le col de l'utérus doit être "favorable", c'est-à-dire ramolli, raccourci et partiellement ouvert. Si ce n'est pas le cas, la dilatation peut être plus lente, le travail plus long, avec un risque accru de recours à des instruments comme le forceps ou de césarienne.
- Douleur accrue : Les contractions induites par un déclenchement peuvent être plus douloureuses que lors d'un accouchement spontané, ce qui peut rendre la péridurale quasiment systématique.
- Interventionnisme médical : Certains professionnels de santé craignent que le déclenchement de convenance ne privilégie le confort des équipes médicales au détriment du bien-être de la mère et du bébé.
Les Méthodes de Déclenchement
À son arrivée à la maternité, la future mère est placée sous monitoring. Les contractions sont alors déclenchées soit par une perfusion d'ocytocines (uniquement lorsque le col est « favorable », après 39 semaines d'aménorrhée), soit par un gel ou un comprimé de prostaglandines, déposé dans le vagin, sur le col de l'utérus. Cette deuxième méthode est pratiquée plus fréquemment lorsque le col n'est pas « favorable » car elle permet également de le faire mûrir. Cette méthode est utilisée par certains médecins et sages-femmes. Il (ou elle) glisse un doigt entre le bord du col et la poche des eaux pour décoller cette dernière (sur quelques centimètres) de la paroi de l'utérus. Ce qui contribue parfois à provoquer des contractions. Ce geste est assez désagréable pour la mère, voire douloureux, et n'est pas efficace à chaque fois.
Opinions des Professionnels de Santé
Pour le déclenchement : l'avis du Dr Philippe Boisselier
Dr Philippe Boisselier, obstétricien à la clinique du Fief de Grimoire, à Poitiers. En fin de grossesse, la plupart des femmes ont déjà des contractions. Elles sont souvent fatiguées et « pressées d’en finir ». Un accouchement programmé, c’est avant tout plus de bien-être et moins de stress. Ces futures mères arrivent détendues à la maternité, rassurées d’avoir leur compagnon à leurs côtés et de savoir leur mère près de leur(s) aîné(s)… Pour certaines, c’est également l’assurance de mettre au monde leur enfant avec « leur » obstétricien. Il y a aussi celles qui habitent à 70, voire 100 kilomètres de la maternité, et ont l’angoisse de ne pas arriver « à temps ». C’est fréquent dans certaines régions, comme en Poitou-Charentes. Je ne propose un accouchement sur rendez-vous à mes patientes que lorsque les conditions idéales sont réunies. Et nous constatons qu’il n’y a, dans ce cas, pas davantage de césariennes ni d’utilisation de forceps que si elles avaient accouché spontanément un peu plus tard. Nous ne faisons que devancer la nature de quelques jours ! Certaines femmes acceptent, d’autres refusent. Il m’arrive aussi de ne pas accéder à leur demande. On reproche souvent au déclenchement de convenance de favoriser avant tout le confort des équipes médicales et l’organisation du service. Dans les maternités comme à la clinique du Fief de Grimoire - 1 500 accouchements par an -, ce bénéfice est secondaire. Nous avons toujours un obstétricien de garde, et un anesthésiste et un pédiatre sont d’astreinte la nuit. En revanche, dans les maternités pratiquant moins d’accouchements et où les gardes se font à domicile, la programmation régule l’activité de l’établissement. Aujourd’hui, la tendance est à la baisse. En 2010, les femmes préfèrent mettre au monde leur enfant « naturellement ». Alors qu’il y a vingt ou trente ans, elles ne juraient que par la péridurale et une certaine médicalisation de leur accouchement. Les modes changent. Programmer une naissance, c’est simplement choisir le moment où les contractions vont démarrer. Ensuite, le travail se déroule exactement de la même manière que s’il était spontané, dans les mêmes conditions de sécurité.
Contre le déclenchement : l'avis du Dr Nathan Wrobel
Dr Nathan Wrobel, obstétricien du Groupe Naissances à la clinique Léonard-de-Vinci, à Paris. Déclencher un accouchement sans raison médicale, c’est peut-être penser au confort des femmes, mais surtout à celui des médecins. J’ai commencé ma carrière dans une maternité qui accueillait 1 500 naissances par an, avec seulement trois accoucheurs. Le rythme était soutenu, nuit et week-end. Pour réguler l’activité de la maternité, nous proposions systématiquement aux femmes un déclenchement. Très vite, nous sommes arrivés à un taux de plus de 60 %. Mais l’insatisfaction des mères grandissait, et elles se plaignaient de l’interventionnisme de l’équipe médicale. Le déclic est arrivé le jour où j’ai eu l’impression d’aller à l’usine quand je me rendais à mon travail ! Je perdais le contact avec les futures mères, le côté humain d’une naissance m’échappait. Ecoute-t-on vraiment ces femmes qui désirent programmer leur accouchement ? Sont-elles prêtes à accueillir leur enfant ? Beaucoup de choses nous échappent encore. Nous ne savons toujours pas, en 2010, pourquoi une femme entre en travail ! Et le bébé, s’en soucie-t-on ? Peut-être a-t-il besoin de passer quelques jours de plus dans le ventre de sa mère… On le force à naître. Il faut aussi savoir que lors d’un déclenchement, les contractions sont plus douloureuses et les femmes « perdent les pédales » plus vite. Par ailleurs, il y a des échecs lorsque les conditions idéales ne sont pas réunies. On observe alors une stagnation de la dilatation, une utilisation plus fréquente des forceps et un taux de césarienne plus élevé. De ces réflexions est né le Groupe Naissances. La philosophie de cette structure, c’est de respecter l’heure du début du travail et sa durée tant que le bébé et sa mère vont bien. Cela dit, je ne suis pas complètement opposé à déclencher un accouchement quand une future mère me le demande. Je n’essaie pas de l’en dissuader, mais je lui demande quel sens elle donne à ce désir.
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La Clinique Léonard-de-Vinci et le Groupe Naissances
La clinique Léonard-de-Vinci, située à Paris, est mentionnée dans le contexte du Groupe Naissances, une association de professionnels de la naissance qui propose un accompagnement individualisé, du début de la grossesse jusqu'après l'accouchement. Ce "suivi global" part du principe que la naissance est un processus physiologique, naturel, sur lequel il convient d'interférer le moins possible.
Le Groupe Naissances : Une Alternative à la Technicisation
Le Groupe Naissances s'est constitué en réaction à la technicisation croissante de la grossesse en France. Ces professionnels, qui ont tous travaillé dans des maternités de grande taille, publiques ou privées, veulent réagir face à ce qu'ils perçoivent comme "une robotisation et un hyper-contrôle" : ils déplorent des accouchements de plus en plus déclenchés, des épisiotomies trop systématiques, un recours fréquent à la césarienne.
Respect du Rythme Naturel
La philosophie du Groupe Naissances est de respecter l'heure du début du travail et sa durée tant que le bébé et sa mère vont bien. L'objectif est d'accompagner les femmes dans la naissance, et non de les faire accoucher, en leur faisant confiance et en leur démontrant qu'elles sont capables de mettre au monde un enfant.
Sécurité et Plateau Technique
Pour les accouchements, le Groupe Naissances bénéficie du plateau technique de la clinique Léonard-de-Vinci. Cela permet d'assurer la sécurité de la mère et du bébé en cas de besoin, tout en respectant leur désir d'une naissance naturelle.
Les Avis des Utilisatrices et les Témoignages
Les forums et les sites d'avis en ligne regorgent de témoignages variés concernant les expériences d'accouchement dans différentes cliniques, y compris la Clinique du Bien Naître (mentionnée comme étant liée à la Clinique Léonard-de-Vinci en raison de travaux). Ces avis sont souvent subjectifs et reflètent des expériences individuelles, mais ils peuvent fournir des informations précieuses pour les futures mamans.
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Clinique du Bien Naître : Expériences Contrastées
Certaines femmes ont exprimé des impressions négatives concernant les tarifs excessifs pratiqués par la Clinique du Bien Naître, soulignant l'importance d'avoir une bonne mutuelle pour éviter des coûts imprévus. D'autres ont critiqué le manque de personnalisation des soins et le sentiment de devoir répéter constamment les mêmes informations au personnel médical.
En revanche, d'autres témoignages mettent en avant la qualité de l'équipe médicale, l'accompagnement personnalisé et la possibilité d'accoucher naturellement après une césarienne. Certaines femmes ont également apprécié l'atmosphère agréable et les bons repas proposés par la clinique.
Importance de la Proximité et du Suivi Personnalisé
Plusieurs témoignages soulignent l'importance de choisir une maternité proche de son domicile, surtout en cas de déménagement prévu pendant la grossesse. La proximité facilite le suivi médical, les cours de préparation à l'accouchement et réduit le stress lié aux déplacements en fin de grossesse.
Le suivi personnalisé par un gynécologue ou une sage-femme de confiance est également un facteur déterminant dans le choix d'une maternité. La possibilité d'être accouchée par le médecin qui a suivi la grossesse peut rassurer les futures mamans et renforcer leur sentiment de sécurité.
Évolution des Pratiques Obstétricales
Les pratiques obstétricales évoluent vers une approche plus physiologique et personnalisée de l'accouchement. Cette évolution se traduit par une baisse des taux d'épisiotomie, de césarienne et de péridurale dans certaines maternités.
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Réduction de l'Épisiotomie
Des études ont démontré que la rançon cicatricielle était plus forte avec les épisiotomies qu'avec les déchirures naturelles. Par conséquent, les équipes médicales s'efforcent de réduire les risques de déchirures en mobilisant les patientes pour leur faire bouger le bassin et en proposant des positions plus physiologiques pendant l'accouchement.
Césariennes : Impératifs de Sécurité
Les taux de césariennes sont plus difficiles à faire évoluer, car elles sont souvent réalisées par mesure de sécurité. Cependant, même dans les maternités accueillant les cas les plus complexes, tous les leviers sont activés pour réduire leur nombre.
La Péridurale : Un Choix Personnel
La question de la péridurale est laissée au choix des patientes. Les écarts de taux entre les maternités reflètent des approches différentes en matière de gestion de la douleur. Certaines maternités privilégient un accompagnement plus personnalisé et des méthodes alternatives pour soulager la douleur, tandis que d'autres proposent plus systématiquement la péridurale.
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