Claude Piéplu, figure emblématique du théâtre et du cinéma français, a marqué son époque par une voix inimitable et une présence singulière. Parisien de souche, il ne manquait pas une occasion de s'évader dans les Ardennes pour y respirer l'air pur. Son parcours, atypique et riche, témoigne d'une passion pour la comédie qui l'a animé tout au long de sa vie.
Des Débuts Discrets à la Révélation Théâtrale
Après avoir obtenu son certificat d'études, Claude Piéplu fait ses premiers pas dans le monde professionnel en tant que grouillot dans une banque. Cependant, son attrait pour la comédie, qui se manifeste dès son plus jeune âge, le pousse rapidement à changer de voie. Il se forme auprès de Maurice Escande et fait ses débuts sur les planches en 1944 au Théâtre des Mathurins, aux côtés de Gérard Philipe et Maria Casarès dans Federigo de Mérimée. Il intègre ensuite la compagnie Renaud-Barrault. C'est d'ailleurs dans D'homme à hommes, un film dont Jean-Louis Barrault tient la vedette, qu'il fait sa première apparition au cinéma en 1948.
L'Ascension Cinématographique et la Consécration des Shadoks
À partir des années 60, la silhouette de Claude Piéplu, oscillant entre le hibou et le matou, devient plus familière dans le cinéma comique français. Mais c'est surtout sa voix qui le propulse au rang de célébrité, grâce à un programme télévisé lancé à la veille de Mai 68 : Les Shadoks. Dans cette série animée, l'acteur devient le commentateur des faits et gestes de ces drôles de créatures imaginées par Jacques Rouxel, dont l'activité principale est de pomper.
La voix de Piéplu, avec ses intonations particulières et son humour absurde, devient instantanément reconnaissable. Des phrases comme "Ça commence bien ! Je dirais même plus, ça commence mal. Alors, attendez-vous au pire…" restent gravées dans la mémoire collective. Le succès des Shadoks est tel qu'il éclipse parfois le reste de sa carrière, bien que l'acteur ait continué à jouer au théâtre et au cinéma avec talent.
Rôles Marquants et Collaborations Prestigieuses
Claude Piéplu est sollicité par des réalisateurs de renom qui apprécient son talent et son originalité. Dans les années 70, il est choisi par Claude Chabrol pour incarner un notable cocu dans Les Noces rouges et par Luis Buñuel pour interpréter un colonel excentrique dans Le Charme discret de la bourgeoisie. Les rôles de militaire et de garde-chiourme sont d'ailleurs récurrents dans sa carrière, comme dans Le Pistonné et La Meilleure façon de marcher.
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Il collabore également avec de jeunes auteurs singuliers tels que Davila et Frot-Coutaz, tout en restant présent auprès du grand public grâce à des films de Jugnot et des apparitions à la télévision, notamment dans le rôle de "l'homme aux clés d'or" dans Palace.
Une Pause Cinématographique et un Retour Remarqué
Malgré une carrière cinématographique bien remplie, Claude Piéplu s'éloigne des plateaux de tournage pendant sept ans, de 1978 à 1985. Lassé d'être enfermé dans des stéréotypes, il refuse les rôles qui le cantonnent à des personnages secondaires et sans relief. "J'étais celui qui fait partie du décor. Il fallait une scène avec un PDG ou un fonctionnaire, on installait un bureau et on me mettait derrière. J'étais plaqué", expliquait-il au Monde en 1986.
Il revient au cinéma en 1986 avec Beau temps mais orageux en fin de journée de Gérard Frot-Coutaz, retrouvant ainsi le chemin des plateaux et le plaisir de jouer des personnages plus complexes et intéressants.
Un Excentrique Attachant et Engagé
Claude Piéplu était un homme de goût, qui s'est battu pendant des années pour sauver un ensemble architectural du 16e arrondissement, signé Mallet-Stevens, où il avait élu domicile dans les années 1970. Son engagement pour la sauvegarde du patrimoine témoigne de sa sensibilité et de son attachement à la beauté et à l'histoire.
Sur scène, il incarne L'Homme aux clefs d'or. Un concierge imperturbable devant toutes les excentricités. Comme il se doit.
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Héritage et Hommages
Claude Piéplu s'est éteint le 24 mai à l'hôpital Sainte-Perrine, à Paris, à l'âge de 83 ans. Ses obsèques ont été célébrées en l'église Notre-Dame-de-l'Assomption, à Paris, en présence de nombreux amis et collaborateurs.
Jean-Michel Ribes, directeur du Théâtre du Rond-Point, a salué "le sculpteur de mots" et évoqué "cette île de cocasserie" qu'était sa voix des Shadoks. Claude Jade a rendu hommage à son talent de comédien et à sa capacité à donner vie aux mots.
Claude Piéplu laisse derrière lui une œuvre riche et variée, marquée par son talent, son originalité et son humour. Il restera dans les mémoires comme l'une des figures les plus attachantes du paysage audiovisuel français.
Andréa Ferréol et son amour pour Omar Sharif
Au cœur de l’été dernier, l’actrice Andréa Ferréol se livrait à des confidences aussi rares que touchantes concernant sa relation avec Omar Sharif, qui a duré pendant plus de trois décennies, sur le plateau des Enfants de la télé (France 2). "C’était formidable. C’était un homme difficile, j’ai beaucoup souffert, j’ai énormément aimé, mais j’étais folle de passion et d’amour", révélait celle que les cinéphiles ont notamment vue dans La Grande Bouffe, Les Galettes de Pont-Aven et Le Dernier Métro.
Ce dimanche 17 mars, la comédienne s’est, une fois encore, exprimée au sujet de cette idylle, à l’occasion d’une entrevue publiée par Le Parisien. "Je ne pouvais pas me détacher de lui", s’est-elle souvenue, évoquant une histoire mêlée de souffrance avec cet acteur égyptien décédé le 10 juillet 2015.
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Andréa Ferréol sur sa relation avec Omar Sharif : "J’ai peut-être gâché ma vie"Dans les colonnes du quotidien régional, Andréa Ferréol a confié avoir très vite eu conscience qu’elle n’obtiendrait jamais rien de cet homme - qui a notamment marqué le septième art grâce à ses rôles dans Lawrence d’Arabie, Le Docteur Jivago, mais aussi dans Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran - dont elle avait fait la connaissance dans une boîte de nuit. "Mais j’étais folle amoureuse de [lui]", a précisé la comédienne de 77 ans, justifiant ainsi sa décision d’être restée, malgré tout. "J’ai peut-être gâché ma vie. Il ne voulait entendre parler ni mariage ni rien, a-t-elle concédé. Il a pris la place pendant trente-quatre ans. Je n’ai pas construit un couple officiel, pas eu d’enfants, mais je ne pouvais pas me détacher de cet amour. C’était dur." "C’était un homme de rituels, qui m’emmenait dans les grands restaurants quatre fois par semaine, s’est-elle souvenue, disant n’avoir jamais oublié "ce regard noir qui t’enveloppe et t’emmène loin", indissociable de cet être qu’elle a tant aimé. "C’est difficile de retrouver un homme comme lui, a-t-elle finalement conclu. J’ai fait mon deuil, du moins, j’espère."
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