La décision de la Cour suprême des États-Unis du 24 juin 2022, annulant la jurisprudence Roe v. Wade, a remis en question le droit constitutionnel à l'avortement, laissant chaque État libre de légiférer en la matière. Parmi les neuf juges de la Cour, cinq ont voté pour l'annulation de cet arrêt historique, dont Clarence Thomas, l'un des juges les plus âgés et les plus conservateurs de l'institution. Cette décision a suscité de vives réactions, marquant une victoire pour les opposants à l'avortement et un recul pour les défenseurs du droit des femmes.

Parcours et idéologie de Clarence Thomas

Clarence Thomas est arrivé à la Cour suprême en octobre 1991, nommé par le président républicain George H.W. Bush. Son parcours initial ne laissait pas présager son orientation conservatrice actuelle. Abandonné par son père à l'âge d'un an, il a été élevé par sa mère et a même envisagé de devenir prêtre avant d'être confronté au racisme institutionnel. Pendant ses études, il a fondé un syndicat étudiant soutenant les Black Panthers, avant d'évoluer vers le camp conservateur à l'université.

Clarence Thomas est connu pour son "originalisme", une vision stricte de la Constitution américaine. Selon Catherine Jentile de Canecaude, il considère que si l'avortement n'était pas mentionné en 1790, il ne doit pas être protégé aujourd'hui. Cette approche s'étend à d'autres questions telles que la contraception et le mariage homosexuel.

La position de Clarence Thomas sur l'avortement

Clarence Thomas a toujours été un fervent opposant à l'avortement. Dans une note personnelle publiée en même temps que la décision d'annuler Roe v. Wade, il a appelé à reconsidérer les jurisprudences sur la contraception et le mariage homosexuel. Il considère que le droit à l'avortement est une "création" qui doit être défaite.

Son opinion est basée sur l'idée que la Constitution ne mentionne pas explicitement le droit à l'avortement et que ce droit n'est pas profondément enraciné dans l'histoire et les traditions de la nation. Il adopte une rhétorique anti-avortement en désignant le personnel médical concerné comme des "avorteurs".

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Les conséquences de la décision de la Cour suprême

La décision de la Cour suprême ne rend pas l'avortement illégal à l'échelle nationale, mais laisse chaque État libre de légiférer en la matière. Plusieurs États conservateurs ont déjà interdit ou restreint l'accès à l'avortement, tandis que d'autres, comme la Californie, l'Oregon et Washington, se sont engagés à défendre le droit à l'avortement.

Cette décision a des conséquences considérables pour les femmes américaines, en particulier celles qui vivent dans les États où l'avortement est interdit ou difficile d'accès. Elle pourrait également entraîner une augmentation de la mortalité maternelle, car les États avec des lois restrictives sur l'avortement ont déjà des taux de mortalité maternelle plus élevés.

Les craintes concernant d'autres droits

La décision de la Cour suprême a suscité des craintes quant à l'avenir d'autres droits fondés sur le droit à la vie privée, tels que la contraception et le mariage homosexuel. Clarence Thomas a explicitement appelé à reconsidérer les jurisprudences sur ces questions, ce qui inquiète les défenseurs des droits LGBTQ+.

Bien que la décision de la Cour suprême précise qu'elle ne remet pas en question les jurisprudences sans lien avec l'avortement, l'argumentaire utilisé pour justifier l'annulation de Roe v. Wade pourrait être utilisé pour attaquer d'autres droits.

Les réactions à l'étranger

La décision de la Cour suprême a été condamnée par plusieurs dirigeants étrangers, dont le premier ministre britannique Boris Johnson, le premier ministre canadien Justin Trudeau et le président français Emmanuel Macron. Ils ont exprimé leur solidarité avec les femmes américaines et ont souligné l'importance de protéger le droit à l'avortement.

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La haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, a déclaré que cette décision était un coup terrible porté aux droits des femmes et a rappelé que plus de cinquante pays avaient assoupli leur législation sur l'avortement ces dernières années.

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