Christophe Person est une figure aux multiples facettes, à la fois météorologue reconnu et fervent défenseur de l'art africain contemporain. Sa carrière, riche et diversifiée, témoigne d'un engagement profond envers la science et la culture.
Formation et Début de Carrière
Spécialiste de la météo, Christophe Person s'est formé à Toulouse, à l’École Nationale de la Météorologie de Météo France. Il a débuté sa carrière professionnelle dans l’armée de l’air, où il était chargé d'établir des prévisions météorologiques précises pour le territoire national et à l’étranger.
Météorologue à la Télévision
En 2007, Christophe Person rejoint la Chaîne Météo en tant que présentateur-prévisionniste. Deux ans plus tard, il devient un visage familier du petit écran en présentant les bulletins météo tous les matins. En 2011, il élargit son audience en intégrant les équipes de BFMTV, une chaîne d’informations en continu.
Fondateur de la Galerie Christophe Person
En parallèle de sa carrière dans la météorologie, Christophe Person développe une passion pour l'art africain contemporain. En 2022, il fonde la galerie Christophe Person, située au 39 rue des Blancs-Manteaux, dans le Marais, à Paris. Cette galerie est spécialisée dans l'art contemporain africain et participe activement à la valorisation de la culture africaine.
La galerie a notamment présenté l'exposition « Au Pays des Hommes Intègres » du 8 juin au 27 juillet, mettant en lumière des artistes burkinabés tels qu'Abou Sidibé, Olga Yaméogo, Christophe Sawadogo, Nyaba Ouédraogo, Abou Traoré, Siriki Ky et Mouss Black. Cette exposition a permis de découvrir la richesse et la diversité de la scène artistique burkinabée, reflétant les réalités et les engagements des artistes.
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Engagement pour l'Art Africain : La BISO
Christophe Person est également le co-président de la Biennale Internationale de Sculpture de Ouagadougou (BISO). Il a créé cet événement avec le photographe burkinabè Nyaba Léon Ouedraogo. La BISO est une autre initiative visant à construire des ponts culturels entre la France et le Burkina Faso, en offrant une plateforme aux artistes africains pour exposer leurs œuvres et dialoguer avec le public international.
L'Exposition "Au Pays des Hommes Intègres" : Un Focus sur le Burkina Faso
L'exposition « Au Pays des Hommes Intègres » à la galerie Christophe Person a mis en lumière le travail de sept artistes burkinabés, offrant un témoignage unique de leurs réalités et de leurs engagements. Le fil conducteur de cette exposition était la mémoire et la transmission, chaque artiste puisant dans l’histoire collective et dans son histoire personnelle le propos de son travail.
Olga Yaméogo : Exploration de la Filiation et du Métissage
Née en 1966 à Ouagadougou, Olga Yaméogo explore les thèmes de la filiation, des traces, des souvenirs, en peignant le métissage de sa famille. Installée à Toulouse, où elle pratique l’art-thérapie auprès de jeunes, elle s’intéresse à la singularité de l’autre et cherche à transcrire la transmission à travers ses toiles. Ses personnages, souvent habillés de couleurs éclatantes, se détachent sur des fonds neutres, magnifiant ainsi leur présence.
Christophe Sawadogo : Silhouettes Noyées dans des Univers Étonnants
Né en 1972 à Tikaré, Christophe Sawadogo peint d’étranges silhouettes noyées dans des univers étonnants. La couleur rouge inonde souvent ses toiles, reflétant peut-être la région de Tamiougou, « La colline rouge », où il est né. Il essaie de se retrouver dans un monde complexe, grouillant de personnages et de couleurs, en errant sur ses toiles comme dans un carrefour où finissent les chemins. Une de ses toiles, « Les Déplacés », se distingue par sa différence, représentant des personnages et des animaux perdus, avec des lignes d’horizon brisées, en référence au massacre de Solhan en 2021.
Nyaba Ouédraogo : Devoir de Mémoire et Photographie
Né en 1978 à Bouyounou, le photographe Nyaba Ouédraogo propose un travail documentaire qui met en valeur les fresques du Théâtre populaire de Ouagadougou. Créé par Thomas Sankara, ce lieu représente un espace d’effervescence culturelle pour tous les Burkinabés. Son travail est avant tout un devoir de mémoire pour témoigner de l’histoire de son pays, en mêlant photographie et poésie. Il regrette que ces fresques aient été recouvertes lors d’une réhabilitation du lieu en 2022, effaçant ainsi des cicatrices du passé.
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Abou Traoré et Siriki Ky : Exploration des Savoirs Anciens
Les bronziers Abou Traoré et Siriki Ky explorent des savoirs anciens qu’ils adaptent dans leurs créations. Abou Traoré, né en 1960 à Bobo Dioulasso, est issu d’une lignée de forgerons. Maître dans l’art de la cire perdue, ses œuvres sont inspirées de masques africains, notamment ceux de l’oiseau et de l’antilope. Siriki Ky, né en 1953 à Abidjan, se concentre sur la représentation du baobab, un arbre emblématique du Sahel, en créant des réalisations totémiques, très longilignes, arborant en leur sommet une paire d’yeux et une bouche.
Abou Sidibé : L'Art de la Récupération et du Quotidien
Les œuvres d’Abou Sidibé nous transportent près du village. Ses puisettes veulent signifier l’importance de l’eau au Sahel, qui se raréfie, et peut engendrer des conflits entre agriculteurs et éleveurs. Pour l’artiste, c’est aussi jeter un regard sur la société des femmes, qui vont puiser de l’eau. Les accumulations que l’on trouve sur les puisettes symbolisent ce que l’on jette dans les puits après leur tarissement, comme une recherche archéologique pour retracer l’histoire de ces objets hétéroclites.
Mouss Black : Frontières entre Réel et Irréel
Enfin, l’univers de Mouss Black questionne les frontières entre réel et irréel. Né en 1990, il s’est formé à la Fondation Olorun à Ouagadougou. Ses créatures étranges mêlent onirisme et mysticisme, créant un monde unique et personnel.
Abou Sidibé : Un Artiste Engagé
Abou Sidibé est un artiste plasticien burkinabè qui vit et travaille à Ouagadougou. Né en Côte d’Ivoire, il est un pur produit du centre d’échange culturel du village KIYI d’Abidjan. Il a par la suite suivi une formation académique au centre technique des Arts de Bingerville, où il a obtenu un Brevet technique des arts appliqués en 1999.
Abou Sidibé voit les objets comme des entités avec une âme. La matérialité représente le pilier de sa démarche artistique. Il questionne le rôle des objets en Afrique, leur deuxième vie, leur réutilisation et leur réinvention. Il les met en valeur afin de susciter l’émerveillement. Sa série « Puisettes » transforme des chambres à air en seaux d’eau, créant une symphonie avec d’autres objets réinventés. Il utilise les objets pour décrire des situations ou illustrer son environnement, et pour mener une discussion avec les objets qu’il a imprégnés d’une âme.
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