La lactate déshydrogénase (LDH) est une enzyme ubiquitaire, présente dans tous les tissus de l'organisme, avec une concentration particulièrement élevée dans le foie et les muscles. Elle joue un rôle crucial dans le métabolisme des glucides.

Les Isoenzymes de la LDH

On distingue cinq isoenzymes de la LDH, numérotées de LDH1 à LDH5, chacune prédominant dans des tissus spécifiques :

  • LDH1 : Muscle cardiaque et cerveau.
  • LDH5 : Foie, muscle, et salive.

Rôle et Importance Clinique de la LDH

Historiquement, la mesure de la LDH sérique a été proposée pour le diagnostic tardif de l'infarctus du myocarde. Aujourd'hui, son dosage, associé à l'étude de la répartition des isoenzymes, est utilisé dans le suivi des maladies hépatiques, musculaires et de certains cancers.

Une élévation de la LDH peut être observée dans diverses situations cliniques, notamment :

  • Choc électrique.
  • Tachycardie prolongée.
  • Anémies hémolytiques.
  • Cytolyses hépatiques.

L'Analyse de Sang et la LDH

L'analyse de sang est un outil diagnostique essentiel, permettant la détection d'anomalies biologiques. La LDH est l'un des nombreux paramètres mesurés lors d'une analyse sanguine, et son interprétation doit se faire dans le contexte clinique du patient. Le suivi biologique longitudinal permet d’optimiser l’orientation, le contrôle et le suivi d’une personne par la détection d’éventuelles anomalies présentes.

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Il existe de multiples raisons d’avoir recours à une analyse de sang (avec ou sans problème clinique), les résultats étant parfois compliqués à lire ou à comprendre, à tel point que c’est généralement le commanditaire de l’analyse sanguine qui traduit cela.

Autres Paramètres Sanguins Importants

Outre la LDH, de nombreux autres paramètres sont évalués lors d'une analyse de sang, fournissant des informations précieuses sur l'état de santé d'un individu.

  • Hématies : Nombre de globules rouges par mm3 de sang, essentiels pour le transport de l'oxygène vers les muscles.
  • Hémoglobine (Hb) : Protéine intervenant dans le transport de l’oxygène. Plus la valeur est haute, meilleur est le transport.
  • Hématocrite : Pourcentage correspondant au volume de globules rouges (GR) présent dans le sang. Plus ce taux est élevé, meilleure est l’oxygénation des tissus.
  • Volume Globulaire Moyen (V.G.M.) : Taille moyenne des GR. Une valeur trop élevée indique des GR trop gros et donc limités dans leur déplacement au niveau sanguin.
  • Plaquettes : Nombre par mm3 de sang. Elles interviennent dans la coagulation.
  • Leucocytes : Nombre de globules blancs par mm3 de sang. Une hyperleucocytose est normale après un effort intense et soutenu, après un stress important.
  • VS : Vitesse de sédimentation, correspondant au temps nécessaire aux éléments sanguins pour sédimenter.
  • CRP : Protéine C-réactive, qui s’élève très rapidement au cours de processus inflammatoires et reflète une inflammation aigue.
  • Fer sérique : Fer contenu dans le sérum.
  • Ferritine : Protéine de stockage du fer qui permet de réguler l’absorption du fer en fonction des besoins de l’organisme.
  • Transferrine : Protéine du sang synthétisée par le foie qui se combine au fer et le transporte vers les organes. Le Fer sérique et la Ferritine participent au diagnostic de l’anémie chez le sportif (ferriprive ou hémolytique) et permettent de connaître le cause, souvent corrélée à une carence martiale.
  • Cholestérol (HDL et LDL) et Triglycérides : Leur dosage est utile pour détecter d’éventuelles hyperlipidémies familiales, avec pour objectif par la suite d’orienter vers une alimentation prophylactique visant à minimiser leur taux sanguin. Le « bon cholestérol » ou HDL-cholestérol récupère l’excédent de cholestérol au niveau des cellules pour le ramener au foie et favoriser son élimination, c’est le « Nettoyeur » des artères de l’organisme. Le « mauvais » cholestérol ou LDL-cholestérol, apporte le cholestérol aux cellules. Leur oxydation entraîne le dépôt sur les artères. L’augmentation du HDL-cholestérol et la diminution des TG est linéaire et proportionnelle à l’activité sportive, et surtout fonction du volume d’entraînement et moins de l’intensité de celui-ci.
  • Glycémie : Dosage de la concentration de glucose dans le sang, permettant de dépister un diabète éventuel ou de contrôler un diabète connu. La glycémie est fondamentale pour le sportif. Sa variation est variable au cours de la journée, est fonction de l’entraînement, du moment pré-, per- et post-effort, de la nutrition mise en place (notions d’index glycémique des aliments, de composition des repas,…).Le risque le plus important chez un sportif diabétique est l’hypoglycémie, souvent pendant ou après l’effort. Une baisse de la glycémie, voire une hypoglycémie est synonyme de contre-performance, voir d’abandon dans les cas extrêmes du fait d’une diminution des capacités de l’athlète.
  • Potassium, Sodium et Chlore : Concernant le potassium, c’est un ion intervenant dans la contraction cardiaque, la régulation de la pression osmotique intracellulaire et donc dans le contrôle de la teneur en eau des cellules, qui a un rôle dans la transmission de l’influx nerveux, la tension artérielle, l’anabolisme glycogénique. Les sportifs pratiquant des sports à catégorie de poids, amenés à pratiquer des méthodes purgatives (lavements, diurétiques, laxatifs…) ou ayant des troubles du comportement alimentaire (anorexie, boulimie avec vomissements provoqués, …) dans un but commun, celle de « maigrir ». S’agissant du sodium, contribuant au bon fonctionnement neuromusculaire et au maintient de la pression osmotique, le dosage est pertinent lors d’entraînements et/ou de compétitions en climat chaud, où l’effet sur la natrémie est une augmentation. Enfin, le chlore participe au maintien de l’équilibre osmotique.
  • Calcium : Agit au niveau de la constitution des os (et des dents), de la contraction musculaire, la régulation du rythme cardiaque, aussi dans la coagulation sanguine. C’est un élément minéral central qui intervient dans plus de 300 réactions métaboliques, c’est un véritable « activateur » enzymatique lorsqu’il est non-déficient. Il favorise la relaxation sur le plan neuromusculaire et donc la récupération. Une déficience peut avoir des effets secondaires néfastes à type d’irritabilité musculaire (tétanie, spasmophilie), crampes, fatigue physique et nerveuse. Des troubles du rythme cardiaque, de l’hypertension artérielle, des troubles digestifs et des manifestations psychiques (hyperémotivité, anxiété), troubles du sommeil peuvent aussi apparaître. La moitié des sportifs seraient carencés.
  • Transaminases (ALAT et ASAT) : Enzymes ayant une activité métabolique (entre acide aminé et acide α-cétonique) à l’intérieur des cellules. Les ALAT se retrouvent essentiellement dans le foie, les reins et en faible quantité dans les muscles striés et dans les globules rouges. Une diminution de la valeur des transaminases peut suspecter une déficience en vitamine B6. Les causes d’une augmentation peuvent être dues à des efforts et/ou à des traumatismes musculaires, un problème cardiovasculaire type infarctus du myocarde, une pancréatite.
  • Phosphatases Alcalines : Enzymes qui se trouvent dans plusieurs types de cellules : la muqueuse intestinale, le rein, foie, os et cerveau.
  • Créatine Phosphokinase (CPK) : Enzyme dont la présence dans le sang permet d’aider au diagnostic d’atteinte musculaire, cardiaque ou cérébrale étant donné sa présence dans ces trois tissus. Les enzymes ALAT, ASAT, CPK et LDH sont des marqueurs importants de pathologies cardiaques, musculaires ou hépatiques.
  • Acide Urique : C’est une molécule quasiment insoluble dans l’eau résultant de la dégradation et de l’excrétion des purines (molécules azotées composant l’ADN, l’ATP…), véritable marqueur biologique d’intolérance à l’entraînement. Une valeur trop élevée reflète une hyperuricémie, très fréquente chez le sportif. Cela peut favoriser la survenue de pathologies musculaires, tendineuses, articulaires, voir rénales (calculs rénaux).
  • Créatinine : Résulte de la dégradation de la créatine à l’effort dans le muscle et est éliminée par les reins. En temps normal, la créatinine est éliminée par les reins dans les urines. Dès que son taux augmente anormalement dans le sang, cela montre une fonction rénale insuffisante. La clairance à la créatinine est l’un des meilleurs marqueurs de la fonction rénale. Elle est calculée à partir des résultats des dosages de créatinine dans le sang et les urines. Elle peut aussi être estimée à partir du dosage de la créatinine dans le sang (créatinine plasmatique) et en connaissant l’âge et le poids du patient.
  • Cortisol : Hormone stéroïde secrétée par le cortex de la glande surrénale. C’est une donnée très intéressante pour évaluer la tolérance à l’entraînement et aux charges imposées. Son activation est directement corrélée à une adaptation physiologique à l’exercice en fonction du volume et de l’intensité. Son augmentation est corrélée positivement à ces deux paramètres.
  • Testostérone : Hormone stéroïdienne, principalement secrétée par les testicules chez l’homme mais aussi, par les glandes surrénales (homme et femme). C’est un paramètre recherché souvent avec le cortisol. Le taux sanguin en testostérone est corrélé positivement à un entraînement intensif et volumineux (en d’autres termes en résistance).
  • Hormone de Croissance (GH) : Hormone secrétée par les cellules somatotropes de la partie antérieure de l’hypophyse. L’intensité de l’effort augmente la sécrétion de l’hormone de croissance. De plus, l’hormone IGF (Insulin-like Growth Factor ou Somatomédine) produite par le foie et stimulée par la GH, agit positivement sur l’élargissement du cartilage de conjugaison et l’allongement de l’os, la croissance de tous les tissus et l’anabolisme (synthèse) protéique.

LDH et Acidose Lactique

L'acide lactique est le produit final de la glycolyse anaérobie, résultant de la transformation de l'acide pyruvique sous l'action de la LDH. Ce processus se produit principalement dans les muscles, le cerveau, les globules rouges, l'intestin et la peau, en conditions anaérobies. L'acide lactique constitue une source d'énergie pour certains tissus.

Une dysoxie tissulaire (manque d'oxygène dans les tissus) peut entraîner une accumulation importante d'acide lactique. Le dosage sanguin du lactate est indiqué dans l'exploration de troubles métaboliques liés à l'hypoxie tissulaire (état de choc, sepsis, intoxications).

  • Hyperlactatémie : Concentration plasmatique de lactate supérieure à 2 mmol/l.
  • Acidose Lactique : Acidose (pH < 7,35) associée à une hyperlactatémie (> 5 mmol/l). C'est un indicateur de gravité nécessitant une prise en charge intensive. L’acidose lactique est une urgence métabolique fréquente en médecine d’urgence, associée à une morbi‑mortalité élevée.

Dosage de la LDH

Le dosage de la LDH se fait par une simple prise de sang. Il n'est généralement pas nécessaire d'être à jeun pour cette analyse, bien qu'elle soit souvent demandée en association avec d'autres analyses qui peuvent le nécessiter.

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Interprétation des Résultats

La LDH est un marqueur de lésions tissulaires. Une LDH basse n'a pas de signification médicale particulière.

  • Taux élevé de LDH : Indique une possible lésion des tissus (infarctus, affection du foie, du poumon, etc.). Lorsque les tissus sont endommagés, les cellules libèrent la LDH, augmentant sa concentration dans le sang.

Il existe plusieurs formes de LDH (isoenzymes). Le dosage des LDH, combiné avec d'autres tests, peut être prescrit lorsque le médecin suspecte certains types de dommages cellulaires ou tissulaires. L'examen permet alors de déterminer la cause de cette lésion, d'en connaître la localisation et de contrôler son évolution.

Il est important de noter que de nombreux facteurs peuvent influencer les niveaux de LDH, et l'interprétation des résultats doit être effectuée par un professionnel de santé. N’hésitez pas à demander conseil au biologiste du laboratoire où vous avez réalisé votre prise de sang pour avoir des explications quant à vos résultats d’analyses.

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