Pendant la grossesse, le corps d'une femme subit de nombreux changements pour soutenir le développement du fœtus. Parmi les nutriments essentiels, la vitamine D, et plus particulièrement le cholécalciférol (vitamine D3), joue un rôle crucial. Cet article explore l'importance du cholécalciférol pendant la grossesse, les posologies recommandées, les sources de vitamine D, ainsi que les précautions à prendre pour assurer la santé de la mère et de l'enfant.
L'Importance du Cholecalciférol (Vitamine D3) Pendant la Grossesse
Le cholécalciférol, ou vitamine D3, est la forme naturelle de la vitamine D. Essentielle au bon fonctionnement de l’organisme, la vitamine D assure une minéralisation optimale des os tout au long de la vie. Cette substance participe également à l’absorption intestinale du calcium pour en réguler le taux dans l’organisme, au renforcement du système immunitaire et à la prévention des inflammations. « Elle est donc importante durant la grossesse, pour la minéralisation des os du fœtus et la régulation du calcium, aussi bien chez l’enfant à venir que la future maman.
Un manque de vitamine D peut favoriser la survenue de complications en cours de la grossesse. Le déficit en vitamine D contrarie par ailleurs le développement du fœtus, ce qui se traduit par un poids plus faible à la naissance. La vitamine D est indispensable à la formation du squelette du fœtus. Les formes les plus sévères de déficit conduisent au rachitisme, une situation pathologique associée à une mauvaise minéralisation des os et entraînant des déformations de ceux-ci. Mais, même dans des situations moins extrêmes, les conséquences néfastes sont durables. Les jeunes enfants dont la mère a un statut sous-optimal en vitamine D en cours de grossesse ont un risque accru de présenter des signes d’asthme. Un bon statut en vitamine D de la mère protégerait son enfant à naître des infections respiratoires basses comme la bronchite. En étudiant la concentration sanguine en vitamine D durant la période néonatale chez 310 enfants atteints d’autisme et 1 240 enfants non atteints d’autisme, des chercheurs chinois ont mis en évidence des niveaux réduits en cette vitamine chez les premiers par rapport aux seconds. On peut se demander si une complémentation en cours de grossesse pourrait être efficace pour prévenir l’apparition des troubles du spectre autistique.
Selon certaines études observationnelles, la supplémentation en vitamine D pourrait protéger de certaines pathologies liées à la grossesse, telles que le diabète gestationnel, la prééclampsie et les retards de croissance intra-utérins.
Sources de Vitamine D
La vitamine D3 est principalement synthétisée lorsque la peau est exposée aux rayonnements ultraviolets du soleil. Une exposition de quinze à vingt minutes par jour à la lumière naturelle permet de garantir un apport journalier suffisant en vitamine D à l’organisme. Cependant, cette exposition ne suffit pas en hiver, sous certaines latitudes et chez les phototypes foncés.
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On peut alors retrouver la vitamine D dans certains aliments, dont les poissons gras (hareng, sardines…), les produits laitiers ou encore le jaune d’œuf. Cette vitamine D est produite par l’organisme maternel lors de l’exposition au soleil, les rayons UVB permettant la production de vitamine D3 à partir d’un précurseur présent au niveau de la peau, le 7-déhydrocholestérol.
Posologie et Supplémentation en Cholecalciférol
En France, la majorité de la population est carencée en vitamine D. Un professionnel de santé, comme la sage-femme, le gynécologue ou le médecin généraliste, peut prescrire une supplémentation de vitamine D à une future maman, avec une dose unique prise par voie orale à la fin de la grossesse, aux alentours du sixième/septième mois. Un faible apport régulier par l’alimentation est aussi recommandé.
Dans certains cas, on souhaite savoir l’état de carence de la femme enceinte avant de lui en préconiser. Une prise de sang est proposée par le professionnel de santé, mais elle n’est pas systématique et à l’appréciation du risque de carence par le praticien. Dans les faits, mieux vaut réserver cet apport supplémentaire aux futures mamans présentant une carence.
La forme active de la vitamine D présente dans l’organisme maternel n’est pas en mesure de traverser la placenta, l’interface entre la mère et le fœtus qui permet de satisfaire les besoins du bébé. En revanche, son précurseur, le calcidiol, y parvient. Les niveaux de vitamine D présents dans l’organisme du bébé à la naissance sont déterminés par la quantité de vitamine D circulant dans l’organisme de sa mère.
La supplémentation en vitamine D, à la dose de 300 UI par kg et par jour sans dépasser les 5000 UI pendant 3 mois, donne de bons résultats chez ces enfants. Des femmes ayant donné naissance à un enfant autiste ont reçu lors d’une nouvelle grossesse une supplémentation de 5 000 UI par jour de vitamine D. Au sein d’une fratrie, le risque d’autisme est plus élevé lorsqu’un des enfants est concerné par ce trouble. À leur naissance, ces bébés à haut risque autistique recevaient 1 000 UI par jour de vitamine jusqu’à leur troisième anniversaire.
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En France, la supplémentation en vitamine D est recommandée aux femmes enceintes de façon systématique. L’administration d’une forte dose unique n’est en effet pas plus efficace que la prise de doses modérées quotidiennes, comme l’a montré un essai clinique menée au Pakistan. Les femmes enceintes recevaient 2000 ou 5000 UI de vitamine D au quotidien, ou une dose unique de 200 000 UI. L’élévation la plus importante du taux sanguin de vitamine D a été obtenue avec la dose de 5 000 UI par jour. Lors d’un essai clinique américain, l’efficacité de trois posologies - 400 UI, 2000 UI et 4 000 UI - a été testée. Une dose de 4 000 à 5 000 UI semble donc idéale au cours de la grossesse.
Les laits infantiles sont systématiquement enrichis en vitamine D pour couvrir en partie les besoins des nouveaux nés. Les bébés allaités au sein sont plus exposés au risque de carence, comme l’indique une étude qui a été menée aux Émirats Arabes Unis auprès de 38 enfants souffrant de rachitisme provoqué par une carence en vitamine D, et 50 enfants non rachitiques. Plutôt que de supplémenter le bébé, une autre approche semble possible : supplémenter la maman pour enrichir son lait en vitamine D.
Posologie Spécifique de CHOLECALCIFEROL VIATRIS 100 000 UI
Pour CHOLECALCIFEROL VIATRIS 100 000 UI sol buv, les indications, posologies et contre-indications sont les suivantes :
- Indications : Carence en vitamine D, Prophylaxie de la carence vitaminique D
- Posologie :
- Enfant (2 à 18 ans) :
- Prophylaxie de la carence vitaminique D (implicite) : 1 ampoule en automne et en hiver.
- Avec disponibilité ou apport réduit de la vit. D : 1 ampoule par trimestre.
- Adulte (plus de 18 ans) :
- Prophylaxie de la carence vitaminique D (implicite) : 1 ampoule tous les 3 mois, maximum 6 ampoules par an.
- Traitement curatif (carence en vitamine D) : 2 ampoules par mois, maximum 6 ampoules par an.
- Enfant (2 à 18 ans) :
- Contre-indications : Hypercalcémie, Hypercalciurie, Lithiase calcique, Hypervitaminose D, Néphrocalcinose, Risque d'hypercalcémie, Risque d'hypercalciurie, Patient de moins de 2 ans, Grossesse (le cholécalciférol n'est pas recommandé dans la prophylaxie de la carence chez les femmes enceintes en raison de son fort dosage), Allaitement (CHOLECALCIFEROL VIATRIS 100 000 UI, solution buvable en ampoule n'est pas recommandée chez les femmes allaitantes en raison de son fort dosage).
Administration et Conseils d'Utilisation
Il est préférable d’administrer des doses quotidiennes en gouttes. Dans le cas d'ampoules de CHOLECALCIFEROL VIATRIS 100 000 UI :
- 1 ampoule tous les trimestres en cas de disponibilité réduite de la vitamine D (obésité, peau pigmentée, absence d’exposition au soleil) ou d’un apport réduit (régime végétalien).
- 1 à 2 ampoules par mois, sans dépasser 600 000 UI par an, soit 6 ampoules par an.
L’ouverture des deux pointes de l’ampoule peut générer des débris de verre. Il est important de ne pas casser les pointes au-dessus du verre contenant le liquide. Retourner ensuite l’ampoule au-dessus d’un verre en la tenant obliquement afin que la deuxième pointe ne soit pas au-dessus du verre.
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Précautions et Mises en Garde
Bien que rare, il existe un risque de surdosage en cholécalciférol. En excès, la vitamine D peut être toxique et peut causer un excès de calcium dans le sang (hypercalcémie). « C’est pour ces raisons qu’il est important d’éviter le cumul médicaments, compléments en auto-médication et apports alimentaires optimisés. En cas de prescription pendant la grossesse, il est également important de suivre scrupuleusement la posologie indiquée pour éviter les surdosages », prévient le Docteur Yanis Nasri. Un avis médical d’un professionnel de santé reste alors important avant de débuter un traitement contenant cette molécule, en particulier lorsque l’on attend un enfant.
Pour éviter tout surdosage, tenir compte de l'apport total en vitamine D toutes sources confondues, qu'il s'agisse de sources nutritionnelles, d'autres supplémentations contenant déjà cette vitamine ou en cas d'utilisation de lait supplémenté en vitamine D, ainsi que des médicaments susceptibles d'interagir avec CHOLECALCIFEROL VIATRIS 100 000 UI.
Dans des indications nécessitant des doses fortes et répétées, surveiller la calciurie et la calcémie et arrêter les apports de vitamine D si la calcémie dépasse 106 mg/mL (2,65 mmol/L) ou si la calciurie dépasse 300 mg/24 h chez l'adulte ou 4 à 6 mg/kg/j chez l'enfant.
Effets Indésirables et Interactions Médicamenteuses
Les effets indésirables suivants ont été rapportés :
- Très rare : Hypercalcémie, Hypercalciurie, Lithiase calcique, Réaction d'hypersensibilité.
- Très rarement et notamment en cas de surdosage : réaction d'hypersensibilité au cholécalciférol ; hypercalcémie, hypercalciurie, lithiase calcique.
Il est important de surveiller et de déclarer tout effet indésirable suspecté après l'autorisation du médicament.
Le cholécalciférol peut interagir avec plusieurs médicaments :
- ANTICONVULSIVANTS INDUCTEURS ENZYMATIQUES : Diminution des concentrations de vitamine D. Ajustement du dosage si nécessaire.
- GLUCOCORTICOÏDES : Réduction de l'effet de la vitamine D. Supplémentation vitaminocalcique si nécessaire.
- RESINES CHELATRICES : Diminution de l'absorption intestinale. Prise à distance des autres médicaments.
- RIFAMPICINE : Diminution des concentrations plasmatiques de vitamine D. Supplémentation si nécessaire.
- ORLISTAT : Diminution de l'absorption de la vitamine D.
- LAXATIFS : Risque de diminution de l'efficacité du médicament administré avec le laxatif.
- Diurétiques thiazidiques : Il existe un risque accru d'hypercalcémie lors de l'utilisation concomitante de diurétiques thiazidiques car ils réduisent l'excrétion urinaire du calcium.
Mises en Garde Spécifiques
- Sarcoïdose : Évaluation attentive du bénéfice du traitement au regard des risques. Surveillance étroite de la calcémie et de la calciurie.
- Insuffisance rénale : Utilisation avec prudence et surveillance des taux de calcium et de phosphate.
- Patients sous digoxine : Surveillance accrue du risque d'arythmies cardiaques.
Cholecalciférol et Allaitement
Le cholécalciférol et ses métabolites sont excrétés dans le lait maternel. Aucun surdosage induit par une mère allaitante n'a été observé chez le nouveau-né ; cependant, lors de prescription d'un supplément de cholécalciférol à un nouveau-né allaité, le médecin doit tenir compte de toute dose supplémentaire de cholécalciférol prise par la mère.
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