Chloé Trespeuch, championne olympique de snowboard cross, enceinte de huit mois, continue son entraînement et se projette déjà vers les Jeux Olympiques de 2026. Elle remet en question les idées reçues sur la grossesse et le sport de haut niveau.

Une Grossesse Active et Épanouie

Alors qu’elle doit accoucher de son premier enfant début janvier, Chloé Trespeuch, double médaillée olympique de snowboard cross, poursuit son entraînement sur les pistes. Elle insiste sur l’importance d’écouter ses propres sensations pendant la grossesse. « Ce serait bien qu’on ait un peu plus de liberté en tant que femme de vivre notre grossesse comme on l’entend », souligne-t-elle. Elle a découvert qu’elle pouvait « faire plein de choses » contrairement aux idées reçues, et a surmonté une phase de culpabilité initiale. Elle continue la musculation et le cardio, en adaptant ses exercices.

À 30 ans, Chloé Trespeuch, qui a décroché le Globe de Cristal l’hiver dernier en snowboardcross, est enceinte de son premier enfant. Elle décrit l'année 2024 comme la meilleure de sa vie, avec le Globe de Cristal et la réalisation de son rêve d'une pause maternité pendant sa carrière. La grossesse se déroule très bien, lui permettant de continuer l'entraînement et les sports. Elle continue la musculation et le skate, et a participé au projet Mont Blanc avec la MAIF, un défi sportif axé sur la sensibilisation aux enjeux climatiques.

Elle souligne qu'il y a tellement de principes de précaution autour de la femme enceinte qu'on a l’impression de devenir quelque chose d’extrêmement fragile. Au début, c’est hyper dur de s’autoriser à continuer le sport, même si on sent qu’on peut le faire et que les médecins sont d’accord, mais juste parce que, parfois, l’entourage nous freine et nous dit’’attention, tu te rends compte de ce que tu fais ?’’ Elle pense que chaque femme est différente et que le meilleur guide, ce sont nos propres sensations. En tant qu’athlète de haut niveau, elle connaît bien son corps et a l’habitude de le stimuler dans l’adaptation.

Elle explique qu'elle vit une année 2024 fabuleuse, après le globe de cristal et cette grossesse qui se passe très bien. Elle en est à six mois et a vraiment la forme. Ça m’apprend à mener une vie un peu plus au ralenti, même si je continue de m’entraîner 2h par jour dans l’objectif de revenir le plus vite possible pour les JO de 2026. Elle est beaucoup plus à l’écoute de ses sensations. Habituellement, en tant qu’athlète de haut niveau, on cherche toujours à pousser notre corps jusqu’à la limite. Là, c’est davantage une collaboration avec ce bébé en construction. Elle a la chance de vivre un moment hyper épanouissant parce qu'elle prend la liberté de vivre sa grossesse comme elle l’entend. Sans me laisser influencer par qui que ce soit. Et ça, c’est chouette.

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Le Manque de Modèles et la Pression Sociale

Chloé Trespeuch déplore le manque d’exemples de femmes enceintes continuant leur carrière dans sa discipline. Elle note que les femmes dans les sports d’hiver ont tendance à terminer leur carrière plus tôt pour fonder une famille, ce qu’elle trouve frustrant. Elle souhaite changer cette perception et inspirer d’autres athlètes.

Elle a toujours eu cette volonté de la performance et là, prendre un peu de recul pour laisser la place à ce projet bébé, elle trouve que c'est super dans une carrière d'athlète. Après, c'est forcément beaucoup de questions et d'inconnues. Dans le ski et le snow, il y a peu d'exemples. On se pose des questions sur ça, pourquoi d'autres ne l'ont pas fait ? Est-ce que c'est trop dur de revenir ? Elle pense que c'est important d'en parler aussi pour donner la possibilité, le modèle, l'idée que c'est possible. On a tellement cette identité de recherche de performance permanente qu'on a parfois du mal à s'autoriser ce projet bébé.

Objectif Jeux Olympiques de 2026

Chloé Trespeuch se projette déjà vers les Jeux Olympiques d’hiver de Milan-Cortina en 2026. Elle compte sur le soutien du papa pour la logistique. Elle prévoit d’allaiter son bébé pendant les quatre premiers mois, puis de reprendre les stages d’entraînement, en conciliant sa vie de sportive et de mère. Elle souligne qu'il n’y a « pas de limite sur le retour à la performance » après l’accouchement, qui se fera progressivement.

Les JO 2026 sont son objectif de retour. Le terme est tout début janvier, donc ça laissera un an pour revenir. C'est un challenge car le timing est quand même assez court, mais elle a la chance d'être bien accompagnée. Elle a aussi une bonne connaissance de son corps parce qu'elle est une athlète qui commence à prendre de l'âge (rires), ça l'aidera pour le retour. Elle compte s'arrêter le moins de temps possible. Dans sa tête, en mars, elle reprendra la glisse, mais on verra comment ça se passe. Ça peut lui manquer, mais à la fois elle aura une autre compète à la maison (rires), s'occuper d'un bébé. Et puis elle pense qu'elle va emmagasiner aussi toute cette motivation pour mettre tout sur son retour.

Conseils Médicaux et Adaptation

Pour le grand public, les médecins recommandent la prudence quant à la pratique du ski pendant la grossesse, surtout après le premier trimestre. Les changements physiques liés à la grossesse peuvent affecter l’équilibre et augmenter les risques de blessures. Cependant, chez les athlètes, un entraînement adapté permet une meilleure récupération et renforce la motivation.

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Le Retour à la Compétition : Un Défi Possible

Moins de trois mois après avoir donné naissance à Marlo, Chloé Trespeuch s’aligne aux Mondiaux de snowboardcross. Elle explique que c’est une grande aventure, où on ne sait pas réellement comment ça va se passer. La grossesse, c’est tout nouveau. L’accouchement, l’arrivée du bébé, la nouvelle logistique. Et puis, surtout, il y a très peu d’exemples. Dans sa discipline, il n’y en a pas. Elle a décidé de rester toutefois active tout au long de sa grossesse, avec comme maître mot, l’adaptation. C’était une période où j’avais besoin de plus écouter les signaux de mon corps, parce qu’on était deux.

Son retour sur la neige s’effectue à la mi-février. Deux semaines plus tard, sentant que son corps répond bien aux efforts, l’idée de refaire une course avant les Mondiaux prend forme. Elle voulait vraiment valider le niveau physique et les niveaux de force, pour être sûr qu’on ne prenait pas de risque inutile.

Elle a fait du sport jusqu’à la veille de l’accouchement. Pendant l’accouchement, elle avait même une petite contracture à l’ischio parce qu’elle avait fait du renforcement la veille. La sage-femme l’étirait les ischios entre les contractions, c’était assez marrant. Après, évidemment que plus l’accouchement, plus elle réduisait l’intensité mais elle a continué à bouger vraiment jusqu’à la fin. Et après l’accouchement, elle a repris le yoga à la maison assez vite. Donc elle a dû s’arrêter environ trois semaines.

Elle a contacté d’autres championnes qui ont relevé ce défi de devenir mère pendant leur carrière de sportive de haut niveau. Elle a eu la préparatrice physique de réathlétisation de l’INSEP, qui a accompagné Clarisse (Agbégnénou) et Cécilia Berder pendant leur grossesse, ainsi que la gynéco de l’INSEP parce que c’est vrai que c’est plus commun dans les sports d’été que les sports d’hiver. Elle a aussi échangé pas mal avec Justine Braisaz, qui l’a vraiment rassurée avec son discours tellement positif sur comment, elle, a vécu la grossesse et surtout sur son retour en compétition. Elle l’a vraiment confortée sur les superpouvoirs du corps humain et sur sa capacité à récupérer.

Concilier Sport de Haut Niveau et Maternité : Un Défi Personnel et Sociétal

Chloé Trespeuch, par son expérience, met en lumière les défis et les possibilités pour les femmes athlètes qui souhaitent concilier sport de haut niveau et maternité. Elle encourage à écouter son corps, à se détacher des idées reçues et à s’entourer d’une équipe médicale compétente. Son parcours est une source d’inspiration pour les futures mamans sportives.

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Avant sa grossesse, elle venait de décrocher pour la première fois le Globe de cristal de sa discipline. Les Jeux olympiques, eux, sont dans un an. Niveau timing, cela ne semblait donc pas idéal, mais c’est une donnée qui est entrée en considération pour elle. L’idéal aurait été de le faire un peu plus tôt. D’ailleurs, c’était le projet. Mais contrairement au sport où l’on est vraiment acteur, on ne décide pas de tout sur le timing d’avoir un enfant. Néanmoins, son souhait était vraiment de ne pas louper les Jeux. Mais son envie d’avoir un enfant était tellement forte qu’elle s’est laissé le temps jusqu’au dernier moment d’être enceinte, ce qui signifiait jusqu’au printemps dernier où cela a marché. Et le fait d’avoir eu avant le Globe de cristal a vraiment été quelque chose qui a joué dans cette réussite de tomber enceinte, parce qu’elle pense qu’elle était tellement programmée pour cet objectif que, peut-être inconsciemment, elle ne s’autorisais pas à se lancer pleinement dans le projet maternité. Le fait d’enfin l’avoir après toutes ces années où elle couru après, où elle n’était pas loin sans le décrocher, lui a permis de valider le côté sportif et cette réussite lui a permis de lâcher prise complètement sur le sport et de s’autoriser le repos mental, physique, qui fait qu’elle a pu tomber enceinte juste après la saison. Donc au final, cela a vraiment été la saison de rêve. Après, oui, le timing est serré mais franchement elle adore cela parce qu’elle trouve que dans l’urgence, dans les challenges de grande ampleur, lui permettent de se révéler.

Il lui reste un grand objectif : l’or olympique. D’avoir réalisé ces deux rêves en 2024 lui ôte-t-il de la pression dans la réussite de ce dernier grand objectif ? Elle pense que oui mais elle ne sait pas vraiment parce que tout est nouveau. Mais dans le discours des autres sportives, elles lui ont vraiment dit qu’elle allait désormais encore mieux gérer l’enjeu, au sens où elle va relativiser cette pression sportive parce qu’elle a aussi un enfant à la maison et que c’est ça qui compte le plus. Mais elle ne va pas perdre la flamme de la compétition parce qu’elle est devenue maman. Elle garde cette identité d’athlète. Elle a toujours cette envie de défi au fond d’elle, donc elle n’a pas du tout peur de manquer d’implication ou d’envie pour les Jeux olympiques. Bien au contraire, elle trouve que ça va être encore plus riche de le partager en famille. C’est sûr que si elle se lance dans cette aventure des JO 2030, c’est qu’elle estime avoir des chances d’aller chercher une médaille.

Elle pense que cette maternité peut lui permettre de durer plus longtemps. Déjà, elle pense que ça peut vraiment lui apporter dans sa carrière. Elle est une athlète de 30 ans et ça fait quand même des années qu’elle fait la même chose. Et là, d’avoir ce renouveau, ce nouveau challenge et cette modification du quotidien, ça va être super parce qu’elle déteste la routine. Et là, pour le coup, la routine va être complètement chamboulée. Ensuite, elle n’a pas d’idées sur la fin de sa carrière, mais en effet, ça peut vraiment jouer sur la longueur de celle-ci parce qu’en tant que femme, on est toujours motivée par l’envie de devenir mère et de ne pas louper le coche. Et le fait d’avoir fait cette pause maternité et de se dire que son enfant est là et qu’on peut continuer ensemble sans avoir à choisir, elle pense que oui, ça peut vraiment jouer dans la balance pour continuer jusqu’aux JO 2030. Finir sa carrière sur des JO à domicile, sous les yeux de son fils qui aura alors 5 ans, cela doit être motivant.

Elle a été agréablement surprise de voir que le travail pendant la grossesse a payé. Malgré le peu de jours sur la neige, les sensations sont très vite revenues, ses réflexes en snowboardcross aussi.

Une Année 2024 Riche en Événements

Chloé Trespeuch a multiplié les nouvelles expériences, en cette année 2024 particulière. Dans quelques jours, Chloé Trespeuch connaîtra un gros chamboulement dans sa vie personnelle, avec l’arrivée de son premier enfant. Il y a ce ventre qui sort, tu te rends compte qu’il y a un bébé qui grandit dedans depuis neuf mois. Comme elle le souhaitait, la vice-championne olympique de snowboardcross a pu continuer le sport jusqu’à la fin de sa grossesse, y compris les sessions de préparation physique adaptée, avec un coach formé pour accompagner les femmes enceintes. J’ai eu de la chance, tout s’est bien passé. J’ai pu continuer le travail un peu chargé, en musculation, jusqu’au huitième mois. Là, j’ai de tout petits poids.

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