Être chirurgien est un métier qui nécessite un haut degré de compétence, un sens aigu des responsabilités et une très bonne résistance physique et nerveuse. La chirurgie pédiatrique prend en charge les maladies des enfants nécessitant un traitement chirurgical. Cet article explore en détail la définition du chirurgien pédiatrique, sa formation, ses spécialités, et les aspects spécifiques de son travail.

Définition du chirurgien pédiatrique

Le chirurgien pédiatrique est un médecin spécialisé dans le traitement chirurgical des affections médicales chez les enfants, de la naissance à l’adolescence. En France, les services de chirurgie pédiatrique se trouvent principalement au sein des hôpitaux publics, notamment dans les hôpitaux universitaires. Ce spécialiste prend en charge les pathologies des appareils urinaire, digestif et thoracique, en utilisant des techniques chirurgicales adaptées à la taille des enfants, avec l’objectif d’être le moins invasif possible.

L’orthopédie pédiatrique

L’orthopédie pédiatrique (ou ortho-pédiatrie) est une spécialisation de l’orthopédie, branche médicale qui s’intéresse à l’appareil locomoteur et à toutes ses composantes : les os, les muscles, les articulations, les tendons, les ligaments et les nerfs. Elle s’adresse aux enfants, de la naissance jusqu’à environ 18 ans. En effet, la physiologie des enfants présente des spécificités par rapport à celle des adultes. Par exemple, leurs os contiennent des cartilages de croissance qui leur permettent de grandir et qui sont remplacés par de la matière osseuse à l’âge adulte.

L’orthopédie pédiatrique prend en charge majoritairement des pathologies malformatives. Elle soigne aussi des pathologies urgentes (traumatisme, infection) en prenant en compte la croissance et le développement futur des enfants. L’orthopédiste pédiatre est formé à la chirurgie du rachis, des articulations (genou, épaule), des membres supérieurs (dont la main) et des membres inférieurs.

Formation pour devenir chirurgien pédiatrique

La formation pour devenir chirurgien pédiatrique est longue et exigeante, s’étendant généralement de 10 à 15 ans après le début des études universitaires. Voici les étapes clés de ce parcours :

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  1. PASS ou LAS: La voie classique commence par une première année d’études en Santé appelée Parcours d’accès spécifique saga Santé (PASS) ou une Licence Accès Santé (LAS). Ces filières remplacent la première année commune aux études de santé (PACES) à partir de 2020. Les étudiants sont ensuite sélectionnés pour accéder à la deuxième année de médecine via un numerus clausus. Le premier concours survient en fin de première année.

  2. Externat: Sur sélection, l’étudiant entre en deuxième année de médecine. Il doit alors suivre un cursus universitaire de 4 ans constitué de cours théoriques et pratiques, les stages hospitaliers débutent lors de la 3ème année. L’externat s’achève par des épreuves classantes nationales (ECN). Le premier cycle est sanctionné par le diplôme de formation générale en sciences médicales. Il comprend six semestres et correspond au niveau licence, avec l’acquisition des connaissances scientifiques de base. Le deuxième cycle des études médicales est sanctionné par le diplôme de formation approfondie en sciences médicales.

  3. Internat: Si l’étudiant réussit les ECN, il intègre l’internat de chirurgie de son choix en fonction de son classement. Cette étape constitue le début de la spécialisation. Le deuxième concours survient en fin de deuxième cycle (c’est-à-dire à l’issue de la sixième année d’étude) : ce concours est appelé épreuves classantes nationales (ECN) ou anciennement « internat ».

  4. Spécialisation en chirurgie pédiatrique: L’internat dure habituellement 5 à 6 années. L’étudiant est alors rémunéré et travaille sous la supervision et le contrôle d’un chirurgien ou d’une équipe de spécialistes. Il acquiert de l’expérience par la pratique clinique et les opérations chirurgicales. Lors de sa formation, le chirurgien pédiatre recevra une formation générale (orthopédie, chirurgie viscérale et plastique) avant d’être formé à sa spécialité.

  5. Post-internat: Après l’internat de chirurgie, des années post-internat dans un hôpital sont habituellement nécessaires pour acquérir de l’expérience pratique.

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Aujourd’hui, il faut 12 ans d’études pour former un chirurgien pédiatre.

Les spécialités en chirurgie pédiatrique

Il existe un grand nombre de spécialités en chirurgie pédiatrique. On peut nommer parmi elles la chirurgie générale, la chirurgie thoracique, la chirurgie pédiatrique, la chirurgie orthopédique, la chirurgie plastique, la chirurgie vasculaire et la chirurgie viscérale. Chaque spécialisation requiert un nombre différent d’années d’internat. Voici quelques-unes des principales spécialités :

Chirurgie viscérale pédiatrique

Ce service est un des services pionniers en France dans la chirurgie mini-invasive pédiatrique et néonatale (laparoscopie, thoracoscopie), qui développe en plus un programme de chirurgie robotique pédiatrique. De nombreuses consultations spécialisées et multidisciplinaires y sont organisées afin d’assurer un suivi optimal des patients porteurs de pathologies complexes et ou chroniques (consultation dysraphisme, hernie diaphragmatique, atrésie de l’œsophage….) De nombreux travaux de recherche sont en cours en collaboration avec l’unité INSERM UMR 1121 pour le développement de biomatériaux pédiatriques.

Chirurgie plastique pédiatrique

Le service est un centre de recours régional pour la chirurgie plastique et reconstructrice pédiatrique et plus spécifiquement dans la prise en charge des fentes labiopalatine avec une équipe pluridisciplinaire d’experts. Anomalies congénitales de la peau, de la tête et du cou et des membres, anomalies des tissus cutanés traumatique ou tumorale sont prises en charge.

Orthopédie et traumatologie pédiatrique

Outre la prise en charge de proximité de la traumatologie pédiatrique, les praticiens d’orthopédie pédiatrique ont développé une expertise reconnue dans la chirurgie des tumeurs osseuses complexes, la chirurgie rachidienne, la neuro-orthopédie et chirurgie du handicap, la prise en charge du pied-bot, et la chirurgie de l’adolescent sportif. C’est un centre de recours de la région Grand Est. En urgence, les fractures, les entorses notamment les lésions du ligament croisé et les boiteries sont traitées.

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Chirurgie cardiaque pédiatrique

Le service de chirurgie cardiaque congénitale fait partie du centre de compétence ” Malformations Cardiaques Congénitales Complexes“, dépendant du centre de référence du même nom dont les deux centres constitutifs sont situés au CHU Necker-Enfants Malades (Paris 15e) et au CHU de Bordeaux.

Pathologies courantes traitées en chirurgie pédiatrique

Les chirurgiens pédiatriques traitent une variété de conditions médicales, allant des malformations congénitales aux traumatismes. Voici quelques exemples :

  • Malformations congénitales:
    • Il s’agit d’une malformation du pied chez le nouveau-né, qui est en extension et tourné vers l'intérieur. L'avant pied est également tourné vers l'intérieur. On le dépiste pendant la grossesse, ou à la naissance. Il se corrige en portant des attelles adaptées et en réalisant des séances régulières de kinésithérapie.
    • La luxation congénitale de la hanche concerne 6 naissances pour 1000 en France. Il s’agit d’un dysfonctionnement au niveau de la hanche : la tête fémorale (partie supérieure du fémur, l’os de la cuisse) sort du cotyle (partie du bassin qui s’articule avec le fémur). Elle fait l’objet d’un dépistage systématique à la naissance et dans les premiers mois de vie. Le traitement consiste à porter une attelle (harnais de Pavlik ou coussin d’abduction) afin de stabiliser la hanche et favoriser le développement du cotyle. Une opération chirurgicale est envisagée en cas d’échecs des traitements orthopédiques, ou si l’enfant est trop âgé au moment du diagnostic (s’il marche déjà, en particulier).
    • Les inégalités de longueur des jambes peuvent être présentes dès la naissance (congénitales), ou survenir au cours de la croissance (acquises). En général, les orthopédistes pédiatriques considèrent qu’il n’est pas utile de réaliser un traitement si la différence entre les deux jambes est inférieure à 1 centimètre. A partir de deux centimètres, l’inégalité de longueur peut engendrer des maux de dos. Une semelle de compensation portée sur le côté le plus court est alors prescrite.
  • Scoliose: La scoliose est une déformation de la colonne vertébrale (ou rachis), qui apparaît le plus souvent à l’adolescence et touche principalement les filles (85 % des cas). Dans la plupart des cas, elle se soigne sans chirurgie, avec une bonne hygiène de vie (la pratique d’un sport, en particulier la natation, est recommandée) éventuellement associée au port d’un corset de maintien jusqu’à la fin de la croissance.
  • Tumeurs osseuses: Si l’enfant ou l’adolescent se plaint de douleurs osseuses fréquentes et intenses, il convient de consulter un pédiatre ou un orthopédiste pédiatrique afin d’éliminer le risque de tumeur osseuse. Des douleurs répétées au dos doivent également faire l’objet d’une consultation.

Aspects spécifiques de la chirurgie pédiatrique

La chirurgie pédiatrique diffère de la chirurgie adulte à plusieurs égards. L’enfant est un être en croissance avec une physiologie spécifique. Les phénomènes de cicatrisation ne sont donc pas identiques à ceux de l’adulte. L’absence de facteurs défavorisant la cicatrisation (tabac, surpoids, athérome, traitements..) et la présence d’éléments favorisants la croissance des tissus procure aux enfants une capacité de régénération tissulaire plus importante que celle de l’adulte.

  • Cicatrisation: Le remodelage correspond à un processus qui permet à une cicatrice de devenir «mature». Ce remodelage cicatriciel chez l’adulte est habituellement de un an. Entre l’âge de deux ans et la puberté, la cicatrisation est souvent très rapide mais aussi avec une phase de remodelage pouvant être« explosive». Les cicatrices hypertrophiques (cicatrices plus rouges, plus en relief), sont plus fréquentes et leur évolution dans le temps est plus longue chez l’enfant. La cause de la cicatrice peut aussi être un facteur favorisant de cicatrice hypertrophique. Les cicatrices chéloïdes sont des cicatrices pathologiques. Elles correspondent à des cicatrices qui s’étendent au-delà de la cicatrice d’origine. Le phototype élevé (couleur foncée de la peau) est un facteur de risque chez l’enfant comme chez l’adulte. En revanche, elles sont plus fréquentes dans les populations jeunes entre dix et trente ans et en période pubertaire dans le cadre du pic hormonal. L’enfant grandit souvent plus rapidement que sa cicatrice qui est un tissu fibreux moins extensible. Cette différence de croissance peut être responsable de l’apparition de brides rétractiles (zones de tension cutanée). Les zones de mobilité (doigts, main, poignet, épaule, coude, hanche, genou, cheville, cou, bouche, paupières 😉 sont plus pour voyeuses de brides. La répartition des graisses est différente entre enfant et adulte. Par exemple, au niveau du ventre la graisse est principalement au-dessus du fascia superficialis chez l’enfant, alors que chez l’adulte elle est proportionnellement plus importante sous ce même fascia. Ceci explique l’évolution « en creux » que peuvent avoir certaines cicatrices abdominales avec la croissance. L’alopécie cicatricielle correspond à l’absence de cheveux au niveau d’une cicatrice du cuir chevelu.
  • Risque thrombo-embolique: Risque thrombo-embolique (phlébite et embolie pulmonaire). Ce risque est rare chez l’enfant comparativement à l’adulte. Les enfants n’ont donc pas besoin de bas de contention et/ou de traitement anticoagulant dans le cadre de gestes chirurgicaux (en dehors de la chirurgie intervenant directement sur les vaisseaux). La puberté modifie le risque thrombo-embolique.
  • Préparation psychologique: L’accord de l’enfant pour l’intervention doit être recherché dès que l’âge le permet. La compréhension de ce qui va se passer et l’adhésion de l’enfant et de ses parents à la prise en charge est primordiale pour la réussite du geste et des suites opératoires. Une préparation psychologique avant la chirurgie peut parfois s’avérer nécessaire.
  • Autorisation d’opérer: Une autorisation d’opérer signée des deux représentants de l’autorité parentale est nécessaire pour pouvoir réaliser une chirurgie chez un mineur. En cas de situation monoparentale (enfant non reconnu, parent décédé, perte du droit parental… ) le livret de famille, et/ou un jugement vous sera demandé. En cas de situation d’urgence, la signature d’un seul représentant de l’autorité parentale est nécessaire.
  • Anesthésie: Différentes techniques d’anesthésie peuvent être utilisées : Anesthésie« Vigile» (anesthésie locale approfondie par des tranquillisants), durant laquelle le patient reste éveillé mais où il sera relaxé et dont il peut résulter une certaine amnésie de l’intervention. En complément de ces deux techniques d’anesthésie (locale ou vigile) peut aussi être proposée l’utilisation de protoxyde d’azote. Anesthésie générale classique, durant laquelle le patient dort complètement. Anesthésie loco-régionale est une technique d’anesthésie qui vise à agir sur la douleur par le biais d’une anesthésie ciblée sur les nerfs de la sensibilité et/ou de la motricité à proximité du site opératoire. Il est ainsi possible de prévenir la douleur au niveau d’un avant-bras en réalisant un bloc loco régional à la racine du bras. En cas d’anesthésie générale, le médecin anesthésiste sera vu en consultation au plus tard 48h avant l’intervention. L’anesthésiste vous précisera l’heure du jeun (ne rien manger ni boire).li est fondamental de respecter la durée du jeun qui vous sera recommandée.
  • Chirurgie ambulatoire: Selon le type de geste et l’âge du patient, l’intervention peut se pratiquer dans certains cas en ambulatoire c’est-à-dire avec une sortie le jour même après quelques heures de surveillance. Dans le cadre de la chirurgie ambulatoire, la présence de deux adultes est nécessaire pour un trajet retour à domicile en véhicule personnel. La personne accompagnante ne pouvant être celle qui conduit la voiture. En fonction de l’évolution post-opératoire, une hospitalisation complète pourra être décidée même si une chirurgie ambulatoire était prévue initialement.
  • Suites opératoires: Un arrêt des activités physiques et sportives peut être prescrit par votre chirurgien, dont la durée dépend du geste réalisé. Il faudra être vigilant pendant cette période à ne pas faire pratiquer à votre enfant: tobogan, vélo, trottinette, trampoline etc. Les bains et les activités aquatiques (piscine, bébé nageur) sont souvent contre-indiqués pendant la période postopératoire en cas de cicatrice cutanée. Les traitements complémentaires postopératoires: vêtements compressifs, massages, hydratation, les silicones (gel ou pansement), orthèses, traitements anti-histaminiques, thermalisme… sont des moyens pouvant être essentiels pour limiter l’hypertrophie des cicatrices et vous seront proposés, dans certains cas avant même l’apparition des signes cliniques. Les automassages sont parfois plus difficiles chez le petit enfant, ce dernier ne se faisant pas spontanément mal. Le massage par un tiers (parent) peut parfois être anxiogène et/ ou irréalisable (peur de faire mal à l’enfant, refus du conflit). Dans ces cas particuliers, le recours aux massages des cicatrices par un kinésithérapeute est parfois nécessaire et sera prescrit. Le recours à l’immobilisation(attelle plâtrée ou thermoformée, plâtre, orthèse) est plus fréquent chez l’enfant qui a souvent plus de mal à« tenir en place ». Contrairement à l’adulte, l’enfant a une grande capacité de récupération de la mobilité des membres (mains. pieds. bras.

Le quotidien d’un chirurgien

La vie quotidienne d’un chirurgien se caractérise par une activité mixte. Chaque jour, il consulte, diagnostique, envisage des traitements et réalise des opérations. Dans un bloc opératoire, en cas d’urgence, il utilise des techniques chirurgicales pour réparer des traumatismes graves, traiter des maladies complexes du corps humain et réaliser des transplantations. C’est un professionnel qui, en accord avec le patient, décide de l’approche thérapeutique la plus appropriée y compris la décision de mener une intervention chirurgicale. La journée typique d’un chirurgien commence tôt le matin avec une revue des patients hospitalisés. Il consulte ensuite les patients en cabinet, réalise des opérations, et discute avec d’autres cliniciens pour des évaluations multidisciplinaires de cas complexes. Le soir, il effectue des rounds pour vérifier l’état des patients post-opératoires.

Conditions d’exercice

Pour exercer en tant que chirurgien en France, plusieurs conditions doivent être remplies :

  • Être titulaire du diplôme français d’État de docteur en médecine ou d’un diplôme, certificat ou autre titre mentionné à l’article L. 4131-1 du Code de la santé publique.
  • Être de nationalité française, de citoyenneté andorrane ou ressortissant d’un État membre de l’Union européenne (UE) ou partie à l’accord sur l’Espace économique européen (EEE) ou du Maroc, sous réserve de l’application des règles issues du code de la santé publique ou d’engagements internationaux.
  • Sauf exception, être inscrit au tableau de l’un des conseils départementaux de l’Ordre des médecins.

Les médecins doivent participer à un programme pluriannuel de développement professionnel continu. Les médecins ne doivent pas présenter d’infirmité ou de pathologie incompatible avec l’exercice de la profession.

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