La grossesse est une période de transformations profondes pour la femme, marquée par des changements hormonaux significatifs. Ces changements soutiennent le développement du fœtus, préparent le corps à l'accouchement et à l'allaitement, mais peuvent également entraîner divers symptômes physiques et émotionnels. Comprendre ces fluctuations hormonales et les signes avant-coureurs de l'accouchement est essentiel pour une expérience de grossesse et de naissance plus sereine.
Les Principales Hormones de la Grossesse et Leurs Rôles
Pendant la grossesse, cinq hormones jouent un rôle particulièrement important, impactant le quotidien des femmes de manière significative :
L'hormone Chorionique Gonadotrope Humaine (hCG) : Sécrétée uniquement par le placenta, l'hCG est le marqueur utilisé dans les tests de grossesse. Elle permet l'implantation de l'œuf dans la muqueuse utérine et stimule la production d'œstrogène et de progestérone. C'est un signe fiable de grossesse et sa concentration augmente très rapidement après la fécondation. Elle est dosée lors du test de grossesse s’il est positif. C’est la grande quantité de HCG qui en général va entraîner les nausées.
La Progestérone : Produite par le corps jaune, puis par le placenta, la progestérone prépare le corps à la grossesse en renforçant la muqueuse utérine, favorisant ainsi la nidation de l'ovule fécondé. Elle aide à maintenir la grossesse, diminue le risque de fausse couche et stimule le développement des glandes mammaires en vue de la lactation. Elle a un effet relaxant sur les fibres de l’utérus, limitant ainsi les risques de contraction et d’expulsion prématurée du fœtus. Mais elle a aussi une action sur les fibres musculaires intestinales, provoquant un ralentissement du transit, à l’origine d’une constipation et de ballonnements.
L'Œstrogène : Le taux d'œstrogène peut être multiplié par 1 000 au cours d'une grossesse. Produite par le corps jaune et le placenta, cette hormone stimule la production de nouvelles cellules au niveau du placenta, de la poitrine et de l'utérus, permettant à ce dernier de s'étirer pour accueillir le bébé. Les œstrogènes augmentent également le volume sanguin pour assurer l'apport de nutriments et d'oxygène à l'embryon. L'œstrogène voit son taux exploser lors de la grossesse, il peut être multiplié par 1000 ! Cette hormone permet l’accroissement du volume sanguin nécessaire à l’alimentation de bébé en nutriments et oxygène. Au plus fort de sa sécrétion, aidé du soleil, il peut favoriser le fameux masque de grossesse et des boutons disgracieux.
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L'Ocytocine : Une forte augmentation du taux d'ocytocine est observée juste avant l'accouchement. C'est cette hormone qui déclenche les contractions et le début du travail. Elle joue également un rôle dans la création des premiers liens entre la mère et l'enfant et favorise l'éjection du lait pendant l'allaitement. L’ocytocine, sécrétée par l’hypophyse, joue également un rôle pendant l’allaitement car c’est elle qui favorise l’éjection du lait.
La Prolactine : La sécrétion de prolactine augmente dans les jours suivant l'accouchement. Cette hormone permet aux glandes mammaires de sécréter le colostrum, puis le lait maternel. Le contact en peau à peau, recommandé dès la naissance, augmente la production d’ocytocine et donc de prolactine.
Signes Avant-Coureurs de l'Accouchement et Changements Hormonaux
Certaines futures mamans s'inquiètent à l'idée de ne pas ressentir l'imminence de la naissance. Rassurez-vous, des signes avant-coureurs vous indiquent que vous êtes sur le point d'accoucher, il suffit d'être à l'écoute. Il est conseillé vers la fin de la grossesse de ralentir le rythme et d'être attentive aux messages que votre corps vous envoie. Ces signes se manifestent généralement entre la 38ème et la 41ème semaine d'aménorrhée. Plusieurs signes avant-coureurs indiquent que l'accouchement est proche, souvent liés à des changements hormonaux :
Une Sensation de Lourdeur et de Fatigue : Le corps paraît lourd, les gestes sont plus lents et les déplacements difficiles. Des tiraillements au niveau du bassin et des hanches, avec l'impression d'avoir un poids sur l'estomac, peuvent se faire sentir. Ces symptômes sont dus en partie aux changements hormonaux auxquels votre corps fait face. En effet, bébé, en prévision de l'accouchement proche, produit des hormones sécrétées par l'hypophyse qui entraînent la chute du taux de progestérone de la maman. Cette diminution de la progestérone a pour conséquence la sécrétion de l'ocytocine qui provoque des contractions au niveau de l'utérus. Ces sensations s'accompagnent d'une lassitude intense, le repos est indispensable en attendant le jour J.
La Perte du Bouchon Muqueux : C'est un signe annonciateur indiscutable, généralement quelques jours ou quelques heures avant l'accouchement. Les glaires ou le mucus épais qui ont servi à colmater l'utérus et à le protéger pendant toute la grossesse s'évacuent spontanément et sans douleur. Dès lors que vous constatez la perte du bouchon, sachez que l'accouchement est proche. Il est fréquent que les contractions se manifestent à partir de ce moment-là, mais cela diffère selon les femmes.
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Des Contractions de Plus en Plus Fréquentes : Des contractions de plus en plus rapprochées sont le signe d'un accouchement imminent. La perception de la douleur étant perçue différemment par les femmes, les contractions sont plus ou moins intensément ressenties. La douleur dans le bas-ventre s'intensifie, la naissance de bébé est annoncée. En cas de doute, il est conseillé d'appeler la sage-femme ou le médecin, ou bien de se rendre à la maternité sans tarder si vous sentez que le moment est arrivé.
Modifications au Cours des Semaines : A partir de la 35ème semaine de grossesse, votre corps va doucement se préparer à recevoir votre tout-petit. C’est le début du 9ème mois, et c’est la dernière ligne droite ! On vous explique tout sur ces changements qui vont permettre d’accueillir votre bébé dans les meilleures conditions. Votre bébé prépare doucement sa sortie et se met en position céphalique. Si ce n’est pas le cas, pas de souci : il a encore le temps et la place de se retourner, même s’il commence à manquer d’espace ! De votre côté, vous commencez peut être à avoir un peu de mal à vous déplacer et vous avez du mal à dormir. Vous pouvez également commencer à sentir quelques petites contractions, qui durent en général une trentaine de secondes. Vos articulations continuent à s’écarter pour faciliter l’accouchement et votre bassin est peut être un peu douloureux. Vous avez des contractions de Braxton Hicks qui sont des contractions d’entrainement pour que l’utérus se muscle. Votre utérus est 15 fois plus grand que sa taille d’origine ! Se trouvant sous les côtes, il comprime vos poumons, et vous êtes vite essoufflée. Vous sentez aussi que le bas du ventre tire un peu plus car la tête du bébé est de plus en plus bas. Le bébé, ayant atteint quasiment son poids de naissance, comprime aussi vessie et vous donne envie d’uriner bien trop souvent ! A 37 semaines, la modification hormonale avant accouchement provoque une grande fatigue, profitez-en pour faire des siestes et rester allongée. Votre utérus atteint sa taille maximale mais va commencer à descendre, relâchant la pression sur vos organes. Cette descente peut se faire progressivement ou soudainement, donnant l’impression que votre ventre tombe d’un coup ! Mais vous aurez moins de difficultés à respirer. Il se peut également que votre utérus n'ait pas encore commencé sa descente. Pour faciliter votre fin de grossesse, certaines positions peuvent aider à laisser plus d'espace à bébé. L'essentiel est de garder en tête que vous pouvez à présent accoucher à tout moment. Restez donc vigilante quant aux signes annonciateurs : perte du bouchon muqueux, de la perte des eaux, contractions régulières…Dès la 38ème semaine, l’utérus descend vers le bas pour préparer la naissance. Durant cette semaine vous allez continuer à ressentir quelques contractions. A moins de 10 minutes d’affilées, le travail a peut être commencé ! N’hésitez pas à vous rendre à la maternité au moindre doute.Les changements de la mère durant la semaine 39 de grossesse ne changent pas beaucoup de la semaine 38. Votre petit peut arriver d’un moment à l’autre : il est normal pour un bébé de naître entre la semaine 37 et la semaine 42 de grossesse. Durant cette semaine, vous pouvez perdre les eaux : si cela se passe, filez directement à la maternité pour que votre petit reste en milieu stérile.A la semaine 40 de grossesse, le bébé est engagé et prêt à sortir. Le col de l’utérus est dilaté, le bébé est donc prêt à naître : la dilatation du col prend en moyenne 8h pour un premier enfant contre 5 pour un deuxième.
La Perte des Eaux : La perte des eaux correspond à la rupture de la « poche » contenant le liquide amniotique dans lequel le bébé est plongé pendant la grossesse. En général, cette perte s'ensuit de l'écoulement d'un liquide chaud, incolore et inodore : ces caractéristiques permettent de le différencier de l'urine ou des pertes vaginales courantes, plus visqueuses et non continues.
Rôle des Hormones Pendant l'Accouchement Naturel
Lors d’un accouchement physiologique, c’est-à-dire sans aide médicale, la partie du cerveau qui raisonne, qui analyse et qui pense, soit le néocortex, doit se « déconnecter ». C’est le cerveau primitif, ou reptilien, qui doit prendre le relais. C’est celui qui permet la sécrétion des hormones, qui gère les réflexes vitaux et naturels, c’est donc celui qui sait accoucher ! Les hormones ont donc un rôle essentiel à jouer lors de l’arrivée au monde d’un bébé. Les hormones ont donc un rôle essentiel à jouer lors de l’arrivée au monde d’un bébé. L’accouchement est un processus naturel, physiologique, et normal. C’est aussi, pour certaines femmes, un rite de passage qui permet de libérer toute la puissance qui donne naissance à son enfant.
L'ocytocine : C’est l’une des plus importantes hormones de la naissance ; on la surnomme aussi « hormone de l’amour ». Son taux n’est jamais aussi élevé que lors d’un accouchement. L’ocytocine a un effet anxiolytique : elle apaise et soulage la douleur. L’ocytocine est un accélérateur de l’accouchement, dans le sens où elle stimule les contractions, et pousse le col à s’ouvrir. Elle rend le travail efficace. C’est aussi elle, avec les endorphines, qui va faire que la femme va réussir à entrer dans sa bulle et à lâcher prise.
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Les Endorphines : Ce sont des opiacés naturels, les alliées de l’accouchement physiologique. Elles sont produites lors d’un gros effort physique, surtout si l’on a chaud, que l’on se sent aimé ou soutenu, et surtout si l’on n’a pas peur. Elles sont produites tout au long de l’accouchement, apportent un sentiment de satisfaction, une sensation de somnolence, voire d’euphorie, et amortissent la douleur.
L'Adrénaline : Elle est sécrétée en cas de danger, afin de faire accélérer le rythme cardiaque et nous rendre plus forts et plus rapides, pour nous permettre de combattre ou de fuir (pensez à l’animal sauvage du début !). Quand elle est produite pendant le travail, la femme sort de sa bulle protectrice, et alors la douleur devient plus forte, parfois ingérable. L’adrénaline est donc un frein à l’accouchement et peut même en provoquer l’arrêt temporaire, car elle peut suspendre les contractions.
Le Cortisol : C’est une hormone importante dans le travail qui est surtout produite lors du 3ème trimestre et lors de l’accouchement. Elle favorise la maturation et le ramollissement du col. Ce n’est pas un stress négatif pour le bébé, mais quelque chose de vital, qui va le préparer à vivre dans le milieu aérien.
La Prolactine : C’est l’hormone de l’allaitement. C’est l’ocytocine qui stimule sa production. Le contact en peau à peau, recommandé dès la naissance, augmente la production d’ocytocine et donc de prolactine.
Effets des Hormones de Grossesse sur la Femme Enceinte
Dès le début de la grossesse et durant neuf mois, le corps de la future maman est soumis à d’importants changements hormonaux. Ces modifications vont permettre l’implantation de l’œuf, la gestation, le développement du fœtus, la préparation du corps à l’accouchement, le déclenchement du travail et l’allaitement. Toutefois, cette élévation des taux d’hormones de grossesse peut occasionner des maux gênants pour le quotidien…
Constipation, Ballonnements et Flatulences : La progestérone, hormone de la grossesse par excellence, a un effet relaxant sur les fibres musculaires intestinales, provoquant un ralentissement du transit, à l’origine d’une constipation et de ballonnements. En fin de grossesse, cet inconfort s’accentue en raison de la baisse de l’activité physique et de la pression que le fœtus, en raison de sa taille, exerce mécaniquement sur les organes.
Nausées et Vomissements : Les nausées et les vomissements débutent généralement autour de la sixième semaine de grossesse, et s’atténuent vers la douzième semaine, avec un pic de fréquence vers la neuvième. Ces désagréments sont liés aux modifications des hormones de début de grossesse et notamment à l’augmentation de la production de l’hormone chorionique gonadotrope humaine (hCG). Le plus souvent, la nausée survient le matin, à jeun.
Jambes Lourdes : Les hormones de la femme enceinte (œstrogènes et progestérone) ont tendance à diminuer l'élasticité des veines. Moins toniques, elles deviennent plus dilatées lorsque la pression sanguine augmente. De surcroît, le volume sanguin augmente de 30% environ pendant la grossesse, augmentant la pression dans le système veineux.En fin de grossesse, ces éléments sont amplifiés par la compression exercée par l’utérus devenu plus volumineux : il comprime la veine cave inférieure, particulièrement quand la future maman est couchée sur le dos. Cette compression gêne le retour veineux, augmentant encore la pression sanguine dans le réseau veineux des jambes, à l’origine des symptômes de jambes lourdes.
Troubles du Sommeil : Les troubles du sommeil chez la femme enceinte sont liés aux différents changements (anatomique, physiologique et psychologique) que vit son organisme durant neuf mois. Parmi ces changements, les modifications hormonales peuvent perturber ses cycles habituels de sommeil. L’élévation des taux d’œstrogène, de progestérone et de prolactine seraient plus particulièrement impliqués dans ces troubles du sommeil.
Vergetures, Hyperpigmentation et Problèmes de Peau : L’augmentation de la production de certaines hormones de grossesse peut être à l’origine de différentes modifications de l’aspect de la peau, qui le plus souvent disparaissent après l’arrivée de bébé.L’hyperpigmentation de certaines parties du corps (aisselles, aréoles des seins, ligne entre le pubis et le sternum…) est due à l’augmentation de la production de mélanine par les cellules de la peau, sous l’action des hormones de la grossesse. Cette hyperpigmentation peut aussi se traduire par l’apparition de taches brunes irrégulières sur les zones du visage les plus exposées au soleil : nez, joues et front. Il s’agit du masque de grossesse, appelé aussi chloasma ou mélasma.Certaines hormones de grossesse produites en grande quantité fragilisent aussi les fibres de la peau qui perdent de leur élasticité. Au niveau des zones plus riches en tissu graisseux, comme l’abdomen, les cuisses, les fesses et les seins, les fibres du derme peuvent se fissurer et laisser des cicatrices rosées d’abord, blanchissant ensuite : les vergetures.Enfin, la forte sécrétion d’hormones peut aussi être responsable de poussées d’acné, par hyperactivité des glandes sébacées qui fabriquent davantage de sébum. Produit en excès, il a tendance à boucher les pores de la peau, favorisant ainsi l’apparition de comédons et kystes.
Hypersensibilité, Hyperémotivité et Sauts d’Humeur : L’élévation des taux d’hormones de grossesse (œstrogènes et progestérone) a un impact sur les émotions et la sensibilité de la future maman.
Chute d'Hormones et Post-Partum
Après l'accouchement, une importante chute d'hormones a lieu. C'est notamment le cas de l'ocytocine, dont il a été montré qu'elle jouait un rôle dans la régulation des émotions et du stress. Les personnes souffrant de dépression ont par exemple une faible synthèse d'ocytocine. Ainsi, la période post-accouchement peut être difficile à vivre pour les femmes. En plus du nouveau rythme à prendre incluant le bébé, elles doivent gérer cette baisse hormonale, ce qui peut engendrer fatigue et anxiété. La synthèse d'œstrogène diminue aussi drastiquement après l'accouchement. Or, ces hormones interviennent dans le système sérotoninergique et sont capables de stimuler la production de sérotonine, l'hormone dite du bien-être et de la sérénité. La baisse du taux d'œstrogène suivant l'accouchement est un autre facteur responsable du baby blues ressenti par certaines femmes.Enfin, la baisse de progestérone accentue ce mal-être. En effet, un de ses composants intermédiaires, l’alloprégnanolone, module l'activité des récepteurs GABA au niveau des neurones du cerveau. Ces récepteurs jouent un rôle majeur dans le maintien de l'équilibre nerveux et sont associés à certains déséquilibres associés à l'anxiété. Très rapidement après l’accouchement et l’expulsion du placenta, quelques heures après en moyenne, survient une très importante chute d’hormones chez la nouvelle maman. Ce énième bouleversement hormonal est l’un des facteurs favorisant le développement d’une dépression post-partum. Il est primordial de recourir à une aide extérieure en cas de dépression, pour notre bien, ainsi que pour celui de notre nouveau-né.
L'Homéopathie pour Apaiser les Désagréments de la Grossesse
L’homéopathie est une solution pour apaiser les divers symptômes de la grossesse liés aux modifications hormonales. Bien qu’ils ne soient pas graves pour la future maman et son bébé, et bien qu’ils disparaissent généralement après l’accouchement, il est important d’en parler à un professionnel de santé. Des médicaments homéopathiques peuvent prendre en charge ces inconforts et permettre à la future maman de mieux vivre sa grossesse. Ils sont respectueux de la santé des futures mamans et de celle de leur bébé et sont compatibles avec d’autres traitements en cours.
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