La césarienne, une intervention chirurgicale de plus en plus courante, a un impact psychologique souvent sous-estimé sur les mères et leurs enfants. Cet article explore les différentes facettes de cet impact, en s'appuyant sur des études, des témoignages et des approches thérapeutiques pour aider les familles à mieux vivre cette expérience.
Introduction
Grâce aux travaux d’une discipline encore méconnue, l’impact d’une naissance par césarienne sur le développement de l’enfant est aujourd’hui mieux compris. La psychologie prénatale et périnatale peut aider les parents à progresser vers une meilleure intégration de ce vécu difficile. La conception, la gestation et la naissance préparent l’enfant à intégrer l’environnement dans lequel il va vivre. Pour que cette transition soit harmonieuse, il est important que ses expériences prénatales et périnatales le soient également, qu’elles soient fondées sur le respect et la confiance.
La Césarienne : Une Réalité en Augmentation
La naissance de l’enfant marque le terme de son vécu intra-utérin. En France, la proportion de naissances par césarienne a connu une augmentation significative, passant de 10% en 1981 à environ 20% aujourd’hui. Actuellement, environ un enfant sur cinq naît par césarienne dans le pays. Il est important de noter que le taux de césariennes en France est relativement stable depuis 2005, se maintenant autour de 20-21%. Souvent, on reproche au système médical des taux élevés de césariennes qui, en Grèce, sont deux à trois fois supérieurs à ceux d’autres pays et dépassent les cinquante pourcents. Néanmoins, et bien qu’il existe des exceptions malheureuses, les équipes médicales ne sont pas seules en cause. Quand un couple traverse un stress intense durant la grossesse, un stress que le personnel soignant n’a souvent pas été formé à détecter, il lui est difficile de vivre un accouchement naturel par voie vaginale. Faire valoir notre souveraineté face aux protocoles hospitaliers est une étape importante pour que nos bébés retrouvent leur santé. Et nous la nôtre.
Les Causes et le Vécu de la Césarienne
La césarienne est une intervention chirurgicale au cours de laquelle l’enfant naît par une incision effectuée à travers la paroi abdominale et l’utérus de la mère. Il existe des césariennes planifiées et des césariennes d'urgence. La césarienne sera toujours vécue douloureusement par une femme qui voulait à tout prix accoucher par voie basse. Mais on peut essayer de limiter le traumatisme.
Césarienne Planifiée
Il s’agit d’une décision médicale concertée qui permet d’anticiper et de prévoir la naissance de l’enfant par césarienne. Cette décision peut être prise à différents moments de la grossesse et parfois même avant la conception. Cela offre la possibilité aux femmes et aux couples d’anticiper et de se préparer (avec un délai plus ou moins long) au déroulement de cet accouchement. Lorsque la décision est prise assez tôt, il est possible de s’informer précisément et d’interroger les équipes sur tout ce qui peut questionner, inquiéter. Le travail de renoncement à l’accouchement idéal peut donc s’inscrire dans une temporalité qui précède le moment de l’accouchement réel, pour qu’une nouvelle création imaginaire puisse s’instaurer autour de la césarienne “idéale”.
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Césarienne d'Urgence
Il s’agit cette fois d’une décision médicale prise au cours du processus d’accouchement, dans ce moment où la mère s’apprête à mettre au monde son enfant. Cet élément d’inquiétude, qui survient plus ou moins brusquement et transmis de façon plus ou moins anxiogène par les équipes de professionnels, génère souvent un état de sidération, et un sentiment d’impuissance et de culpabilité chez les mères, tel que nous l’avons décrit plus haut. L’atmosphère s’emplit soudain d’une certaine agitation et précipitation qui ne permet pas toujours que des informations soient suffisamment transmises aux parents et qu’une attention soit portée à leur besoin de réassurance. Aucun travail psychique ne peut se faire dans l’instant qui permette d’appréhender cet événement avec tranquillité. Dans les cas les plus graves, le choix est pris d’une anesthésie générale, qui extrait la mère de manière radicale de la scène d’accouchement.
Impacts et Conséquences de la Césarienne
En tant que psychologue prénatale, je peux témoigner du sentiment de culpabilité, de la douleur et de la colère éprouvés par les parents ayant vécu un accouchement par césarienne, qui ne parviennent pas à franchir l’étape suivante, à savoir apprendre de cette douloureuse expérience tout en cheminant, avec leur enfant, vers une phase de guérison. Car il y a toujours quelque chose à réparer… Comme nous le verrons, quelle que soit la force de nos résistances, les symptômes demeurent et les dysfonctionnements refont surface, parfois des décennies après la naissance. Alors laissons-nous porter par la vie qui nous guide avec sagesse.
Impacts Physiques
La césarienne est une intervention chirurgicale invasive : elle traverse plusieurs couches de tissus et laisse une cicatrice de 10 à 15 cm. Les femmes doivent donc gérer en parallèle un post-opératoire et un post-partum, souvent sans protocole de soins spécifique à domicile. Les douleurs post-opératoires sont fréquentes après une césarienne et peuvent être intenses dans les premiers jours suivant l’intervention. La cicatrisation après une césarienne peut être longue et parfois problématique. Il est crucial de souligner que ces impacts physiques varient considérablement d’une femme à l’autre.
Impacts Psychologiques
Près de 50% des répondantes ont été diagnostiquées ou pensent avoir fait une dépression post-partum. Huit femmes sur dix déclarent avoir vécu leur césarienne comme traumatique. Une femme sur deux souffre de dépression post-partum. Plus de 90% n’ont bénéficié d’aucun parcours de soins dédié après la maternité. Ces chiffres chocs, issus d’une enquête menée auprès de 1500 femmes, révèlent l’urgence d’agir pour améliorer la prise en charge des césariennes en France. La Dr Lucie Joly, psychiatre à l’hôpital Saint-Antoine-Trousseau (AP-HP), explique : « La césarienne d’urgence constitue un traumatisme intéroceptif qui perturbe les capacités prédictives du cerveau. Les femmes insuffisamment informées en amont présentent un risque élevé de développer un trouble de stress post-traumatique. Les chiffres de l’étude montrent une souffrance physique et psychologique largement sous-estimée, qui nécessite des actions concrètes : meilleur suivi médical, accompagnement psychologique, information des patientes en amont et coordination des soins. »
Le Syndrome de Stress Post-Traumatique (SSPT)
Les premières descriptions du syndrome de stress post-traumatique datent de la première guerre mondiale. psychiatrique du DSM IV. Le syndrome de stress post-traumatique est un trouble mental qui peut survenir après avoir vécu ou été témoin d'un événement traumatisant, comme une césarienne d'urgence.
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Mécanisme du SSPT
Lors d'un événement traumatique, le cerveau secrète des hormones qui vont permettre au corps de réagir en conséquence[1]. La zone du cerveau qui permet de gérer les émotions, l'amygdale, va enregistrer l'événement et la zone qui permet de se souvenir des événements, l'hippocampe, va la stocker dans l'hippocampe et renvoie une réponse à l'amygdale. Le cerveau peut ainsi analyser l'événement sans être à nouveau envahi par la même émotion qu'il a subie. Lors d'un événement très violent émotionnellement, le cerveau est submergé et produit une quantité importante d'hormones. Pour éviter le trop-plein, l'organisme fait "disjoncter" l'amygdale. Cette fracture psychique intervient. Le souvenir de l'événement est enregistré de façon traumatique et peut être réactivée à tout moment : la victime revit de façon intacte l'état de stress qu'elle a traversé. Cette fracture psychique est souvent invisible, à la différence dune blessure corporelle. Souvent minimisée par les victimes elles-mêmes, et parfois par leur entourage, la gravité du choc sur le psychisme tarde être prise en compte. Les femmes ayant vécu une césarienne difficile, avec une incidence sur leur psychisme, peuvent développer des troubles relevant du syndrome de stress post-traumatique. Les principaux facteurs de risque sont linquiétude, voire la peur de la mort, lors d'une césarienne en urgence ou de voie basse instrumentale. La mère peut avoir le sentiment de ne pas avoir mis au monde son enfant, ce qui marque profondément son inconscient. Une autre cause peut être liée à la conséquence de l'anesthésie, ou un éveil peropératoire qui est le fait pour un patient d'être conscient alors qu'il est censé être anesthésié. La patiente peut entendre les conversations ou avoir le sentiment de ne pas être capables de respirer. C'est un événement rare qui peut toucher de façon variable moins de 1% des patients.
Symptômes du SSPT
Les symptômes du SSPT se classent en trois catégories principales :
- Reviviscence : souvenirs répétitifs et envahissants de lévénement traumatique (flashbacks), cauchemars, sensations physiques intenses (accélération du rythme cardiaque, transpiration) en lien avec lévénement.
- Évitement : efforts pour éviter les pensées, les sentiments ou les conversations associés au traumatisme, efforts pour éviter les activités, les lieux ou les personnes qui rappellent le traumatisme.
- Hyperactivité : difficultés de concentration, troubles du sommeil, irritabilité ou accès de colère, hypervigilance, réactions de sursaut exagérées.
Dans le cas du syndrome de stress post-traumatique complet, la personne présente les principaux symptômes. En cas de syndrome de stress post-traumatique partiel, le patient présente au moins un symptôme de reviviscence, en plus dun symptôme dévitement ou de diminution de la réactivité, ou de deux symptômes dhyperactivité.
Quand apparaît le SSPT ?
Les symptômes peuvent apparaître dans les jours qui suivent la naissance. Lorsque les symptômes perdurent au-delà dun mois, le diagnostic de syndrome de stress post-traumatique peut être établi.
Traitement du SSPT
Il est essentiel de traiter le SSPT pour faciliter la guérison. Les traitements incluent la psychothérapie (thérapie cognitivo-comportementale, EMDR) et, dans certains cas, des médicaments.
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Le Vécu Subjectif de la Césarienne
Les témoignages de femmes ayant vécu une césarienne révèlent une diversité de sentiments et d'expériences. Certaines se sentent soulagées que leur enfant soit né en bonne santé, tandis que d'autres sont traumatisées par le contexte d'urgence, le sentiment de ne pas avoir participé à la naissance, ou la séparation d'avec leur compagnon. Chaque ressenti est différent et respectable.
Témoignages
- Une mère décrit son accouchement par césarienne comme un cauchemar, avec les bras attachés et le sentiment d'être assommée. Elle culpabilise de ne pas pouvoir regarder son bébé et fond en larmes.
- Une autre mère, qui avait prévu un accouchement à domicile, vit la césarienne programmée comme une immense déception.
- Une troisième mère se sent spectatrice de son accouchement après la pose de la péridurale et est terrifiée d'être emmenée au bloc opératoire sans son mari.
- Une quatrième mère se sent souillée et souffre de douleurs intenses pendant l'intervention.
Ces témoignages soulignent l'importance de prendre en compte le vécu subjectif de chaque femme et de proposer un accompagnement personnalisé.
Les Difficultés Rencontrées par les Pères
Les pères aussi vivent leur lot d'émotions lors de ce grand événement, qui peut être difficile à vivre. Ils peuvent ressentir de l'impuissance face à la souffrance de leur femme, de la culpabilité, des craintes pour l'avenir, ou des difficultés à créer un lien avec leur enfant dans les conditions qu'ils espéraient. Certains pères peinent à comprendre le mal-être de leur femme, alors que "tout va bien maintenant". Il est important de ne pas les oublier et de leur offrir un espace pour exprimer leurs émotions.
Comment Améliorer le Vécu de la Césarienne ?
Face à ce constat, Wounded Women et un collège d’experts proposent 30 recommandations concrètes pour transformer l’expérience des femmes avant, pendant et après une césarienne. Des aménagements qui permettraient d’humaniser un peu plus les conditions de la césarienne et de favoriser l'établissement du lien mère-père-enfant, sont possibles.
Avant la Césarienne
- Informer systématiquement toutes les femmes enceintes sur la possibilité d’une césarienne, même si elle n’est pas prévue initialement.
- Proposer une visite du bloc opératoire à toutes les femmes enceintes.
- Préparation à la naissance: La césarienne comme voie d’accouchement possible devrait pouvoir être abordée systématiquement dans toutes les préparations à la naissance.
- Sécurité affective: Il est primordial que quelqu’un soit disponible auprès d’elle pour lui tenir la main, la rassurer, la soutenir et valider sa compétence maternelle. Le conjoint est bien sûr la première personne susceptible de tenir cette place. Et il me semble que sa présence devrait être possible dès l’entrée au bloc opératoire, durant tout le temps de préparation, et pas seulement lors de l’extraction de l’enfant. Car c’est dans cet entre-deux de la décision (pour les césariennes d’urgence) et de la première incision que s’installent les angoisses et le sentiment de dépersonnalisation décrit dans un précédent paragraphe. C’est à ce moment là, plus que jamais, que la femme a besoin d’avoir quelqu’un à ses côtés qui lui fasse vivre un sentiment de continuité, qui accueille puis apaise toutes les angoisses qui s’expriment. La femme, si elle y a été préparée, peut également se mobiliser de manière active dans la naissance de son bébé pour se réapproprier son accouchement et lutter contre un vécu dissociatif. Les préparations à la naissance de type haptonomie et sophrologie peuvent aider au travail de communication affective avec son enfant pour le guider et accompagner en pensées son cheminement de l’intra à l’extra utérin, une disposition psychique propre à apaiser la mère comme le bébé. Les équipes peuvent aussi favoriser la pleine participation de la mère en partageant oralement leur vécu de l’accouchement, les gestes qu’ils pratiquent, ce qu’ils voient ou perçoivent du bébé (“là je sors sa tête, son dos, ses pieds…quel joli bébé”, etc.).
Pendant la Césarienne
- Permettre au co-parent d’être présent lors de la naissance par césarienne.
- Ne pas attacher les bras de la mère
- Mettre le bébé en peau-à-peau avec elle ou avec le père durant les sutures
- Favoriser la pleine participation de la mère en partageant oralement leur vécu de l’accouchement, les gestes qu’ils pratiquent, ce qu’ils voient ou perçoivent du bébé (“là je sors sa tête, son dos, ses pieds…quel joli bébé”, etc.).
Après la Césarienne
- Le fait que le bébé puisse être avec ses parents en salle de réveil durant la surveillance post-opératoire.
- Mise en place des premiers liens mère-bébé: Il est essentiel que soit proposée le plus tôt possible la rencontre entre la mère et son enfant. S’il est maintenant répandu de “présenter” le nouveau né à la mère, il s’agit en général d’un moment très furtif ne laissant pas la place à une véritable rencontre. Et pourtant, les premiers regards, les caresses et le partage des odeurs dès les premiers instants de vie conditionnent la qualité de la relation entre un bébé et sa mère. Pourquoi leur imposer une séparation immédiate (et prolongée) et la perte de repères qu’elle impose au tout petit déjà tant éprouvé par la perte de son milieu d’origine ? Il semble au contraire opportun de permettre autant que possible un peau à peau immédiat (ou presque) et prolongé, tel qu’il est pratiqué pour les accouchements physiologiques, favorisant également la première tétée pour les femmes ayant choisi l’allaitement maternel.
- Rester à l’écoute des mères sur leur ressentis et leur besoins en suites de couches. Un accouchement par césarienne (et tous les autres également) devrait faire l’objet systématique d’un entretien post-natal, offrant à la mère la possibilité de s’exprimer sur son vécu autour de cette naissance. Durant tout le temps d’hospitalisation de la jeune parturiente, il sera essentiel de rester disponible à ses demandes et ne pas préjuger de ses besoins. Certaines auront besoin de beaucoup d’aide et de repos, d’autres auront le souhait d’investir au maximum tous les soins à leur bébé et vivront moins bien la présence soutenue des professionnels ou les propositions de relais.
- Application de parcours de soins post-césarienne développée par Wounded Women.
Approches Thérapeutiques
En tant que psychologue prénatale, je peux témoigner du sentiment de culpabilité, de la douleur et de la colère éprouvés par les parents ayant vécu un accouchement par césarienne, qui ne parviennent pas à franchir l’étape suivante, à savoir apprendre de cette douloureuse expérience tout en cheminant, avec leur enfant, vers une phase de guérison. Car il y a toujours quelque chose à réparer…
- Psychologie prénatale et périnatale: Elle peut aider les parents à progresser vers une meilleure intégration de ce vécu difficile.
- Thérapies individuelles ou de couple: Elles peuvent aider les parents à exprimer leurs émotions, à surmonter leur sentiment de culpabilité et à renforcer leur lien avec leur enfant.
- Groupes de soutien: Ils permettent aux parents de partager leur expérience avec d'autres personnes ayant vécu une césarienne et de se sentir moins seuls.
- Techniques de relaxation et de gestion du stress: Elles peuvent aider les mères à se détendre et à mieux gérer les douleurs post-opératoires.
- EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing): Cette thérapie peut être efficace pour traiter les traumatismes liés à la césarienne.
- Soutien aux enfants: William Emerson, un pionnier dans le soutien aux enfants souffrant de traumatismes périnataux, les huit facteurs suivants peuvent être traumatisants dans une naissance par césarienne.
- L’intrusion physique : le corps de la mère est ouvert pour sortir le bébé.
- L’extraction corporelle : le bébé est délogé du pelvis et cette action lui occasionne beaucoup de confusion.
- Le stress parental : la naissance ne se passe pas comme prévu.
Symptômes chez l'Enfant et Actions Libératrices
On peut distinguer deux grandes catégories de symptômes : ceux qui sont d’ordre somatique et ceux qui relèvent du psychisme. On observe également une réactivité physiologique. Le bébé - surtout si l’accouchement a débuté par voie vaginale, mais s’est terminé par une césarienne d’urgence - éprouve notamment des changements dans ses rythmes respiratoire et cardiaque, et cela chaque fois qu’une situation simulant la naissance se présente. Alors comment pouvons-nous les aider ? Il faut d’abord les observer pour détecter quelles parties de leur corps restent sensibles à la douleur.
Sur le plan des symptômes psychologiques, nous avons été amenés à observer les choses suivantes et notons dans chaque cas les actions susceptibles d’être libératrices.
- Difficultés à s’enraciner dans notre monde: Les personnes nées par césarienne présentent souvent des difficultés à s’enraciner dans notre monde, comme si elles n’en faisaient pas partie. Elles se tournent vers le passé avec nostalgie, sans pouvoir enrichir leur vie présente de l’expérience passée. Des exercices de contact avec la terre ou avec leur propre corps peuvent être utiles, comme les activités de gymnastique, de jardinage ou de cuisine. Les parents peuvent impliquer l’enfant dans des projets qui le mettent en contact avec les beautés du monde physique, tout en lui permettant de reconnaître la dimension spirituelle de toute chose dans une continuité de perception.
- Difficultés à se détendre: Du fait de l’interruption du cycle naturel que constitue la naissance, la personne née par césarienne éprouve souvent des difficultés à se détendre, à laisser les choses se faire naturellement. Elle connaît des périodes de stress et de fatigue intenses. Pour décharger sa tension, elle se lance régulièrement dans des activités qui l’épuisent, comme un travail excessif ou une activité sportive lui permettant d’évacuer un trop-plein d’énergie, quitte à consommer des substances pour se détendre ensuite. Dans ce cas, des exercices de respiration consciente en quatre temps peuvent s’avérer utiles pour intégrer l’expérience de la césarienne dans un cycle naturel. Dans un premier temps, l’on inspire profondément, puis l’on se laisse envahir par un sentiment de plénitude, l’on pousse alors la phase d’exhalation jusqu’à son maximum et l’on accueille le moment de détente qui précède un nouveau cycle. De nombreuses techniques de relaxation peuvent aider à se détendre naturellement, afin d’éviter de recourir à des substances, de s’épuiser dans une carrière ou dans des exercices physiques trop intenses. Elles peuvent varier selon l’âge et les habitudes culturelles de chacun.
- Difficultés dans la perception du temps: Lorsqu’il y a césarienne, un tel dialogue est inexistant puisqu’un facteur extérieur s’interpose et que le processus démarre sans le consentement du bébé. Le moment si important du déclenchement de la naissance est réduit à une activité profitable, ou tout au moins à un épisode contrôlé par d’autres. Je n’ai aucun droit. Pour aider ces personnes, il serait important qu’elles-mêmes, leur environnement, leurs parents et leur famille… s’imprègnent de profondes valeurs de respect, qu’elles apprennent à répondre à leurs besoins primaires de reconnaissance, d’appréciation et de gratitude, qu’elles prennent la pleine responsabilité de la satisfaction de leurs besoins et s’éloignent des mécanismes de compensation avec lesquels elles gèrent leurs peurs ou leurs souffrances. Qu’elles retrouvent peu à peu leur capacité à « être soi ».
- Engourdissement: Lors d’une césarienne, la mère subit une anesthésie, qu’elle soit totale ou péridurale. La quantité d’analgésique administrée est calculée en fonction du poids de la mère, et le produit parvient aussi dans l’organisme du bébé chez lequel il provoque un engourdissement. C’est particulièrement vrai de ses extrémités avec lesquelles l’enfant est en contact physique avec le corps de sa mère, et participe ainsi à l’événement confirmant que constitue sa propre naissance. Lorsque j’en ai le plus besoin, je ne peux pas compter sur mes compétences et reste là, impuissant(e). Lors d’un examen important par exemple, j’ai le sentiment d’avoir tout oublié. Rappelons en effet qu’en cas d’anesthésie, la mère doit être prise en charge médicale-ment et son nouveau-né n’a pas l’opportunité de s’attacher à elle lors de la première heure qui suit l’accouchement. En conséquence, cette occasion perdue va influencer ses relations pour le reste de son existence : il aura plus de difficulté à vivre une relation intime, à se sentir aimé sur un plan profond.
- Peur omniprésente: En cas de césarienne d’urgence, mais aussi pour les opérations planifiées, la peur est omniprésente. Et cette peur reste piégée dans le système nerveux. Pour aider la personne adulte à accueillir cette peur afin que cette dernière lâche prise, voici quelques suggestions. Elle peut cherche à se reconnecter à sa force vitale par des cours ou des exercices de réappropriation portant sur sa puissance créatrice et la manière de se confirmer tout en se respectant. Des techniques corporelles peuvent l’aider à libérer la terreur emprisonnée dans les cellules du corps.
- Sentiment d'une intervention extérieure: L’intervention chirurgicale est également traumatisante. En plus des vécus de violence et de déni mentionnés précédemment, selon qu’elle sauve la vie d’un bébé en danger de mort ou qu’elle précipite une naissance prématurée, la césarienne laisse l’empreinte d’une intervention extérieure. Selon les circonstances, le bébé peut ressentir un soulagement ou, au contraire, une colère pour cette aide extérieure. Là encore, bien des techniques et propositions de soins peuvent aider. Plus précisément, nous suggérons que les futures mères travaillent sur leurs propres souffrances prénatales et périnatales, et résolvent ces traumatismes afin de ne pas les revivre lors de l’accouchement. Il faut également enseigner l’autonomie et la manière dont chacun peut subvenir à ses besoins. Les parents et les éducateurs doivent apprendre à accompagner leurs enfants dans cette démarche. De même, il s’agit de montrer que l’on peut prendre soin de soi-même, s’accepter et s’aimer non pas dans le sens narcissique du terme, mais en célébrant la beauté de la vie. Les aptitudes à la communication peuvent être développées, les capacités de relation également. On peut apprendre à rétablir des contacts physiques sains et appropriés. De nombreuses disciplines peuvent se conjuguer harmonieusement pour soutenir enfants et adultes dans leur passage d’une situation traumatisante à un meilleur équilibre de vie. La psychologie prénatale, la philosophie, l’éducation et l’art en sont quelques exemples. Selon l’âge, on peut travailler avec la thérapie par le jeu, les sons, l’art et la musique, les réflexes, les mythes et les contes, les techniques psychothérapeutiques, le mouvement et les pratiques de détente corporelle, etc. Plus les schémas spécifiques de comportement sont détectés rapidement, mieux cela vaudra et plus vite la personne pourra progresser vers l’expression de son potentiel. Dans nos séminaires de soutien aux enfants et adultes nés par césarienne, nous apprenons à mettre en œuvre ce processus pour vous et vos enfants.
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