L'appareil reproducteur, un système d'organes interconnectés, permet la reproduction. On l'appelle aussi appareil génital, car il est responsable de la création d'une nouvelle génération. Chez l'homme, les testicules, situés dans le scrotum, produisent 200 millions de spermatozoïdes par jour à partir de la puberté et jusqu'à la mort. Les spermatozoïdes sont stockés dans l'épididyme, une poche située sur le côté du testicule. Lors d'un rapport sexuel, les spermatozoïdes quittent l'épididyme et passent dans le canal déférent, dont il existe deux, un de chaque côté du corps. Ces canaux remontent dans l'abdomen, puis redescendent sous la vessie pour rejoindre la prostate et les vésicules séminales. Ces organes produisent le liquide séminal, qui, combiné aux spermatozoïdes, forme le sperme.

L'appareil reproducteur féminin comprend les ovaires, qui produisent des ovules, les cellules reproductrices femelles. L'ovule, comme le spermatozoïde, est constitué d'une membrane, d'un cytoplasme et d'un noyau. Lors de la fécondation, l'union des deux cellules reproductrices, et donc des deux noyaux, donne naissance à un embryon. Les ovaires ne fonctionnent pas en même temps, et chaque mois, un seul ovaire libère un seul ovule, qui ne survit que 24 à 48 heures dans les trompes utérines. L'ovule n'est pas libéré directement dans l'utérus, mais est aspiré par le pavillon de la trompe. L'appareil reproducteur féminin comprend également l'utérus, un muscle creux dont la couche interne, l'endomètre, s'enrichit en vaisseaux sanguins pour accueillir un embryon. En l'absence de fécondation, la muqueuse est détruite et éliminée par le vagin sous forme de règles. La puberté marque le passage de l'enfance à l'âge adulte, et la mise en place de l'appareil reproducteur commence pendant la grossesse et s'achève pendant la puberté, sous l'action d'hormones.

Il est important de noter que les mots "spermatozoïde" et "spermiducte" se ressemblent beaucoup et sont souvent confondus.

Les testicules : organes clés de la reproduction masculine

Les testicules sont les principaux organes reproducteurs mâles, jouant un rôle crucial dans la reproduction humaine et la régulation hormonale du système endocrinien. Situés dans le scrotum, ils sont responsables de la production de spermatozoïdes par le biais de la spermatogenèse et de la sécrétion de testostérone, l'hormone des caractères sexuels secondaires. Chaque testicule est entouré de plusieurs couches protectrices, dont la tunica vaginalis (une membrane séreuse dérivée du péritoine) et la tunica albuginea (une capsule fibreuse dense qui enveloppe le parenchyme testiculaire et forme des septa séparant les lobules testiculaires). Chaque testicule contient environ 250 à 300 lobules testiculaires, chacun abritant 1 à 4 tubes séminifères, où se déroule la spermatogenèse. Les tubes séminifères convergent vers le réseau testiculaire (rete testis), qui connecte les testicules à l'épididyme via les canaux efférents. Les testicules sont irrigués par les artères testiculaires, branches de l'aorte abdominale.

Spermatogenèse : le processus de production des spermatozoïdes

La spermatogenèse est une fonction biologique complexe qui comprend des processus de prolifération cellulaire, de méiose et de différenciation visant à la production de gamètes mâles dans le testicule. L'épithélium séminifère, où se déroule ce processus, est bien décrit sur le plan de son organisation et de la morphologie des cellules qui le composent. Les mécanismes moléculaires qui sous-tendent la spermatogenèse ne sont pas encore complètement décryptés. Les cellules germinales diploïdes indifférenciées, les spermatogonies, entrent en méiose pour donner des cellules haploïdes qui subissent de nombreuses transformations morphologiques, notamment la compaction du génome, la formation de l'acrosome et du flagelle.

Lire aussi: Facteurs clés de la lactation bovine

Le rôle essentiel des cellules de Sertoli

Ces processus sont largement supportés par les cellules de Sertoli, des cellules nourricières qui sont en étroite interaction mécanique et fonctionnelle avec les cellules germinales. Les cellules germinales et les cellules de Sertoli entretiennent le dialogue nécessaire au bon déroulement de la spermatogenèse et de la spermiogenèse, dont dépend la production de 100 millions de spermatozoïdes par jour chez le rat. La spermatogenèse repose sur l'expression coordonnée et séquentielle des gènes, dont les produits spécifiques de chaque stade de développement des cellules germinales sont essentiels à chaque étape clé et à son bon déroulement.

Les cellules de Sertoli sont de grandes cellules à noyaux encochés qui vont de la membrane basale à la lumière du tube séminifère. Ce sont les cellules de soutien de la spermatogenèse, et leur nombre serait un élément important en relation avec le nombre de gamètes produits chez l'homme. Ces cellules acquièrent un caractère différencié à la puberté et sont non seulement les cellules de soutien, mais également les cellules nourricières de la spermatogenèse, notamment de par le nombre de facteurs de croissance sécrétés et de par les contacts physiques avec les cellules germinales. Elles ont un rôle essentiel dans les régulations paracrines (dans le testicule) mais également endocrines (hors testicule, par exemple sur l'hypophyse).

Les différentes phases de la spermatogenèse

Les cellules germinales sont composées de trois grandes catégories de cellules correspondant à des phases de la spermatogenèse :

  • La phase de division implique les spermatogonies et permet la continuité de la spermatogenèse chez l'adulte.
  • La phase de méiose concerne les spermatocytes et permet la création de cellules haploïdes et le brassage génétique.
  • La phase de division met en jeu les spermatogonies qui sont des cellules diploïdes (2n chromosomes) sièges de divisions cellulaires classiques. Il existe trois sortes de spermatogonies selon leur degré de différenciation ou de division : Ad, Ap et B.

La phase de méiose met en jeu les spermatocytes. Le spermatocyte I issu de la division des spermatogonies B est le siège, pendant la période qui précède la prophase de la première division de la méiose, d'une activité de synthèse très importante qui se traduit par une augmentation du cytoplasme et un doublement de la qualité d'ADN (2n chromosomes, 4ADN). Cette cellule (parfois appelé auxocyte) est la plus volumineuse de la spermatogenèse observée sur les coupes tissulaires. Elle est le siège de la première division de la méiose, la mitose réductionnelle qui entraîne la séparation des chromosomes homologues appariés, pour aboutir au spermatocyte II, cellule haploïde ayant n chromosomes mais 2ADN.

La phase de différenciation appelée spermiogenèse, concerne la spermatide qui est une cellule ronde issue de la mitose équationnelle de la méiose. Cette cellule ronde subit une différenciation très poussée, avec notamment plusieurs événements d'importance. Il s'agit tout d'abord de la mise en place de l'acrosome, à partir de la confluence de vésicules sécrétées par l'appareil de Golgi, qui va venir recouvrir les deux tiers antérieurs du noyau. Pendant la transformation nucléaire, les histones sont remplacées par des protéines de transition puis par des protamines, ce qui va avoir pour conséquences une extrême compaction du matériel nucléaire et une protection du génome. Les histones représenteront, dans le spermatozoïde, seulement 20 % environ des protéines nucléaires. Il est à noter lors de ces déplacements, l'induction de cassures dans l'ADN qui doivent être réparées pour avoir un génome normal. Se produit ensuite la mise en place du flagelle, l'axonème du flagelle ayant pour origine le centriole distal, le centriole proximal qui joue un rôle après la fécondation se situant juste en dessous de la pièce connective assurant la cohésion entre la tête et le flagelle du spermatozoïde. Puis un manchon de mitochondrie se met en place au niveau de la pièce intermédiaire du flagelle.

Lire aussi: Diagnostic des Cellules Col Anormales

Régulation de la fonction testiculaire

Le "chef d'orchestre" de la fonction testiculaire est la production pulsatile de GnRH (Gonadotropin Releasing Hormone) par des neurones de l'hypothalamus, production très augmentée à la période pubertaire, alors que s'installe la fonction testiculaire. Il existe également des sécrétions autocrines - la sécrétion de la testostérone exerce une rétro-inhibition sur l'activité des enzymes de la stéroïdogenèse à l'intérieur de la cellule de Leydig - et des sécrétions paracrines entre la cellule de Sertoli et la cellule de Leydig.

Chez les mammifères, une spermatogenèse normale nécessite une hypothermie physiologique : la température des testicules doit être plus basse que la température corporelle. Chez l'homme, une température testiculaire d'environ 33-35 °C permet un fonctionnement optimal de la spermatogenèse. Cette hypothermie relative (euthermie testiculaire) est maintenue grâce au système vasculaire particulier qui permet, par des échanges thermiques à contre courant, un refroidissement du sang artériel arrivant au testicule et également grâce au système scrotal, qui par ces capacités d'adaptation, va permettre les échanges entre le scrotum et le milieu extérieur et ainsi refroidir le contenu scrotal. Par ailleurs, il faut noter que l'épididyme est également un organe thermosensible nécessitant un environnement thermique abaissé.

AMPK et son rôle potentiel dans la fonction des spermatozoïdes

L'AMPK (5'adenosine monophosphate-activated protein kinase) contrôle l'homéostasie énergétique en stimulant les voies productrices d'ATP et en inhibant les voies qui en consomment. Présente dans différents compartiments subcellulaires des spermatozoïdes, l'AMPK pourrait impacter les fonctions biologiques des gamètes. L'AMPK est un senseur clé du métabolisme énergétique cellulaire qui participe à de multiples cascades de kinases. Cette sérine-thréonine protéine kinase a été conservée tout au long de l'évolution des eucaryotes, de la levure aux mammifères. L'AMPK est un complexe hétérotrimérique formé d'une sous-unité catalytique α et de deux sous-unités régulatrices, β et γ, dont les différentes isoformes permettent la formation de 12 complexes différents. L'AMPK participe à la détection et au contrôle de l'équilibre énergétique cellulaire de l'ensemble de l'organisme par sa sensibilité à l'AMP et à l'ADP. L'activation de l'AMPK permet de compenser la perte d'ATP en stimulant des mécanismes cataboliques et en inhibant des mécanismes anaboliques.

Lire aussi: Nouvelles technologies de procréation

tags: #cellules #nourricières #des #spermatozoïdes #rôle

Articles populaires: