Il est angoissant pour les parents de voir leur enfant se réveiller en hurlant au milieu de la nuit, apparemment effrayé et inconsolable. Ces épisodes, qu'il s'agisse de cauchemars, de terreurs nocturnes ou de simples réveils agités, peuvent perturber les nuits familiales. Comment distinguer ces troubles du sommeil ? Quelles en sont les causes et comment y réagir ?

Différencier Cauchemars et Terreurs Nocturnes

Bien que souvent confondus, les cauchemars et les terreurs nocturnes sont des phénomènes distincts.

Moment d'Apparition

La première différence réside dans le moment de la nuit où ils surviennent. Les terreurs nocturnes se manifestent généralement en début de nuit, 1 à 2 heures après l’endormissement, pendant les phases de sommeil lent profond, soit avant 23h ou minuit. Les cauchemars, quant à eux, se produisent plutôt en seconde partie de nuit, durant la phase de sommeil paradoxal.

Comportement de l'Enfant

Pendant une terreur nocturne, l'enfant peut se réveiller en pleurant, en criant, parfois même en hurlant. Il a l’air effrayé, agité, voire agressif. Il a les yeux ouverts, mais semble être ailleurs, regarde fixement. Il parle, mais ses paroles sont incompréhensibles. Il s’assoit, se débat, transpire. L'enfant a l'air effrayé, regarde dans le vide et ne semble ni voir, ni reconnaître ses parents. Puis, la terreur nocturne s'arrête aussi brutalement qu'elle a commencé : l'enfant se calme et se recouche.

Lors d'un cauchemar, l'enfant se réveille en pleurant, est conscient de la situation, se souvient, même de façon floue, de son rêve angoissant, reconnaît parfaitement ses parents et a besoin d'être rassuré et consolé. L’endormissement peut s’avérer difficile.

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Souvenir de l'Événement

Le lendemain matin, l'enfant ne se souvient généralement pas d'un épisode de terreur nocturne. S’il n’en parle pas, évitez d’amener le sujet. Au contraire, il peut se souvenir de son cauchemar, même de façon floue.

Âge d'Apparition

L'âge d'apparition de ces deux troubles du sommeil peut également être une bonne façon de les différencier. Les cauchemars débutent rarement avant l'âge de 1 an ou 18 mois, alors que les terreurs nocturnes peuvent survenir dès 6 à 7 mois, avec un pic de fréquence aux alentours de 3 à 4 ans.

Causes Possibles des Terreurs Nocturnes

Les causes exactes des terreurs nocturnes ne sont pas entièrement connues, mais plusieurs facteurs peuvent y contribuer.

Développement du Rythme Circadien

Le corps s’inscrit dans un rythme circadien. Durant sa croissance, sa mise en place peut engendrer certaines manifestations comme des épisodes de terreur nocturne.

Facteurs Psychologiques

A partir de 6 ans, les terreurs nocturnes peuvent être attribuées à un facteur psychologique.

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Autres Facteurs

Hérédité, manque de sommeil, situation stressante, fièvre… Les sources sont assez obscures aujourd’hui.

Excès de Fatigue

Il semblerait que la principale cause des terreurs nocturnes soit un excès de fatigue. La surcharge émotionnelle et la fatigue excessive perturbent profondément le sommeil de votre bébé. Quand votre petit est épuisé, son cerveau peine à gérer les transitions entre les cycles de sommeil, augmentant le risque de terreurs nocturnes.

Que Faire en Cas de Terreur Nocturne ?

Si votre enfant est en proie à une terreur nocturne, il n’est pas nécessaire de le réveiller brutalement. Certains bébés et certains enfants ne supportent pas d’être touchés pendant une crise de terreur nocturne. Il est important de ne pas tenter de réveiller votre enfant. Cela pourrait augmenter son état d’angoisse et le perturber.

Rester en Retrait

A la différence des cauchemars, après lesquels les parents ont tout intérêt à prendre leur enfant dans les bras, lui parler et le rassurer, les terreurs nocturnes nécessitent de rester en retrait.

Assurer la Sécurité

Votre rôle sera simplement de vous assurer qu’il ne se blesse pas pendant cette phase. Vous pouvez cependant rester à côté du lit et attendre qu’il se rendorme tranquillement.

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Ne Pas S'Inquiéter Outre Mesure

Si elles sont saisissantes, les terreurs nocturnes demeurent un phénomène normal, quoique relativement peu fréquent. Les terreurs nocturnes sont un trouble fréquent et le plus souvent passager, et ne nécessitent pas d’intervention médicale.

Parler des Cauchemars

En cas de cauchemars, qui génèrent des angoisses et des frayeurs chez le bébé, il est à l'inverse souhaitable d'en parler avec eux le lendemain matin. "On peut dédramatiser les cauchemars, expliquer que c'est normal et que c'est même une bonne chose : parce qu'on évacue dans la nuit ce qu'on n'ose pas exprimer dans la journée" explique la psychologue.

Prévention des Terreurs Nocturnes

Plusieurs habitudes et rituels peuvent être mis en place pour améliorer le sommeil de bébé et limiter les cauchemars et terreurs nocturnes.

Rythme de Sommeil Régulier

Le cycle naturel du sommeil se construit progressivement chez les tout-petits. Un bébé bien reposé, suivant des horaires réguliers de coucher et de lever, développe une meilleure résistance aux troubles du sommeil. La mise en place d'un rythme constant réduit considérablement les risques de terreur nocturne.

Gestion du Stress Quotidien

Créez des moments calmes pendant la journée pour aider votre enfant à décompresser. Une pause lecture, un temps de câlin ou une session de jeux tranquilles permettent d'évacuer les tensions accumulées.

Rituels Apaisants du Soir

La façon dont l’enfant s’endort est importante pour la qualité de sa nuit : le petit rituel du coucher, permet de favoriser le calme et la détente au moment de l'endormissement. La mise en place d'un rituel du soir commence par un bain tiède relaxant, suivi d'un massage doux avec une huile apaisante. Ce moment de détente prépare naturellement votre bout'chou au sommeil.

Alimentation Adaptée

Les activités physiques et sports stimulants seront idéalement limités en fin de journée, de même que tous les excitants, tels que le coca, le sucre ou les dîners trop gras, donc lourds à digérer.

Limiter les Écrans

Toute forme d'écran sera idéalement bannie plusieurs heures avant le coucher, même si c'est pour regarder une histoire douce, supposée préparer l'enfant au sommeil. Même une télévision éteinte dans la chambre peut avoir un effet, tout comme la quantité d’écrans. En clinique, nous avons tendance à dire que chaque minute d’écran correspond à une minute de sommeil en moins, et de mauvaise qualité.

Histoires Apaisantes

"Si l'enfant est sujet aux nuits agités et à l'anxiété, on veillera à ne pas lui raconter des histoires de loup et de sorcière, même s'il le demande !" insiste la psychologue. Les histoires du soir doivent être douces et apaisantes, afin de mettre l’enfant dans un état de détente.

Quand S'Inquiéter et Consulter ?

Dans la majorité des cas, les terreurs nocturnes sont un phénomène passager qui ne nécessite pas d'intervention médicale. Cependant, il est important de consulter un médecin si :

  • Les crises sont très fréquentes et perturbent le sommeil de l'enfant et de ses parents.
  • L'enfant se blesse pendant les crises.
  • Les crises persistent au-delà de l'âge de 6 ans.
  • Vous suspectez un problème médical sous-jacent (apnée du sommeil, etc.).

Il est préférable de consulter des spécialistes médicaux du sommeil, comme ceux de SommeilEnfant.org, qui collaborent avec l’hôpital Femme et Enfant. En cas de doute, nous pouvons orienter directement des patients vers l’hôpital.

Troubles du Sommeil Associés

Plus de 30% des enfants de moins de 5 ans souffrant de terreurs nocturnes vivent des épisodes de somnambulisme. Entre l’âge de 5 ans et de 12 ans, la probabilité de crises de somnambulisme descend à 15%. Lorsque votre enfant a des terreurs nocturnes il peut développer une énurésie. Ce trouble induit le fait d’uriner dans son lit sans pouvoir le contrôler. Parfois la terreur nocturne peut révéler un syndrome d’apnée obstructive du sommeil.

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