Catherine Lachens, figure emblématique du cinéma français des années 1970 et 1980, s'est éteinte le 27 septembre 2023 à Paris, à l'âge de 78 ans. Née le 2 septembre 1945 à Boulogne-Billancourt, elle laisse derrière elle une carrière riche et diversifiée, marquée par son talent, son exubérance et son éclectisme.

Formation et Débuts

Après avoir parcouru l'Europe en stop et en mobylette pendant près d'un an et demi, Catherine Lachens se lance dans la comédie à la fin des années 1960. Elle suit les cours de Jean Périmony (1968/69) puis de Jean-Laurent Cochet (1970/71). Elle entre ensuite au Conservatoire national de Paris, où elle étudie notamment avec Robert Manuel et Antoine Vitez. Fait rare, elle en ressort en deuxième année avec trois Premiers Prix : classique, contemporain et étranger. Elle obtient également un premier prix de diction.

Avant de percer dans le cinéma, Catherine Lachens exerce divers petits boulots, tels que responsable des questionnaires à la régie Renault, ouvreuse au cinéma Le Palace, rue Montmartre, et "déchargeuse" de cageots aux halles la nuit.

Elle fait ses débuts au cinéma en 1972, sous la direction de Jacques Deray, aux côtés d'Alain Delon dans Flic Story, et de Nina Companeez, dans L'Histoire très bonne et très joyeuse de Colinot trousse-chemise, avec Francis Huster et Brigitte Bardot. La même année, elle sort du Conservatoire avec plusieurs prix, dont ceux d'art dramatique moderne et classique. Elle débute sur les planches dans Le Cheval fou de Jean Giono et au cinéma dans What a Flash! de Jean-Michel Barjol.

Une Carrière Cinématographique Éclectique

Catherine Lachens s'illustre rapidement dans le registre de la comédie, tournant à quatre reprises sous la direction de Georges Lautner, mais aussi avec Philippe de Broca, Pierre Richard, Jean Yanne, Claude Zidi, Pierre Tchernia, Paul Vecchiali et Yves Boisset.

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Elle enchaîne les rôles les plus divers, incarnant aussi bien des grandes bourgeoises que des épouses délaissées, des prostituées au grand cœur, des directrices d'école ou des maîtresses passionnées. Elle passe du film policier (Flic Story, Mort d'un pourri) à la comédie légère (Silence on tourne !), de l'étude de mœurs (Le Divorcement, La Vie dissolue de Gérard Floque, Rosa la rose, fille publique) au drame (Deux lions au soleil, L'Arrestation, Le Toubib) en passant par le film d'aventure (Le Prix du danger).

Parmi ses rôles les plus marquants, on peut citer sa prestation dans Je suis timide mais je me soigne de Pierre Richard, où elle incarne une camionneuse entreprenante. Elle retrouve Alain Delon dans Le Gang, Le Toubib et Un amour de Swann. Jusqu'au début des années 1990, sa carrière au cinéma est florissante, avec des collaborations avec Claude Zidi (Bête, mais discipliné), Yves Boisset (Le Prix du danger), Claude Chabrol (le téléfilm Le Sang des autres porté par Jodie Foster) et Pierre Richard (Je suis timide, mais je me soigne). Georges Lautner et Paul Vecchiali la dirigent à plusieurs reprises dans des registres opposés.

Plus rare sur les écrans depuis les années 1990, elle apparaît dans Gazon Maudit (1994), un épisode de la série Scènes de ménages sur M6 et Les Beaux Jours (2013).

Théâtre : Des Classiques aux Contemporains

Catherine Lachens est également une comédienne de théâtre accomplie. De Molière à Jean Genet, de Feydeau à Max Frisch, de Kafka à Audiberti, en passant par Racine et Ionesco, elle alterne grands classiques et "curiosités" contemporaines, Jean-Edern Hallier, Pierre Laville, sous la direction de metteurs en scène de renom tels que Roger Planchon, David Esrig, Marcel Maréchal, Andrzej Wajda, Jean-Pierre Miquel, Jacques Rosner et Daniel Mesguich. Ces expériences l'emmènent à travers l'Europe et jusqu'en Russie. Elle considère Pascale de Boysson, partenaire à la ville comme à la scène de Laurent Terzieff, comme sa "marraine" ou "maman" de théâtre.

Rencontres et Inspirations

La vie de Catherine Lachens est jalonnée de rencontres marquantes. Elle croise Gena Rowlands, Salvador Dalí, qui aimait l'entendre lire ses propres textes et en avait fait sa lectrice particulière, et Federico Fellini, à Cinecittà, alors qu'elle tournait Rouge Venise (1988), avec lequel elle entretiendra une correspondance. Dalí la surnommait son "lion liseur".

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Autres Talents : Sculpture et Télévision

Outre son talent d'actrice, Catherine Lachens est également sculpteur. Elle participe à plusieurs expositions, notamment à la Fondation Charles Bassompierre, à l'hôtel du Louvre, au Palais des Congrès, à l'avenue Montaigne, à la Maison de la Radio et à la Galerie Paradis, aux côtés d'autres artistes de la profession tels que Anny Duperey, Sapho, Serge Reggiani, Michèle Morgan, Renaud et Amanda Lear.

À la télévision, elle est une invitée récurrente de L'Académie des neuf dans les années 1980 puis de son successeur, Le Kadox, à la fin des années 1990.

Filmographie Sélective

  • 1972 : Flic Story de Jacques Deray
  • 1972 : L'Histoire très bonne et très joyeuse de Colinot trousse-chemise de Nina Companeez
  • 1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca
  • 1976 : Monsieur Albert de Jacques Renard
  • 1979 : Flic ou voyou de Georges Lautner
  • 1979 : Le Toubib de Pierre Granier-Deferre
  • 1980 : La Vie dissolue de Gérard Floque de Pierre Stoecklin
  • 1980 : Le Prix du danger d'Yves Boisset
  • 1980 : Mort d'un pourri de Georges Lautner
  • 1981 : Le Sang des autres (téléfilm) de Claude Chabrol
  • 1981 : Ils sont fous ces sorciers de Georges Lautner
  • 1982 : Le Gendarme et les Gendarmettes de Jean Girault et Tony Aboyantz
  • 1983 : Un amour de Swann de Volker Schlöndorff
  • 1985 : Rosa la rose, fille publique de Paul Vecchiali
  • 1995 : Gazon maudit de Josiane Balasko
  • 2015 : Pension complète, remake de La Cuisine au beurre par Florent-Emilio Siri.
  • 2015 : Scènes de ménage (série télévisée)

Héritage

Catherine Lachens laisse derrière elle une œuvre riche et variée, témoignant de son talent, de sa passion et de son engagement. Son visage et sa voix si caractéristiques resteront gravés dans la mémoire du public. Elle incarnait une certaine idée de la comédie française, libre et décomplexée, où le plaisir du jeu l'emportait sur les considérations mercantiles. Son exubérance, sa gouaille et son éclectisme en ont fait une figure incontournable du paysage audiovisuel français.

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