Introduction
L'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest en 2014 a mis en lumière les défis complexes liés à la gestion des crises sanitaires à grande échelle. Cet article examine, à travers une analyse ethnographique comparée de deux centres de traitement Ebola (CTE) mis en place par Médecins sans frontières (MSF) en Guinée, l'organisation des soins, les similitudes avec les « formes-camp » contemporaines, et les implications pour la gouvernance globale de la santé dans un contexte postcolonial. L'étude révèle comment ces centres, bien qu'essentiels pour contenir l'épidémie, ont également soulevé des questions éthiques et sociales profondes.
Siège et Ressort des Cours d'Appel et des Tribunaux Supérieurs d'Appel
Il est essentiel de comprendre le cadre juridique et administratif dans lequel ces centres de traitement ont opéré. La Guinée, comme d'autres pays, dispose d'une organisation judiciaire structurée avec des cours d'appel et des tribunaux de différentes instances. Par exemple, la Cour d'appel d'Agen en France a un ressort qui inclut des départements comme le Gers et le Lot-et-Garonne, avec des tribunaux de grande instance et d'instance répartis dans des villes comme Auch, Condom, Lectoure et Mirande.
De même, la Cour d'appel d'Aix-en-Provence couvre des départements comme les Alpes-de-Haute-Provence et les Alpes-Maritimes, avec des tribunaux à Digne-les-Bains, Forcalquier, Grasse et Nice. Cette organisation administrative est cruciale pour l'application des lois et la gestion des affaires publiques, y compris les urgences sanitaires.
Organisation des Soins dans les Centres de Traitement Ebola (CTE)
Les CTE, tels que ceux de Guéckédou et Wonkifong, étaient conçus comme des structures d'isolement et de quarantaine. Le modèle s'inspirait d'un « kit » sanitaire d'urgence développé par MSF pour juguler des épidémies précédentes d'Ebola en Afrique centrale et au Soudan. Ces centres se sont rapidement imposés comme une évidence pour soigner les malades et contenir la propagation du virus.
Le CTE de Guéckédou, situé au sommet d'une colline, était auparavant connu sous le nom de la Trypano, un service de lutte contre la trypanosomiase. Au plus fort de l'épidémie, il disposait de 100 lits et de 355 employés. Chaque jour, des équipes sillonnaient la région pour sensibiliser les populations et identifier les cas suspects.
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Le CTE de Wonkifong, quant à lui, était le fruit d'une collaboration entre le gouvernement guinéen, l'OMS et des équipes médicales étrangères de Cuba et de l'Union africaine. Financé par le Programme Alimentaire Mondial, il était le plus grand centre de traitement du pays avec une superficie de 6400 m².
Procédures d'Admission et de Triage
L'admission dans un CTE impliquait des procédures strictes pour éviter la contamination. Chaque personne devait passer ses semelles et ses mains à l'eau chlorée. L'arrivée d'une ambulance était souvent source de tension, comme l'illustre l'exemple du mari accompagnant sa femme malade, suscitant des réactions concernant le respect des protocoles.
La salle de triage était une zone cruciale où un membre du personnel soignant évaluait rapidement s'il s'agissait d'un cas suspect ou présumé d'Ebola. Cette salle était divisée en deux, séparant physiquement les patients des soignants par une barrière de plastique orange. Les patients suspects étaient placés dans une tente séparée, divisée par une barrière de chantier pour éviter la contamination croisée.
Attente des Résultats et Gestion des Patients
L'attente des résultats du test sanguin (PCR) était une période anxiogène pour les patients. Un test négatif nécessitait une attente supplémentaire de 48 heures pour un second contrôle. Cette procédure déterminait si un individu était un non-cas ou un cas confirmé.
Dans la tente réservée aux cas suspects ou probables, les lits étaient peu espacés et les toilettes partagées, créant des situations de tension. Des éclats de voix pouvaient retentir, comme lorsqu'un homme paniquait à l'idée d'être contaminé par un nouveau venu.
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Des événements tragiques, tels que la découverte d'un homme mort sur son lit et d'un autre caché sous les couvertures à proximité d'un cadavre, illustrent les défis logistiques et humains auxquels étaient confrontés les CTE. Les soins étaient organisés en gardes de 24 heures, et il n'était pas rare que vivants et morts cohabitent pendant plusieurs heures.
Les CTE comme "Formes-Camp"
Les CTE partagent plusieurs points communs avec les « formes-camp » qui peuplent le monde contemporain. Ces similitudes incluent :
- La Frontière : Les CTE matérialisent une frontière entre ceux qui sont considérés comme sains et ceux qui sont perçus comme une menace, nécessitant un contrôle strict des entrées et sorties.
- La Logique Épidémiologique : La gestion des CTE est basée sur une logique épidémiologique, où la priorité est de contenir la propagation du virus, parfois au détriment des besoins individuels des patients.
- Le Triage des Populations : Le triage des patients, bien que nécessaire, crée une hiérarchie où certains sont considérés comme plus prioritaires que d'autres.
- La Suppression de l'Éthique Ordinaire : Dans l'urgence de l'épidémie, certaines considérations éthiques ont été mises de côté, comme le droit des patients à être accompagnés par leurs proches.
Gouvernance Globale de la Santé et Contexte Postcolonial
L'expérience d'Ebola révèle l'avènement d'un régime global de gouvernance de la santé qui s'inscrit dans un contexte postcolonial. Ce régime est fondé sur la mobilisation de technologies sanitaires et sécuritaires (biosécurité) et structuré par la polarisation entre une élite transnationale et une population flottante, sans visage, perçue comme une menace.
En Guinée, cela se traduit par un rapport singulier des populations à l'État et aux élites, marqué par une histoire de violence et d'extraction. Les CTE sont ainsi un exemple de la manière dont les populations africaines sont gérées dans le cadre de la biopolitique et de la nécropolitique.
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