La France commémore son histoire à travers les noms de rues, les monuments et les statues. Cette étude analyse les odonymes liés à la colonisation et à l'esclavagisme dans l'espace urbain parisien et d'autres villes françaises. Les odonymes, noms d'espaces publics, reflètent la vie sociale et les valeurs d'une époque. Ils constituent des marqueurs de l'histoire et une mémoire vivante du passé. Depuis les lois de décentralisation de 1982, les maires et les conseils municipaux décident de leur attribution. La nomination des espaces publics est devenue plurielle, avec des revendications de genre dénonçant l'occultation des femmes dans l'histoire. Le rôle des femmes dans le mouvement colonial français est largement occulté dans la nomination des rues.

Au cours de l'histoire de France, les choix des figures coloniales pour nommer les rues se sont portés sur des « héros », des conquérants, masculins, occultant largement les explorateurs, les découvreurs, les missionnaires, et « effaçant », « invisibilisant », les noms des résistants à la colonisation. Une décolonisation de l'espace public s'impose, afin de remettre en question une lecture unique de l'histoire. Des mouvements associatifs, des historiens, demandent la prise en compte de la mémoire de l'esclavage, à Paris, dans les deux principaux ports coloniaux français, Nantes et Bordeaux, et progressivement dans l'ensemble des villes françaises. Pour faciliter des choix pluriels, l'État français encourage les collectivités territoriales à la mise en place de « contre-récits », pour honorer les héros et les héroïnes de la période coloniale, oubliés par l'histoire.

Inès Lyautey: Une Vie Dévouée au Service des Autres

Inès de Bourgoing, née à Paris le 5 janvier 1862, fut une grande dame dont l'action généreuse et humaine reste méconnue. Elle a initié des actions humanitaires et sociales qui ont devancé des initiatives plus structurées. Veuve du colonel Fortoul en 1900, elle se consacre au service des autres. Elle suit des cours d'infirmières et obtient son diplôme en 1901, puis entre à la Société de Secours aux Blessés Militaires (S.S.B.M.).

En août 1907, elle part au Maroc à la tête d'une équipe d'infirmières volontaires pour soigner les blessés à Casablanca. C'est lors de cette mission qu'elle rencontre le général Lyautey, qu'elle épousera en 1909.

Le Rôle d'Inès Lyautey au Maroc

Au Maroc, le nom de Madame Lyautey est lié à la création et à l'organisation d'œuvres d'assistance à l'enfance : gouttes de lait, pouponnières, crèches, orphelinats, jardins de soleil. La "Maternité Maréchale Lyautey", première maternité du Maroc, comprend une pouponnière, une crèche, une garderie, une goutte de lait et une consultation infantile, un modèle du genre. Elle crée également les premiers dispensaires antituberculeux, les premières colonies de vacances du Maroc et les écoles d'infirmières. Son œuvre sociale ne se limite pas à l'enfance. Elle se soucie également des troupes, en particulier des Tirailleurs et Spahis marocains, et de la Légion Étrangère. Avec l'aide de la Croix-Rouge, elle fonde la Maison de convalescence de Salé, destinée aux légionnaires et soldats convalescents.

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Les Premiers Cinémas de Marrakech et l'Influence du Protectorat

Le premier guide commercial et administratif de Marrakech, publié en juin 1913, mentionne un seul cinéma, le premier à Marrakech, appartenant à M. LEUTHARDT, un organisateur de spectacles venu d'Alger. La doctoresse Françoise Legey, qui a créé la première maternité du Maroc pour les Marocaines à Marrakech, venait également d'Alger à la demande du maréchal Lyautey. L'EDEN-CINÉMA était le seul cinéma de Marrakech en mars 1919. Il a cessé son activité en janvier 2009 après 95 ans de service. Le CINÉ-PALACE, la deuxième salle de Marrakech, a été lancé en 1926. Les créateurs du Ciné-Palace et de la brasserie du Ciné-Palace sont M et Mme ESCHARAVIL. L'IDÉAL-CINÉMA, présent en 1928, a changé de nom pour RÉGENT-CINÉMA. La famille SALORT était propriétaire de l'Idéal-Cinéma. Les Ets SEIBERRAS de Casablanca gèrent la programmation et l'exploitation de l'Eden-Cinéma et du Régent-Cinéma. Le PACHA-CINÉMA a ouvert la quatrième salle de Marrakech. Le REX-CINÉMA a ouvert le 8 août 1934. La direction de l'EDEN et du RÉGENT est en charge d'Artur TOSI depuis 1934. La famille TOSI est implantée à Casablanca. En 1938, la famille ESCHARAVIL crée le Cinéma LUX. En 1947, le ROXY apparaît au Guéliz. Le COLISÉE est créé en 1953.

Récits de Voyage de Françaises au Maroc pendant le Protectorat

Les récits de voyage des Françaises qui ont parcouru le Maroc pendant le Protectorat (1912-1956) présentent une diversité d'approches et de perceptions d'un pays jugé fermé et hostile. Les motivations des voyageuses, les conditions du voyage, les moyens de transport et les infrastructures évoluent grâce aux travaux initiés par le maréchal Lyautey. Certaines livrent des « impressions » devant les paysages et les conditions de vie sociale, tandis que d'autres produisent des récits mêlant observations et renseignements précis sur la vie politique, sociale, religieuse et artistique du Maroc. Ces textes constituent une source historique inhabituelle.

Le Voyage au Maroc au Début du XXe Siècle

Au début du XXe siècle, le Maroc est un objet de convoitise pour plusieurs nations européennes. En 1912, la France signe un traité de protectorat qui prendra fin le 3 mars 1956. Dix-sept femmes ont visité le Maroc sous le Protectorat (1905-1936) et ont laissé un récit publié. Leurs écrits constituent un corpus d'œuvres variées et singulières. Elles s'efforcent de justifier la présence française et de souligner les bienfaits qu'elle apporte au Maroc.

La Maternité Maréchal Lyautey : Un Héritage Durable

La Maternité Maréchal Lyautey, créée par Inès Lyautey, fut la première maternité du Maroc. Elle comprenait une pouponnière, une crèche, une garderie, une goutte de lait et une consultation infantile. Ce modèle a conquis d'éminents maîtres de la puériculture français et étrangers. La Maréchale Lyautey a également créé les premiers dispensaires antituberculeux, les premières colonies de vacances du Maroc et les écoles d'infirmières.

Le Décès d'Inès Lyautey et son Héritage Continu

Après la mort du Maréchal, Inès Lyautey continue à se dévouer pour les autres, partageant sa vie entre la France et le Maroc. Elle s'intéresse au sort des Marocains, étudiants en particulier, à la vie de l'lnstitut musulman de la Mosquée de Paris, aux malades de l'Hopital musulman de Bobigny. En 1939, elle assume la direction du service de 300 lits pour les grands blessés de la tête et la moëlle à l'hopital militaire de l'Asnée à Nancy. Bloquée en France à partir de l'invasion de la zone libre par les troupes allemandes en novembre 1942, elle crée à Paris plusieurs ouvres destinées à venir en aide aux combattants nord-africains.

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Le 9 février 1953, à l'âge de 91 ans, Inès Lyautey décède à Casablanca. Elle repose à côté du Maréchal au mausolée de Rabat. Son héritage de dévouement et de service continue d'inspirer.

L'Hôpital Ibn Sina à Rabat : Un Lieu de Mémoire

L'hôpital Ibn Sina de Rabat (anciennement hôpital civil de Rabat puis hôpital Avicenne), le plus grand édifice de soins tertiaires du Maroc, a été totalement démoli en 2024. Il sera bientôt remplacé par un nouvel hôpital bâti dans une tour de 33 étages. Construit entre 1945 et 1954, l'hôpital Avicenne est l'œuvre des architectes Édouard Delaporte, Jean-Marie Bonnemaison et Jean-François Robert. Il est qualifié d'« impressionnant prototype de l’hôpital paquebot alors en vogue » et de « réalisation d’avant-garde ».

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