Caroline Goldman, fille de Jean-Jacques Goldman et psychologue clinicienne spécialisée dans l'enfance et l'adolescence, s'est imposée comme une voix singulière dans le paysage médiatique français. À travers ses podcasts, ses livres et ses interventions, elle aborde des thématiques variées touchant à la psychologie de l'enfant, en cherchant à éviter les pièges des méthodes éducatives simplistes et en promouvant une approche nuancée et réfléchie.

L'Éducation Selon Caroline Goldman : Entre Bon Sens et Sublimation

Caroline Goldman, docteur en psychopathologie clinique, psychologue pour enfants et adolescents, auteure de nombreux livres et d’un podcast qui cartonne, est l'invitée de "Sous le soleil de Platon", dans la caverne de France Inter, pour nous aider à répondre à cette difficile question : comment bien aimer nos enfants ? Charles Pépin dégage la philosophie de l'invitée à la fin de l'émission : "Une philosophie du bon sens, un vrai bon sens thérapeutique, ce bon sens aujourd'hui menacé. Et puis aussi une philosophie inspirée de celle de Winnicott où finalement la forme est aussi importante, voire plus importante que le fond, en tout cas pour l'enfant qui est très sensible à cette manière de présenter les choses - moins ce qui est dit que la manière dont c'est dit, avec le cœur, avec le sourire. On a aussi retenu une philosophie du rire. Ce rire libérateur, presque ce rire thérapeutique. Et puis, ce n'est pas tout. La sublimation, la sublimation, ça veut dire que tout se transforme. Ça veut dire qu'il y a toujours de l'espoir. Ça veut dire que quand on va mal, on peut aller mieux. Ça veut dire que quand bien même on serait des animaux agressifs, on serait capable de sublimer cette agressivité pour devenir des êtres civilisés. Et c'est cela, votre métier, d'accompagner les enfants et les adolescents vers plus de civilisation. Et vous l'avez dit, bien sûr, vers plus de bonheur."

L'une des idées forces de Caroline Goldman est l'importance du rire dans l'éducation. Elle le considère comme "la manifestation la plus nette, la plus directe du bonheur" et encourage à ne pas s'en priver comme moyen thérapeutique. Elle raconte d'ailleurs qu'avec ses propres enfants, elle utilisait souvent les chatouilles pour créer des moments de joie et de connexion, transcendant ainsi les scénarios relationnels complexes. "Quand ils étaient petits, mes enfants, je leur faisais des guilis tout le temps et je trouvais ça magique parce que cette option se débarrassait de tout scénario relationnel. Il n'y avait pas besoin d'être marrante, de chercher des idées pour les faire sourire. Je pouvais les faire sourire en me jetant sur eux, entre guillemets, tendrement, et en leur faisant des chatouilles sous les bras."

La Nécessité des Limites et la Critique de l'Éducation Positive Excessive

La psychologue souligne également la nécessité de fixer des limites claires aux enfants, tout en leur expliquant les raisons de ces limites. Pour Caroline Goldman il est "impératif d'expliquer pourquoi l'enfant ne peut pas toujours faire comme il l'entend, lorsque ça peut nuire ou représenter un danger quelconque pour lui-même dans l'instant t et dans l'avenir dans son développement.". Elle met en garde contre le risque de trop discuter avec l'enfant, ce qui pourrait donner l'impression de céder à ses demandes ou de lui accorder une crédibilité excessive. "L'écueil est de vouloir trop discuter avec son enfant au risque de lui donner l'impression de céder ou de donner une certaine crédibilité à sa réclamation. Donc oui pour l'information, mais non à la discussion".

Caroline Goldman se positionne en critique de certaines dérives de l'éducation positive, notamment "l'interdit d'interdire". Elle observe que, depuis une dizaine d'années, la pédopsychiatrie est confrontée à un nombre croissant d'enfants tyranniques, dont les parents, par peur de la violence, ont renoncé à poser des limites. "Depuis moins d'une dizaine d'années, la pédopsychiatrie est envahie par ces problématiques qui, non seulement, n'ont pas chassé les précédentes, les enfants sont toujours par moments psychotiques, mais cela présente le méfait de surajouter des enfants devenus tyranniques parce que ce sentiment de s'empêcher d'interdire a menotté l'autorité de leurs parents".

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Selon Caroline Goldman, les enfants tyrans "ont des troubles du comportement, font tout ce qu'ils veulent, disent tout ce qu'ils pensent. Ce qui leur manque, c'est des limites éducatives.". Elle insiste sur le fait que l'amour pour ses enfants ne peut s'épanouir que dans un cadre de limites éducatives claires et cohérentes. "L'amour pour ses enfants n'est permis que par l'établissement des limites éducatives. Ça n'est pas possible autrement".

La Confiance en Soi et la Lutte Contre l'Abandon Narcissique

En matière de confiance en soi, Caroline Goldman conseille aux parents de dissocier les résultats scolaires de la valeur intrinsèque de l'enfant. Elle encourage à valoriser les efforts et les progrès plutôt que de se focaliser uniquement sur les mauvaises notes. "Il n'y a pas de corrélation entre les résultats scolaires de l'enfant et sa valeur, et il faut lui expliquer cela comme elle le dit : "en l'encourageant et en ne se ruant pas sur ses mauvaises notes, en lui signifiant qu'elles ne traduisent pas une quelconque valeur plus générale."

Pour Caroline Goldman, la pire chose que l'on puisse faire à un enfant est de l'abandonner, que ce soit physiquement ou émotionnellement. "L'abandon, ça, c'est vraiment un assassinat narcissique. Quand le père part sans explication, quand le père ne reconnaît pas l'enfant, quand les parents laissent l'enfant à des grands-parents tout en s'occupant du reste de la fratrie, évidemment, ce n'est généralement pas dit, pas nommé, pas symbolisé. Donc la violence narcissique est terrible parce que les petits enfants ont malheureusement de l'intuition et ils sont de très fins enquêteurs. Et ils déduisent que s'il y a eu abandon, c'est parce qu'ils manquaient de valeurs eux-mêmes, ce qui est évidemment absolument toujours faux." Elle considère l'abandon comme un "assassinat narcissique" qui peut laisser des traces profondes et durables.

Un Héritage Familial et un Parcours Personnel

Caroline Goldman est la fille de Jean-Jacques Goldman et de Catherine Morlet, elle-même psychologue. Elle a donc grandi dans un environnement familial où la psychologie et le bien-être des enfants étaient des préoccupations centrales. "Mes grands-mères avant elle aussi ! Je pense que c'est aussi quelque chose de très culturel et d'assez établi que les femmes aiment les enfants, qu'elles sont soucieuses de leur bien-être, qu'elles sont plus près de leurs besoins. Donc, je ne crois pas que ce soit très original. Simplement, c'est vrai que dans ma famille, on en a fait un métier". Sa sœur, Nina Goldman, est pédiatre, tandis que son frère, Michaël Goldman, a suivi les traces de leur père dans le domaine de la musique.

Malgré la notoriété de son père, Caroline Goldman a su tracer sa propre voie et s'imposer comme une experte reconnue dans le domaine de la psychologie infantile. Elle intervient régulièrement dans les médias, anime des conférences et des séminaires, et publie des ouvrages à destination des parents et des professionnels de l'enfance.

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Polémiques et Controverses

Le discours de Caroline Goldman suscite parfois des polémiques et des controverses. Ses critiques de l'éducation positive et ses prises de position sur des sujets tels que le TDAH (trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité) ont été contestées par certains professionnels de l'enfance. Elle avait notamment fait parler d’elle après une chronique sur le trouble du déficit de l'attention (TDAH) sur France Inter en août 2023. La psychologue avait, entre autres, affirmé pouvoir soigner ce trouble en quelques séances, alors que de nombreux experts ont affirmé le contraire. Sur son compte Instagram, Cédric Rostein, derrière le podcast Papatriarcat avait notamment écrit sur son compte Instagram à ce sujet que "La Haute Autorité de Santé (HAS) a récemment désavoué certaines croyances sur le TDAH, notamment les positions controversées (et complotistes) de Caroline Goldman et de la psychanalyse sur ce sujet".

Certains lui reprochent un discours trop rigide et culpabilisant pour les parents, tandis que d'autres saluent son franc-parler et son approche pragmatique.

En novembre 2023, Caroline Goldman a publié un message virulent sur les violences grandissantes dans les crèches, qu'elle attribue à "la vague 'éducation positive' transportée par des idéologues de la psychologie SANS PRATIQUE DE CE MÉTIER [qui] interdisent toute mise à l’écart des enfants agressifs". Ce message a suscité de vives réactions, partagées entre adhésion et indignation. Certains professionnels de terrain ont dénoncé le caractère exagéré et généraliste de ses propos, tandis que d'autres ont confirmé ses observations et ont déploré les difficultés rencontrées dans l'application des principes de l'éducation positive.

Une Approche Singulière et Engagée

Caroline Goldman est devenue depuis quelques années une psychologue très médiatisée, à l'instar de sa famille dans un tout autre domaine.

Malgré les controverses, Caroline Goldman continue de défendre une approche singulière et engagée de la psychologie infantile. Elle invite les parents à faire preuve de bon sens, à fixer des limites claires, à valoriser l'épanouissement de leurs enfants et à ne pas avoir peur de remettre en question les idées reçues. Elle s'efforce d'apporter des réponses simples aux grandes questions de psychologie que les enfants peuvent se poser, et de les aider à construire une relation harmonieuse avec leurs parents. Elle publie aujourd'hui le deuxième tome de sa collection "Petites leçons de psychologie", un ouvrage à destination des 8-11 ans.

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Dans ce nouveau livre, Caroline Goldman tente d'apporter des réponses simples aux grandes questions de psychologie que les enfants peuvent se poser. Dans une interview à Madame Figaro, Caroline Goldman se montre à contre-courant des pensées habituelles. Si beaucoup affirment que les écrans sont mauvais pour les enfants, elle tente de les dédiaboliser. "Personnellement j'ai toujours mis mes enfants devant la télévision pendant 1h30 en rentrant de l'école. Entre leur journée, ma journée de travail et nos retrouvailles au dîner, c'était le seul scénario possible pour que je retrouve de l'énergie", affirme-t-elle.

L'Importance de la Présence Parentale et la Dédramatisation des Écrans

Caroline Goldman se montre parfois à contre-courant des idées reçues sur l'éducation. Elle n'hésite pas à "dédiaboliser" les écrans, affirmant qu'elle a toujours autorisé ses enfants à regarder la télévision pendant une heure et demie après l'école. Elle considère ce temps d'écran comme un moment de détente nécessaire, tant pour les enfants que pour les parents.

Elle insiste toutefois sur l'importance de la présence parentale et de la qualité des échanges en famille. Elle estime que si l'enfant a reçu de bonnes limites éducatives, il sera capable de choisir des contenus sains et enrichissants et de se détacher de son écran lorsque d'autres activités plus intéressantes se présentent. "Si l’enfant a reçu de bonnes limites éducatives, il y a de bonnes chances qu’il arrive à se défaire de son écran et à choisir des contenus sains et enrichissants car la vie de famille a de la saveur".

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