Le développement du système digestif du nourrisson est un processus complexe et fascinant, crucial pour sa croissance et sa santé globale. De la maturation du système nerveux entérique à la colonisation du microbiote intestinal, de nombreux facteurs interagissent pour assurer une digestion efficace et une absorption optimale des nutriments. Cet article explore en détail les différentes facettes de ce développement, en mettant en lumière les particularités de l'appareil digestif du nourrisson et les implications pour sa santé.

Le Système Digestif du Nourrisson : Un Aperçu

Le système digestif du nourrisson peut être comparé à un tube fermé, allant de la bouche à l’anus, isolé du reste du corps. Il est responsable de la transformation des aliments en nutriments assimilables par l’organisme. Ce processus implique plusieurs étapes, dont l’hydrolyse enzymatique, qui consiste à fragmenter les macromolécules alimentaires en unités plus petites, capables d’être absorbées. Par exemple, le lactose, principal glucide du lait maternel, est dégradé par la lactase intestinale.

La progression du bol alimentaire à travers le tube digestif dépend d’un équilibre optimal des pressions intra-abdominales. Chez le nourrisson, le tube digestif est très étroit, et la moindre augmentation de pression peut ralentir voire bloquer la progression des aliments. La respiration et la digestion sont deux fonctions physiologiques intimement liées. Le diaphragme, principal muscle de la respiration, joue un rôle fondamental dans la motilité viscérale et le bon fonctionnement du tube digestif.

Le Rôle Clé du Système Nerveux Entérique (SNE)

Le système nerveux entérique (SNE) joue un rôle fondamental dans la régulation de l’activité digestive. Ce réseau complexe de neurones est intégré dans la paroi du tube digestif et fonctionne de manière semi-autonome, d’où son surnom de « cerveau de l’intestin ». Chez le nourrisson, ce système est immature à la naissance, ce qui explique la fréquence des troubles digestifs tels que les coliques, la constipation ou le reflux gastro-œsophagien.

Bien que le SNE soit capable de fonctionner de manière autonome, il est sous l’influence du système nerveux autonome (SNA), qui assure une modulation fine des fonctions digestives. Le système nerveux parasympathique joue un rôle essentiel dans l’activation des fonctions digestives. Le nerf vague émerge au niveau du trou déchiré postérieur, situé entre l’occiput et le temporal, avant de descendre vers les viscères. Sa bonne fonctionnalité dépend donc de la mobilité de ces structures crâniennes. En opposition au parasympathique, le système nerveux sympathique inhibe l’activité digestive et prépare l’organisme à une réponse de type « fuite ou combat ». L’innervation sympathique du tube digestif provient de la colonne thoracique (T5-T9 pour l’estomac, T10-T11 pour l’intestin grêle, T12-L2 pour le côlon). La digestion du nourrisson repose sur une alternance équilibrée entre activation parasympathique (repos et digestion) et régulation sympathique (contrôle du flux sanguin et modulation des sécrétions).

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Les Cellules Interstitielles de Cajal (CIC) : Pacemakers Gastro-Intestinaux

Les cellules interstitielles de Cajal (CIC) jouent un rôle fondamental dans la coordination des mouvements du tube digestif. Elles sont souvent qualifiées de « pacemakers gastro-intestinaux » car elles génèrent les ondes lentes qui rythment l’activité du péristaltisme intestinal. Le tube digestif du nourrisson ne se contracte pas de manière aléatoire : son activité repose sur une séquence coordonnée de contractions et de relaxations, permettant le déplacement du bol alimentaire. L’efficacité des cellules de Cajal dépend d’une bonne mobilité viscérale et d’une régulation équilibrée du système nerveux autonome.

L'Importance du Microbiote Intestinal

Le microbiote intestinal est un écosystème complexe de micro-organismes (bactéries, virus, champignons, parasites) qui réside dans notre tube digestif. Il est particulièrement important chez le nourrisson, car il joue un rôle crucial dans le développement de l'immunité, la digestion et la protection contre les agents pathogènes.

Constitution du microbiote intestinal

Chez le nourrisson, le microbiote intestinal est en pleine colonisation dès la naissance. Bien que le tube digestif soit généralement considéré comme étant stérile à la naissance, de récentes études scientifiques ont suggéré que le tube digestif de l’enfant serait colonisé par des micro-organismes présents dans l’environnement intra-utérin. Ce phénomène est appelé « colonisation pré-natale ».

La constitution du microbiote intestinal se fait progressivement, influencée par divers facteurs :

  • Le mode d'accouchement : Si le bébé naît par voie basse, le microbiote intestinal va se constituer dans les 24 à 48 heures qui suivent l’accouchement, grâce aux bactéries de la flore vaginale et intestinale de la mère. En revanche, si l’accouchement se fait par césarienne, les premiers micro-organismes qui vont s’installer dans le tube digestif du bébé seront ceux qui proviennent de l’environnement extérieur, notamment de l’environnement hospitalier. Dans ce cas, le microbiote se formera plus lentement et sera moins diversifié, avec notamment une quantité moindre de bactéries issues de la famille des Bacteroidetes.
  • L'alimentation : L’alimentation du nouveau-né est un facteur déterminant dans la composition de sa flore intestinale. L’allaitement maternel module la composition du microbiote intestinal et augmente le nombre de bifidobactéries et de lactobacilles. Ces micro-organismes présents dans le lait maternel et ingérés quotidiennement par milliers favorisent considérablement le système immunitaire. Le lait de formule infantile favorise une dominance d’Enterobacteriaceae. L’introduction d’aliments solides joue également un rôle significatif dans le développement du microbiote intestinal. Une fois que l’enfant débute la diversification alimentaire, il faudra privilégier les aliments d’origine végétale et, surtout, riche en fibres. Plusieurs catégories d’aliments renferment une forte teneur en fibres.
  • L'environnement : Dès la naissance, des micro-organismes extérieurs envahissent le tube digestif suite aux premiers contacts de l’enfant avec son environnement (l’entourage, l’allaitement, l’alimentation, la respiration, etc.). L’enfant en bas âge présente ainsi dans ses premières années un microbiote intestinal de plus en plus diversifié et complexe qui se stabilise vers l’âge de 2 à 3 ans. L’environnement familial - par des facteurs multiples : géographiques, culturels - influence directement le développement du microbiote intestinal dans les premiers mois ou années de vie. Ainsi, l’analyse des microbiotes intestinaux des enfants du Burkina Faso a montré une prévalence de la famille des Bacteroidetes tandis que les microbiotes intestinaux des enfants italiens sont eux dominés par la famille des Firmicutes.
  • La durée de la grossesse : La durée de la grossesse impacte le rythme d’implantation des micro-organismes dans le microbiote du nouveau-né. Ainsi, les bébés prématurés naissent avec un microbiote intestinal moins diversifié et un retard d’implantation de certaines espèces comme les anaérobies strictes. Près de 70% des enfants arrivent avant terme.
  • La prise d'antibiotiques : L’antibiothérapie altère nettement le microbiote intestinal et pourrait diminuer sa diversité microbienne. La prise d’antibiotiques pendant l’enfance joue un rôle sur la composition du microbiote intestinal, notamment en réduisant sa diversité, entraînant des risques accrus de maladie de Crohn, maladie cœliaque, obésité, eczéma et asthme. La prise d’antibiotiques dans les premières années de vie pourrait entraîner un surpoids, notamment chez les garçons.

Rôles du microbiote intestinal

Le microbiote intestinal intervient directement dans la digestion. Pour ce faire, il s’occupe de la fermentation des substrats alimentaires non digérés par l’estomac. Durant la première année de vie du bébé, la flore intestinale garantit également la maturation du système immunitaire. Par ailleurs, les micro-organismes qui composent le microbiote intestinal aussi occupent la fonction de barrière au niveau de la paroi intestinale. Ils empêchent les bactéries pathogènes de s’installer et de se multiplier. L’équilibre de la flore intestinale est crucial pour le contrôle du mécanisme auto-immun. Il ne faut donc pas considérer les micro-organismes intestinaux comme des ennemis du bébé.

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Le microbiote intestinal est présent tout le long de notre tube digestif et se compose de plus de 100 000 milliards de micro-organismes vivants, qui participent à notre équilibre santé. Chaque individu possède un microbiote intestinal unique, car de nombreux facteurs influencent son développement et sa composition. A ce titre, la période de la petite enfance est clé. Ce processus de « colonisation » microbienne pourrait profondément influencer l’état de santé tout au long de la vie. En effet, la composition du microbiote intestinal de l’enfant joue un rôle essentiel dans le développement de son immunité et de nombreuses recherches s’y intéressent pour déterminer ses implications dans certaines maladies : diarrhées, dermatites atopiques, allergies respiratoires…

Probiotiques et microbiote intestinal

Afin d’assurer la bonne santé du bébé, les microbiotes fragilisés ont besoin d’être réparés, surtout quand ils ne s’installent pas correctement grâce à l’accouchement par voie basse. La consommation de probiotiques restaure le déséquilibre des micro-organismes au sein de la flore intestinale. Parmi les probiotiques, les plus importants sont les espèces de Lactobacille, Bifidobacterieum et Propionibacteria. Ces bactéries contribuent efficacement à le protéger contre les allergies. L'Organisation Mondiale de la Santé a proposé une définition très précise du mot probiotique : "un probiotique est un micro-organisme vivant qui, lorsqu’ingéré en quantité suffisante, produit des effets bénéfiques sur la santé de celui qui le consomme". La consommation de probiotiques, pendant la grossesse (par la mère) mais aussi après la naissance (par le nourrisson), influencerait positivement le développement du microbiote intestinal.

Afin de fournir à votre bébé un apport suffisant en probiotiques, une fois la diversification alimentaire amorcée, vous pouvez lui donner divers aliments comme le yaourt, le kéfir et les fruits. En revanche, pour les nourrissons qui ne se nourrissent que de lait, il est possible d’opter pour les probiotiques sous forme de compléments alimentaires. Il en existe de toutes sortes, en fonction de l’âge et du besoin de bébé. Elaboré à partir de 2 souches sélectionnées pour leurs hautes performances, Lactobacillus rhamnosus GG et Lactobacillus reuteri LR02, PEDIAKID® Colicillus® Bébé L. Reuteri+ apporte chaque jour à votre enfant 1 milliard de Probiotiques pour renforcer la flore endogène et ainsi améliorer le confort intestinal et limiter les contractions abdominales de bébé (coliques,..). Un seul sachet de PEDIAKID® Probiotiques-10M apporte 10 milliards de ferments lactiques (Lactobacillus casei, Lactobacillus acidophilus, Lactobacillus plantarum, Streptococcus thermophilus) rigoureusement sélectionnés pour rééquilibrer la flore intestinale des jeunes enfants (dès 6 mois).

De nombreuses études se sont penchées sur l’intérêt d’un apport en probiotiques dans la prise en charge notamment des coliques, diarrhées aiguës ou de la dermatite atopique chez l’enfant. En prévention des diarrhées, les probiotiques moduleraient la flore intestinale du nourrisson pour réduire les risques d’infection. La prise de probiotiques raccourcirait aussi la durée des symptômes de la gastroentérite aiguë. La souche probiotique Lactobacillus rhamnosus a été particulièrement étudiée dans cette indication. Plusieurs études scientifiques ont mis en avant une amélioration des symptômes cliniques, une diminution de l’inflammation intestinale pour les nourrissons souffrant d’eczéma atopique. En prévention de l’eczéma atopique - avant la naissance chez la mère et après celle-ci chez l’enfant - les probiotiques diminueraient aussi la fréquence d’apparition des symptômes. Un apport en probiotiques pourrait aider à améliorer les symptômes de la colique chez le nourrisson.

Problèmes Digestifs Fréquents chez le Nourrisson

L’immaturité du système digestif du nourrisson peut expliquer l’apparition fréquente de coliques, reflux gastro-œsophagien et troubles du transit. Les enfants prématurés présentent souvent des troubles digestifs en raison de l’immaturité de leur système digestif, en particulier l’intestin. Pendant les premiers mois, les enfants nés prématurément ont un intestin très immature et présentent des troubles fonctionnels digestifs, tels que des ralentissements du transit et des ballonnements. En conséquence, leur alimentation est difficile et ils sont, ainsi, enclins à développer des pathologies plus graves.

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Diarrhées aiguës

D’origine bactérienne ou virale, elles sont fréquentes dans les pays industrialisés (entre 1,3 et 2,3 épisodes par enfant). En France, les gastro-entérites aiguës virales sont fréquentes, en particulier chez les enfants séjournant en collectivité ! 90 % des enfants de moins de 2 ans auraient déjà connu au moins un épisode d’infection intestinale virale… Plusieurs souches probiotiques sont actuellement étudiées pour leur effet préventif sur l’apparition de diarrhées.

Infections respiratoires

Une étude scientifique a récemment montré que l’administration préventive de probiotiques en hiver chez de jeunes enfants (1 à 6 ans) pouvait diminuer le taux d’absentéisme en crèche pour cause de maladies. Une diminution des infections respiratoires de 17 % a aussi été constatée au sein du groupe test … D’où un recours plus rare aux antibiotiques.

Développement Fœtal et Croissance Post-Natale

Jusqu’au terme de la grossesse, et dans les mois qui suivent la naissance, différents organes chez l’enfant poursuivent leur maturation et leur développement. C’est le cas de l’intestin dont la motricité et l’activité de la barrière intestinale (perméabilité, immunité, …) ne deviennent totalement fonctionnelles qu’au cours de la période postnatale, moment clé de la vie.

Voici un aperçu du développement fœtal mois par mois :

  • 1er mois : L’embryon mesure 5 millimètres. Son cœur commence à battre. Les premiers bourgeons des bras et des jambes apparaissent.
  • 2ème mois : L’embryon mesure environ 2 centimètres.
  • 3ème mois : Le fœtus mesure environ 7,5 centimètres. Les traits de son visage commencent à se dessiner : son nez, son oreille externe. Il bouge la tête.
  • 4ème mois : Il bouge et vous pouvez commencer à sentir ses premiers mouvements. Un fin duvet, appelé « lanugo » apparaît sur son corps.
  • 5ème mois : Ses oreilles sont formées et il peut réagir aux bruits qui l’entourent. Ses mouvements sont de plus en plus vigoureux. Les ongles des doigts et des orteils apparaissent. Ses cheveux et ses sourcils poussent.
  • 6ème mois : Il ouvre les yeux. Son corps s’enduit d’une substance crémeuse appelée « vernix caseosa ».
  • 7ème et 8ème mois : Il grandit vite. En deux mois, sa taille va augmenter de près de 8 centimètres.
  • 9ème mois : Il peut mesurer plus de 50 centimètres. Il réagit à la lumière.

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