Malgré tous ses bienfaits, le sommeil peut aussi amener son lot de tracas pour un bébé ou un enfant, comme les cauchemars. Savoir apaiser un enfant après un mauvais rêve lors d’une sieste ou d’une nuit de sommeil est important lorsque l’on travaille auprès de jeunes enfants. Cet article explore les causes, les différences entre cauchemars et terreurs nocturnes, et les meilleures pratiques pour aider votre enfant à retrouver un sommeil paisible après un cauchemar.

Cauchemars et terreurs nocturnes : quelles différences ?

Il est important de ne pas confondre les cauchemars avec les terreurs nocturnes. Bien qu’ayant des similitudes dans leurs manifestations, les terreurs nocturnes se distinguent des cauchemars.

Une nuit de sommeil est composée de plusieurs cycles de 90 minutes environ. Les cauchemars surviennent lors de la phase de sommeil paradoxal. C’est la période de sommeil au cours de laquelle le cerveau fonctionne à plein régime, comme en état d’éveil. Ils interviennent, la plupart du temps, dans la phase de sommeil paradoxal dès l’âge de 1 an ou 18 mois environ. Ils sont en général basés sur des événements vécus par l’enfant au cours de la journée.

Les terreurs nocturnes apparaissent chez un enfant entre l’âge de 18 mois et 4 ans. Une terreur nocturne s’enclenche généralement au cours de la phase de sommeil lent profond soit 1 à 2 h après que l’enfant ou bébé est endormi. Au cours d’une terreur nocturne, bébé est pris d’une angoisse intense. On considère que la terreur nocturne se rapproche du somnambulisme.

Voici un tableau récapitulatif des différences :

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CaractéristiqueCauchemarsTerreurs nocturnes
Phase de sommeilSommeil paradoxal (fin de nuit)Sommeil lent profond (début de nuit)
Âge d'apparitionDès 1 an ou 18 moisEntre 18 mois et 4 ans
RéveilRéveil total, conscientPas de réveil complet, agitation
SouvenirSouvenir précis du rêvePas de souvenir
RéactionBesoin de réconfortInutile de réveiller, risque d'augmenter l'angoisse

Comprendre les cauchemars de bébé

À quel âge bébé commence-t-il à faire des cauchemars ? C’est en général vers l’âge de 1 an ou 18 mois que votre bébé commence à faire des cauchemars. Le bébé de 6 mois paisible qui faisait ses nuits et l’admiration de tous est bien loin : votre « grand » bébé se réveille en criant et en pleurs, en deuxième partie de nuit. Il s’éveille et se souvient avec précision de son cauchemar. Il a besoin de vous pour se calmer et s’apaiser, car il est terrifié.

Quels sont les premiers cauchemars de bébé ? Les cauchemars surgissent quand votre bébé est en phase de sommeil paradoxal. À ce moment-là, le cerveau de votre bébé, comme celui des adultes, fait le tri dans les informations reçues, mais aussi les choses apprises tout au long de la journée. Les cauchemars sont une phase normale du développement psychoaffectif, car ils permettent de se confronter à ses angoisses et à ses peurs, et de résoudre ses contradictions intimes. Les adultes continuent d’ailleurs à faire des cauchemars pour les mêmes raisons !

Le cerveau de bébé n’est pas encore très bien développé et ses capacités sont encore limitées et certains souvenirs peuvent resurgir au cours de la nuit. Les cauchemars chez l’enfant sont une source importante d’information sur ce qu’il ressent.

Au fur et à mesure que votre bébé grandit, ses angoisses changent. Ainsi, il passe à des peurs sur des faits réels (un bruit dans la maison qu’il ne s’explique pas) à des angoisses imaginaires (le fameux monstre du placard) ou provoquées par des images vues dans la journée - d’où l’importance de ne pas mettre un enfant devant un écran avant l’âge de 3 ans.

Les cauchemars ont plusieurs causes : stress lié à un changement, un contenu choquant vu dans la journée ou le soir avant le coucher, l’expression d’un renoncement à ses propres désirs, une imagination débordante…

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Comment réagir face à un cauchemar ?

Lorsque cela arrive, il est normal de vouloir rassurer son bout de chou qui semble terrorisé par ce qu’il vient de se passer dans son lit. Un enfant a besoin d’être réconforté après un cauchemar.

Après un cauchemar, il faut apaiser bébé en le prenant dans ses bras. S’il est en âge de comprendre ce qu’on lui dit, il faut parler avec lui et lui indiquer que le cauchemar n’est autre que le fruit de son imagination et lui évoquer des choses agréables pour chasser les mauvais souvenirs provoqués par le cauchemar. Tentez de l’apaiser en transformant le récit du cauchemar en quelque chose de positif.

Voici quelques conseils pour aider votre enfant à se calmer après un cauchemar :

  • Rassurer avec des câlins et des pensées positives : Lorsqu’un enfant vient de faire un mauvais rêve, il est essentiel de considérer sa détresse. Il ne faut ni le prendre pour un bébé ni un affabulateur. Au contraire, tout ce qu’il cherche, c’est à être rassuré et à recevoir de l’amour. Faites-lui donc plein de câlins et dites-lui qu’il ne craint rien, que vous êtes là pour lui et que vous le serez toujours. À trois ou quatre ans, un enfant ne fait pas la distinction entre rêve et réalité. De ce fait, il faut lui rappeler qu’il est dans un endroit sûr : “Que peux-tu toucher dans la pièce ? Qui dort à côté de ta chambre ? Sens-tu l’odeur de maman/papa ?” N’hésitez pas non plus à lui parler d’une activité ou d’une chose qu’il apprécie : “On pourra faire tel jeu demain, mais d’abord, il faut se rendormir”, “Demain, tu pourras faire des câlins au chien ou au chat.”
  • Vérifier les peurs : Si bébé ou l’enfant évoque le besoin de vérifier qu’il n’y a pas de monstre sous son lit ou dans son placard, faites-le. L’erreur serait de minimiser ou de nier sa peur. À l’inverse, l’aider à mettre des mots simples permet déjà d’apaiser. Face à un cauchemar, certains parents inspectent systématiquement le dessous du lit ou l’armoire. Sur le moment, cela rassure. Mais répété, ce geste peut devenir un rituel qui entretient l’idée qu’un danger pourrait exister. L’astuce consiste à rendre ce geste exceptionnel, puis à proposer à l’enfant un outil symbolique qu’il peut s’approprier seul.
  • Laisser une source de lumière : Également, proposez-lui de laisser une source de lumière dans la chambre pour l’aider à se rendormir. La peur du noir peut parfois provoquer les angoisses chez les enfants. À l’issue d’un cauchemar, la frontière entre la réalité et le rêve est très fine. Allumer la lumière est un bon moyen de le ramener à la réalité. Installez une petite veilleuse dans sa chambre. Laissez la porte entrouverte sur un couloir faiblement éclairé: ainsi, bébé sent qu’il n’est pas complètement coupé du monde, et cela suffit souvent à le rassurer !
  • Ne pas prendre l’enfant dans son lit (sauf exception) : En revanche, en tant que parents, il est déconseillé de prendre l’enfant dans son lit après un cauchemar. Cela pourrait créer de la confusion et donc engendrer d’autres cauchemars. Et si vraiment votre enfant a encore besoin de câlins pour se rassurer, vous pouvez l’accueillir dans votre lit, tout en lui faisant comprendre que c’est exceptionnel et pour quelques minutes seulement.
  • Utiliser le dessin ou la pâte à modeler : Le dessin peut être un exutoire pour l’enfant sujet aux cauchemars. Enfin, pour avant tout comprendre la cause des cauchemars de votre bout de chou et l’aider à reprendre le dessus sur ses peurs, rien de mieux que l’exercice pratique ! Sur une feuille ou en pâte à modeler, demandez-lui de représenter ce qui l’effraie.
  • Lire des livres : Pour aider les jeunes enfants à faire la part des choses entre rêves et réalité, il est recommandé de leur lire des livres sur le sujet. Adélidélo et son cauchemar, accessible à partir de trois ans, raconte une super histoire, tout comme l’ouvrage Monstre n’est pas bleu. Va-t’en, Grand Monstre Vert, Le livre anti-cauchemars, Peur du noir, monstres et cauchemars et Il y a un monstre dans ce livre sont également adéquats.
  • Outil symbolique : Un attrape-rêves, par exemple, l’aide à reprendre le contrôle sur son imaginaire. Aider un enfant à distinguer le vrai du faux, sans nourrir ses peurs, est l’un des apprentissages émotionnels les plus précieux. Cette astuce simple ne supprime pas tous les cauchemars, mais elle transforme la façon dont l’enfant les traverse.

Prévenir les cauchemars

Si les cauchemars deviennent trop fréquents et intenses, n’hésitez pas à consulter un spécialiste, afin qu’il puisse déceler une éventuelle raison plus sérieuse.

Voici quelques astuces pour aider votre bébé à passer des nuits sereines et potentiellement diminuer la fréquence des cauchemars :

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  • Routine du soir : Le rituel du soir- une petite « inspection » de la chambre, une berceuse ou une histoire et un gros câlin - peut aussi aider à dédramatiser le coucher. La routine du dodo, avec le même rituel aux mêmes heures, peut permettre de diminuer les cauchemars chez votre tout-petit, ou au moins réduire leur intensité. Optez plutôt pour une histoire douce et positive. Toutefois, il est important de quitter l’enfant avant qu’il ne soit complètement endormi, afin qu’il apprenne à s’endormir seul.
  • Le doudou : Le doudou est lui aussi un compagnon indispensable dans la lutte contre les monstres : il devient le gardien des rêves de votre enfant.
  • Éviter les écrans : Au fur et à mesure que votre bébé grandit, ses angoisses changent. Ainsi, il passe à des peurs sur des faits réels (un bruit dans la maison qu’il ne s’explique pas) à des angoisses imaginaires (le fameux monstre du placard) ou provoquées par des images vues dans la journée - d’où l’importance de ne pas mettre un enfant devant un écran avant l’âge de 3 ans.

Terreurs nocturnes : comment réagir ?

Votre enfant se réveille en pleine nuit l’air terrifié et vos mots doux n’ont aucun effet sur lui ? Il est probablement victime de terreur nocturne. En être témoin peut être déstabilisant pour un parent. Est-ce possible de calmer une terreur nocturne ? Parmi les troubles du sommeil affectant les enfants, on retrouve les parasomnies. La terreur nocturne en fait partie.

Dans la majorité des cas, la crise de terreur nocturne survient lors du 1er cycle de sommeil c’est-à-dire en début de nuit. Elle débute lorsque le bébé atteint la phase de sommeil lent profond.

Voici comment réagir face à une terreur nocturne :

  • Il est important de ne pas tenter de réveiller votre enfant. Cela pourrait augmenter son état d’angoisse et le perturber.
  • Assurez-vous juste de sa sécurité en restant auprès de lui en attendant qu’il se rendorme.
  • Le lendemain, mieux vaut ne pas lui parler de cet épisode nocturne au risque de l’inquiéter.

Autres troubles du sommeil liés aux terreurs nocturnes

Lorsque votre enfant a des terreurs nocturnes il peut développer une énurésie. Ce trouble induit le fait d’uriner dans son lit sans pouvoir le contrôler. Parfois la terreur nocturne peut révéler un syndrome d’apnée obstructive du sommeil.

Si votre bébé a des terreurs nocturnes, cela peut vous sembler inquiétant. Le corps s’inscrit dans un rythme circadien. Durant sa croissance, sa mise en place peut engendrer certaines manifestations comme des épisodes de terreur nocturne.

Plus de 30% des enfants de moins de 5 ans souffrant de terreurs nocturnes vivent des épisodes de somnambulisme. Entre l’âge de 5 ans et de 12 ans, la probabilité de crises de somnambulisme descend à 15%.

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