Chaque visite médicale de votre enfant est une occasion de suivre attentivement son développement physique. Le carnet de santé, précieux document de suivi, permet à votre pédiatre d’y consigner des informations essentielles : le poids, la taille, l’indice de masse corporelle (IMC) et le périmètre crânien de votre enfant. Ces données sont reportées sur des courbes spécifiques qui permettent de visualiser en un seul regard si votre enfant a un développement physique normal.
L'importance des courbes de croissance
Le carnet de santé propose plusieurs types de courbes :
- La courbe de poids du premier mois de votre enfant (page 11).
- Les courbes de croissance de son périmètre crânien, de son poids et de sa taille jusqu’à ses trois ans (pages 76-77).
- Les courbes de taille, de poids et de corpulence (IMC) de 1 à 18 ans (pages 78 à 81).
Ces courbes (de taille, de poids, de périmètre crânien et de corpulence) permettent de visualiser en un seul regard si votre enfant a un développement physique normal. Une prise - ou une perte - de poids soudaine apparaît inévitablement sur le dessin de la courbe. Avoir le souci de remplir les courbes de votre enfant à intervalles régulier est un bon moyen de s’assurer qu’il suit une croissance adaptée. Les enfants n’ont pas tous le même gabarit à la naissance. Ce qui est intéressant dans les courbes, c’est le fait qu’elles partent du poids et de la taille de naissance de votre enfant.
Le suivi de la croissance dès la naissance
À la maternité, votre bébé est pesé tous les jours. On vérifie ainsi que sa courbe de poids évolue normalement. De retour à la maison, vous le ferez peser chez votre sage-femme ou dans un centre de Protection maternelle et infantile (PMI) pendant le premier mois. Actuellement une consultation du 15e jour est conseillée et prise en charge chez le pédiatre. La grande majorité des nouveau-nés ont un poids de naissance compris entre 2,5 kg et 4 kg (près de 90%). Les premiers jours qui suivent la naissance, les bébés perdent du poids. Rassurez-vous, il n’y a là rien d’inquiétant. Cependant, une perte de poids dépassant 8 à 10 % du poids de naissance - un bébé de 3,5kg qui descend par exemple à 3,150kg - attirera la vigilance des équipes soignantes. On peut craindre une infection, une anomalie rénale ou une carence d’apports, en particulier chez les bébés nourris au sein (en savoir plus sur les différentes courbes de poids en fonction du type d’alimentation du bébé). Manquer de lait est en réalité extrêmement rare quand on allaite. Seulement parfois, le bébé n’est pas mis au sein assez souvent ou il est mal positionné et par conséquent, il ne tète pas efficacement. Ne vous attachez de toutes façons pas trop à ces pourcentages car chaque situation est unique. Par exemple, un bébé dont la maman a été perfusée pendant l’accouchement sera particulièrement hydraté à la naissance. Normalement, à compter du 3e ou du 4e jour, le poids du bébé se stabilise. Vers le 5e ou le 6e jour, il commence à remonter. Pendant le 1er mois, et surtout si votre bébé est allaité, nous vous conseillons de le faire peser régulièrement (une fois par semaine par exemple) au cabinet de votre sage-femme ou dans le centre de Protection maternelle et infantile (PMI) proche de votre domicile. Il vaut mieux s’en remettre aux professionnels que de louer une balance dans une pharmacie : vous risquez de vous retrouver en difficulté devant cette balance, surtout si elle n’est pas électronique. De plus, le matériel n’étant pas toujours très fiable, il est préférable de peser votre bébé sur la même balance pour pouvoir suivre correctement l’évolution de sa prise de poids. Cependant si votre bébé va bien, boit bien, il n’est pas indispensable de faire une pesée par semaine, surtout que depuis 2012, une consultation pédiatrique est recommandée, et remboursée, vers le 15e jour de vie (soit une dizaine de jours après la sortie de maternité). Le médecin pourra répondre à toutes les questions que vous vous posez depuis la sortie de la maternité. Si à 10 jours de vie, votre bébé n’a pas dépassé son poids de naissance, prenez rendez-vous avec votre pédiatre ou votre généraliste.
Comprendre les déviations standard (DS)
Si la courbe staturale marque un fléchissement ou une cassure, ou au contraire une accélération suspecte, le médecin de votre enfant va bien sûr s’y intéresser. Normalement, votre enfant évolue dans son «couloir» de départ (selon les données notées à sa naissance) entre +2 et -2 DS. Suivre les courbes de croissance, de poids, de taille et d’IMC est très important. Le but est bien évidemment un dépistage précoce d’une éventuelle anomalie (prise de poids trop rapide par rapport à la taille) pour permettre sa prise en charge immédiate. Le carnet de santé comprend donc aussi une courbe de corpulence. Un petit écart sur une courbe peut trouver parfois des explications logiques : votre enfant a été malade ou hospitalisé et a perdu un peu de poids, cela arrive. Mais une anomalie est toujours à surveiller. Cette courbe permet de repérer les enfants «à risque» susceptibles de développer une tendance à l’obésité, dès qu’elle s’accélère par rapport à la normale, alors que l’enfant ne paraît pas encore en surpoids.
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La courbe de corpulence et le rebond d'adiposité
Sur la courbe de corpulence, on distingue 3 périodes. La première année, votre enfant prend rapidement du poids. Cette prise de poids est nettement ralentie lorsqu’il commence à marcher (la courbe de corpulence baisse rapidement) et ce n’est que vers six ans qu’il reprend du poids un peu plus rapidement (la courbe de corpulence remonte progressivement) ; c’est ce qu’on appelle le «rebond d’adiposité». Si la courbe de votre enfant remonte plus tôt, vers trois ou quatre ans (même s’il ne paraît pas spécialement gros), c’est le «rebond d’adiposité précoce», qui peut être le signe de début d’une obésité. L’avantage de la courbe de corpulence est de le repérer tout de suite, avant que cela ne se voie, et de pouvoir intervenir immédiatement en recherchant les causes possibles de ce rebond.
L'indice de masse corporelle (IMC)
L’index de masse corporelle est un « outil » qui permet de positionner la corpulence d’un enfant sur des courbes de référence pour la « normalité » ou les dérives vers le surpoids, ou la maigreur. Ces courbes (dites de corpulence) sont le fruit d’une approche statistique de l’évaluation d’un sur-risque de pathologies pour les sujets se situant en dehors des « limites ». On obtient ainsi des « couloirs », avec des écarts en plus ou en moins à partir d’une moyenne. Au dela de 2 écarts en plus ou en moins, on considère que le sujet est à risque. L’IMC n’a pas de valeur normative en soi puisque il peut être identique chez deux enfants de même taille, l’un très musclé et « dense », l’autre « bien enveloppé ». La valeur de l’IMC est calculée en divisant le poids (en kg) par la taille (en m) au carré. La courbe de corpulence est plus sensible que la courbe de poids pour dépister précocement une évolution anormale vers le haut (obésité) ou vers le bas (maigreur). Les courbes de corpulence de référence française sont établies en centiles, qui permettent de définir les zones d’insuffisance pondérale (inf. au 3ème percentile), de « normalité » (du 3ème au 97ème percentiles) et de surpoids (sup.
Comme on le voit sur les courbes d’IMC du carnet de santé (qu’il faut utiliser et compléter soi même si le médecin n’y a pas pensé) le tracé n’est pas linéaire . L’IMC diminue de 1 an jusqu’à 6 ans, au moment de l’acquisition de la marche et de l’intensification de l’activité physique. Le point d’inflexion entre la 2e et la 3e période marque ce que l’on appelle le rebond d’adiposité. Normalement, ce point se situe après 6 ans ou même davantage. Sont ainsi tracés des couloirs qui ressemblent à une autoroute à 4 voies. L’important étant de rester au maximum dans le couloir qui correspond le mieux à sa nature (plutôt mince ou au contraire « baraqué »), et comme en voiture, de corriger très rapidement les inflexions de trajectoire. Sur cette courbe, nous voyons bien que cette petite fille a eu un rebond précoce d’adiposité (à 3 ans au lieu de 5). Elle s’est retrouvée en surpoids à partir de l’âge de 9 ans jusqu’à 12 ans, début de la prise en charge. La prise en charge a été efficace et les résultats ont été heureusement très positifs, ce qui n’est pas toujours aussi évident. Cette jeune fille et sa famille ont compris le risque d’évolution vers un surpoids plus grave et ont été motivés pour changer leurs habitudes : c’est une enfant qui était très gourmande et qui mangeait souvent entre les repas, elle a pu changer son comportement alimentaire. Concernant cette jeune fille, le rebond d’adiposité est arrivé encore plus tôt. Cette enfant est consciente des efforts à mettre en place en terme de comportement alimentaire, mais d’autres difficultés d’ordre psychologique et affectives freinent cette prise en charge. En matière de dépistage précoce du surpoids chez l’enfant, l’outil clé est la courbe d’IMC.
Variabilité et interprétation des courbes
Tous les parents ont parfois des inquiétudes concernant leurs enfants, sur le plan alimentaire notamment. Certains mangent très peu, d’autres semblent dévorer. Inutile pourtant de chercher à comparer les bébés et les enfants entre eux, chacun ayant sa propre courbe, sa propre évolution. Ce n’est pas à ce signe là que l’on peut percevoir s’il est en bonne santé. Les courbes donnent une moyenne. Que votre enfant ne se situe pas tout à fait dans la «norme» - c’est un «petit poids» de naissance par exemple qui picore comme un oiseau - ne doit pas vous inquiéter. Tant que son poids et sa taille progressent régulièrement, que sa courbe suit son cours régulier, tout va bien. Par ailleurs, si votre médecin dépiste une anomalie, il tiendra compte des facteurs d’hérédité : dans le cas d’une prise de poids subite, par exemple, il va regarder si ses parents ont une tendance au surpoids ou dans le cas d’une petite taille, s’ils sont grands ou pas (calcul d’une taille «cible» en fonction du sexe de votre enfant et de la taille de chacun des deux parents). Nombreuses sont les autres pathologies que les courbes permettent de dépister : des problèmes digestifs aux troubles ORL en passant par les intolérances alimentaires… autant d’affections qui peuvent se traduire par un changement soudain ou progressif dans la courbe de taille, de poids, ou de corpulence.
Le rôle de l'IMC dans le diagnostic
L’IMC* constitue le meilleur critère diagnostique et pronostique du surpoids. Il est en effet important de prendre cet indicateur comme référence car « on ne peut mesurer l’éventuel surpoids d’un enfant juste en le regardant. Nous avons tendance à nous méfier des matières grasses. En réalité, elles ne sont pas à diaboliser car, d’une part, elles ne sont pas liées à l’obésité chez le jeune enfant, mais en plus leur apport « est nécessaire à une croissance harmonieuse et à la construction du système nerveux central de l’enfant et il ne faut surtout pas l’en priver […] », comme nous le rappelle le docteur Bocquet. En revanche, il est bon de savoir que les protéines sont à limiter dans l’alimentation des plus petits. En ce qui concerne les produits laitiers, outre le lait maternel, il est bon de privilégier le lait de croissance jusqu’à 3 ans (voire plus). Il faut, bien sûr, veiller à ne pas négliger les féculents qui constituent un apport en sucres complexes et permettent « de maintenir une satiété stable dans le temps et d’éviter le grignotage ». Le docteur Véronique Negre nous rappelle que l’un des facteurs de l’obésité est la sédentarité et non l’absence d’activités sportives. Ainsi, « la pratique d’une activité en club, une à deux fois par semaine, est-elle moins favorable au maintien d’un poids normal et au bon développement de l’enfant que le fait de le faire bouger régulièrement, lors d’activités motrices simples mais quotidiennes ».
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Le périmètre crânien : un indicateur important
Vous trouverez sur la page 11 du carnet de santé de votre bébé un graphique pour dessiner vous-même la courbe de poids de votre enfant. Elle permet de surveiller la croissance du cerveau, principalement au cours de la première année. En effet, dans la taille du périmètre crânien, ce n’est pas la mesure en soi qui est importante mais la régularité de la croissance. Si votre bébé a « la grosse tête » ne vous en faites pas ! Gros ou pas, l’important est que le crâne de votre enfant grossisse selon une courbe régulière. En cas d’anomalie, votre médecin pourra prescrire une échographie ou un scanner cérébral. Le périmètre crânien, comme courbe et taille d’ailleurs, dépend essentiellement d’une disposition génétique. Chez l’être humain, l’essentiel du développement cérébral dont le périmètre crânien est un reflet se fait durant les 3 premières années de vie. La moyenne du périmètre crânien à la naissance d’un enfant né à terme est de 35 cm. Il augmente en moyenne de un centimètre par mois durant la première année de vie, avec une augmentation plus rapide au cours des six premiers mois (deux centimètres au cours du premier mois). Il est essentiel de suivre la croissance du périmètre crânien, afin de dépister toute augmentation brutale ou stagnation. Sa croissance est indépendante de la taille corporelle.
Croissance non linéaire et importance du suivi régulier
Il ne faut pas être alarmiste et rester conscient que la croissance d’un bébé n’est pas linéaire. Premièrement, la croissance n’est pas linéaire. Il y a des périodes où on grandit plus, et à d’autres moments, la croissance stagne. L’essentiel est que la croissance de l’enfant soit harmonieuse, qu’il grandisse et prenne du poids régulièrement. Sur la courbe de taille, la taille de l'enfant doit augmenter régulièrement et parallèlement aux limites de la zone plus claire. Si la taille de l'enfant se situe régulièrement au-dessous de la limite basse, cela peut signifier un retard de croissance, en particulier s'il y a une cassure ou une stagnation dans la progression de la courbe.
Taille cible parentale et interprétation
La taille d'une personne adulte dépend de la taille de ses parents, de son origine ethnique et de son alimentation pendant l'enfance. La taille peut être estimée à partir du calcul de la taille cible. Néanmoins, certains pédiatres remettent en question l’usage systématique de cette formule de calcul. En effet, elle est imprécise lorsqu’un parent est très petit ou très grand, ou lorsque les parents sont d’une taille très différente. Elle tend à surestimer la taille cible des garçons et à sous-estimer celle des filles. De plus, certains pédiatres remplacent le nombre 13 par 12 qui leur paraît plus adapté aux tailles observées en France.
Les nouvelles courbes de croissance
Il a été démontré que les courbes de croissance de références contenues dans la version précédente du carnet de santé ainsi que celles proposées récemment par l’Organisation Mondiale de la Santé n’étaient pas optimales pour le suivi de la croissance des enfants contemporains en France (Scherdel PLoS One 2015, Scherdel Lancet Diabetes Endocrinol 2016). Les chercheurs du CRESS ont opté pour une approche innovante de type « big data », qui constitue une première mondiale pour la construction de courbes de croissance d’enfants. Il a été nécessaire au préalable d’identifier un réseau de professionnels de santé assurant le suivi médical régulier d’un grand nombre d’enfants de la naissance à l’âge adulte et utilisant le même système informatique. Il fallait aussi que ce groupe de professionnels et les administrateurs du système informatique acceptent de collaborer gratuitement pour réaliser l’extraction des données. Après obtention des autorisations réglementaires, ce partenariat a permis de recueillir de façon totalement anonyme les données de poids, de taille et de périmètre crânien de tous les enfants suivis par les pédiatres et les médecins généralistes ayant donné leur accord. Quarante-deux médecins avaient préalablement été tirés au sort, en tenant compte de la région et de la taille des villes d’exercice, afin d’assurer une bonne représentativité de l’ensemble du territoire métropolitain. L’extraction massive de données a permis de recueillir environ 2 500 000 mesures de poids, 2 000 000 mesures de taille et 1 200 000 mesures de périmètres crâniens, provenant de 261 000 enfants âgés de 0 à 18 ans. Après une étape de « nettoyage » des valeurs aberrantes ou pathologiques, ces mesures ont permis une modélisation de la croissance des enfants contemporains. Compte-tenu du caractère innovant de l’approche, les choix méthodologiques et épidémiologiques ont été faits en concertation avec un comité d’expertise clinique et méthodologique, composé notamment de l’ensemble des présidents (ou leurs représentants) des sociétés savantes et professionnelles suivantes : Société Française de Médecine Générale, Société de Formation Thérapeutique du Généraliste, Société Française d’Endocrinologie et Diabétologie Pédiatrique, Groupe Francophone d’Hépato-Gastroentérologie et Nutrition Pédiatrique, Société Française de Neuropédiatrie, Société de Néphrologie Pédiatrique, Groupe de pédiatrie générale et Groupe de Pédiatrie Sociale de la Société Française de Pédiatrie et AFPA.
Comme attendu, les courbes de taille et de poids « AFPA-Inserm/CRESS-CompuGroup Medical 2018 » se situent « nettement au-dessus » des courbes précédentes. Par exemple, à 10 ans, la médiane de la taille des filles des nouvelles références est de 139,5 cm contre 134,7 cm sur les courbes précédentes. Même si ces différences se réduisent à la fin de puberté, cette évolution pourrait théoriquement amener à s’inquiéter sur la normalité de la croissance staturale d’un nombre plus important d’enfants, c’est pourquoi le comité d’expertise a souhaité insister sur la nécessité de prendre en compte la taille cible parentale (cf.
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Surveillance de la corpulence et obésité
Comme recommandé par la Haute Autorité de Santé, le repérage du surpoids et de l’obésité de l’enfant doit reposer sur le suivi de la courbe de corpulence (c’est-à-dire de l’IMC) et non de la courbe de poids, ce d’autant que ces dernières ont été mises à jour. A partir de deux ans, les courbes de corpulence représentées sont celles proposées par l’International Obesity Task Force (IOTF). Elles permettent de suivre la corpulence des enfants par rapport aux définitions à l’âge adulte de la maigreur de grade 3 (<16 kg/m2; IOTF-16), de grade 2 (<17 kg/m2; IOTF-17 choisie comme repère graphique colorimétrique), et de grade 1 (<18,5 kg/m2; IOTF-18,5), du surpoids (>25 kg/m2; IOTF-25), et de l’obésité de grade 1 (>30 kg/m2; IOTF-30) et de grade 2 (>35 kg/m2; IOTF-35). Les courbes de l’IOTF sont celles préconisées par le Plan National Nutrition Santé pour la surveillance de la corpulence des enfants et sont largement utilisées au niveau national et international. Si l’IOTF ne propose pas de courbes de corpulence avant deux ans, le comité d’expertise a souhaité les prolonger par les courbes « AFPA-Inserm/CRESS-CompuGroup Medical 2018 » sur cette tranche d’âge, afin de permettre la visualisation du pic de corpulence autour de neuf mois.
Différences de croissance selon le sexe
La croissance staturale et pondérale des filles et des garçons diffère très tôt. La croissance du périmètre crânien diffère également entre les filles et les garçons et le comité d’expertise a considéré nécessaire son suivi au moins jusqu’à l’âge de 5 ans. Les courbes du périmètre crânien sont donc représentées depuis l’âge d’un mois et jusqu’à cinq ans (et non trois ans comme avant), et séparément chez les filles et les garçons.
Interprétation des mesures de taille
L’interprétation des mesures de taille tient compte de celles des parents. Pour cela, la formule de calcul de la taille cible parentale (en cm) retenue dans le référentiel national du Collège des Enseignants de Pédiatrie est proposée en haut des courbes de taille de un à 18 ans. Une flèche guide son report vers la fin de la courbe de l’enfant ce qui permet d’établir une distance (qui doit être exprimée en écarts-types) entre le couloir de croissance de l’enfant et la taille cible parentale.
Surveillance de la croissance néonatale
Le suivi de la croissance néonatale concerne surtout le poids. La surveillance de la croissance pondérale néonatale peut être réalisée avec précision en page 12 du carnet de santé.
Stades de Tanner et puberté
Les âges physiologiques d’apparition des stades de Tanner S2 et P2 chez les filles et G2 et P2 chez les garçons ont été représentés en bas des courbes de poids et de taille entre un et 18 ans. Au cours de la puberté : accélération de la vitesse de croissance (8 à 10 cm par an) avec un gain moyen au cours de la puberté (pic de croissance pubertaire) de 20 à 25 cm chez la fille et 25 à 30 cm chez le garçon. Chez les filles, la croissance s’accélère souvent un peu avant le début du développement mammaire. Les règles surviennent en moyenne deux ans après le début de la puberté (en moyenne à 12,8ans), et la croissance s’achève 18 mois à deux ans après les premières menstruations (après les premières règles, la fille grandit en moyenne de 7 cm). La taille adulte est ainsi atteinte quatre ans après le début de la puberté. La vitesse de croissance atteint huit centimètres par an en moyenne. Chez les garçons, la vitesse de croissance et le gain statural sont plus importants. Les garçons présentent souvent un ralentissement prépubertaire, puis une accélération staturale secondaire au démarrage pubertaire (correspondant à l’augmentation du volume testiculaire), qui contrairement aux filles est différée par rapport au premiers signes de puberté, parfois jusqu’à un an. La vitesse de croissance atteint neuf centimètres par an en moyenne. Le gain statural pubertaire moyen des garc ̧ons est de 25 à 30centimètres (environ 14% de la taille adulte). Au cours de cette phase de croissance, dans les deux sexes, la masse osseuse augmente, ainsi que l’indice de masse corporelle (IMC). La cinétique de la puberté est différente de chez la fille, l’accélération de la vitesse de croissance staturale survient légèrement décalée dans le temps (jusqu’à 18 mois) et le gain statural moyen se situe autour de 30 cm jusqu’à la taille adulte.
Importance du suivi pédiatrique
La croissance est le reflet de la santé de l’enfant. Son évaluation systématique est par conséquent un élément clé du suivi pédiatrique. En effet, de nombreuses pathologies peuvent se manifester par un retard de croissance qui peut être initialement isolé. Le retard de croissance doit donc être considéré comme un signe d’appel justifiant toujours une évaluation. La surveillance de la croissance est un temps essentiel de la consultation pédiatrique. Elle porte sur la mesure de la taille, du poids, du périmètre crânien, et l’évaluation de la corpulence. Tous ces éléments doivent être reportés dans le carnet de santé et sur les courbes de croissance pour évaluer la cinétique. La croissance d’un enfant est dite normale si les paramètres ( taille, poids, périmètre crânien) évoluent de manière parallèle aux courbes de références dans un même couloir entre + 2 et - 2 déviations standard ou entre le 3° et le 97 ° percentile. La croissance en taille normale permet à l’enfant d’atteindre une taille adulte considérée comme normale. Entre ces deux mesures, ces deux courbes se situe 95 % de la population.
Déviations standard et interprétation statistique
Dans le carnet de santé, les courbes de croissance se trouvent aux pages 78 à 87 (il existe deux courbes pour chaque sexe : une allant de 1 mois à 3 ans, une autre de 1 à 18 ans). Ces courbes présentent deux bandes prédessinées de couleur plus claire : la bande la plus large est limitée par deux lignes continues et contient la bande la plus étroite, limitée par deux lignes pointillées. Par définition sont considérés comme normaux, au sens statistique, les tailles et poids des enfants entre -2 déviations standard (DS) (troisième percentile) et +2 DS (97e percentile) pour l’âge et le sexe. Entre ces deux mesures se situent 95 % de la population. Plus encore que la position d’une valeur à un âge donné sur la courbe, c’est l’évolution qui est importante. La vitesse de croissance (exprimée en cm/an) est à apprécier selon l’âge, et peut être aussi reportée sur une courbe. Une vitesse de croissance inférieure à -2DS est considérée comme pathologique. Poser un diagnostic de retard de croissance peut parfois être difficile et demander un certain délai pour être sûr qu’il ne s’agit pas d’une phase qui sera rattrapée par la suite. Guidée principalement par des critères cliniques, la décision d’une référence rapide de l’enfant à un spécialiste (endocrinologue, généticien, gastroentérologue, etc.) est cruciale.
Les différentes phases de la croissance staturale
La croissance staturale est schématiquement séparée en quatre phases interdépendantes :
- Croissance foetale: Elle est rapide (50 cm en neuf mois). Elle est peu influencée par les facteurs génétiques (tailles parentales) mais surtout par les apports nutritionnels du placenta, l’insuline et l’ insulin-like growth factor 2 (IGF-2). La croissance intra-utérine peut être appréciée en échographie grâce à l’étude du diamètre bipariétal (entre 15 et 26 semaines) et de la taille du fémur (jusqu’à la trentième semaine surtout).
- Cette phase de croissance est marquée par la diminution de l’influence des facteurs intra-utérins au profit des facteurs génétiques, de la nutrition et des facteurs hormonaux (hormones thyroïdiennes, puis hormone de croissance).
- La croissance pubertaire est une phase de croissance rapide, inhomogène : ce sont en premier les extrémités (mains et pieds), puis les membres, et enfin le rachis qui grandissent. Cette phase est très dépendante des stéroïdes sexuels, et de l’hormone de croissance, et est très différente selon le sexe.
L'hormone de croissance et son rôle
l’hormone de croissance, produite durant le sommeil par l’hypophyse (une glande située dans la partie inférieure du cerveau). L’hormone de croissance est transportée jusqu’au foie où elle stimule la synthèse d’une autre hormone, le facteur de croissance insulinosimilaire 1 (IGF-1, Insulin-like growth factor).
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