Introduction

Le cinéma d'horreur, friand de figures repoussantes et de scénarios abracadabrants, a souvent puisé son inspiration dans les pages sombres de l'histoire. Parmi les monstres qui hantent nos écrans, le nazi zombie occupe une place particulière, fusionnant l'idéologie abjecte du Troisième Reich avec l'horreur viscérale des morts-vivants. Cet article se propose d'explorer ce sous-genre à travers le prisme d'un nanar assumé : "Nazis at the Center of the Earth".

Nazis at the Center of the Earth : Un Concentré de Nanar

"Nazis at the Center of the Earth" conte l'histoire d'une équipe scientifique en Antarctique qui découvre une base secrète au centre de la Terre, peuplée de zombies nazis dirigés par le docteur Mengele en personne. Le film mélange allègrement Jules Verne, le pétard mouillé "Iron Sky", la nazisploitation et la mode zombie. Sur le papier, l'idée pourrait être amusante, mais le résultat est un nanar de série Z, produit par Asylum, une société spécialisée dans le cinéma à petit budget et aux idées douteuses.

La Véritable Histoire du Neuschwabenland

Pour la petite histoire, l'Allemagne du monde réel possédait bien un territoire dans l'Antarctique : le Neuschwabenland. Une simple recherche sur la Nouvelle-Souabe révèle un florilège de théories complotistes et de spéculations farfelues. Certains illuminés sont persuadés que le Reich disposait (voire dispose encore) d'une énorme base secrète servant à la fois d'entrée vers la Terre Creuse et d'aéroport pour soucoupes volantes. En 1945, de nombreux Allemands en fuite, dont Hitler, Eva Braun et Martin Bormann, y auraient trouvé refuge avec le célèbre or nazi.

Bien sûr, il s'agit là d'un scénario de film, pas de la réalité. Dans la vraie vie, les préoccupations économiques (pêche à la baleine) ont motivé au premier chef l'expédition teutonne, et il n'y eut sur place qu'une base temporaire destinée à cartographier la zone. L'intérêt stratégique et l'éventualité d'une base navale ne sont apparus qu'après et jamais concrétisés.

La Terre Creuse et l'Ésotérisme Nazi

Le concept de la Terre Creuse a fait fureur sous le IIIe Reich au milieu d'un fatras de théories ésotériques farfelues : Thulé, quête de l'Atlantide, du Marteau de Thor et du Graal par l'Ahnenerbe, ou encore l'ariosophie. Selon cette dernière, les Aryens descendraient d'entités extraterrestres qui se seraient accouplées avec des singes.

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Le Nazi : Un Méchant Désigné d'Office

La figure du nazi a un grand mérite : pratique, consensuelle, fédératrice. Incarnation de l'horreur, on ne peut pas faire plus "méchant désigné d'office". S'ajoute une fascination du septième art pour l'image que les nazis ont donné d'eux-mêmes à leur grande époque : les défilés propres et carrés, les mouvements de foule hystérique, les discours à grand renfort d'étendards, d'aigles flamboyantes et d'effets pyrotechniques.

Il est également facile de marier le nazi au thème du zombie. On sait les nazis amateurs d'expériences délirantes. Dans une logique de fiction cinématographique, que lesdites expériences pondent du zombie pour assurer le Reich de Mille Ans, pourquoi pas ?

Le Zombie : Un Filon Surexploité

Les zombies, ça fait vendre. On en bouffe à répétition et à toutes les sauces depuis un siècle, avec un pic éverestien ces quinze dernières années. Films, séries, jeux vidéo, BD, romans… Depuis que "28 jours plus tard" a relancé le genre, l'invasion a commencé. Un peu comme les super-héros, en fait. Y a un moment où il faut arrêter de surexploiter le filon en nous servant la même soupe jusqu'à la nausée.

Nazis at the Center of the Earth : Une Production Asylum Typique

"Nazis at the Center of the Earth" est une production Asylum typique : du Z et rien que du Z, sans budget, sans pétrole, sans idées. La jaquette française résume bien la qualité du film. Le graphisme général est plutôt bien fichu, quoique très repompé d'"Iron Sky".

Tout le film est à l'avenant. Avec un budget royal de 200 000 $, le maître mot consiste à œuvrer vite (et mal) en torchant à l'arrache tout ce qui peut l'être. Douze jours de tournage, film bouclé en un mois !

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Analyse du Film : Erreurs et Incohérences

Le film démarre en 1945 en Allemagne. Joseph Mengele embarque avec une machine infernale à bord d'un avion. Le choix de Mengele est une erreur. Né en 1911, Mengele a 34 ans en 1945. À l'écran, il semble en avoir le double. De plus, son parcours après-guerre est connu, il n'a jamais foutu les pieds au centre de la Terre ou dans l'Antarctique.

L'avion est un Junkers Ju 52. Rayon d'action : 870 km. Distance Allemagne-Pôle Sud : 15 000 km. Mengele et sa cocotte-minute s'apprêtent à embarquer quand déboule à vive allure une maquette de char américain. Le bon docteur s'empresse de le dégommer d'un coup de Panzerfaust. Sous la pression de l'ennemi, Mengele s'enfuit, non sans vider le chargeur de son flingue. En pleine nuit, à longue portée, il atteint le score très honorable de quatre ennemis abattus avec six balles. Dont un qu'il tue deux fois de suite. Un petit dernier s'était accroché à l'avion, mais un coup de scalpel et hop, bon vent l'artiste.

En deux minutes, Mengele a dégommé un char et cinq bonshommes. Mieux que James Bond ! À lui seul, il aurait pu renverser le cours de la guerre en l'espace d'une semaine.

Le film assure ensuite la transition jusqu'au present day en Antarctique. Nous voici sur la Terre de la Reine Maud dans une station de recherches "internationale", ce qui, dans un film américain, signifie "sous hégémonie yankee". À la sixième minute de film, la base nazie est repérée ! Un soldat teuton met la main sur les deux chercheurs. Retour à la base scientifique où défile une série de personnages dont je n'ai pas retenu les noms. Pas sûr qu'ils en aient tous un. Mais on s'en fout, puisque la plupart vont crever, comme d'hab' dans ce genre de film. Tout ce petit monde se lance à la recherche des disparus en suivant leurs traces dans la neige.

Dehors comme dedans, les Teutons portent des masques à gaz. Pourquoi ? L'air de l'Antarctique est respirable, pas saturé d'ypérite ou d'agent Vert-de-Gris germanophobe. De plus, il n'y a pas de vrais zombies, juste des types qui se décomposent sur pied, dont les morceaux en bout de course sont remplacés au fur et à mesure, sauf que les greffes s'infectent et qu'il faut les remplacer aussi, et ainsi de suite.

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Les Allemands portent encore l'uniforme feldgrau et le Stahlhelm d'il y a trois quarts de siècle. Ils se battent toujours avec leurs armes antédiluviennes (fusil Mauser, MG 42, MP 40, Luger, grenade à manche), un comble pour une armée dont le matos n'a cessé d'évoluer du premier au dernier jour de la guerre.

Les nazis sont partis à l'arrache, les mains vides, pas plus d'une demi-douzaine d'après ce qu'on voit au début. Après avoir traversé le monde à bord d'un appareil pas conçu pour, ils se sont attelés à édifier une énorme base avec… la pensée magique ? Dans les tréfonds de la base, nous retrouvons notre bon docteur Josef qui n'a pas pris une ride depuis la fin de la guerre. Il commence à découper un de ses prisonniers pour lui arracher la peau du visage, qu'il greffera plus tard à un de ses sbires.

Doublage et Interprétation

Il est conseillé de regarder la VF plutôt que la VO pour profiter du charme d'un doublage approximatif. Les dialogues sponsorisés par La Palice se contentent la moitié du temps d'énoncer ce qu'on voit à l'écran.

L'interprétation se limite à du non-jeu pour les uns, du cabotinage pour les autres. Quand bien même le casting se composerait de la crème des acteurs oscarisés, la transparence des personnages ne leur laisserait aucun espace d'expression.

Effets Spéciaux et Décors

On reconnaît enfin la patte Asylum dans le foirage complet des effets numériques. Objets mal dessinés, incrustations mal incrustées (on dirait des images superposées comme dans un film des années 30), ça sent le fond vert et les ajouts Amiga de partout. L'équipe de bras cassés descend dans des grottes numériques immondes, traverse des cavernes numériques atroces, remonte des tunnels numériques foireux.

Conclusion

"Nazis at the Center of the Earth" est un nanar assumé, bourré d'erreurs et d'incohérences, mais qui peut divertir les amateurs du genre. Le film exploite les clichés du nazi zombie et les théories complotistes autour du Neuschwabenland et de la Terre Creuse. Malgré sa médiocrité, il témoigne de la fascination persistante pour la figure du nazi et de l'engouement pour les zombies.

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