Le cinéma fantastique et l'humour décalé se rencontrent souvent dans des œuvres surprenantes et mémorables. Cet article explore divers films présentés au Festival du Film Fantastique de Neuchâtel (NIFFF), des hommages aux héros américains revisités à la sauce japonaise, en passant par des collaborations emblématiques comme celle de Bud Spencer et Terence Hill. À travers ces exemples, nous verrons comment l'originalité, l'humour (noir ou bon enfant) et l'audace peuvent transcender les genres et marquer les esprits.
Le Festival du Film Fantastique de Neuchâtel : Un carrefour des genres
Outre la compétition internationale, le Festival du Film Fantastique de Neuchâtel (NIFFF) se distingue par trois sélections phares : New Cinéma From Asia, Ultra Movies et Films of The Third Kind. Ces sections offrent une vitrine à des œuvres variées, allant du thriller psychologique à l'aventure épique, en passant par des relectures audacieuses de figures connues.
Cheap Thrill : Un thriller ludique et cruel
Cheap Thrill, premier film du producteur E.L. Katz, est un thriller joyeusement ludique, efficace en termes de rythme et d'humour noir. Bien que manquant d'originalité, le film emporte l'adhésion grâce à son propos, qui n'épargne rien à ses personnages et s'affranchit de toute notion morale. Les comédiens, issus de la "famille" West (Sara Paxton, Ethan Embry, Pat Healy), font correctement leur travail et servent bien leurs personnages.
Frankenstein's Army : Un bestiaire original dans un found-footage inégal
Frankenstein's Army, bien que n'étant pas un film détestable, demeure trop inégal pour convaincre pleinement. Entre un début interminable, une fin grotesque et un parti pris found-footage catastrophique, le long-métrage peine à captiver. Il est cependant sauvé par son aspect technique, notamment un bestiaire de monstres originaux, et par sa courte partie centrale, relativement efficace.
Gallowwalker : Un western fantastique raté
Gallowwalker avait tout pour plaire : un western sauce fantastique avec Wesley Snipes en cow-boy vengeur. Pourtant, le résultat est décevant. Wesley Snipes, inexpressif, semble aussi ennuyé que le spectateur. Le scénario, bordélique et incompréhensible, la logique esthétique obscure et les dialogues mal écrits contribuent à faire de Gallowwalker une tâche dans la filmographie de Wesley Snipes.
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H.K. : Le super-héros japonais qui ébranle les conventions
Après les super-héros américains tels que Daredevil, Batman ou Spider-Man, découvrez celui made in Japan : HK ! Issu d'un manga de Keishù Ando, Kyùkyoku!! Hentai Kamen est un film live mis en scène par Yûichi Fukuda. Après un générique poilant et trente premières minutes bon enfant, H.K. finit par s'essouffler et devenir rébarbatif. Le scénario manque de rythme et d'idées pour tenir sur son concept de base. H.K. aurait fait un parfait court-métrage, mais sur une durée de quatre-vingt-dix minutes, il provoque plus d'ennui que de fou rire.
009 Re : Cyborg : Une œuvre philosophique indigeste
Cyborg009, série créée par Shotaro Ishinomori, est de retour sous forme d'un long-métrage après une absence de dix ans. Cette nouvelle visite dans l'univers de Shotaro Ishinomori vu par Kenji Kamiyama, réalisateur de Ghost in the Shell : Stand Alone Complex, avait de quoi intriguer. 009 Re : Cyborg est devenu une œuvre fortement philosophique, mais finit par sombrer dans l'indigestion, dans une sorte de philosophie de comptoir. Le film est long, voire interminable, et l'on n’a aucune affection particulière vis-à-vis des personnages. L'aspect technique est assez exemplaire, notamment une séquence se déroulant sur Dubaï. Pour autant, le papier-cadeau a beau être joli, cela ne changera en rien que l'intérieur reste fortement décevant et peu exaltant.
Blind Detective : Un polar hongkongais inégal
Nouveau long-métrage du réalisateur Johnny To, Blind Detective met en vedette Andy Lau et Sammy Cheng. Il y a quelques bonnes choses dans Blind Detective : un personnage principal souvent détestable, des séquences de reconstitution de crime inventives, une belle mise en scène mixant des ingrédients hardboiled à la sauce comédie hongkongaise. Le principal défaut de Blind Detective réside dans sa durée. Le scénario, très mince, est étalé plus que de raison. Au final, Blind Detective s'avère être un film rébarbatif dans sa construction scénaristique, et profondément ennuyeux dès lors que l'on adhère pas à l'humour chinois dans ce qu'il a de moins subtil.
Eega : Un film de vengeance bollywoodien démesuré
Le cinéma indien n'a pas peur du kitsch et de la démesure. Eega, de S.S. Rajamouli, rentre pleinement dans ce registre. Eega n'a pas peur d'être coloré, caricatural, généreux dans ses décors et ses idées de mise en place de la caméra, rempli de bons sentiments et naïf. L'idée de la mouche "à merde" qui veut se venger est assumée à 100% et offre des moments de pur délice, même si le film tire un peu en longueur sur la fin. Eega va jusqu'au bout de son idée et apparaît comme une expérience cinématographique assez unique. En termes de rendu des effets spéciaux, même dans le cinéma de Bollywood, on a vu mieux. Eega utilise beaucoup de GGI, et la qualité est fortement inégale.
Saving General Yang : Une légende revisitée avec des combats épiques
Ce n'est pas la première fois que les exploits de la famille Yang sont portés à l'opéra, à la télévision ou au cinéma. Voir Ronny Yu, réalisateur de La Mariée aux cheveux blancs ou du Maître d'armes, s'accaparer de ce sujet avait tout du film prometteur, et les amateurs de combats épiques ne devraient pas être déçus du voyage. Saving General Yang n'est pas un chef-d'œuvre du film de Wu Xia, mais il n'en reste pas moins que Ronny Yu nous a préparé quelques surprises dignes de rester dans les mémoires, à l'instar d'une confrontation quasi westernienne de deux archers s'offrant un duel dans un champ de blé.
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Berlin File : Un thriller d'espionnage coréen spectaculaire
Pyo est la Rolls-Royce des agents secrets nord-coréens. Sa force, son intelligence, son courage et son intégrité sans faille, l'amènent à être envoyé dans les missions les plus périlleuses dont la toute dernière se trouve prendre place dans la ville de Berlin. Petit à petit, on va se laisser entraîner dans les aventures de l'agent Pyo grâce à la relation qu'il entretient avec sa femme et les séquences d'actions qui seront de plus en plus spectaculaires, renvoyant celles de Jason Bourne et James Bond aux oubliettes.
Salut l’Ami, Adieu le Trésor : L'humour bon enfant de Bud Spencer et Terence Hill
On continue notre exploration de la filmographie de Bud Spencer et Terence Hill avec un autre de leurs classiques, le bien nommé Salut l’Ami, Adieu le Trésor. A la réalisation, Sergio Corbucci, responsable d’autres films du duo tels que Pair et Impair et Un Drôle de Flic, mais également du culte Django et du très bon Le Grand Silence. Et même si Salut l’Ami, Adieu le Trésor se démarque malgré tout un peu des autres classiques de Hill / Spencer puisqu’il ne comporte que très peu de scènes de bagarre, il est une comédie d’aventure bon enfant comprenant tous les ingrédients qui ont fait le succès du duo. Comme d’habitude, on nous colle d’entrée de jeu le thème musical dans la tête. Un thème qui, à l’instar de celui de Attention on va s’fâcher ou On l’appelle Trinita est capable de vous rester dans le crâne des jours durant. Terence Hill va être celui qui amène les embrouilles à Bud Spencer, ou qui va les provoquer par son côté un peu trop joueur, un peu trop curieux, un peu trop fouille merde. Et comme très souvent, ils vont tous les deux interpréter un personnage qui ne s’occupe que de son bien-être à lui, mais ils prendront toujours les bonnes décisions ensemble lorsqu’il faudra aider les autres. Une fois de plus, l’alchimie entre les deux acteurs est immédiate, et Bud Spencer va représenter l’humour « physique » et Terence Hill l’humour « verbal ». La joie et la bonne humeur règnent du début à la fin, avec un humour pas très fin de manière générale, mais toujours bon enfant malgré des répliques, tout du moins en VF, parfois un peu limite comme lors de la rencontre avec les indigènes locaux, où Terence Hill s’interroge « Ils sont anthropophages ? » et que Bud Spencer lui rétorque « Je ne pense pas mais pédés peut-être », ou lorsque les pirates arrivent sur l’île et que l’un d’eux balance « Ils sont que deux dont un pédé ». Et c’est donc toujours cette même recette qui a fait leur succès qu’on retrouve dans cette comédie d’aventure : grosses claques dans la gueule, bruitages exagérés, dents qui tombent, même si les scènes de bastons sont ici bien rares. Hormis un très court échange d’amabilités en tout début, la vraie première baston n’intervient qu’à la 46ème minute lors de l’attaque des pirates gays façons cuir / moustache ; la deuxième et dernière à pas moins de 1h26 pour le classique final d’échange de mornifles, torgnoles et autres gros taquets.
Die Hard : Une saga d'action incontournable
Avant de causer de cette saga cinématographique qui fait entre 3 et 5 films selon que l’on se place du côté des syndicats ou de la police, je vais commencer par un aparté. Oui, je suis comme ça : je fais un aparté avant d’attaquer le sujet principal. Non, je voulais commencer par faire ma B.A. de fin d’année en réparant une injustice. Oui, vous entendez Yippie-Ki-Yay et vous pensez à Die Hard mais saviez-vous qu’il s’agissait d’une référence à un vieux western de 1936 en fait ? « Qui êtes-vous ? Un Américain qui a vu trop de films ? Un orphelin d’une culture morte qui se prend pour John Wayne ? Rambo ? - J’ai toujours eu un faible pour Roy Rogers. - Yeepee-kaï-yay, pauvre con ! Il est néanmoins temps d’attaquer le “dur” (ce n’est pas sale) avec le premier film de cette saga : PIEGE DE CRYSTAL ! On y fait connaissance avec John McLane, flic new-yorkais de son état, qui rentre à Los Angeles rejoindre sa femme pour fêter Noël… Sauf que sa femme fait partie d’un groupe de personnes prises en otage au sein du Nakatomi Plaza par un terroriste allemand nommé Hans Gruber. Et ce flic va s’attaquer au problème pour sauver sa femme qui assistait juste à la soirée de Noël de son boulot et qui n’en demandait pas tant ! Réalisé par John McTiernan en 1988 qui sort à peine de Predator et qui réalisera plus tard le 3e opus Une Journée en Enfer (mais d’autres films coolos comme Last Action Hero et mon chouchou Le 13e Guerrier), on est quand même dans le prototype du genre “actioner” qui inondera les années 80-90 et qui irriguera jusqu’à de nos jours notamment avec les films de Dwayne Johnson. Je pense notamment à Skyscraper où ce dernier… doit sauver sa femme (jouée par Neve Campbell) dans un gratte-ciel attaqué par des criminels. Mais ce premier Die Hard c’est surtout la révélation au grand public de l’interprète de John McLane en la personne de Bruce Willis. Il n’est bien sûr pas un total inconnu en 1988 car il joue depuis 1985 au côté de Cybil Sheperd dans la série Clair De Lune mais c’est la première fois qu’il se révèle au cinoche (oui, je dis cinoche comme au temps des frères Lumière et je vous emmerde !). Il est opposé au grand méchant Hans Gruber, joué par le regretté Alan Rickman, avec un certain charme et flegme pour un personnage censé être allemand. Je n’ai pas vu de claquettes-chaussettes à l’écran malgré quelques visionnages ! Je voudrai juste ajouter à ce petit passage sur le casting pour rendre hommage au fidèle second rôle des années 80 : Reginald VelJohnson. Qu’il soit Al Powell le seul flic à appuyer à distance John McLane, un chauffeur de limousine dans Crocodile Dundee, un gardien de prison dans Ghostbusters ou enfin un flic également dans Turner & Hooch, il a “occupé le terrain” dans les années 80 au ciné avant de devenir un policier père de famille à la télévision dans La Vie de Famille sur CBS pendant 9 ans. On retrouve notre bô John encore une fois à la période de Noël, qui vient chercher sa femme qui arrive de L.A. On a encore une fois le flic qui refuse de l’écouter Carmine Lorenzo (Dennis Franz Hill Street Blues Det. On a même le droit à une balade dans les conduits d’aération non sans noter qu’il a déjà fait ça à Noël et que tous ses noëls se ressemblent. UNE JOURNEE EN ENFER, ou Die Hard With a Vengeance dans la langue de Shakespeare, démarre à New York en 1995 avec un attentat où un grand magasin du centre-ville explose en pleine journée. Cet attentat est revendiqué auprès de la police par un certain Simon qui réclame aux autorités pour ne pas réitérer que John McLane, depuis séparé de Holly et assez porté sur la boisson, se rende à Harlem… avec une pancarte sur le dos avec des inscriptions qui ne laisseront pas indifférente la population de ce quartier. Pour tout dire, le script de départ n’était pas spécialement prévu pour John McLane et la franchise Die Hard mais Jonathan Hensleigh l’avait écrit pour un film d’action avec Brandon Lee (malheureusement décédé sur le tournage de The Crow en 1993), avant qu’il ne soit ensuite envisagé comme un potentiel scénario pour L’Arme Fatale 4. L’ajout majeur à ce film consiste en l’apport du “sidekick” civil et caractériel Zeus Carver interprété par Samuel L. Jackson (bien avant qu’il ne soit Nick Fury pour le MCU et juste après le succès de Pulp Fiction en 1994) et dans le méchant interprété par le toujours brillant Jeremy Irons. Il faut néanmoins savoir que le rôle de Zeus était d’abord prévu pour Laurence Fishburne (Morpheus dans Matrix). Il doit encore en vouloir à son agent de l’époque : il a d’abord refusé de jouer dans Pulp Fiction et pendant les négociations pour Die Hard 3, alors qu’il avait refusé le rôle pour demander un cachet plus élevé, Pulp Fiction avec Samuel L. Jackson (et Bruce Willis) était présenté à Cannes. Et son agent a amené ainsi Samuel L. Au niveau box-office mondial, cet opus sera le plus gros succès de 1995 tout juste devant Toy Story et Apollo 13 ! Dans ce nouvel opus, on découvre un nouveau binôme, en la personne de Justin Long qu’on a pu voir dans de nombreux films comme Jusqu’en en enfer de Sam Raimi, ou encore Alvin et les Chipmunks. Les scènes d’actions sont assez dingue, surtout au début du film, on retrouve notre héros faisant des blagues et dégommant du méchant avec malice, puis on retrouve un duo assez amusant avec Justin Long en petit hacker peureux protégé par notre Jojo national. Bref, de mon avis, un film qui sur les ⅔ parvient à nous faire retrouver une sorte de nostalgie, mais sur la fin, on y perd beaucoup, avec la fille de John qui ne sert vraiment pas à grand chose. On aurait aimé une scène finale plus épique comme celles des précédents opus, un John qui se bat contre ses ennemis à la fin et pas contre un jet militaire, et puis surtout un méchant charismatique bordel! Alors là, j’ai même plus les mots…. Ici John doit donc aller en Russie sauver son fils qui s’avère à sa grande surprise être un agent de la CIA. Réalisé par John Moore, le film est une véritable merde infâme. Ici, peu de chance de trop s’y attarder, mais le film est affligeant de niaiserie. La fusillade dans l’hôtel en rénovation est débile à souhait avec des cascades encore plus téléphonées que dans le 4 (les mecs descendent d’un échafaudage comme des merdes et sortent indemnes). Avant de passer à la suite, je tiens quand même à rétablir la vérité. DIE HARD ce n’est qu’une trilogie. Et c’est tout ! D’ailleurs en 1996 sortira le jeu que j’aurai sans doute le plus poncé sur Playstation après Soul Blade : Die Hard Trilogy !
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