Brigitte Auber, figure discrète mais marquante du cinéma et du théâtre français, a célébré son 100ème anniversaire le 27 avril. Son parcours, riche et varié, témoigne d'une passion pour le jeu et d'une capacité à traverser les époques avec élégance. Cet article se propose de retracer sa carrière, de ses débuts prometteurs à ses rôles plus récents, en passant par sa rencontre marquante avec Alfred Hitchcock et ses collaborations avec les grands noms du théâtre de boulevard.
Des Débuts Prometteurs au Cinéma
Brigitte Auber a fait ses premiers pas au cinéma à la fin des années 1940, sous la direction de Jacques Becker. C'est dans "Rendez-vous de juillet" (1949), une œuvre pleine de fraîcheur et d'enthousiasme qui dépeint la jeunesse d'après-guerre, qu'elle se fait remarquer. Elle y incarne Thérèse, une jeune femme amoureuse d'un trompettiste de jazz interprété par Maurice Ronet. L'année précédente, elle avait joué dans "Les amoureux sont seuls au monde" d'Henri Decoin, dans le rôle d'une amie de Dany Robin, protégée d'un compositeur incarné par Louis Jouvet.
Jusqu'à la fin des années 1950, Brigitte Auber apparaît dans plusieurs films notables, dont "Sous le ciel de Paris" (1951) de Julien Duvivier, où elle incarne une jeune provinciale victime d'un criminel. En 1955, elle obtient un rôle important dans "Les aristocrates" de Denys de La Patellière, aux côtés de Pierre Fresnay et Maurice Ronet.
"La Main au Collet" : Un Titre de Gloire sous le Regard d'Hitchcock
Le rôle le plus mémorable de Brigitte Auber reste sans conteste celui de Danielle Foussard dans "La main au collet" (1955) d'Alfred Hitchcock. Ce film, tourné sur la Côte d'Azur, met en scène Cary Grant dans le rôle d'un ancien cambrioleur soupçonné de nouveaux vols. Brigitte Auber y incarne une jeune femme juvénile et espiègle qui séduit le personnage principal.
Malgré le succès du film, Brigitte Auber a confié avoir été déconcertée par l'indifférence d'Hitchcock sur le plateau. Elle finit par demander au réalisateur ce qu'il pensait de son jeu, ce à quoi il répondit qu'il l'avait choisie parce qu'elle correspondait au personnage, la laissant libre d'interpréter le rôle à sa guise.
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Une Carrière Théâtrale Éclectique
Avant de se consacrer au cinéma, Brigitte Auber a étudié la danse classique. Elle a toujours accordé une place importante au théâtre dans sa carrière. Elle a joué dans de nombreuses pièces, allant du boulevard haut de gamme aux œuvres plus classiques.
Elle a notamment collaboré avec des auteurs tels que Marc-Gilbert Sauvajon, Jacques Deval, Georges Neveux, André Roussin, Albert Husson, Pierre Barillet et Jean-Pierre Grédy, Marc Camoletti, Alexandre Breffort, Eugène Labiche, Pierre Maudru et Jean Anouilh.
Parmi les pièces notables de son répertoire, on peut citer "Georges et Margaret" (1950), "Le rayon des jouets" (1951), "Il était une gare" (1953), "Le système deux" (1955), "Zamore" (1955), "L'amour fou" (1955), "Les pigeons de Venise" (1956), "Les choutes" (1959), "Heureux mortels" (1960), "La tour de Nesle" (1975) et "Il fait beau jour et nuit" (1978).
Brigitte Auber a eu l'occasion de travailler avec des metteurs en scène de renom tels que Jacques Deval, Jean Darcante, René Clermont, Henri Soubeyran, Louis Ducreux, Raymond Gérôme, Jean Wall, Christian-Gérard, François Maistre, Henri Soubeyran, Jean-Paul Cisife, Michel Vocoret, José Valverde, Jean Darnel, Jean Anouilh, Jean Puyberneau et Françoise Sagan.
Son répertoire théâtral témoigne d'une grande diversité, allant des comédies légères aux œuvres plus subtiles et désabusées.
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Retour au Cinéma et Apparitions à la Télévision
Après une éclipse de plus de dix ans, Brigitte Auber revient au cinéma dans les années 1970, mais se contente désormais de rôles secondaires. On la voit notamment dans "Le coeur fou" (1970) de Jean-Gabriel Albicocco et "Le déménagement" (1997) d'Olivier Doran.
Elle participe également à plusieurs téléfilms et séries télévisées, tels que "Tableau de chasse" (1958), "L'écornifleur" (1964), "Treize à table" (1967), "1905: le temps des intrigues" (1970), "Navarro" (1991), "Julie Lescaut" (1996) et "Meurtres à Saint-Malo" (2018).
Rencontre Alcoolisée avec Alain Delon
Ce dimanche 12 septembre, dans l'émission "13h15 le dimanche" consacrée à Jean-Paul Belmondo, Brigitte Auber a raconté sa rencontre mouvementée avec Alain Delon dans les années 1960. À cette époque, Delon, renvoyé de l'armée, fréquentait les bars et cabarets.
Brigitte Auber se souvient : "J'étais au club de Saint-Germain et une amie vient me voir et me dit : 'un jeune homme veut vous voir'. Le surlendemain, il a donné son nom. Je suis allée le voir et je tombe sur un type assis devant son troisième verre de bière. Il était un peu comateux. On s'en va. Je le fais marcher mais je me suis dit que ce gars-là avait trop bu. On marche beaucoup et je lui demande où il habite. Il me répond qu'il habite Bourg-la-Reine mais qu'il ne peut pas rentrer comme ça… Je lui ai dit : 'venez, vous allez dormir à la maison'. Dans la nuit, il m'a rendu visite et puis ça a commencé comme ça".
Cette anecdote témoigne de l'esprit libre et audacieux de Brigitte Auber, ainsi que de son charme et de son magnétisme.
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Filmographie sélective
- Antoine et Antoinette (1947), de Jacques Becker
- Les amoureux sont seuls au monde (1948), d'Henri Decoin
- Rendez-vous de juillet (1949), de Jacques Becker
- Vendetta en Camargue (1950), de Jean Devaivre
- Sous le ciel de Paris (1951), de Julien Duvivier
- Victor (1951), de Claude Heymann
- L'amour toujours l'amour (1952), de Maurice de Canonge
- Femmes de Paris (1953), de Jean Boyer
- La main au collet (To catch a thief - 1955), d'Alfred Hitchcock
- Les aristocrates (1955), de Denys de La Patellière
- Ce soir les jupons volent (1956), de Dimitri Kirsanoff
- Lorsque l'enfant paraît (1956), de Michel Boisrond
- Mon pote le gitan (1959), de François Gir
- Le coeur fou (1970), de Jean-Gabriel Albicocco
- Mon curé chez les nudistes (1982), de Robert Thomas
- Omnibus (1992), court-métrage de Sam Karmann
- Le déménagement (1997), d'Olivier Doran
- L'homme au masque de fer (The man in the iron mask - 1998), de Randall Wallace
- Une douce jeunesse (2005), court-métrage de Gaël Zaks
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