La braderie Doudou à Mons est bien plus qu'une simple fête locale ; c'est une immersion profonde dans l'histoire, la culture et les traditions d'une ville attachée à son patrimoine. Reconnue par l'UNESCO comme chef-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité en 2005, la ducasse de Mons, dont les origines remontent au XIVe siècle, est un événement majeur qui attire chaque année des centaines de milliers de personnes. Cet article explore l'histoire fascinante de cette tradition, les festivités qui l'entourent, et son importance pour la ville de Mons.
Les Origines Historiques du Doudou
La ducasse de Mons trouve ses racines au Moyen Âge, plus précisément en 1348, une période marquée par une terrible épidémie de peste. Face à cette calamité, une procession fut organisée pour implorer sainte Waudru, la sainte patronne de la ville, de protéger la population. La légende raconte que la sainte entendit leurs prières et que l'épidémie cessa. En signe de gratitude, les Montois ont perpétué cette procession chaque année, donnant ainsi naissance à une tradition qui allait devenir le Doudou.
Au fil des siècles, la ducasse a évolué, intégrant de nouveaux éléments et devenant un symbole de l'identité montoise. Les fêtes communales, désignées par les noms de Ducasses, de Karmesses, sont essentielles dans le département du Nord. Elles durent plusieurs jours et sont célébrées avec un enthousiasme qui témoigne de l'attachement des habitants à leurs traditions.
Sainte Waudru: Fondatrice et Protectrice de Mons
Sainte Waudru est une figure centrale de l'histoire de Mons. Fondatrice de la cité, elle est vénérée pour avoir, selon la légende, enrayé une épidémie de peste qui menaçait la ville. Chaque année, lors du Doudou, une cérémonie émouvante est organisée dans la collégiale qui porte son nom. Le samedi soir, le doyen confie au bourgmestre les reliques de la sainte, un geste symbolique qui rappelle le rôle protecteur de Waudru envers Mons.
La Collégiale Sainte-Waudru, un imposant édifice religieux, est un élément majeur du patrimoine wallon. La construction de cette collégiale a duré plus de 200 ans. À l'intérieur, les visiteurs peuvent admirer des vitraux du XVIe siècle et le "Trésor", un ensemble d'orfèvreries religieux.
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La Procession du Car d'Or: Un Rituel Incontournable
Le dimanche de la Trinité, point culminant du Doudou, est marqué par la procession du Car d'Or. Ce char, utilisé depuis 1740 et visible toute l'année dans la collégiale, est sorti pour l'occasion. Tiré par six chevaux de trait et accompagné des intervenants du combat du Lumeçon, ainsi que de représentants de diverses guildes d'artisans, le Car d'Or déambule dans les rues de Mons.
La procession démarre de la Collégiale pour traverser la ville, jusqu'à la montée du Car d'Or. Des milliers de mains hissent l'attelage au sommet du raidillon pavé qui longe la collégiale. La légende veut que le Car d'Or doit gravir la rampe d'un seul élan pour éviter le malheur à la ville. Cette montée est un moment de forte émotion, où la ferveur populaire atteint son paroxysme.
Le Combat du Lumeçon: Saint Georges contre le Dragon
Après la montée du Car d'Or, l'attention se déplace vers la Grand-Place, où se déroule le Combat dit Lumeçon. Ce spectacle, qui oppose saint Georges au dragon, est un autre moment fort du Doudou. Saint Georges, vêtu de jaune, rouge et noir, affronte le dragon, symbole du mal, dans une chorégraphie précise.
Le Lumeçon, également appelé "Jeu de Saint Georges", est un combat ritualisé où chaque geste a une signification. Saint Georges tente de tuer le dragon à l'aide de lances et de deux tentatives infructueuses de coup de pistolet. Le dragon, quant à lui, est entouré de ses défenseurs, les diables, et agite sa queue, dont les crins sont avidement convoités par la foule.
La foule qui se masse autour de l’arène sur la Grand Place n’est plus qu’un même grondement. La chaleur augmente pour peu que brille le soleil et une légère bruine est la bienvenue. Pas de pluie. Ici, on vous dira qu’il ne pleut pas pendant le Lumeçon. Saint Georges a à sa disposition, pour vaincre, différentes armes. Une lance de combat, la lance inversée qui symbolise sa force sauvage, la lance noire et blanche, un sabre et un pistolet. A ses côtés on retrouve ses alliés naturels, les douze Chin-Chins (sorte d’hommes chiens) qui se battront contre les onze diables, immatures défenseurs du dragon armés de vessies de porc gonflées. Le corps du dragon est mis en mouvement par les Hommes Blancs, supposément invisibles, et sa queue par les Hommes de Feuilles. Le combat en lui-même est chorégraphié avec beaucoup de soin, et Saint Georges et le dragon tournent chacun dans un sens différent. Leurs alliés se croisent et s’emmêlent. L’air est presque irrespirable et on se presse de plus en plus près de l’arène, à la corde. Durant le combat, les Hommes de Feuilles abaissent en effet plusieurs fois la queue du dragon dans la foule. A chaque fois, une vague humaine se presse vers le point de chute ; comprimés les uns contre les autres il est à peine possible de continuer à respirer. Chacun tend vers un objectif commun : réussir à atteindre la queue du dragon pour en arracher un crin avant qu’elle ne se relève. Lorsque tous les crins ont disparu, il est temps pour Saint Georges d’achever son œuvre. Lorsqu’après un cérémonial complexe le dragon s’écroule enfin, la foule laisse éclater sa joie. Aussi rapidement qu’elle s’était amassée, rendant la traversée de la place presque impossible, elle se disperse. La sueur et la poussière collent à la peau. L’air est de nouveau plus respirable et il est possible de déambuler, de s’arrêter aux bars extérieurs pour s’offrir une bière ou un péquet aromatisé, ou encore d’acheter un collier tressé officiel du Doudou - aux couleurs de la ville de Mons.
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À la fin du combat, lorsque saint Georges terrasse le dragon, la foule exulte. C'est un moment de libération, de joie partagée, qui marque la victoire du bien sur le mal.
L'Ambiance Festive du Doudou
Le Doudou, c'est aussi une ambiance festive qui envahit la ville pendant une semaine. Des festivités aux multiples événements, le lancement de la fête est traditionnellement inauguré par le verre du bourgmestre. Entre autres manifestations, des dj’s enflamment la place du marché aux herbes. Se succèdent ensuite les nombreux événements de cette ducasse tant attendue, tels que le Doudou Sound Party sur la grand-place ou, le feu d’artifice.
Dès le lundi, une braderie monstre se tient dans les rues de la ville pour l’instant encore remplies de badauds ravis. Les commerçants montois participent à une braderie de quatre jours intitulée Les prix chambourlettes. Viendront se joindre à eux en début de semaine des échoppes ambulantes. Le tout au son du quatrième festival de fanfares de rue où des groupes animent les charmantes ruelles de la ville.
La ville se transforme en un lieu de rencontre, de partage et de convivialité. Les bars et restaurants sont bondés, les terrasses animées, et l'air résonne des sons de la musique et des rires. C'est une semaine de liesse populaire, où les Montois et les visiteurs se retrouvent pour célébrer leur identité et leur attachement à leur ville.
L'Importance Économique du Doudou
Le Doudou ne se limite pas à une dimension culturelle et festive ; il a également un impact économique significatif sur la ville de Mons. "C’est très important pour le rayonnement identitaire de la région mais aussi en terme économique. Le secteur de l’horeca réalise une partie conséquente de son chiffre d’affaires annuel à l’occasion de la ducasse" explique le bourgmestre.
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Les commerçants réalisent une part importante de leur chiffre d'affaires annuel pendant cette période. Les hôtels affichent complet, les restaurants sont pris d'assaut, et les boutiques voient leurs ventes augmenter. Le Doudou est donc une source de revenus importante pour la ville et ses habitants.
Mons: Ville d'Art et de Culture
Profitez de votre visite pour découvrir la ville de Mons. Mons fait parler d’elle depuis quelques années en devenant "Capitale de la culture européenne". Mons compte des parkings gratuits autour du centre historique, à environ 10-15min à pied. Les monuments ou œuvres incontournables sont facilement accessibles à pied.
La Grande Place est l’une des plus belles places de Belgique. Cette immense place rassemble l’hôtel de ville, le théâtre et de belles demeures dans le plus pure style art flamand. C’est ici que se déroule chaque année le « Doudou » immense fête populaire de Mons. Classée au patrimoine de l’Unesco, la fête débute par la procession du Car d’Or, qui consiste à pousser un char avec les reliques de sainte Wandru jusqu’à la collégiale. Puis lors du combat du « Lumeçon », Saint Georges va combattre le Dragon au son de l’air traditionnel du Doudou.
L’Hôtel de Ville, édifié dans le style gothique, fut complété par un campanile. Prés de la porte d’entrée, touchez de la main gauche la tête de la statuette du singe (dont l’origine est inconnue) il parait que ça porte bonheur pendant 1 an! N’hésitez pas à franchir le porche pour admirer la petite cour d’honneur et plus loin le jardin Mayeur. Vestige du Moyen-Age, il servait de basse cour et de verger. Du haut de ses 87m de hauteur, le Beffroi est l’un des symboles de la ville. Classé au patrimoine mondial de l’Unesco, il fut construit et est facilement identifiable avec son style baroque et ses bulbes. La Collégiale Sainte-Waudru fait partie du patrimoine majeur de Wallonie. A l’intérieur, vous pouvez admirer des vitraux du XVIème siècle mais aussi le « Trésor », un ensemble d’orfèvreries religieux.
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