Les maux de tête, en particulier les migraines, sont un problème de santé courant qui peut affecter les enfants. Il est essentiel de comprendre les différents types de céphalées, leurs symptômes et les options de traitement disponibles, en particulier dans une région comme Rhône-Alpes avec des centres spécialisés. Il est important de souligner que ces informations ne remplacent pas un avis médical professionnel. Seul un neurologue spécialisé en migraine peut poser un diagnostic précis et mettre en place un traitement adapté.

Comprendre les Céphalées Primaires

Une céphalée primaire est une douleur survenant sans lien avec une autre pathologie, une anomalie ou un traumatisme identifiable. Elle correspond à une pathologie en elle-même, et l’examen clinique est le plus souvent normal. Il existe plus de 200 types de maux de tête différents. Parmi les plus courants, on retrouve :

  • La Céphalée de Tension : Elle est ressentie comme une pression ou une tension, un peu comme un bandeau ou un casque enserrant la tête, irradiant parfois jusqu’au cou. On a l’impression désagréable d’avoir la tête serrée dans un étau. Selon différentes études, elle concernerait entre 30 et 45 % de la population. Malgré sa grande fréquence, la cause exacte de ces céphalées reste inconnue. Dans le cas de la forme épisodique, les mécanismes reposeraient essentiellement sur des facteurs musculaires. La crise cède avec des antalgiques courants comme le paracétamol (Doliprane, Efferalgan, Dafalgan). Il faut cependant être prudent, car le paracétamol à haute dose et pris sur une longue période est toxique pour le foie.

  • La Céphalée Chronique Quotidienne : Il s’agit d’un terme qui désigne la présence d’une céphalée survenant au moins 15 jours par mois depuis au moins 3 mois, associée à une surconsommation en traitement de crise. La plupart des malades y associent une migraine épisodique. Les céphalées surviennent quotidiennement ou presque, souvent au réveil. Des nausées, une irritabilité et des difficultés de concentration peuvent être présentes. Ce type de céphalée est caractérisé par des maux de tête pour lesquels la douleur réapparaît dès la fin de l’effet du médicament, ce qui oblige la personne à reprendre des médicaments dès que la douleur revient. C’est en fait le mésusage médicamenteux qui entretient le mal de tête. Les mécanismes de la surconsommation ne sont pas encore élucidés.

  • La Migraine Chronique : Elle est définie par au moins 15 jours de céphalées dont au moins 8 jours présentant des caractéristiques migraineuses. C’est également une céphalée persistante, quotidienne dès son apparition. La douleur peut être de type migraineux, de type tensionnel ou comporter des éléments des deux.

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  • La Nouvelle Céphalée Quotidienne Persistante (NDPH) : La NDPH est unique en ce sens que les malades se souviennent de la date exacte à laquelle leur mal de tête a commencé. Elle se caractérise par une douleur quotidienne continue à la tête, qui dure plus de 3 mois, d’intensité variable, et parfois accompagnée de certains symptômes migraineux. Des études réalisées en Espagne et en Norvège rapportent une fréquence de 30 à 100 personnes sur 100 000. C’est donc une maladie rare.

  • L’Hémicrânie Paroxystique : Il s’agit d’une céphalée unilatérale (un seul côté de la tête), très rare et plus fréquente chez la femme. Les crises sont brèves (2 à 30 minutes) et fréquentes (5 à 30 / jour). Les symptômes de l’hémicrânie se présentent via une douleur intense. Elle est ressentie d’un seul côté du visage, toujours du même côté, à l’intérieur et autour de l’œil. L’œil peut présenter une rougeur, un larmoiement et éventuellement un gonflement ou un affaissement de la paupière. Ces symptômes peuvent être accompagnés d’une congestion nasale et par des signes neurologiques : paresthésie (troubles de la sensibilité), aphasie (perte de la parole). Les crises migraineuses sont plus longues que les accès de douleurs ressentis dans l’hémicrânie. Dans le cas de l’hémicrânie, elles se répètent plusieurs fois par jour.

  • Hypertension Intracrânienne Idiopathique (HTIC) : Elle peut être révélée par une céphalée inhabituelle, ou par une aggravation significative d’une céphalée préexistante. Le diagnostic d’HTIC peut s’avérer difficile ; il requiert l’association d’éléments cliniques et paracliniques. La ponction lombaire est nécessaire afin d’objectiver une pression de liquide céphalorachidien supérieure à 25 cm d’eau. L’imagerie cérébrale peut contribuer au diagnostic en montrant des signes indirects de l’hypertension intracrânienne. L’HTIC est caractérisée par une augmentation de la pression intracrânienne, dont les causes sont multifactorielles. Les céphalées attribuées à l’hypertension intracrânienne idiopathique peuvent imiter la migraine chronique et la céphalée de tension.

  • Céphalée par Hypotension Spontanée : La douleur a généralement une composante positionnelle marquée (pouvant survenir immédiatement après la mise debout ou en position assise, et soulagée rapidement en position allongée). Elle est le plus souvent à type d’étau à l’arrière de la tête et au niveau des cervicales, mais elle peut aussi être frontale ou unilatérale. Elle peut s’accompagner d’une raideur de la nuque et de symptômes auditifs (acouphènes). Le délai de la survenue de la céphalée ou de son soulagement peut être retardé. La maladie est dite spontanée car les patients atteints n’ont pas subi d’intervention médicale (comme une ponction lombaire, une chirurgie rachidienne) ou de traumatisme pouvant mener à une baisse de pression. La nature orthostatique spontanée ainsi que la baisse de pression ou la fuite du liquide LCR distinguent cette maladie de la migraine. La céphalée apparaît debout et disparaît souvent complètement en position allongée.

  • L’Algie Vasculaire de la Face (AVF) : Elle se caractérise par des crises de douleurs sévères, voire atroces, comparées parfois à un arrachement, ou à un pieu planté dans l’œil d’un seul côté du visage, en général autour de l’œil et de la tempe, mais parfois aussi dans les dents, l’oreille et le cou. Les douleurs sont souvent accompagnées de larmoiement, de congestion ou d’écoulement nasal, d’une fermeture de la paupière, et d’une rougeur de l’œil du côté de la douleur. Le visage peut également rougir et des nausées peuvent accompagner les céphalées. Dans environ 85 % des cas, les crises viennent par périodes de quelques semaines, ne dépassant pas un an, avec des périodes de rémission pouvant durer plusieurs années. Les périodes surviennent chez un même patient assez fréquemment au cours d’une même saison (surtout printemps et/ou automne) et recommencent ainsi tous les ans. Il s’agit là d’une forme épisodique. Même s’il existe des points communs, il s’agit de deux maladies différentes, qui se traitent différemment. Les migraines atteignent plus souvent les femmes, alors que l’AVF atteint 3 hommes pour 1 femme. Les crises d’AVF durent moins de 3h, alors que les migraines durent plus de 4h. L’AVF a tendance à évoluer par périodes de crises aux mêmes périodes de l’année, entrecoupées de rémissions de plusieurs mois (par exemple, 3 semaines de crises chaque hiver…).

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Les Névralgies

Une névralgie est l’irritation d’un nerf, souvent sensitif, associée à des douleurs « semblables à des décharges électriques ». La névralgie peut toucher différents nerfs pendant des périodes de temps variables : plusieurs jours, semaines, parfois des années. On distingue notamment :

  • La Névralgie du Trijumeau : La douleur survient dans le territoire d’une ou plusieurs branches du nerf trijumeau, nerf crânien assurant l’innervation sensitive de la face et d’une partie du crâne. Lors des crises, des mimiques faciales avec crispation sont possibles, comme un tic douloureux. Les accès sont récidivants, avec une fréquence pouvant aller jusqu’à 100 fois / jour. La douleur est souvent déclenchée par le contact avec certaines zones du visage ou de la cavité buccale, appelées zones gâchettes. Par conséquent, certains patients évitent de parler, de manger, de s’embrasser ou de boire. D’autres activités comme le rasage ou le brossage des dents peuvent également déclencher de la douleur. Dormir sur le côté atteint est souvent intolérable et même le vent qui effleure la joue peut amener à une vive douleur. La névralgie du trijumeau est peu fréquente : 10 hommes sur 100 000 et 20 femmes sur 100 000, avec environ 5 (hommes) à 7 (femmes) nouveaux cas par an pour 100 000 (source : Vidal). La migraine se distingue par une douleur plus prolongée, contrairement aux pics de douleurs que cause la névralgie du trijumeau.

  • La Céphalée Névralgique Unilatérale Brève avec Injection Conjonctivale (SUNCT) : Elle est une affection rare qui ressemble à l’algie vasculaire de la face. Elle provoque généralement des accès de douleur courts mais fréquents autour de l’œil, d’un côté de la tête. La douleur est modérée à sévère, en coup de poignard ou brûlure. La douleur dure entre 1 seconde et 10 minutes, et se répète en moyenne 28 fois par jour, parfois bien plus. L’œil affecté est rouge et les larmoiements sont fréquents. Elle est estimée à environ 1/15 000. On observe une légère prédominance masculine (ratio hommes/femmes étant de 1,5/1). L’âge moyen au début de la maladie est d’environ 50 ans.

  • La Névralgie d’Arnold : Le nerf d’Arnold comprend 2 branches : nerf occipital inférieur et nerf occipital supérieur. La névralgie d’Arnold peut entraîner des douleurs vives, lancinantes partant de la nuque jusqu’au sommet du crâne. Dans certains cas, elles peuvent s’étendre jusqu’à l’œil. À noter que les douleurs paroxystiques peuvent être spontanées ou bien déclenchées par les mouvements du cou. Souvent très intenses et chroniques, elles peuvent s’étendre au visage (front, tempes, mâchoire, oreilles etc.). Elle peut être confondue avec la migraine à cause de son caractère unilatéral et des douleurs dans le cou qui sont souvent présentes dans la migraine. Toutefois, le caractère bref et en décharges électriques des douleurs sera en faveur de la névralgie d’Arnold.

  • Syndrome de Dysfonctionnement de l'Articulation Temporo-Mandibulaire (ATM) : Dans ce syndrome, la céphalée est symptomatique de la mise en tension excessive des muscles de la mâchoire. La douleur se situe généralement dans la région occipitale, à l’arrière de la tête et temporale.

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Le Nerf Trijumeau : Un Acteur Clé

Le nerf trijumeau est le plus volumineux des nerfs crâniens et présente trois ramifications. Il émerge du système nerveux central à la face latérale du tronc cérébral. Après un court trajet dans le liquide céphalo-rachidien jusqu’au ganglion de Gasser, il se divise en 3 branches (nerfs ophtalmique V1, maxillaire V2 et mandibulaire V3), destinées à l’innervation sensitive de la face, qui sortent de la boîte crânienne par 3 trous différents.

Diagnostic et Orientation en Rhône-Alpes

Il est crucial d'obtenir un diagnostic précis pour une prise en charge efficace. Pour aider votre médecin, il est important de lui apporter des informations précises. Si la douleur s’est modifiée, il est conseillé d'appeler le 15 et de décrire les symptômes pour obtenir des conseils. Sans diagnostic, il est déconseillé de prendre des médicaments sans l’avis d’un professionnel.

Si le diagnostic reste incertain, n'hésitez pas à demander un deuxième avis, en faisant appel à un spécialiste des céphalées.

Le CHU Grenoble Alpes dispose d'un service de neurologie qui est le seul service d’hospitalisation pour le territoire, et le service de recours pour l’ensemble de l’arc alpin (environ 100 000 patients). Il réunit différentes sous-spécialités consacrées aux maladies du système nerveux central et périphérique, regroupées au sein du pavillon de neurologie, du service des Explorations Fonctionnelles du Système Nerveux (EFSN - Hôpital Michallon, 4ème étage) ainsi que sur le site de Voiron (Centre de la Douleur et consultations polyvalentes). Ce centre propose :

  • Centre Mémoire Ressource et Recherche (CMRR) : Evaluations et accompagnements d’adultes souffrant de troubles de la mémoire et du langage, et/ou de troubles du comportement, secondaires à des maladies neurodégénératives (maladie d'Alzheimer et maladies apparentées). L'équipe se compose de médecins (neurologues et psychiatres), psychologue, neuropsychologues, orthophonistes, assistante sociale, infirmière de coordination, secrétaires. L'accès aux examens complémentaires est organisé. Les évaluations ont lieu soit en consultation externe, soit en hôpital de jour. Le CMRR assure une mission de formation et de recours pour l'ensemble de l'arc alpin. Il pourra être proposé aux personnes volontaires la participation à des protocoles de recherche. Une place particulière est faite aux questions éthiques au sein d'un espace éthique mensuel. Pour les consultations, une lettre de votre médecin traitant peut vous être demandée. Pour les bilans neuropsychologiques, un formulaire rempli par le médecin traitant est exigé. Une consultation mémoire est réalisée par un médecin et dure entre 45 minutes et 1 heure. Un bilan neuropsychologique est réalisé par un psychologue spécialisé en neuropsychologie.

  • Service d’Epileptologie : Spécialisé dans le diagnostic et la prise en charge des patients souffrant d’épilepsie, incluant le diagnostic positif, le diagnostic syndromique et la prise en charge de la pharmaco-résistance, incluant le bilan pré-chirurgical. Il est l’une composante du Centre de Compétence des épilepsies rares (GeRar). Il s’organise en plusieurs secteurs d’activité autour d’une équipe pluridisciplinaire : consultations spécialisées en épilepsie, consultations de neuropsychologie et d’orthophonie, laboratoire de Neuro-Physiopathologie de l’épilepsie, service d’hospitalisation avec deux lits équipés d’un système d’enregistrement vidéo-EEG.

  • Autres spécialités : Toutes pathologies neurologique, maladies innées du métabolisme, Centre Expert Céphalées / Douleurs neuropathiques, Centre de compétence Maladies Métaboliques, Centre de compétence Neurogénétiq.

  • Unité de Neurologie Générale : Dédiée à la prise en charge et le suivi des pathologies du système nerveux central et périphérique. Elle assure une activité de proximité avec admission directe via le service des urgences, les autres services, et les neurologues libéraux.

  • Service des Explorations Fonctionnelles du Système Nerveux (EFSN) : Accueille des patients adultes et enfants pour la réalisation d’examens neurophysiologiques (électroencéphalographie (EEG), électroneuromyographie, potentiels évoqués) et consultations spécialisées (épilepsie, maladies neuromusculaires). Des explorations sont également réalisées aux lits des patients dans les services de réanimation adulte, enfant et en néonatologie. Les examens peuvent être réalisés en urgence, à la demande des services concernés, ou de façon programmée.

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