Introduction

L'histoire de l'humanité est un récit complexe d'échanges, d'influences et de métissages. L'article suivant explore l'influence des populations noires dans divers domaines, en particulier en ce qui concerne la fécondation des idées, des cultures et des sociétés. De l'Égypte ancienne à l'époque coloniale, en passant par les débats contemporains sur le racisme et l'identité, nous examinerons comment les populations noires ont contribué à façonner le monde tel que nous le connaissons.

L'Égypte Ancienne : Une Source d'Inspiration Africaine

Les thèmes de la naissance divine, que l'on retrouve dans le christianisme, trouvent leur origine en Afrique, plus précisément dans la vallée du Nil. La filiation spirituelle et divine du roi était un motif récurrent sur les murs et les fresques de l'époque pharaonique. Le Créateur (Imana/Amon/Amen) choisissait une femme pour enfanter l'enfant divin, le futur roi, incarnant Aïssata (Isis), la vierge mère qui a enfanté Horo (Horus).

Dans cette tradition, la reine était fécondée par l'intervention divine. Le Créateur, sous sa forme totémique du bélier, unissait spirituellement à elle et insufflait la vie du nouvel enfant divin dans son sein. Ainsi, la femme était fécondée par l'intervention divine. Certaines de ces scènes se retrouvent dans les étapes de la naissance de l'enfant divin du christianisme.

Par exemple, Djehouty (Thot) annonçait à la future reine mère qu'elle avait été choisie par Dieu pour enfanter le divin enfant (le pharaon), tout comme l'ange Gabriel annonçait à Marie qu'elle avait été choisie par Dieu pour enfanter le futur enfant divin du christianisme. De même, la reine mère donnait naissance à l'enfant royal, l'enfant divin, le fils de Dieu (le pharaon), tout comme Marie dans le christianisme donnait naissance à l'enfant divin, le fils de Dieu du christianisme.

Plutarque, dans Isis et Osiris, relatait que ce dernier dieu est né le premier des cinq jours épagomènes, ce qui correspond au 26 décembre. Le pape Jules Ier a fixé la naissance du Christ au 25 décembre, suggérant une possible influence de la tradition égyptienne.

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Les Vierges Noires : Entre Mythe et Réalité

Les statues de Vierges noires fascinent par leur couleur et leur magnétisme. Longtemps perçues comme des survivances de déesses-mères celtiques ou égyptiennes, cette origine est aujourd'hui remise en question. On en compte au moins 300 en France, et elles exercent une attraction particulière sur les fidèles.

Certaines explications traditionnelles suggèrent que ces statues sont les héritages d'un culte antique à une déesse-mère de Haute-Égypte, importé en Gaule par des légionnaires venus d'Afrique. La ressemblance avec la déesse Isis allaitant Horus intrigue, mais les premières statues de Vierges à l'Enfant apparaissent assez tard, au Xe siècle, créant un vide documentaire entre les déesses païennes et les Vierges à l'enfant.

Avant le XVe siècle, aucun texte ou enluminure ne signale l'existence de Vierges chrétiennes sombres. En France, elles se concentrent en Auvergne et en Roussillon, des régions fortement romanisées, tandis qu'en Bretagne, région celtique, elles sont presque inexistantes.

Des restaurations ont révélé que derrière la couleur noire des visages se cachaient des tons naturels. La Vierge et son enfant affichaient de belles joues roses ! Ces découvertes ont conduit à des spéculations sur les causes du noircissement : la fumée des cierges, le vieillissement du bois ou l'oxydation.

L'historienne Sophie Cassagnes-Brouquet estime que la coloration de ces statues n'est pas fortuite, mais volontaire. Entre le Moyen Âge et le XIXe siècle, elles ont été peintes en noir. Cette couleur, associée à la nuit et à l'enfer, surprend, mais il faut noter qu'à la fin du Moyen Âge, certains personnages de la Bible, comme Balthazar et la reine de Saba, étaient représentés en noir.

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L'historien de l'art Xavier Barral I Altet suggère que cette teinte sombre visait à rappeler leur origine orientale. Certaines Vierges noires étaient censées provenir d'Orient, ramenées par des croisés comme saint Louis. La couleur noire leur donnait une origine très ancienne et lointaine, ce qui excitait la ferveur des fidèles.

Sylvie Vilatte précise que le noircissement de la Vierge du Puy intervient au XIVe siècle, en même temps que se développe une légende selon laquelle le prophète Jérémie sculpta cette statue à Jérusalem ou en Égypte. Elle préfigurerait la Vierge Marie et obéirait à une stratégie de conversion des musulmans.

Des analyses scientifiques récentes confirment le caractère volontaire du noircissement. La Vierge de Rocamadour, datée du XIIe ou XIIIe siècle, a été modifiée aux XVIe ou XVIIe siècles par l'application d'une teinte noire. D'autres études montrent que les statues étaient en bois polychrome avant d'être recouvertes d'une couche noire.

En conclusion, l'origine païenne des Vierges noires est peu assurée. Beaucoup de Vierges polychromes ont été peintes en noir entre la fin du Moyen Âge et la première moitié du XIXe siècle. Les raisons de ce noircissement restent incertaines, mais plausibles : créer une statue rare provenant d'une civilisation à la fois riche et lointaine.

L'Esclavage et son Impact sur la Société

L'histoire de l'esclavage est une période sombre de l'humanité, marquée par la déshumanisation et l'exploitation de millions de personnes. La France, comme d'autres nations européennes, a participé activement à la traite négrière et à l'esclavage dans ses colonies.

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Aux Antilles françaises, la possession d'esclaves était considérée comme une chose ordinaire. Les créoles qui regagnaient la métropole avaient l'habitude de se faire accompagner par leurs domestiques noirs, sans s'estimer nullement contraints de leur rendre leur liberté. Cette pratique a conduit à de nombreux abus, notamment le développement en métropole d'un marché d'esclaves venus des îles avec leurs maîtres.

Pour limiter l'arrivée massive des noirs, le gouvernement royal fut obligé de réglementer leur passage. Joséphine de Beauharnais, future impératrice, n'avait pas échappé à cette pratique. Les quelques gens de couleur qui l'avaient suivie à Paris en 1779 lors de son mariage avec le vicomte Alexandre de Beauharnais étaient tous de condition ou d'ex-condition servile.

En Martinique, le développement de la culture de plantation a généré un régime de terreur, parce que celui-ci constitue l'essence même du système esclavagiste. Les relations de domination absolue entre les maîtres et leurs esclaves ne pouvaient fonctionner que sur le principe de la peur mutuelle. La psychose de l'autre est même la seule chose qu'ils partageaient vraiment et qui les mettait sur un effrayant pied d'égalité psychologique.

Les maîtres blancs qui rendaient leur liberté à leurs esclaves ne prétendaient pas dénoncer un système qu'ils auraient désapprouvé. Leur décision n'avait rien d'une contestation. La plupart nouaient des liens personnels très forts avec leurs serviteurs du premier cercle, quand ils n'étaient pas de nature intime, mais ils s'accommodaient fort bien du régime esclavagiste, dont ils étaient les principaux bénéficiaires.

Bayonne et la Traite Négrière

Même si les dernières recherches font état d’une quinzaine d’expéditions négrières parties de Bayonne, la hiérarchie portuaire négrière française n’est pas néanmoins fondamentalement remise en cause. Le rôle de la traite dans le dynamisme de la construction navale est aussi incontestable à Bayonne. Bayonne construisait aussi pour d’autres ports notamment Bordeaux.

Des historiens suggèrent aussi de réajuster l’ampleur de la participation de la région dans le commerce négrier aux migrations vers les Caraïbes des basques. C’est ainsi que Port-au-Prince, capitale d’Haïti, fut fondée par le béarnais, Joseph de Lacaze, soutenu par son parent l’intendant bayonnais Laporte-Lalanne. Aujourd’hui, dans les campagnes d’Haïti, on peut encore noter l’inscription cadastrale et toponymique de la présence de négriers basques. Des présidents de la république et des familles notables portent des patronymes aquitains.

Capitaines, armateurs et propriétaires de plantations coloniales usent de tous les subterfuges pour amener leurs esclaves avec eux en métropole. Cuisiniers, nourrisses, perruquiers, couturières ou blanchisseuses, les noirs de Bayonne du 18e siècle sont pour la plupart domestiques et majoritairement esclaves au service des grandes familles.

Frantz Fanon et la Critique du Racisme

Frantz Fanon (1925-1961) est aujourd’hui présenté comme l’un des fondateurs de la pensée tiers-mondiste, et une figure majeure de l’anticolonialisme du XXe siècle. Son expérience en tant que psychiatre lui a permis de mieux comprendre les ressorts du racisme et du colonialisme.

Pour Fanon, le système colonial crée une double aliénation. D’abord, du colonisé, qui est infériorisé et animalisé. Soit il a honte de lui-même et fait tout pour ressembler au colon, soit il le déteste et le rejette absolument. À l’inverse, le colon nourrit un complexe de supériorité, mais aussi des haines, des peurs ou même parfois une attirance malsaine.

Fanon compare l’antisémitisme et la négrophobie pour montrer que par-delà les différences, « ce que d’autres ont décrit dans le cas des Juifs s’applique parfaitement au Nègre. » Il affirme également que « le racisme (…) n’est qu’un élément plus vaste ensemble : celui de l’oppression systématisée d’un peuple. » C’est en cela que Fanon s’écarte de l’analyse marxiste : pour lui, ce n’est pas du langage de l’exploitation qu’il faut parler, mais celui de l’oppression.

Fanon refuse d’opposer un identitarisme à un autre, et qu’il récuse toute forme d’« antiracisme raciste », qui essentialiserait les identités. Pour lui, la lutte contre le racisme, ainsi que celle pour la décolonisation, doivent prendre appui sur des valeurs universelles, non identitaires.

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