Les films à succès d'Hollywood, tels que Black Panther, sont plus que de simples divertissements ; ce sont des créateurs de mythes qui façonnent les imaginations et influencent les perceptions. L'adaptation cinématographique des aventures de Black Panther par Disney a suscité un engouement sans précédent dans la communauté africaine-américaine, transformant rapidement le film en un débat politique. Le film est-il une représentation héroïque de la culture noire et une visibilité pour les opprimés, ou une dépolitisation des révoltes africaines-américaines et des conflits raciaux édulcorés ?
Black Panther comme un Star Wars pour les Noirs
Ta-Nehisi Coates a décrit Black Panther comme un "Star Wars pour les Noirs", soulignant son succès. Le film n'est pas de la science-fiction, mais un mythe teinté de "futurisme semi-féodal". Le film est un mythe qui discrédite les idéaux d’émancipation et d’égalitarisme, pour les remplacer par des logiques de privilège et de philanthropie.
Reproduction du Racisme Blanc et Idéaux d'Émancipation
Le film reproduit deux modes classiques du racisme blanc. La valeur d'une culture et d'un peuple repose sur l'étendue de son développement technologique, définissant sa condition comme propriété naturelle et non comme le résultat d'une inégale division globale du travail et de la distribution des richesses. L'attrait pour Black Panther ne repose pas sur les stéréotypes racistes qu'il renforce, mais sur la manière dont il discrédite les idéaux d'émancipation et d'égalitarisme, pour les remplacer par des logiques de privilège et de philanthropie.
Monarchie et Résistance Anti-Impérialiste
Black Panther est un film traversé par la monarchie, sans pour autant en faire l’apologie. Le film nous présente une mythologie où toute résistance anti-impérialiste est rendue futile. Dans la version Marvel du mythe de la nation africaine du Wakanda, la pauvreté typique des pays du Tiers-Monde n’est pas due aux ravages du colonialisme ou à l’exploitation engendrée par le capitalisme global. La pauvreté n’existe pas au Wakanda : il s’agit d’une illusion d’optique projetée aux yeux du monde, pour mieux cacher la richesse entretenue et protégée par une monarchie africaine depuis des temps immémoriaux.
T'Challa vs. Killmonger : Deux Visions Politiques
Le film met en jeu deux visions politiques lors du duel pour le trône entre le roi africain T'Challa et l'africain-américain Killmonger : une insurrection globale contre l'oppression vs. la défense de l'État-nation. Killmonger donne le sentiment d’être un de ces voyous noirs d’Oakland, possédé par le goût du meurtre pour le meurtre - et de fait, son corps est marqué d’une scarification pour chacune des morts qu’il a données.
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Critique de la Représentation de la Violence Raciste
La victoire finale de T’Challa sur Killmonger n’est pas seulement due à sa puissance africaine. La célébration exubérante d’une prétendue essence africaine en dehors du temps agit dans le film comme un refoulement de l’histoire de la violence raciste. Une guerre civile entre des familles noires se déploie autour de la question de venir en aide à d’autres Noir·es, et le tir de la CIA, qui abat un vaisseau spatial transportant de la technologie, est salué comme un moment héroïque du combat contre un ordre mondial anti-noir. La CIA a justement travaillé à détruire la possibilité d’un Wakanda dans la vie réelle, que pourraient être aujourd’hui le Congo ou le Ghana au vu des ressources dont ils disposent.
L'Imposture Fondamentale et l'Afrofuturisme
Quand Killmonger est tué par T’Challa, le premier dit : « Jetez mon corps dans l’océan avec mes ancêtres qui ont sauté des navires, car ils savaient que la mort serait plus douce que les chaînes. » Or c’est justement là que réside l’imposture fondamentale du Black Panther de Disney : dans ce choix binaire. Les derniers mots de Killmonger sont ce qui rapproche le plus le film d’une réelle inspiration venue de l’afrofuturisme, mais avec la forme négative d’un désaveu.
Drexciya : Un Mythe Afrofuturiste de Libération
Durant le plus grand holocauste que le monde ait jamais connu, des femmes acheminées de l’Afrique à l’Amérique furent jetées enceintes par-dessus bord, en plein travail, considérées comme de la marchandise malade et perturbatrice. Est-il possible qu’elles aient donné naissance au fond de la mer à des bébés qui n’avaient pas besoin d’air ? Les Drexciyen·nes sont-ils et sont-elles des descendant·es de ces victimes infortunées de l’avidité humaine qui auraient muté aquatiquement pour pouvoir respirer dans l’eau ? Le mythe afrofuturiste de Drexciya n’est pas un mythe de l’État-nation mais de la libération.
Capitalisme Noir et Pouvoir Noir
T’Challa doit en quelque sorte absorber l’esprit de justice et de résistance de Killmonger pour donner au film une fin acceptable. Sous son gouvernement, le Wakanda met en pratique le Capitalisme Noir qui a su remplacer le Pouvoir Noir, quand les mouvements révolutionnaires des années 1960-70 ont été écrasés par l’État et se sont heurtés à leurs propres impasses stratégiques et organisationnelles.
Black Panther et l'Histoire de la Libération Noire
La popularité et la crédibilité du film dans un paysage politique marqué par Black Lives Matter mobilise assurément l’histoire de la libération noire pour laquelle le BPP est une si puissante synecdoque. Les artistes noir·es admirent les Black Panthers car elles nous ont donné nos images les plus indélébiles du radicalisme noir et, surtout, du Pouvoir Noir. Toutefois, la fervente idéologie socialiste et anti-impérialiste du parti est souvent oubliée en chemin, parce que le pouvoir économique auquel le BPP aspire ne découle pas du simple credo capitaliste blanc, qui laisse les pauvres au bord de la route.
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Internationalisme Révolutionnaire vs. Néoconservatisme Américain
Le plan de Killmonger pour la « libération noire », à savoir, armer les insurrections partout dans le monde, ressemble trait pour trait à cette politique américaine qui a mal tourné et a laissé derrière elle des désastres à chaque fois qu’elle a été déployée. L’internationalisme révolutionnaire offre une alternative au Syndrome du placebo de la philanthropie capitaliste, même si l’élite du libéralisme multiculturel clame haut et fort qu’il n’y a pas d’alternative.
La Question Fondamentale du Film
Disney nous pose la question suivante : qui mérite le plus le titre de Black Panther ? Est-ce l’enfant pauvre, africain-américain de Oakland qui rêve d’une révolution internationale, ou bien le monarque qui ne cherche qu’à défendre la gloire de sa nation ?
Lieux de Tournage de Black Panther
Les Marvel Studios ont mis en scène ses aventures au fil de divers lieux de tournage, aux États-Unis mais pas seulement. La production s’est majoritairement déroulée à Atlanta. Le High Museum of Art d’Atlanta a servi de doublure au Museum of Great Britain. Les studios Pinewoods, toujours à Atlanta, ont été utilisés pour construire les imposants décors de la bataille au pied de la chute d’eau. Même le siège des Nations Unies a été reconstitué dans la métropole à partir de l’intérieur de l’hôtel de ville. L’affrontement entre T’Challa et N’Jadaka a été filmé à Bouckaert Farms, près d’Atlanta.
Le Wakanda : Un Pays Imaginaire Réalisé
Toutes les scènes ont été filmées à Atlanta. Ryan Coogler a aussi envoyé des techniciens effectuer des prises de vue aériennes à l’aide de drones en Afrique du Sud, en Zambie et en Ouganda. Des sites naturels comme les monts Rwenzori, la jungle du parc national de Bwindi et le lac Bunyonyi sont également visibles.
La Corée du Sud : Une Étape Clé
La recherche du fameux artefact dérobé par Killmonger incite T’Challa à se rendre en Corée du Sud. Black Panther a ainsi utilisé le marché de Jagalchi à Busan en Corée du Sud. Le pont de diamant de Gwangan, superbement illuminé aux couleurs de Black Panther, devient le théâtre d’une ambitieuse course-poursuite en voiture.
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Black Panther : Wakanda Forever et l'Émergence d'une Nouvelle Figure Héroïque
Marqué par le deuil de l’acteur Chadwick Boseman, l’interprète du roi T’Challa, Black Panther : Wakanda Forever voit l’émergence d’une nouvelle figure héroïque au sein du Wakanda, le royaume africain imaginaire.
Retour au Wakanda et Tournage à Brunswick
Les artisans des Marvel Studios ont « construit » le Wakanda dans les anciens studios Pinewood d’Atlanta, aujourd’hui rebaptisés Trilith Studios. Certaines scènes ont aussi nécessité des déplacements. Ryan Coogler a par exemple installé ses caméras à Brunswick, une ville du comté de Glynn, également en Géorgie, dans le Mary Ross Waterfront. C’est ici que certaines séquences impliquant Namor, le nouveau super-méchant interprété par Tenoch Huerta, ont notamment été produites, sur l’eau.
Tournage sur le Campus du MIT
Shuri, la sœur du roi T’Challa, toujours interprétée par Letitia Wright, se rend sur le campus du Massachusetts Institute of Technology à Cambridge, près de Boston, en compagnie d’Okoye, la guerrière jouée par Danai Gurira. Les deux jeunes femmes sont à la recherche de Riri Williams, une étudiante surdouée de 19 ans. Ryan Coogler a insisté pour se rendre sur place. Tout commence lorsque Shuri et Okoye garent leur voiture dans une allée en face du Stratton Student Center. Rapidement, les Wakandaises se rendent dans la chambre de Riri Williams, située logiquement entre les murs de l’audacieux Simmons Hall.
Poursuite et Séquences d'Action
Prises en chasse par les autorités, Shuri, Okoye et Riri Williams prennent ensuite la fuite. Pour cette séquence, durant laquelle Riri Williams dévoile pour la première fois l’armure qu’elle a mise au point en s’inspirant de celle d’Iron Man, Ryan Coogler a demandé à la police de boucler le quartier du Harvard Bridge. C’est sur le pont qu’Okoye, grâce à ses compétences mortelles, met en déroute ses poursuivants alors que Shuri, au volant d’une voiture de sport, fait montre d’une maestria somme toute exceptionnelle lorsqu’il s’agit de serpenter dans la circulation dense.
La Terre de Namor et Tournage à Porto Rico
Namor, le super-méchant de Black Panther : Wakanda Forever est, dans le film, originaire de Mésoamérique. Ryan Coogler a tourné quelques séquences impliquant Namor, et notamment celle revenant sur ses origines et sur celles de son étonnant pouvoir, à Porto Rico. San Juan, la capitale, a accueilli les équipes du blockbuster, mettant à leur disposition ses formidables décors et quelques-unes de ses infrastructures à l’image du Ritz-Carlton.
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