L'alimentation des nourrissons et la consommation de boissons, y compris celles étiquetées "sans alcool", suscitent de nombreuses questions, en particulier chez les jeunes parents. Cet article explore les dangers potentiels des biberons fabriqués avec des matériaux controversés et examine de près les boissons "sans alcool", en mettant en lumière les risques potentiels et en proposant des alternatives plus sûres et plus saines.
Biberons et Bisphénol A (BPA) : une préoccupation croissante
Jusqu'à récemment, les biberons sans bisphénol A (BPA) étaient proposés en France par des marques alternatives comme Green to Grow ou Weego (en verre protégé par une enveloppe de silicone coloré). Ces marques sont arrivées dans l'hexagone avec la vague de méfiance contre cette substance chimique utilisée pour renforcer le polycarbonate, un plastique transparent et dur utilisé pour les biberons (ainsi que pour d’autres accessoires pour bébé, gourdes de sport et autres casques de protection).
La fronde anti-BPA a commencé avec son interdiction au Canada en 2008 puis aux Etats-Unis en 2009, après que des études aient montré qu’il était susceptible de contaminer les aliments et les liquides lorsqu’il était chauffé (notamment au micro-ondes) et qu’il pouvait ainsi avoir des effets pertubateurs sur le système hormonal et la reproduction.
Comme aux Etats-Unis, les grandes marques de l'hexagone n’ont pas tardé à réagir pour rassurer les jeunes mères qui, alertées par la rumeur, dévalisaient ces derniers mois les stocks de biberons en verre, jugés plus sûrs que ceux en plastique. Parmi les offres sans BPA lancées ces derniers mois, notons par exemple les nouveaux biberons "Natural Glass" de Beaba (en verre), "Evidence Pure" de Bébé Confort (biberon en polyéther sulfone - PES), "Evolution" de Chicco (en PES), "Winnie" de Nuk (en polypropylène - PP), "Natural touch" de Nuby (en silicone) et "PES" de Philips Avent (en PES, comme son nom l’indique - reconnaissable à sa légère couleur miel).
Les effets nocifs du Bisphénol A (BPA)
Les effets nocifs du Bisphénol A seraient désormais "avérés" chez l’animal (effets sur la reproduction, effets sur la glande mammaire, effets sur le métabolisme, le cerveau et le comportement) et "suspectés" chez l’homme (effets sur la reproduction et sur le métabolisme des sucres et des graisses, pathologies cardiovasculaires), par de multiples voies (ingestion, inhalation, contact cutané, …) et même à de faibles doses d’exposition, "notablement inférieures aux doses de référence utilisées à des fins réglementaires" (visée ici : la dose journalière admissible établie en Europe à 0,05 mg par kilo de poids corporel et par jour). C'est la conclusion choc de l'Agence française de sécurité sanitaire (Anses) qui vient de publier un rapport édifiant, relatif aux effets sanitaires et aux usages du bisphénol A. Et d'insister sur le fait que les impacts de cette substance sont plus importants sur certaines "fenêtres" d'exposition déterminantes dans le développement d'un individu - comme la grossesse, l'état fœtal ou les premières années de la vie. Pour mémoire, la molécule avait été bannie des biberons européens en juin dernier. Désormais, recommande l’Anses, il faudrait l’éliminer des jouets et objets de puériculture mais aussi de tous les "matériaux au contact des denrées alimentaires qui constituent la principale source d’exposition".
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Alternatives aux biberons contenant du BPA
Face aux inquiétudes concernant le BPA, plusieurs alternatives sont disponibles :
- Biberons en verre: Considérés comme les plus sûrs, ils ne contiennent pas de produits chimiques susceptibles de migrer dans le liquide.
- Biberons en polyéthersulfone (PES): Ce plastique est résistant à la chaleur et ne contient pas de BPA.
- Biberons en polypropylène (PP): Une option plus économique, mais il est important de s'assurer qu'ils sont certifiés sans BPA.
- Biberons en silicone: Souples et résistants, ils sont également sans BPA.
Boissons "sans alcool" : une alternative sûre ?
Après les bières, ce sont les spiritueux, vins et apéritifs qui misent sur le 0,0 %. La popularité croissante du "Dry January" a incité les fabricants de boissons à proposer des alternatives sans alcool. En France, au mois de décembre dernier, 35 % des 1 000 personnes interrogées par l’institut de sondage BVA se déclaraient prêtes à le tenter en 2022. Ce succès n’a pas échappé aux fabricants et distributeurs de boissons… Chacun y va de son opération marketing pour mettre en avant des coffrets spéciaux et packs « Dry January ».
Les bières ne sont pas les seules à se faire mousser pour l’occasion, et il existe désormais des apéritifs, vins et spiritueux au taux d’alcool compris entre 0 et 0,5 %. Par exemple, Auchan, Carrefour et Monoprix commercialisent du Martini sans alcool.
Risques potentiels des boissons "sans alcool"
Bien que ces boissons soient présentées comme "sans alcool", il est important de noter que :
- Teneur en alcool résiduelle: En France, une boisson peut porter l'appellation "sans alcool" si elle contient moins de 1,2 % d'alcool par volume. Certaines références affichent toutefois clairement 0,0 %, ce qui signifie que l’alcool a été entièrement retiré après fermentation, grâce à des procédés de fabrication spécifiques. À l’inverse, d’autres boissons peuvent contenir des traces d’alcool, même en très faible quantité.
- Habitude et mimétisme: « Symboliquement, on instaure le fait que, quand on fait la fête, on boit du champagne, observe Bernard Basset. Même problème pour les bières, apéritifs, vins, spiritueux et cocktails sans alcool (comme le virgin mojito), qui peuvent être vendus aux mineurs en toute légalité. Et les alcooliers ont tout à y gagner. Ces boissons leur permettent d’étendre leur territoire, et de garder dans l’univers de la marque le consommateur qui voudrait réduire sa consommation d’alcool.
- Marketing ciblant les jeunes: Ricard, Heineken, Aperol…« L’exposition des jeunes à l’alcool sur ces réseaux est majeure », a alerté ce jeudi le président de l’association, en présentant les résultats d’un rapport mené avec l’aide de l’association Avenir Santé. Sur ces plateformes qui ont pris énormément d’ampleur ces dernières années, les marques peuvent « pousser les frontières de la créativité pour créer des concepts de publicité attractifs à l’esthétique travaillée », observe le rapport.
Bière sans alcool et allaitement
Quand on allaite, chaque choix du quotidien peut soulever des questions, y compris celui des boissons. La bière sans alcool fait partie des interrogations fréquentes : est-elle vraiment sans danger ? Peut-elle influencer la lactation ? Faut-il l’éviter complètement ?
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Contrairement à ce que son nom laisse penser, une bière dite « sans alcool » n’est pas toujours totalement dépourvue d’alcool. En France, une boisson peut porter cette appellation si elle contient moins de 1,2 % d’alcool par volume, une teneur liée au processus de fermentation utilisé lors de sa fabrication. Certaines références affichent toutefois clairement 0,0 %, ce qui signifie que l’alcool a été entièrement retiré après fermentation, grâce à des procédés de fabrication spécifiques. À l’inverse, d’autres boissons peuvent contenir des traces d’alcool, même en très faible quantité.
Lorsqu’une mère consomme de l’alcool pendant l’allaitement, celui-ci passe rapidement dans le sang, puis dans le lait maternel, à une concentration proche de celle présente dans l’organisme. Même en petite quantité, cette consommation d’alcool peut avoir des effets sur l’allaitement et sur le bébé. Contrairement à certaines croyances populaires, l’alcool n’augmente pas la production de lait. Il peut au contraire perturber le réflexe d’éjection du lait, rendant la tétée moins efficace, malgré une sensation de seins plus pleins. La production de lait peut ainsi être temporairement diminuée. Chez les bébés, l’exposition à l’alcool via le lait maternel peut influencer le rythme de sommeil, la prise de lait et le comportement, en particulier chez les nourrissons les plus jeunes ou lors des premières semaines d’allaitement.
La réputation de la bière comme boisson favorable à la lactation repose avant tout sur une croyance populaire largement répandue. Cette idée ne vient pas de l’alcool, ni de la levure de bière, mais principalement du malt d’orge utilisé dans la fabrication de certaines bières, y compris sans alcool. Le malt d’orge contient des composés susceptibles de stimuler la sécrétion de prolactine, l’hormone impliquée dans la production de lait.
Alternatives saines aux boissons alcoolisées et "sans alcool"
Il existe de nombreuses alternatives saines et rafraîchissantes aux boissons alcoolisées et "sans alcool" :
- Eau: La boisson la plus simple et la plus essentielle.
- Jus de fruits naturels: Une source de vitamines et de minéraux, à consommer avec modération en raison de leur teneur en sucre.
- Infusions: Une option apaisante et hydratante, en choisissant des plantes adaptées à la grossesse et à l'allaitement si nécessaire.
- Eaux aromatisées maison: Ajoutez des fruits et des herbes fraîches à de l'eau pour une boisson personnalisée et rafraîchissante.
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