Introduction

L'actine bêta est une protéine cytosquelettique essentielle, présente dans de nombreux types de cellules. Cet article se concentre sur son rôle spécifique dans les microvillosités placentaires, des structures cellulaires cruciales pour les échanges entre la mère et le fœtus.

Actine Bêta : Une Protéine Ubiquitaire

L'actine bêta est une protéine d'environ 42 kDa, très conservée au cours de l'évolution. Elle est l'un des principaux constituants du cytosquelette, un réseau dynamique de fibres protéiques qui donne aux cellules leur forme, leur permet de se déplacer et de se diviser, et participe à de nombreux processus cellulaires.

Microvillosités et Placenta

Les microvillosités sont de petites projections membranaires présentes à la surface de certaines cellules, notamment les cellules épithéliales. Elles augmentent considérablement la surface d'échange de ces cellules, ce qui est particulièrement important dans les organes impliqués dans l'absorption ou la sécrétion, comme l'intestin ou le placenta. Dans le placenta, les microvillosités sont présentes à la surface des cellules du syncytiotrophoblaste, la couche cellulaire la plus externe du placenta, en contact direct avec le sang maternel.

L'actine Bêta dans les Microvillosités Placentaires

Dans les microvillosités placentaires, l'actine bêta joue un rôle crucial dans la formation et le maintien de la structure de ces projections. Elle s'assemble en filaments d'actine, qui constituent l'échafaudage interne des microvillosités, leur donnant leur forme et leur rigidité.

Interactions avec d'autres protéines

L'actine bêta interagit avec de nombreuses autres protéines dans les microvillosités placentaires, notamment :

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  • La villine : La principale protéine de regroupement de l’actine dans les microvillosités intestinales.
  • La plastine : Protéine de masse moléculaire 68 kDa présente dans les microvillosités des cellules, où elle s'attache à des molécules d'actine. On en distingue deux isoformes : T-plastine dans les cellules épithéliales et mésenchymateuses, et L-plastine dans les leucocytes.

Ces interactions permettent de réguler la dynamique des filaments d'actine et de moduler la forme et la fonction des microvillosités.

Rôle Physiologique dans les échanges materno-fœtaux

Grâce à sa participation à la structure des microvillosités, l'actine bêta joue un rôle essentiel dans les échanges entre la mère et le fœtus. En augmentant la surface d'échange du syncytiotrophoblaste, les microvillosités facilitent le transport des nutriments, de l'oxygène et des déchets entre les deux circulations.

Implications Pathologiques

Des anomalies de l'expression ou de la fonction de l'actine bêta dans les microvillosités placentaires ont été associées à plusieurs complications de la grossesse, telles que :

  • Le retard de croissance intra-utérin (RCIU) : Une condition dans laquelle le fœtus ne grandit pas aussi vite que prévu.
  • La prééclampsie : Une complication grave de la grossesse caractérisée par une hypertension artérielle et la présence de protéines dans l'urine.

Ces complications pourraient être liées à une altération des échanges materno-fœtaux due à un dysfonctionnement des microvillosités.

Perspectives de Recherche

La recherche sur le rôle de l'actine bêta dans les microvillosités placentaires est un domaine en pleine expansion. Les études futures pourraient permettre de mieux comprendre les mécanismes par lesquels cette protéine contribue à la physiologie et à la pathologie placentaires, et d'identifier de nouvelles cibles thérapeutiques pour prévenir ou traiter les complications de la grossesse.

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Autres protéines impliquées dans la fonction cellulaire

Il existe de nombreuses autres protéines impliquées dans la fonction cellulaire, notamment :

  • ADAM (= A Disintegrin and Metalloproteinase) : famille de protéines contenant un domaine métalloprotéase (avec un ion zinc) et un domaine désintégrine extracellulaires, un domaine transmembranaire puis un domaine intracellulaire de longueur variable.
  • APC/C : Complexe promoteur d’anaphase/cyclosome.
  • Beta-caténine (= armadillo chez la drosophile) : Protéine présente dans le complexe reliant la partie intracellulaire des cadhérines aux filaments d’actine. Quand libre dans le cytoplasme, elle est dégradée en absence de Wnt. En présence de Wnt, sa dégradation est stoppée. Elle pénètre dans le noyau et active la transcription de gènes cibles spécifiques en se liant aux facteurs de transcription LEF/TCF.
  • Cadhérine : classe de protéine à un domaine transmembranaire avec une partie N-terminale extracellulaire qui est capable de faire des homodimères avec les cadhérines des cellules voisines en présence de Ca2+.
  • Collagène : élément protéique essentiel des matrices extracellulaires animales constitué de triple hélice de longues chaines polypeptidiques avec des répétitions de triplets Glycine-Proline-HydroxyProline.
  • Dishevelled : protéine d’échafaudage recrutée par un récepteur Frizzled activé par Wnt et qui est capable d’inhiber la phosphorylation de β-caténine par GSK3.
  • Ephrine : Famille de ligands interagissant avec les récepteurs tyrosine kinase Eph. Certaines éphrines sont transmembranaires (Ephrines-B), d’autres liées à la membrane plasmique par un GPI (Ephrines-A). Participe à la communication juxtacrine entre 2 cellules.
  • ERK (= ERK1 er ERK2) kinases de la famille des MAPK qui sont activées par phosphorylation et qui activent d’autres protéines par phosphorylations sur des thréonines ou des tyrosines.
  • Fibronectine : dimère de grosses chaines polypeptidiques alpha et béta liées par des ponts disulfures dans la matrice extracellulaire.
  • Intégrines : dimères de protéines avec une sous-unité α et une sous-unité β qui se lient à diverses protéines de la matrice extracellulaire par leur domain extracellulaire et se lient via des protéines adaptatrices à des microfilaments d’actine par leur domaine intracellulaire (ou à des filaments intermédiaires dans le cas des hémidesmosomes).
  • MAP : protéines associées aux microtubules qui ont pour rôle de réguler leur stabilité.
  • Tubuline : protéine de 55 kDa qui forme les microtubules, souvent sous forme d’hétérodimères. Il existe l’α-tubuline et la β-tubuline, qui se polymérisent en alternance en protofilaments linéaires. 13 de ces protofilaments s’associent pour former un microtubule qui a la forme d’un tubule creux de 25 nm de diamètre. Les dimères se lient au GTP et s’assemblent à l’extrémité + des microtubules.
  • VCAM-1 (ou CD106) : protéine d’adhérence cellulaire de la superfamille des immunoglobulines.
  • Vimentine : Protéine de filament intermédiaire trouvée dans une grande variété de cellules mésenchymateuses. Utilisée souvent comme un marqueur de mésenchyme pour témoigner de la réalisation d’une transition épithélio-mésenchymateuse.

Techniques d'étude des protéines

Diverses techniques sont utilisées pour étudier les protéines, notamment :

  • Anticorps monoclonaux : Anticorps produits à partir d’hybridomes (après injection d’un antigène (d’une autre espèce) dans un animal les cellules de la rate sont fusionnées in vitro avec des cellules de myélome malin cultivées).
  • Biotine-Streptavidine : La biotine est une petite molécule (la vitamine B7) qui peut s’attacher de manière covalente à des protéines grâce à une molécule de liaison. Elle est reconnue avec une très forte affinité par la streptavidine.
  • Chambre de Boyden : Dispositif qui permet de tester la migration cellulaire à travers une membrane poreuse recouverte de matrice extracellulaire entre deux compartiments remplis de milieux de composition souvent différente.
  • DAB : ou 3,3′-diaminobenzidine. Substrat qui, en présence d’eau oxygénée et de l’enzyme péroxidase, donne un produit coloré brun.
  • DAPI : ou 4′,6-diamidino-2-phénylindole. Molécule fluorescente quand elle se fixe sur l’ADN (particulièrement les régions riches en AT).
  • DMEM (=Dulbecco’s Modified Eagle Medium) : milieu de culture le plus courant pour cultiver des cellules in vitro.
  • Dominant négatif : une protéine (ou un gène muté codant une protéine) qui non seulement est inactive mais aussi empêche les protéines normales d’agir. Utilisé pour réaliser des expériences de perte-de-fonction.
  • ECL (=électroluminescence) : réaction chimique qui émet de la lumière en présence de l’enzyme HRP (une péroxidase).
  • EDTA : éthylènediamine tétracétate de sodium.
  • Electrophorèse : migration de molécules chargées (très souvent des acides nucléiques ou des protéines) dans un gel (d’agarose pour les acides nucléiques, de polyacrylamide pour les protéines) soumis à un champ électrique.
  • FRET : Transfert d’énergie entre molécules fluorescentes qui permet de voir en microscopie si deux fluorophores se trouvent à moins de 10 nm l’un de l’autre. Pour ce faire, la longueur d’émission d’un fluorophore A (par exemple CFP) doit pouvoir excité un fluorophore B (par exemple YFP) dont on pourra enregistrer l’émission de photons.
  • GFP : protéine de 27 kDa habituellement produite par la méduse Aequora victoria et qui émet une lumière verte (504 nm) quand elle est éclairée par une lumière bleue (475 nm). De nombreuses variantes avec différentes couleurs de cette protéine ont été obtenues par mutations. Peut être inclue dans une construction qui permet d’obtenir une protéine fusion (protéine d’intérêt liée à la GFP).
  • Immunohistochimie : technique qui permet de localiser une protéine dans des tissus à l’aide d’un anticorps primaire spécifique qui est reconnu par un anticorps secondaire couplé à une enzyme (la péroxydase par exemple) qui catalyse une réaction donnant un produit coloré.
  • Matrigel : Nom commercial de la matrice de membrane basale solubilisée sécrétée par les cellules de sarcome de souris Engelbreth-Holm-Swarm (EHS).
  • Microscopie à contraste interférentiel : microscopie qui exploite les propriétés des interférences entre deux faisceaux lumineux proches qui traversent un échantillon.
  • Phalloïdine : peptide bi-cyclique extrait de l’amanite phalloïde (champignon). La phalloïdine se lie spécifiquement aux filaments d’actine, empêchant sa dépolymérisation.
  • Western-blot : Méthode de séparation des protéines selon leur taille dans un gel de polyacrylamide puis de transfert vers une membrane où les protéines sont identifiées grâce à des anticorps.

Autres éléments cellulaires

Outre les protéines, d'autres éléments sont essentiels à la fonction cellulaire :

  • Axone : prolongement cellulaire des neurones maintenu essentiellement par des microtubules qui génère un potentiel d’action et le propage jusqu’à la ou les synapse.s terminale.s.
  • Centrosome : centre organisateur des microtubules, en général formé d’une paire de centrioles.
  • Cil primaire : région particulière de la cellule formée par un repli de la membrane plasmique autour d’un axonème formé de neuf doublets de microtubules formant un axonème surmontant un centriole.
  • Crêtes neurales : cellules multipotentes présentes chez les vertébrés, émigrant de la partie dorsale du tube neural à la fin de la neurulation et migrant à travers l’embryon pour former le système nerveux périphérique, les mélanocytes et dans la tête des structures osseuses.
  • Desmosome : jonction adhérente dans un épithélium (ou dans le muscle cardiaque) constitué de desmocolline et de desmoplakine liée via un complexe à des filaments intermédiaires.
  • Extension convergente : réarrangement cellulaire dans un tissu qui diminue sa taille dans une dimension et l’augmente dans une autre.
  • Rotation corticale : rotation de la partie corticale (périphérique) du cytoplasme du zygote des Amphibiens contrôlée par le centriole apporté par le spermatozoïde qui permet de réorganiser les faisceaux de microtubules.
  • Sarcomère : unité de contraction des cellules musculaires striées (squelettiques et cardiaques) formée d’un complexe de filaments fins (actine), de filaments épais (myosine) et de protéines associées (titine…).
  • Sclérotome : tissu issu d’une portion de somite induite par la corde. Après cette induction, les cellules font une transition épithélio-mésenchymateuse et migrent avant de se différencier en vertèbres.
  • Spermiogenèse : étape finale de la spermatogenèse durant laquelle les spermatides issues de la méiose se transforment en spermatozoïdes.
  • Transition épithélio-mésenchymateuse : processus par lequel des cellules épithéliales perdent leur adhérence entre elles, détruisent leur membrane basale et se mettent à devenir mésenchymateuse et à migrer. Exemple : les cellules du mésoderme et de l’endoderme au cours de la gastrulation des amniotes, les cellules du sclérotome des somites, les cellules de crête neurales.
  • Zone pellucide (=membrane pellucide/vitelline) : matrice extracellulaire entourant l’ovocyte synthétisée par l’ovocyte et les cellules folliculaires. Ses glycoprotéines ZP1 à ZP4 sont importantes pour la fixation des spermatozoïdes à l’ovocyte lors de la fécondation. Après la fécondation, sa structure est modifiée pour bloquer la polyspermie.

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