Bernard de Bosson est une figure emblématique de l'industrie musicale française, dont la carrière s'étend sur plus de six décennies. Producteur de légende, il a marqué l'histoire de la musique en guidant les plus grandes vedettes de la chanson française et en contribuant à l'émergence de nouveaux talents. Son parcours exceptionnel, du jazz aux Victoires de la musique, témoigne de sa passion inébranlable pour la musique et de son engagement envers les artistes.

Des Débuts Musicaux à Saint-Germain-des-Prés

Né en 1935, Bernard de Bosson découvre la musique dès son plus jeune âge, bercé par l'orgue de César Franck, le piano de Maurice Ravel et la voix de Charles Trenet. Il commence sa carrière en tant que pianiste de jazz, se produisant dans les caves de Saint-Germain-des-Prés aux côtés de musiciens de renom tels que Stéphane Grappelli et Don Byas. "J’ai commencé à jouer du piano sans savoir lire ni écrire la musique, mais on m’avait montré les harmonies chiffrées des guitaristes de jazz », confie-t-il.

En parallèle de sa carrière de musicien, Bernard de Bosson est engagé aux écritures de la maison de disques Polydor en 1958. Il gravit rapidement les échelons et devient directeur artistique. "Polydor, c’était l’école où vous appreniez tout ce qui ne fallait pas faire", se souvient-il. C'est là qu'il découvre les rouages de l'industrie musicale et affine son sens artistique.

L'Ascension chez Barclay et la Découverte des Talents Internationaux

En 1966, Bernard de Bosson rejoint les Disques Barclay en tant que directeur du département international. Cette nomination marque un tournant dans sa carrière. Il est chargé d'organiser la venue en France de grands noms du blues, de la soul et du rhythm and blues, tels que Fats Domino, Otis Redding, Aretha Franklin et Jimi Hendrix. "A l’Olympia, je dis : pour la 1ère fois en France, Aretha Franklin. Je montre la coulisse de droite, elle rentre par celle de gauche", raconte-t-il.

Sa collaboration avec le label Atlantic des frères Ahmet et Nesuhi Ertegun lui permet de développer considérablement l’identité des labels déjà au catalogue Barclay (Vanguard, Atlantic et ses sous labels, Atco, Stax ) et de signer de nouvelles marques tels que Chess ou Buddah, Disques Gamma et Asylum records. Il monte des collections pour faire connaitre le Rythm & Blues aux Français.

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L'Ère Warner : Au Service de la Chanson Française

En 1971, Bernard de Bosson prend la direction de l'antenne française de la maison de disques Warner-Elektra-Atlantic (WEA). C'est à cette époque qu'il se consacre pleinement à la production d'artistes français. Il signe France Gall, alors en pleine traversée du désert, et travaille avec Michel Berger, qui devient son directeur artistique. Ensemble, ils découvrent Véronique Sanson, dont le premier album, "Amoureuse", produit par Bernard de Bosson, rencontre un succès immédiat en 1972. "J’ai entendu une voix et un piano…, j’étais en larmes. Cette voix et ce piano, c’était la voix et le piano de Véronique Sanson", se souvient-il. Cette collaboration marque le début d'une nouvelle ère pour la musique populaire en France.

Bernard de Bosson produit également les disques de Michel Jonasz et est à l’origine de la comédie musicale "Starmania" de Berger et Plamondon, qu'il considère comme "la plus belle aventure de [sa] vie professionnelle". "Michel Berger me dit : tu es complètement fou, tu n’as rien entendu. Je lui dis : je m’en fous, je te fais confiance", raconte-t-il.

Il saura profiter de ces locomotives étrangères - et financières - que sont les productions américaines Warner pour investir dans le développement et la promotion de la nouvelle génération de la chanson française.

Engagement Institutionnel et Défense de la Musique Française

Après avoir quitté Warner en 1987, Bernard de Bosson poursuit son engagement pour la musique en occupant des fonctions institutionnelles. Il est nommé directeur du SNEP (Syndicat National de l’Édition Phonographique) et œuvre pour la baisse de la TVA sur le disque et pour les quotas de chanson française en radio en 1994. Il est aussi le premier Président des Victoires de la musique, à partir de 1986.

Il s'engage aussi dans différents combats tels que le maintien du réseau des disquaires indépendants et du prix unique du disque en France.

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En 1994, il défendra, avec succès, devant l'Assemblée nationale, l'obtention d'une meilleure représentation et diffusion de la chanson française sur les ondes.

Un Homme d'Influence et de Passion

Bernard de Bosson est décrit comme un homme passionné, chaleureux et profondément attaché aux artistes. Il a su créer des liens forts avec ceux qu'il a accompagnés, et son influence sur la musique française est indéniable. Il est la mémoire vivante de la musique enregistrée des soixante dernières années et l’un des producteurs les plus respectés.

Même à 70 ans, il continue d'"ambiancer" l'environnement cannois lors du Midem, le grand marché de la production musicale, où il est présent depuis sa création en 1967.

Héritage et Reconnaissance

Bernard de Bosson a marqué de son empreinte l'industrie musicale française. Son travail de découvreur de talents, de producteur visionnaire et de défenseur de la chanson française lui a valu la reconnaissance de ses pairs et du public. Son parcours est un exemple de passion, d'engagement et de réussite.

Il continue d'intervenir auprès des étudiants de l'IMM, transmettant son expérience et sa passion aux générations futures. "L’important, c’est la continuité ! Je suis d’un optimisme délirant", affirme-t-il. "Croyez-y les mecs ! On vomit la méfiance mais on doit utiliser la vigilance. Ayez confiance en vous, croyez à ce que vous faites".

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