Introduction
La berceuse, ou oror en arménien, transcende les frontières linguistiques et culturelles pour toucher l'âme humaine. Cet article explore la richesse des berceuses arméniennes, leurs traductions, et les influences musicales contemporaines qui s'en inspirent, notamment à travers l'œuvre du groupe Ladaniva et de l'artiste Léna Chamamyan.
Ladaniva : Un Voyage Musical Multiculturel
Le groupe Ladaniva, reconnu pour son mélange de cultures musicales, offre un voyage sonore unique à travers l'Arménie, les Balkans et la Biélorussie. Leur musique, imprégnée d'émotions et de joie de vivre, puise ses racines dans diverses influences musicales. Jaklin, la chanteuse du groupe, apporte une forte influence orientale avec son chant arménien. Le groupe s'inspire également de la musique de la Réunion, comme le maloya, et du reggae. Ladaniva admire le travail d'artistes qui créent une musique hybride entre le traditionnel et le moderne, à l'instar du groupe A-WA.
Les Influences Musicales de Ladaniva
Ladaniva puise son inspiration dans un large éventail de sources musicales, allant de la musique traditionnelle arménienne aux sonorités contemporaines. Le groupe reprend notamment Komitas, un grand musicien et prêtre arménien, et s'inspire de musiques contemplatives et spirituelles. Lors d'un voyage en Arménie, les membres de Ladaniva ont été profondément touchés par une messe avec un chœur de femmes dans un monastère.
"Oror" : Une Berceuse Universelle
Le titre "Oror", qui signifie berceuse en arménien, est un exemple frappant de la capacité de la musique à transcender les barrières linguistiques. Bien que le mot puisse évoquer l'horreur en français ou en anglais, sa signification arménienne apporte une dimension universelle à la chanson. Composée par Louis pendant le conflit au Haut-Karabakh, la musique exprime la colère, l'injustice et l'impuissance ressenties par Jaklin face à la situation. Jaklin, dévastée pour ses proches en Arménie, a ressenti le besoin d'écrire sur ses émotions et de marquer cette période difficile dans le parcours du groupe.
L'engagement de Ladaniva envers la cause arménienne se manifeste également à travers des actions concrètes, telles que des collectes de dons et des concerts pour les orphelins en Arménie. Le groupe se sent redevable envers la communauté arménienne, qui constitue la base de sa visibilité.
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L'Hybridation Musicale : Tradition et Modernité
Ladaniva explore l'intersection entre la tradition et la modernité dans sa musique. Le groupe cherche à définir son identité musicale en intégrant des éléments de musique urbaine, tout en restant fidèle à ses racines arméniennes. Dans le morceau "Oror", le groupe utilise un rythme traditionnel arménien en six temps et y ajoute des sonorités urbaines.
Léna Chamamyan : Une Voix Fusionnant les Cultures
Léna Chamamyan, une artiste d'origine syrienne, se distingue par son style musical unique qui fusionne les folklores arabe et arménien, le jazz, la musique classique occidentale et le chant savant arabe. Son œuvre est également marquée par un multilinguisme subtil.
"Sheherazade" : Un Hommage à la Conteuse
Dans sa chanson "Sheherazade", Léna Chamamyan rend hommage à la figure de la conteuse, qu'elle considère comme une mère protectrice et un guide dans les ténèbres. La Shéhérazade de Léna Chamamyan est à la fois mère et maternée, porteuse d'espoir et portée par un espoir venant d'un "nous" féminin et humain. La chanson évoque également le mariage de Shéhérazade et l'appelle à célébrer ses noces sans crainte.
Léna Chamamyan explique que chaque chanson de son album raconte une histoire, et que "Sheherazade" touche particulièrement les femmes et les hommes qui respectent les femmes. Elle a toujours été fascinée par ce personnage de femme intelligente et charmante qui a su sauver les femmes et son royaume de la mort en faisant preuve de sagesse et de sensibilité.
Qindīl : Une Lanterne Illuminant les Ténèbres
Le mot "qindīl", qui signifie lanterne en arabe, est utilisé par Léna Chamamyan pour symboliser la lumière et l'espoir. Le mot dérive de "qandala", qui signifie "devenir immense" et "marcher sereinement, sûrement, sans discontinuité". Le mot qindīl désigne également la méduse en arabe, ce qui ajoute une dimension poétique et mystérieuse à la chanson.
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Berceuses du Monde : Un Héritage Immatériel
Les berceuses sont un patrimoine immatériel précieux qui se transmet de génération en génération. Elles offrent un aperçu des cultures et des langues du monde entier.
"Som Som berceuses d’ici" : Un Projet de Transmission
Le livre audio "Som Som berceuses d’ici" rassemble 21 berceuses dans 12 langues différentes. Ce projet artistique et collaboratif, initié par Roxane Martin, a pour objectif de transmettre ce patrimoine immatériel. Roxane Martin a collecté 43 berceuses chantées en 16 langues dans les quartiers, les centres sociaux, les ateliers d’alphabétisation et les associations d’Alès. Chaque berceuse a été retranscrite en phonétique et traduite en français par trois traducteurs natifs différents.
Le livre audio met en lumière des langues parfois pratiquées dans des régions reculées, telles que l'arménien, le shimaoré, l'amharique, le kassem et le ch’ti. La chanteuse nîmoise Brigitte Ramillon interprète les berceuses, accompagnée de Roxane Martin à la harpe et de trois musiciens.
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