Introduction

Le Moyen Âge, souvent perçu comme une période obscure, a été en réalité un terreau d'innovations et d'évolutions dans de nombreux domaines, y compris celui du mobilier et de l'aménagement intérieur. Parmi les meubles essentiels, le lit occupe une place prépondérante, évoluant considérablement du simple couchage au symbole de pouvoir. Cet article explore l'évolution du berceau et du lit durant le Moyen Âge, en mettant en lumière leur signification sociale, religieuse et pratique.

Les Prémices du Lit au Haut Moyen Âge

Aux temps carolingiens, le confort sommaire prévalait. On dormait souvent à même le sol. Les lits étaient rudimentaires, se limitant à de simples tables de bois aux pieds tournés. Une couette, grand coussin ovale et moelleux, servait de matelas. Pour se protéger du froid, on s'enroulait dans une couverture.

L'Évolution du Lit du XIIe au XVe Siècle

Dès le XIIe siècle, le lit courant était un simple caisson doté de pieds, plein ou à barreaux. Ce meuble fixe et solide était fabriqué en bois de peuplier, de châtaignier, plus souvent de sapin ou de noyer. Aux XIVe et XVe siècles, il gagne en hauteur, isolé du sol par une planche épaisse ou une estrade, notamment dans les châteaux.

Le Lit, Symbole de Pouvoir et de Statut Social

Au Moyen Âge, le lit transcende sa fonction première pour devenir un symbole de pouvoir. Toute une vie se déroule autour du lit, tant dans la sphère privée avec les proches que dans la sphère publique. Le lit est le symbole du pouvoir. Au XVe siècle, les grands procès sont jugés par le roi dans un lit de justice, espace surélevé à l’intérieur d’une clôture. Son trône est surmonté d’un dais et entouré de tentures, à l’image d’un lit, d’où le terme de lit de justice. Les grands donnent audience à leurs proches et alliés, astreints à demeurer debout, paradoxalement, être couché est le signe d’un statut supérieur. Dans la chambre de parement, pièce destinée aux fonctions officielles, un lit d’apparat est dressé. Ce meuble de prestige est exposé aux yeux des visiteurs, sans qu’il en soit fait usage.

Le Lit Conjugal et les Croyances Populaires

Dans le cadre privé et intime, le lit conjugal a toute son importance et doit être béni par le prêtre le soir des noces. Des croyances populaires attribuaient au lit des pouvoirs protecteurs contre l'adultère, notamment avec l'aide de bijoux tels que le diamant ou la pierre d'aimant. Par exemple, avec l’aide d’un bijou, comme un diamant ou une pierre d’aimant, le lit serait capable d’expulser l’adultère qu’un mari soupçonne sans pour autant avoir de preuves.

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Le Lit, Dernier Refuge et Lieu de Passage

Si le lit touche aux moments de vie, il est aussi le seul horizon des grabataires et des mourants. Dans sa chambre, le malade alité ne reste jamais seul. La majorité des gens meurent dans leur propre lit. Les défunts sont inhumés cousus dans leur linceul, à savoir le drap de leur lit, puis couchés dans la terre jusqu’à la consommation des temps. Le christianisme médiéval veut que les chrétiens soient enterrés couchés sur le dos, face tournée vers le ciel.

L'Aménagement de la Chambre Médiévale

La chambre idéale est lambrissée ou blanchie, planchéiée et confortablement aménagée, avec latrines privées. Une cheminée est jugée souhaitable, surtout dans les pièces accueillant femmes et enfants : c’est en effet au coin du feu que les nourrices allaitent, que les dames filent ou brodent en chantant des "chansons de toile". Dans les châteaux, la chambre est équipée d’un sas d’accès en bois, appelé tournavent ou ostevent, dont le nom montre bien qu’il avait pour mission d’éliminer les courants d’air. Sur le sol de la chambre est disposée une natte en paille tressée, parfois étendue à l’ensemble de la pièce. Au chevet du lit se trouve une chaire pratique pour s’habiller le matin, elle peut être déplacée pour que l’on s’y fasse raser et peigner. Au pied du lit est dressé un grand coffre à linge et à habits et autour sont disposés un chandelier sur un petit buffet ainsi qu’un lavabo à proximité.

Le Couchage des Plus Modestes

Tout le monde ne dort pas aussi confortablement. Le paysan dort sur un lit modeste fait de paille et de modestes couvertures qu’il partage avec les siens. À l’hôpital, l’intimité est supprimée au profit de l’utilité car les soignants doivent pouvoir accéder facilement à leurs patients.

Le Berceau : Refuge des Tout-Petits

Les tout-petits sont plus commodément installés, dans leur berceau qui berce à roulis, en France, Flandre ou Angleterre ou à tangage en Italie.

Hygiène du Sommeil et Insomnies

Pour bien dormir, après un souper mesuré, une veillée paisible est recommandée pour un sommeil d’une durée maximale de 8 heures, coiffé d'un bonnet, nu, si possible allongé sur le côté et jamais sur le ventre. Seuls les malades et les femmes accouchées ont le droit de rester au lit. Après un accouchement, ces dernières, jugées impures, doivent patienter quarante jours alitées, le temps des relevailles.

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Pour stopper les insomnies, les médecins du Moyen Âge ont plusieurs recettes, dont la première et la plus simple a un caractère quelque peu immoral : boire ! Un adage répandu dit en effet que le bon vin fait souef dormir. Les autres recettes sont de type médical : l’absorption de somnifères à base par exemple de mandragore. Pour les personnes les plus riches, la musique est considérée comme une aide à l’endormissement.

Rêves et Cauchemars : Fenêtres sur l'Inconscient

Rêves et cauchemars intéressent les savants. Les rêves suscitent l’intérêt des laïcs et des clercs : ceux-ci ont observé que les vies de saints et de grands personnages abondaient en rêves prémonitoires. Quant aux cauchemars, les images et récits les concernant sont nombreux dès le XII° siècle. Les puissants rêvent de tempêtes prodigieuses, d’animaux sauvages dévorant leur peuple, de paysans révoltés, de guerres. Leur raison d’être est jugée multiple. Si certains les croient d’origine démoniaque, les médecins pensent qu’ils sont le résultat d’une alimentation trop lourde. Les thérapeutes prennent néanmoins les cauchemars au sérieux et les traitent comme une maladie.

L'Enfant au Moyen Âge : Une Redécouverte Historique

L'étude de l'enfance au Moyen Âge a connu un regain d'intérêt ces dernières années, malgré les idées reçues qui minimisaient son importance. Des sources variées, allant des encyclopédies aux traités de médecine, en passant par les chansons de geste et les vies de saints, offrent un aperçu riche et documenté de la vie des enfants à cette époque.

Diversité des Termes et Définitions de l'Enfance

Tous ceux qui se sont intéressés à l'enfance au Moyen Âge ont été frappés par la diversité et l'imprécision des termes employés. On trouve infans, puer, puella, parvulus, infantulus, juvenis et, en langue occitane enfan, filh, parvol, joven, etc. Il arrive que les lettres de rémission signalent « des jeunes enfants de dix-huit à vingt-cinq ans », qu'une règle monastique mentionne un infantulus de douze ans et lorsque l'on célèbre les Enfances de Vivien ou les Enfances de Guillaume, il s'agit de prouesses d'adolescents. Les juristes divisent l'enfance en plusieurs étapes, définissant des âges d'irresponsabilité et de raison, avec des implications sur les droits et les devoirs des enfants.

Conceptions de l'Enfant : Entre Péché et Innocence

Autre question débattue, non seulement de nos jours mais également au Moyen Âge, la façon dont l'enfant est reçu par les adultes. Il n'est pas rare de trouver des textes qui présentent l'enfant comme un être misérable et sans intérêt. L'enfant est dès sa naissance pécheur, disait saint Augustin, il est marqué par le péché originel. Le pessimisme de saint Augustin a nourri bien des auteurs jusqu'à la fin du Moyen Âge. Cependant, d'autres textes mettent en avant l'innocence de l'enfant, son rôle d'intermédiaire entre les hommes et Dieu, et sa capacité à recevoir des visions célestes.

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Éducation et Formation de l'Enfant

Les différentes conceptions concernant l'enfant entraînent naturellement des méthodes éducatives quelquefois opposées. Pour les uns, les coups sont nécessaires pour dresser l'enfant. À partir du XIIIe siècle, on conseille aux éducateurs de suivre la nature qui est bonne aussi bien pour les fils des pauvres que pour les riches. Les parents sont les premiers éducateurs et l'amour que le père et la mère portent aux enfants sont les garanties d'une bonne formation. On en reparlera plus loin lorsque l'on évoquera tous les problèmes relatifs à la petite enfance.

L'Oblation Monastique

On a beaucoup écrit sur l'oblation des enfants, cette coutume, qui consiste à offrir en général un jeune garçon à un monastère. Rares sont les très jeunes enfants oblats. En général, on attend sept ans pour conduire le jeune garçon à l'abbé. L'enseignement que le jeune oblat reçoit au monastère diffère peu de celui qu'un enfant recevait dans l'école paroissiale ou dans l'école épiscopale. Il devait apprendre à lire, chanter, compter, écrire, tout cela est maintenant bien connu.

Le Rôle de l'Église et la Protection de l'Enfance

Clercs et moines ont cherché à remédier aux maux dont souffraient les enfants. À lire une étude récente sur le droit des enfants dans le Haut Moyen Âge, de H.W. Schwarz, on constate les épreuves qu'endurent les enfants : infanticide, avortement, oppression, c'est-à-dire étouffement dans le lit des parents avant ou après le baptême, blessures corporelles, vol, rapt, abandon, abus sexuel, etc., sont passés en revue. Dès le très Haut Moyen Âge, elle prenait en charge les enfants abandonnés.

La Famille Médiévale et l'Enfance

La famille de la fin du Moyen Âge est une famille nombreuse. Son modèle est celui du noyau conjugal avec plusieurs enfants, jusqu’à huit ou dix. La plupart des enfants habitent donc avec un beau-père, parfois avec une belle-mère ou « marâtre ». Eux-mêmes ne sont pas épargnés par la mort. Le père est proche de ses enfants. Il a, prioritairement, la responsabilité de les élever et de les protéger, de les former à la vie noble ou de les initier aux travaux agricoles ou artisanaux. La mère assure, avec l’aide des aînés, voire d’une nourrice, le gros des soins aux tout-petits, qui demeurent longtemps dépendants d’elle en raison d’un allaitement de longue durée. Elle transporte le dernier-né partout grâce à un porte-bébé en tissu ou en bois, ou à un petit berceau qu’elle porte sur la tête. La nourrice est en tout point une mère de substitution, surtout lorsqu’elle vit au foyer des parents. Sa fonction principale est d’allaiter l’enfant dont elle a la charge, parfois jusqu’à l’âge de 2 ou 3 ans.

Les Caves Médiévales : Plus que de Simples Espaces de Stockage

Au Moyen Âge et à l’époque moderne, le terme de « cave » évoque un espace qui se caractérise par sa localisation en profondeur. Il désigne toujours un espace creux, une cavité. Quant au terme de « cellier », employé à Orléans dès le XIIe siècle, il désigne un espace se définissant d’abord par sa fonction. Il sert au stockage et à la conservation de denrées alimentaires ou de matériaux divers. Une cave, qui est toujours située en sous-sol, n’est donc pas nécessairement un cellier. Les caves et celliers médiévaux d’Orléans correspondent principalement à des espaces à volume unique, de plan quadrangulaire, pouvant être associés à différents types de couvrements (plafonds ou voûtes).

Construction et Matériaux

Dans ces caves et celliers médiévaux, le matériau utilisé pour l’édification des murs, voûtes, escaliers, soupiraux et équipements (placards, niches, conduits de puits ou de latrines) est le calcaire de Beauce, extrait dans les carrières proches d’Orléans. Les murs sont bâtis avec un petit appareil irrégulier de moellons équarris, accolés contre les parois du creusement réalisé dans le substrat ou les niveaux anthropiques en place, liés par un mortier de chaux ou un liant argilo-calcaire. Les caves couvertes de voûte en berceau sont de loin les plus nombreuses à Orléans. Les voûtes d'arêtes sont attestées dans une vingtaine de caves et celliers. Les caves et celliers à voûtes sur croisées d'ogives à double chanfrein, sont représentés quant à eux par une trentaine d'exemples.

Fonctions et Usages

Les volumes importants des caves et des celliers pour les stockages se prêtent bien à la conservation des aliments ou de marchandises car la température est constante à l’intérieur (11 à 13 °C) en toutes saisons. Le stockage à moyen et long terme n’était pas la seule fonction des caves. Les livres de recettes médiévaux donnent la manière de faire confits, gelées, soupes… en y incorporant, après ou au cours de la réalisation du mets ou du plat, un dépôt dans une cave ou un cellier, souvent le temps d’une nuit, pour qu’il puisse y refroidir. À l’image de l’utilisation actuelle des caves, le stockage des matériels et matériaux non alimentaires était monnaie courante. Les caves constituent en effet un abri sécurisé, à l’abri des vols et des incendies, pour protéger de nombreux objets, liés à l’alimentation mais pas seulement. Au-delà du simple entreposage d’aliments et de matériaux, les caves sont avant tout des espaces polyvalents en particulier en milieu urbain. Si le vin reste une des denrées la plus facile à appréhender, sa vente et sa consommation pouvaient être faites directement dans les caves.

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