Introduction
Le berceau en bois ancien et la poupée bretonne sont bien plus que de simples objets. Ils incarnent une histoire riche, des traditions ancestrales et un savoir-faire artisanal unique. Cet article explore l'évolution du berceau, son importance dans la société, et le charme particulier des poupées bretonnes, en mettant en lumière leur fabrication, leur symbolisme et leur place dans le patrimoine culturel.
L'Évolution du Berceau : Du Nécessaire au Symbole
Les Premiers Berceaux : Une Question de Survie
Sous l’Ancien Régime, l’enfant exposé à une forte mortalité devait tout simplement être remplacé s’il ne survivait pas. Cette nécessité de protéger les nouveau-nés a conduit au développement de divers types de berceaux, souvent rudimentaires mais essentiels.
L'Émancipation du Bébé : Le Berceau à Bascule
Si le MLB - Mouvement de Libération des Bébés - existait, le berceau à bascule en serait l’étendard. C’est en effet grâce à ce dodo privé que les bébés ont pu quitter et leur panoplie de momie engoncée et le lit familial déjà trop peuplé.
Le XIXe Siècle : L'Intimité Retrouvée et l'Essor de la Bourgeoisie
Ce qu’on appelle la famille nucléaire, parents et enfants vivant sous le même toit, cette formule qui nous semble évidente et naturelle, n’est devenue la cellule de base de nos sociétés qu’au XIXᵉ siècle. Dans la foulée au XIXᵉ siècle, pour définitivement bannir la cohabitation au sein du même lit entre parents et enfants propice aux risques d’étouffement des nouveau-nés, les berceaux vont investir progressivement tous les foyers. Louis-Philippe Iᵉʳ fut le dernier Roi des Français. Son règne appelée la « Monarchie de Juillet » prit place entre 1830 et 1848, au cœur d’un XIXᵉ siècle particulièrement mouvementé. Cette période sera caractérisée par l’enrichissement rapide de la bourgeoisie manufacturière et financière, au détriment des classes ouvrières maintenues dans une extrême misère. En corollaire, les incessantes révoltes populaires aboutiront à son abdication.
Dans les intérieurs bourgeois, on va pouvoir s’accorder un peu de bon temps en se prélassant dans des fauteuils crapaud entièrement couverts de tissu, des fauteuils gondole aux dossiers incurvés et aux accotoirs terminés par de larges involutions, ou encore profiter du confort de fauteuils Voltaire, bas sur pieds et profonds. Les petits plaisirs et missions du quotidien trouvent aussi leur mobilier dédié : commode-toilette, coiffeuse, barbière, table tricoteuse, table de nuit ou de salon, console d’appui, guéridon, meubles à écrire, bureau plat ou de ministre, et bibliothèque font leur apparition. Les bois chauds et sombres sont à la mode.
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Sécurité et Modernité : L'Évolution Continue
Et la pratique du bercement systématique - un peu à la façon dont on hypnotise une poule en la faisant tourner la tête coincée sous l’aile - a révélé ses limites, a fortiori dans son excès. Les normes de sécurité pour la hauteur des lits de bébé, l’espacement des barreaux, la façon de vêtir les nouveau-nés en les laissant libres de leurs mouvements, comme tout bébé mammifère normalement constitué, tous ces critères ont grandement évolué. Pour autant ces berceaux conservent un charme puissant.
L'Artisanat Breton : Un Héritage Précieux
L'Âme du Meuble Breton : Utilité, Solidité et Beauté
Ce mobilier, en particulier celui de Basse Bretagne (qui est sans conteste le plus beau) est venu directement du Moyen Âge. Le Breton aime l'utile et le solide, ici, pas de superflu, juste le nécessaire : lit, armoire, table, banc, coffre, les plus riches ajouteront l'horloge et le vaisselier. Ici, tout est fonctionnel, ce qui n'empêche que l'ébéniste qui a conçu et élaboré le meuble peut se permettre quelques décors artistiquement réalisés, ou des ajoures de frises d'oiseau avatar de la Colombe, symbole du mariage, et que l'on retrouve sur les meubles de noces, surtout ceux de Quimper et de Cornouillas.
Les Caractéristiques du Mobilier Breton : Des Matériaux aux Motifs
Dans les provinces bretonnes, l'aïeul avait souvent droit à un siège individuel, très particulier, le TAD COZ. Autre cas typique de la Bretagne, la Presse à lin (ancêtre de l'armoire). C'est un meuble double en bas duquel on range les écheveaux de lin : le haut abrite, derrière 2 portes, une étagère mobile qui presse les toiles humides pour les repasser. Puis, les Tables-Huches, basses et formant coffre, le lit clos, par un rideau ou par 1 ou 2 portes coulissantes. Chez les plus riches on trouvait de merveilleux vaisseliers artistiquement travaillés par l'ébéniste-sculpteur, les bois utilisés : dans le sud, en Cornouaille et Morbihan, le châtaignier ; dans le Léon, c'est le chêne. Le meuble Breton est raffiné et la sculpture lui apporte un plus.
L'Influence des Époques : De la Renaissance aux Temps Modernes
Si la facture évolue peu du Moyen Âge au 18è siècle, les thèmes sont particuliers à chaque époque, surtout depuis la Renaissance où la Bretagne, pays tourné vers la mer et les pays lointains, s'ouvre à d'autres sources d'inspiration. Fin du 16è, 17è et 18è siècle, la Bretagne (surtout le Léon) se dotera d'un riche mobilier. L'influence de l'Italie se fera sentir à partir de la Renaissance. Jusqu'alors, on en était resté aux motifs médiévaux, flammes, drapés et plissés gothiques. L'influence italienne amènera une foule de décors nouveaux (têtes féminines, figures grotesques, petits Éros et Angelots, palmettes, balustres, mascarrons, cannelures, entrelacs, et de nombreux motifs religieux (comme ostensoirs et calices sur les lits clos du 17è siècle) A tout cela s'ajoutera « gateaux » (17è) pointe de diamant (Louis XIII) fleurs (fin du 18è s.) clous, dorés, … Le fuseau sera très particulière aux meubles du Morbihan.
Le Lit Clos : Un Symbole de la Maison Bretonne
Le lit clos est le meuble breton le plus caractéristique. Ses côtés latéraux (chevet et pied du lit) étaient fermés par les armoires qu'on leur accolait. Sur les deux autres côtés étaient montés des panneaux fixes, recouverts eux-mêmes de panneaux mobiles coulissant dans des rainures. La fermeture complète du lit était ainsi assurée. L'aération se faisait uniquement par le plafond. La corniche et la traverse inférieure sont assez saillantes et fortement moulurées. Le vide sous la traverse est comblé, d'habitude, par un banc coffre. Les panneaux, souvent ajourés, sont richement sculptés: motifs géométriques, scènes religieuses, cœur surmonté d'une croix. La galerie sous la corniche a parfois, au centre, une petite niche où l'on plaçait une statuette de saint. Le lit demi-clos supprime les panneaux mobiles du centre. Cette ouverture libre est découpée en feston. Le lit à baldaquin est plus particulier à la haute Bretagne. C'est un lit très haut, à colonnes tournées et torsadées, à pieds rectangulaires posés sur des disques aplatis.
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Les Autres Meubles : Reflets de la Vie Quotidienne
Elles vont par paires, car elles formaient les côtés latéraux du lit clos. Les plus anciennes avaient jusqu'à cinq portes et n'étaient en fait, que deux bahuts superposés on rangeait le linge dans le corps du haut et la filasse dans celui du bas. Mais ces armoires, dites « presses à lin », sont aujourd'hui très rares. L'armoire à deux vantaux, la plus répandue, est parfaitement rectangulaire. Son bâti rectiligne sans décrochement est généralement mouluré, mais les mêmes moulures encadrent le meuble sur trois côtés. La traverse du bas est festonnée. Les pieds sont droits. Les portes laissent souvent en bas la place à deux ou trois tiroirs ou à une sorte de petit coffre. La corniche est assez saillante mais ne se retrouve jamais sur les côtés (qui étaient ceux du lit clos). L'ornementation peut aller, sur les portes divisées en deux ou trois panneaux, jusqu'à la représentation de scènes à plusieurs personnages : histoire religieuse, fête de village, etc. Souvent on y retrouve aussi des emblèmes religieux ou païens. On rencontre parfois, en haute Bretagne, une armoire assez particulière, sans tiroir à la base, avec un double cintre épousé par la corniche. Dans la région de Saint Malo on trouve des armoires en acajou massif avec trois tiroirs côte à côte, dans la partie basse.
Les buffets bahuts et les vaisseliers n'avaient pas de place dans l'ameublement de la maison bretonne primitive. Ils sont donc peu caractéristiques. Mais on trouve en Bretagne (surtout en Ille et Vilaine) de curieux vaisseliers égouttoirs. Le corps du bas, monté sur de hauts pieds, comprend une petite armoire et un casier à vaisselle à claire voie. Il supporte sans retrait ni décrochement plusieurs étagères à balustres surmontées d'un toit mouluré.
Elles se présentent souvent comme des sortes de coffres montés sur des pieds trapus et droits. Leur dessus coulisse. On plaçait la vaisselle dans l'intérieur du coffre. L'ouverture est parfois située aux deux bouts, dans l'épaisseur de la table. Le banc est le seul siège caractéristique. Il présente beaucoup de formes, depuis le simple banc de table jusqu'au banc coffre des lits clos sculptés et décorés. On trouve aussi des bancs à dossier incliné et à accotoirs, dits bancs « tossel » et des bancs d'âtre à haut dossier sculpté.
A savoir : tous les ustensiles de ménage (porte cuillères, tranche pain, landiers, cuillères) sont ornés et décorés, souvent même incrustés. Les berceaux une auge montée sur des patins cintrés sont sculptés et ajourés de petites galeries à fuseaux.
La Poupée Bretonne : Un Symbole d'Identité Culturelle
Christiane Prunis et l'Exposition "Il Était Une Fois Les Poupées"
Christiane Prunis, présidente de Lire à Sixt, présente une poupée de 1900, dans son berceau, avec de vrais cheveux, le visage en porcelaine et le corps en bois. Samedi, l'association Lire à Sixt a inauguré à la médiathèque, l'exposition Il était une fois les poupées. L'association sixtine a réalisé une superbe présentation de poupées, objets divers et accessoires qui retracent à travers ces jouets anciens la vie des différentes époques. Au fil de la visite, le public découvre des réalisations parfois rares et exceptionnelles comme cette poupée de 1900, dans son berceau, avec le visage en porcelaine, de vrais cheveux et le corps en bois. Poupées issues de séries TV, poupées marionnettes de Thaïlande, ou encore la poupée « crevette » des années 60 pour ventriloque, l'expo regorge de richesses et curiosités.
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La Fabrication des Poupées : Un Art Minutieux
La fabrication des poupées bretonnes est un art minutieux qui demande un grand savoir-faire. Les matériaux utilisés sont souvent le bois, la porcelaine pour le visage, et de vrais cheveux pour un rendu plus réaliste.
Plozévet : Capitale du Meuble de Poupée
La commune a été, en 1920, la capitale mondiale de la fabrication du meuble dit « de poupée ». Après la Première Guerre mondiale, les habitants du Pays bigouden vivent d'agriculture, de pêche ou d'artisanat. La vie est difficile. Alain Douirin, père de 13 enfants, aime le travail du bois. L'artisan s'installe au coeur du bourg. Tout près de l'église Saint-Démet, habillée de sa robe de granit. Il y fabrique l'essentiel du mobilier breton : vaisselier, lit clos, banc coffre, horloge. À cette époque, la fabrication des meubles à Plozévet connaît déjà une certaine notoriété, grâce à sa rosace typique. Le motif est réalisé à partir d'un assemblage de fuseaux. Une opération délicate. Le décor, qui ressemble à une roue de charrette, s'inspire du rouet. En 1920, le passage d'une touriste américaine va tout bouleverser. Elle tombe sous le charme du mobilier breton, admire les détails, les sculptures. Hélas, les meubles sont trop volumineux pour être exportés. Elle demande alors au menuisier de lui fabriquer des mini copies. Dès cet instant l'artisan scelle son destin : l'engouement pour les petits meubles bretons prend son essor. Les commandes de mobilier miniature affluent de l'étranger. Les artisans suivent tous le mouvement. En 1930, le bourg compte près d'une quinzaine d'ateliers et plus d'une centaine de personnes travaillent dans le petit meuble. Alain Douirin se spécialise alors dans le mobilier aux dimensions insolites (25 cm à 60 cm.). Toutes les pièces sont confectionnées à la main. Les mini outils doivent être fabriqués et adaptés. Les femmes sont chargées des couleurs. Elles trempent les objets dans des chaudrons de brou de noix, les font sécher à l'air libre, les frottent à la cire d'abeille…. Aucun détail ne manque. Les balustrades, serrures, fuseaux sont les copies conformes des grands meubles, jusque dans leurs fonctionnalités : les coffres s'ouvrent et les horloges se parent de balanciers.
Le Déclin et la Renaissance : Un Patrimoine à Préserver
La production enregistre une vraie fracture après la guerre 1939 1945. La main d'oeuvre se raréfie, ce qui a une incidence sur le coût des petits objets. L'activité périclite dans les années 1960. Le dernier artisan du « style Plozévet » prend sa retraite en 1970. Le 16 octobre 1987, l'ouragan emporte la toiture du vieil atelier. La famille Douirin remet alors la main sur de véritables joyaux et des outils anciens. Elle décide de leur redonner vie. Musée du petit meuble breton, impasse de l'Église (face à La Poste). Ouvert en juillet et août. Hors saison sur rendez vous.
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