La Mésopotamie, "la terre entre deux rivières", a été le berceau de plusieurs des grandes villes de l'Ancien monde. Au cœur de cette région fertile, entre le Tigre et l'Euphrate, se trouve une histoire complexe et fascinante, où mythes et réalités s'entremêlent, en particulier en ce qui concerne les origines du peuple juif. Cet article explore les liens entre la Mésopotamie et le judaïsme, en examinant les découvertes archéologiques, les textes bibliques et les interprétations historiques.
Babylone : Ville de désir et de légende
La splendide ville de Babylone, située entre les eaux de l'Euphrate et du Tigre, à une soixantaine de kilomètres au sud de Bagdad, était l'une d'entre elles. Dirigée par Hammourabi, restaurée par Nabuchodonosor, conquise par Cyrus, cette ville au cœur de la Mésopotamie était à la fois désirée et dépréciée à l'aube de l'histoire. Contrairement aux nombreuses villes qui tombèrent et disparurent, Babylone renaquit de ses cendres maintes et maintes fois, alors même que de nouveaux conquérants avides de pouvoir l'envahissaient. La Babylone a toujours été hautement désirée et perçue comme une ville à prendre.
Babylone a influencé la construction de la culture judéo-chrétienne pendant des siècles. Les livres de l'Ancien Testament racontent l'exil des Juifs à Babylone à la suite du sac de Jérusalem. Dans le Nouveau Testament, la ville était devenue un symbole d'importance : elle était la corruption faite cité, corollaire de Nouvelle Jérusalem, pure et divine.
Au-delà de la tradition biblique, Babylone a intrigué les écrivains grecs et romains, qui l'ont affublée d'intrigues et de légendes en tous genres. L'historien grec Hérodote a disserté plusieurs fois au sujet de Babylone au cinquième siècle avant J.-C.
Pour les historiens et les archéologues, Babylone est un véritable lieu d'Histoire, coeur de la vibrante culture mésopotamienne qui a dominé la région pendant tant de siècles.
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Le site de Babylone a été identifié pour la première fois dans les années 1800 dans l'Irak actuel. Des fouilles ultérieures, entreprises par l'archéologue allemand Robert Koldewey à la fin du 19e et au début du 20e siècle, ont permis d'établir que la ville avait été construite et reconstruite à plusieurs reprises, notamment par le roi Nabuchodonosor II (605-561 av. J.-C.). Les découvertes de Koldewey ont révélé un ancien lieu de culte et de pouvoir politique. Ces fouilles ont mis au jour l'un des plus beaux monuments babyloniens construits par Nabuchodonosor II : l'éblouissante porte bleue d'Ishtar, reconstituée et exposée au Musée de Pergame à Berlin.
Babylone est apparue à la fin de l'âge du bronze, au début du deuxième millénaire avant J.-C., au moment où les Amorrites l'occupaient. Une série de puissants rois amorites - dont le roi Hammourabi, célèbre pour avoir compilé le premier code juridique du monde - permit à Babylone d'éclipser la capitale sumérienne, Ur, et de devenir la ville la plus puissante de la région. Bien que Babylone ait décliné après la mort de Hammourabi, son importance en tant que capitale de la Mésopotamie méridionale, désignée dès lors par le nom de Babylonie, a persisté pendant des millénaires.
Pendant le reste du deuxième millénaire avant notre ère, Babylone fut le sujet de luttes constantes. Il fut successivement occupé par les Hittites et les Kassites ; plus tard les tribus chaldéennes disputèrent l'occupation de la ville aux Araméens de Syrie. En 1000 av. J.-C., les Assyriens, qui avaient établi un puissant empire dans le nord de la Mésopotamie, ont pris le dessus. Mais même pendant les périodes de domination stables, Babylone passait d'une domination à une autre. Étant donné cette avidité de conquête constante - Cyrus le Grand au VIe siècle avant J.-C. et Alexandre le Grand 200 ans plus tard - il est peut-être plus utile de voir la ville non pas comme une Babylone unique et singulière, mais comme plusieurs Babylones, résultats de traditions mêlées et forgées sur des milliers d'années.
Les Babyloniens eux-mêmes étaient très conscients de cet état de fait. Nabonide, l'un des successeurs de Nabuchodonosor, est maintenant connu des historiens modernes comme « le roi archéologue ». Homme savant, il a restauré les anciennes traditions architecturales et culturelles de la région, notamment celles de l'empire akkadien qui dominait la Mésopotamie au IIIe millénaire avant notre ère. Une période qui, du point de vue de sa propre époque, paraissait déjà bien lointaine.
Babylone connut son apogée aux VIIe et VIe siècles avant J.-C.. Elle était alors considérée comme la plus grande ville du monde. Une nouvelle dynastie fondée par les Chaldéens avait arraché le contrôle de la ville aux Assyriens au début des années 600 avant J.-C. Le deuxième souverain de la ligne chaldéenne se distingua quant à lui par sa cruauté et son goût de l'opulence : Nabuchodonosor II, le roi qui saccagea Jérusalem et envoya les Juifs captifs à la capitale de son nouvel empire régional.
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Militaire couronné de succès, Nabuchodonosor a utilisé la richesse accumulée lors de pillages pour reconstruire et sublimer Babylone. Il a complété et renforcé les défenses de la ville, creusant notamment un fossé et édifiant de nouveaux murs comme autant de remparts pour protéger la cité. Les projets d'embellissement ont également vu le jour.
»Les citoyens babyloniens considéraient leur ville comme un paradis - le centre du monde et le symbole de l'harmonie cosmique qui avait vu le jour lorsque sa divinité suprême, le dieu Mardouk, avait vaincu les forces du Mal. La propagation du culte de Marduk à travers la Mésopotamie faisait preuve du prestige de Babylone. Aucune autre ville antique n'était si désirée et redoutée, si admirée et dénigrée.
Mais selon la tradition hébraïque, Nabuchodonosor était un tyran et Babylone un lieu de supplices et de tourments. Le roi avait conquis Jérusalem au début du 6e siècle avant J.-C. et forcé les Hébreux à l'exil, à Babylone. La Bible dit qu'il a également volé des objets sacrés du temple juif et les a rapportés à Babylone pour les placer dans le temple de Marduk.
Pour punir ce sacrilège, la Bible raconte dans le Livre de Daniel comment est tombée la lignée de Nabuchodonosor. Selon l'Ancien Testament, le roi Balthazar, son successeur, organisa un festin servi sur des vases sacrés, pillés à Jérusalem. Pendant les festivités, une main fantomatique apparut, et des lettres étranges furent tracées sur le mur, formant les mystérieux mots : Mene, Mene, Tekel, Upharsin. Daniel, exilé, fut appelé par le roi terrifié pour interpréter les écritures apparues sur le mur. Daniel lit ainsi : « Dieu a compté les jours de ton royaume … [il] sera donné aux Mèdes et aux Perses ».
La prédiction de Daniel s'est réalisée : en 539 av. J.-C., Babylone est tombée sous la domination du roi perse Cyrus le Grand, et l'exil des Juifs a pris fin. La ville fut conquise deux siècles plus tard par Alexandre le Grand, en 331. Alexandre prévoyait de faire de Babylone la capitale de son empire, mais il mourut avant de mettre en place sa volonté. La ville a finalement été abandonnée par ses successeurs. Les splendeurs de Babylone n'ont plus été que légendes.
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Abraham et Our en Chaldée : Un ancêtre mésopotamien ?
Le judaïsme prend sa source dans l’histoire du peuple d’Israël rapportée dans la Bible. Elle commence par la révélation de Dieu à Abraham, en Mésopotamie, au deuxième millénaire av. J.-C. Abraham est considéré comme l’ancêtre du peuple juif. Il habitait à Our, en Chaldée (l’actuel Irak) et pratiquait probablement l’un des cultes polythéistes du Moyen-Orient ancien. Les peuples de ces pays adoraient en général des divinités cosmiques comme le soleil, la lune et les étoiles.
La révélation d’un Dieu unique est le fondement de la religion juive. Dieu a appelé Abraham à quitter son pays et sa famille pour se rendre dans le territoire cananéen, le long de la mer Méditerranée. Il a résidé au sud, dans la région du Néguev, à Beersheva et Hébron.
Abraham était un éleveur nomade prospère, il était accompagné de sa femme Sarah et de son neveu Loth. Abraham et Sarah n’avaient pas d’enfants. Mais l’histoire du peuple juif débute précisément par la rencontre d’Abraham avec Dieu qui lui promet une descendance nombreuse. Sarah, qui est stérile, incite d’abord Abraham à avoir un enfant avec Agar, l’une de ses servantes. De cette union naîtra un fils nommé Ismaël, l’ancêtre du peuple arabe. Dieu tient cependant sa promesse : Sarah, pourtant âgée, met bientôt au monde un garçon, Isaac. Cet enfant sera ensuite l’objet d’une épreuve suprême : Dieu demande à Abraham de lui offrir son fils unique en sacrifice. Isaac est le père des jumeaux Ésaü et Jacob, mais c’est le cadet, Jacob, qui devient l’héritier des promesses divines. Dieu traite une alliance particulière avec ce peuple afin qu’il devienne une « bénédiction » pour toutes les nations de la terre.
Cependant, les découvertes archéologiques et les analyses historiques récentes ont conduit à reconsidérer la véracité historique de l'épisode d'Abraham. Certains chercheurs suggèrent que le récit biblique pourrait être une construction légendaire, visant à établir une origine commune pour le peuple juif.
Mythes et réalités : Relecture de l'histoire biblique
Selon Pierre Stambul, les fondateurs du sionisme n’étaient pas religieux. Aujourd’hui, les archéologues et les historiens sont arrivés à un consensus. L’épisode d’Abraham est légendaire. Les Hébreux ne sont ni rentrés ni sortis d’Égypte. Moïse et son berceau sur le Nil ou Joseph « ministre du pharaon », c’est une légende. Le Sinaï était alors une province égyptienne truffée de garnisons et le passage d’un peuple dans cette région aurait forcément laissé des traces. La conquête sanglante de Canaan par Josué n’a pas eu lieu. Les trompettes n’ont pas sonné à Jéricho. Les Hébreux sont un peuple autochtone et ils ne se sont pas conquis eux-mêmes. Le royaume unifié de David et Salomon n’a probablement jamais existé. À l’époque présumée de David et Salomon, Jérusalem était un petit village de l’âge de fer. Tant pis pour le « grand temple de Salomon » dont les collégiens de ma génération devaient apprendre le plan par cœur. Et tant pis pour la reine de Saba qui nous a fait rêver. Il y a bien une stèle postérieure de quelques siècles qui parle d’un roi David mais ce n’est pas celui de la Bible. Si celui-ci a existé, il avait un troupeau un peu plus grand que ceux des autres bergers. Les deux royaumes d’Israël (détruit par les Assyriens) et de Judée (détruit par les Babyloniens) ont une existence historique avérée. Ces faits sont connus depuis longtemps. Dans « La Bible dévoilée » (2001), deux Israéliens (l’archéologue Israël Finkelstein et l’historien et archéologue Neil Asher Silberman) racontent l’évolution du savoir. Depuis, Shlomo Sand ou l’archéologue français Jean-Baptiste Humbert ont confirmé, voire amplifié le caractère légendaire du récit biblique. Pour les autorités israéliennes, ce savoir historique fait désordre. Nétanyahou est souvent affublé par ses partisans du sobriquet de « roi d’Israël » ressuscitant le prétendu royaume unifié de l’Antiquité. Les principaux rites et les principales fêtes juives sont liés à l’épisode égyptien et à l’esclavage dont les Juifs se seraient libérés. Et le roi David est censé avoir combattu les Philistins qui ont donné leur nom à la Palestine. Du coup, les autorités israéliennes ont multiplié les fouilles pour prouver que les archéologues s’étaient trompés. Hélas, l’histoire est têtue. Tout ce qu’on avait attribué à Salomon et David est soit antérieur (les ruines de Megiddo), soit postérieur (les ruines d’Hatzor), soit n’a rien à voir avec les rois légendaires (les mines dites « du roi Salomon » sont clairement égyptiennes).
Le Talmud de Babylone : Une patrie portative
Dans ce contexte de diaspora, Daniel Boyarin propose une reconsidération de la notion de diaspora en privilégiant non plus le traumatisme lié à l'exil mais les connexions culturelles établies. Il montre, à partir d'une histoire relatée dans une chronique médiévale d'Abraham Ibn Daud (env. 1110-1180), le Sefer Haqabbalah - qui « raconte les origines de la diaspora juive dans le monde musulman occidental » - comment l'autorité du livre se substitue désormais, du fait de l'éloignement géographique de Jérusalem, à l'autorité de l'enseignant ou des académies. Comprenons que naît ici pour Boyarin une nouvelle forme de culture qui s'articule non plus sur une patrie perdue mais sur un livre lui-même (le Talmud de Babylone). La diaspora paraît dès lors relever d'une construction culturelle et non plus d'un traumatisme exilique. Il ne s'agit pas ici pour l'auteur de nier la possible dimension traumatique de la diaspora mais plutôt de la reconsidérer à la lumière d'« un double emplacement culturel » , tributaire à la fois du lieu où réside une communauté et d'un autre lieu, d'une autre culture qui lui est liée, mais qui relève d'une autre aire géographique. C'est cette nouvelle définition duelle de la diaspora qui va orienter désormais l'ensemble de l'argumentation de Boyarin.
Les Sumériens : Une civilisation fondatrice
La première civilisation de l’histoire de l’humanité naquit en Mésopotamie au Ve millénaire avant notre ère, dans le croissant fertile qui s’étend entre deux fleuves, le Tigre et l’Euphrate. Les Sumériens y développent une brillante civilisation et inventent le premier système d’écriture : l’écriture cunéiforme. Cette découverte est révolutionnaire dans l’évolution de l’homme ; elle marque le passage de la préhistoire à l’histoire. Le monde mésopotamien influença de son empreinte ses voisins du Moyen-Orient, l'Egypte pharaonique et les civilisations de vallée de l’Indus, avant d’amorcer son déclin vers 500 ans avant J-C.
Le terme Mésopotamie, qui signifie « terre entre les fleuves », désigne la plaine inondable qui s’étend entre le Tigre et l’Euphrate (Irak actuel). Lorsque ces cours d’eau débordaient de leur vie, ils submergeaient les terres, déposant des couches de limons fertiles. Mais aride et incultivable en raison du manque de précipitations, cette région dut attendre l’invention des canaux d’irrigation vers 5500 ans avant J-C pour que se développent champs et cultures. Régulièrement arrosée, ces derniers fournissaient une récolte presque suffisante chaque année. Quelque mille ans plus tard, l’invention de la charrue en bois augmenta encore le rendement agricole.
Organisation sociale et économique des cités-états
Des 3100 avant J-C des douzaines de cités comptant jusqu’à 10 000 habitants occupaient le pays de Sumer dans la basse Mésopotamie. Etats indépendants, elles se soumettaient à un roi. Chaque cité est gouvernée par un roi qui tiendrait son pouvoir des dieux. Les plus connues sont celles de Kish, Lagash, Uruk et Ur. Ces cités-états étaient peuplées en majorité des cultivateurs, qui travaillaient hors les murs la journée pour réintégrer la ville soir. L’excédent des récoltes était stocké dans les temples et distribué aux corps de métiers non-agricoles : forgerons, potiers, maçons, commerçants, soldats et prêtres.
Les premières cités-états sumériennes étaient très différentes de nos villes actuelles. La monnaie n'y ayant pas cours, elles n’avaient pas de marché. Les habitants recevaient nourriture, vêtements et autres produits en paiement de leur labeur, ou avaient recours plus simplement au troc. Si quelques familles aisées se faisaient construire des palais et des villas, la majorité de la population vivaient dans des logements modestes, sans eau courante ni sanitaires.
Vers 3400 ans avant J-C, les sumériens inventèrent une forme d’écriture primitive pour enregistrer les transactions commerciales. L’écriture cunéiforme, obtenue par l’empreinte de roseaux sur de l’argile humide, mit plusieurs centaines d’années à évoluer vers un système plus complexe. Ses usages se diversifièrent, de la consignation des codes de lois et des chroniques historiques à la transmission des messages, en passant par la rédaction de textes religieux et littéraires.
Durant la période des premières dynasties (de 2900 à 2334 avant J-C), des conflits opposèrent les cités-états entre elles et la plupart s’entourèrent de murailles défensives. L’art de la guerre se raffina : les sculptures de cette époque dépeignent des soldats se rendant sur les champs de bataille à bord de chars à quatre roues tirés par des ânes.
L'Empire d'Akkad et le déclin sumérien
Son domaine s’étendit vers le nord, jusqu’à la côte méditerranéenne. Unifiant des peuples et des cultures différents, il fonda le premier empire de l’humanité, qui ne survécut guère à son roi, les rivalités entre les cités-états reprenant de plus belle. L’une d’elles, Our, parvint à un moment à dominer la région mais le déclin sumérien fut inexorable.
Babylone sous Hammourabi : Un empire centralisé
Babylone fut à son apogée sous le règne d’Hammurabi (1792- 1750 avant J-C)., sixième roi de la dynastie amorrite de Babylone. Alliant la diplomatie à la force militaire, il acheve la conquête de Sumer et d’Akkad, s’empara de Larsa (1763), puis détruisit le royaume de Mari (1760) et étendit l’Empire babylonien à l’Assyrie et à l’Amourrou. Vers 1760 av. Ce roi s’employa à centraliser l’administration et fut un grand législateur, comme l’a confirmé la découverte à Suse, en 1901, du code d’Hammourabi, code de lois connu principalement par les inscriptions d’une grande stèle de basalte noire découverte par la mission française de J. V. Scheil et aujourd’hui conservée au Louvre. Cette stèle, sur laquelle se trouve l’un des textes juridiques les plus anciens au monde, révèle que femmes et enfants étaient considérés comme la propriété de l’époux, du père.
Invasions et renaissance : Assyriens et Néo-Babyloniens
En 1595 avant J-C, les hittites, originaires des montagnes d’Anatolie centrale, ou ils furent les premiers à utiliser le fer, envahirent et saccagèrent Babylone. La Mésopotamie entra alors dans un âge sombre qui dura 600 ans. Elle renaît vers l’an mille avant notre ère avec l’impulsion des villes assyriennes d’Assour et de Ninive. Une nouvelle dynastie gouverne alors le royaume d’Assyrie : on la définit comme la dynastie néo-assyrienne. Sargon II, dont le règne s’étend de 721 à 705 avant J.-C., permet à l’Empire néo-assyrien sa plus grande expansion. L’empire est alors très vaste, comprenant notamment l’Égypte, placée sous protectorat. Sargon II gouverne depuis la cité de Dur Sharrukin (aujourd’hui Khorsabad, en Irak). Ses successeurs, Sennachérib puis Assurbanipal, choisissent Ninive comme capitale.
La société assyrienne semble avoir été organisée de façon très militaire. Même les arts se tournent vers des thèmes guerriers. Les palais royaux étaient ornés de bas-reliefs dépeignant des scènes de batailles et des ennemis vaincus soumis à la torture, réduits en esclavage ou exécutés. Toutefois en étendant son influence jusqu’à l’Égypte, conquise une première fois au VIIe siècle, l’Assyrie avait dangereusement dispersé ses ressources et ses armées.
Nabuchodonosor II (604-562 avant j-c) fut le plus célèbre et dernier roi de Babylone. Il mit fin aux rébellions qui déchiraient son empire et fut intraitable envers ses ennemis. Il n’hésita pas notamment à déporter les Juifs vers Babylone.
Conquête perse et déclin de la Mésopotamie
En 539 avant J-C, Babylone opposa une faible résistance aux armées du roi perse Cyrus le grand (559 -530 avant J-C). De son royaume sur le golfe persique, Cyrus avait conquis les Mèdes, au nord et envahit l’Anatolie. Il était à la tête d’un empire allant de la méditerranée alors hisse à l’Asie centrale, le plus vaste jamais connu. Après des siècles de culture à outrance le sol de la Mésopotamie s’épuisa.
Chronologie de la Mésopotamie
- Entre 3400 et 2900 av. J.-C. : Période d’Uruk récent, développement de l’écriture.
- De -2900 à -2340 : Dynasties archaïques, établissement des cités-États.
- De -2340 à -2180 : Empire d’Akkad, unification des cités-États.
- De -2180 à -2004 : Néo-sumériens, renaissance d’un empire dans la région.
- De -2004 à -1595 : Amorrites (période paléo-babylonienne), Babylone devient le cœur de la région.
- De -1595 à -1080 : Période médio-babylonienne, domination des Kassites et opposition entre le nord et le sud.
- De -910 à -609 : Néo-assyriens, empire assyrien sur le Proche-Orient.
- De -620 à -539 : Période néo-babylonienne, apogée de Babylone sous Nabuchodonosor II.
- De -539 à -331 : Période achéménide, intégration de la Mésopotamie dans l’empire perse.
- De -331 à -140 : Séleucides, domination grecque et hellénisation de la région.
- De -140 à l’an 224 : Parthes, disparition de la culture mésopotamienne.
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